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vendredi 9 novembre 2012

Posted by Marie Posted on 10:19:00 | No comments

La décision de S.

J'ai eu quelques échanges au téléphone et par courriel avec la maman de S. Elle s'est montrée très à l'écoute, très réceptive, très attentive aux remarques, conseils et suggestions que j'ai pu lui faire, très heureuse aussi que j'accorde une attention particulière à son fils et au développement de son talent.
Le lendemain de la rédaction de mon dernier article, j'apprenais par la voie de l'administration de l'école que S. avait décidé d'arrêter les cours de piano à l'école après les fêtes. C'est au fond une décision à laquelle je m'attendais puisque de toute évidence le temps et la fréquence des cours à l'école secondaire ne pouvaient suffire à nourrir son appétit de musique et son désir d'apprendre plus vite que les autres. S. a donc décidé de prendre des cours en privé. Je pense que c'était la meilleure décision à prendre dans l'immédiat.
Bien que je n'aie exercé aucune sorte de pression pour tenter de "récupérer" ce talent parmi mes élèves, les parents de S. étaient prêts à me confier leur fils pour les années à venir. S., lui, a choisi de revenir avec son ancien professeur qu'il connaît et qu'il apprécie. Le choix du connu contre la peur de l'inconnu sans doute... Je respecte son choix. Je le comprends aussi d'une certaine manière. Que ce soit avec moi ou avec un autre professeur n'a au fond pour moi pas d'importance, pourvu que S. soit bien guidé et qu'il ne perde pas son temps.
L'avenir nous dira si S. a fait le bon choix.

lundi 5 novembre 2012

Posted by Marie Posted on 10:31:00 | No comments

Recherche d'une solution à un beau problème


 Depuis la rédaction du précédent article, j'ai eu une longue conversation avec la maman de S. Avant de découvrir ses dons pour la musique, S. s'est passionné pour le Karaté. Ayant commencé à 4 ans, il était ceinture noire à 11 ans. En avril 2012, il a fait partie des 14 meilleurs jeunes canadiens pour représenter le Canada aux Championnats du monde Junior au Japon. Il y a été classé 3e dans sa catégorie. 

S. fait partie de ces enfants qui savent ce qu'ils veulent et feront tout ce qui est nécessaire pour l'obtenir. En Karaté, il a fait preuve d'une volonté, d'une persévérance et d'une ténacité exemplaires. Autant de qualités nécessaires pour l'apprentissage de la musique à haut niveau, mais si 8 années de pratique ont suffi à S. pour arriver au sommet de sa discipline en Karaté, en  musique, une vie ne suffit pas pour en faire le tour...

Au piano, S. a beaucoup de facilité et de talent, mais comme c’est souvent le cas quand un élève progresse très vite, il veut aussi jouer très vite des pièces techniquement très (trop) difficiles. N’ayant pas encore les moyens techniques suffisants pour les maîtriser (et sans doute ayant un peu de difficulté à maîtriser son enthousiasme…), son jeu est encore un peu maladroit et brouillon. C'est un peu comme un jeune cheval fou difficile à maîtriser. Il a une belle énergie, une belle motivation, une impatience qui est pour lui un excellent moteur pour avancer, progresser, mais il doit apprendre à contrôler son jeu, le consolider, l'affiner, le rendre plus subtil et nuancé, et cela passe par un apprentissage rigoureux et méthodique, apprentissage de la précision, avec exigence, lenteur et patience... C’est tout un apprentissage !

Même si j’en ai une petite idée, il est pour moi difficile au rythme d’un cours d'une 1/2 heure toutes les deux semaines (c'est la fréquence à laquelle je vois S. actuellement) d’évaluer son réel potentiel et de le développer pleinement d’une part, mais aussi de faire le tour de ses faiblesses et d’y remédier d’autre part. J'apprends à connaître S. au fur et à mesure de nos rencontres. Chaque rencontre m'apporte au compte-gouttes de nouveaux éléments pour compléter ma perception du personnage, de sa personnalité, de ses acquis, de ses failles aussi. Je ne sais encore si S. est prêt à me faire confiance et à modifier sa méthode de travail.
 
Il aurait besoin d’être guidé, dirigé de manière plus fréquente et soutenue, suivi de près dans son évolution, ce que le contexte structurel de l'école secondaire ne permet pas.
J'encourage ses parents à opter pour des cours privés plus rapprochés et plus appropriés. Sans cela, il m'est difficile pour le moment de le guider comme il le faudrait. En attendant, j'essaye de lui donner de quoi se nourrir et lui prodigue mes conseils au compte-gouttes...

mercredi 31 octobre 2012

Posted by Marie Posted on 10:36:00 | No comments

Un si beau problème

Me voici face à un beau problème.
J'ai fait récemment la connaissance de S., 12 ans, un de mes nouveaux élèves en piano à l’école secondaire. Simon est un garçon particulièrement doué. Lorsque je dis « doué », je veux dire qu’il a non seulement une facilité technique exceptionnelle pour le piano, une culture étonnamment étendue pour un jeune de cet âge-là, mais aussi une mémoire, une oreille et une créativité tout à fait hors norme.

Lorsque nous parlons de répertoire, chaque fois que je lui mentionne un titre d’œuvre, il me joue spontanément les premières mesures, mains ensembles, sans jamais les avoir réellement pratiquées. Lorsque je lui joue une pièce, il est capable de rejouer immédiatement les premières mesures sans en avoir lu la partition. Par ailleurs, il manifeste un goût particulier et fait déjà preuve d’un grand talent pour la composition et l’improvisation. Il rêve depuis tout petit d’être compositeur de musique classique.

S. fait preuve d’une facilité déconcertante techniquement. Il a commencé le piano il y a deux ans à peine, un peu par hasard, sa famille n’étant pas du tout musicienne. Son niveau est d’autant plus impressionnant. Son jeu doit bien sûr se consolider, s’affiner. Je l’aide en ce sens. Mais à voir la rapidité avec laquelle il réagit à mes remarques et assimile de nouveaux gestes instantanément, il progresse très rapidement et pourrait certainement prétendre à un niveau supérieur dans les deux prochaines années. Son potentiel énorme mérite attention et qu’on lui permette de le développer à son maximum.
Ses parents sont très à l’écoute de toutes suggestions qu’on pourrait leur faire pour orienter leur fils dans la réalisation de son rêve, prêts à l’accompagner dans son cheminement.

Consciente de la responsabilité qui me revient en tant que professeure de S., je réfléchis en ce moment à la meilleure orientation à lui donner pour sa progression mais aussi pour son épanouissement. J’ai demandé conseil à mes collègues musiciens de haut calibre de la sphère montréalaise. Ils appuient unanimement l'idée de le préparer aux auditions du Conservatoire de Montréal en piano mais me conseillent de le laisser développer sa propre personnalité de compositeur avant qu’il n’intègre une structure académique. Qu’ils se nourrisse pour le moment de la richesse sonore et documentaire illimitée accessible sur Internet pour s’imprégner du style des grands compositeurs, de leur langage, de leur univers et développer son propre langage. C’est ce qu’il fait goulument à longueur de temps, avec un appétit insatiable et une inspiration intarrissable.

En 25 ans d’enseignement, c'est la première fois que je rencontre un si beau problème !

jeudi 25 octobre 2012

Posted by Marie Posted on 10:54:00 | No comments

Le mot de Lylianne

J'enseigne les intervalles à Lylianne, petite élève de 10 ans toujours souriante et attentive à autrui : les secondes Majeures et mineures, les quintes et les octaves Justes...
Après une courte réflexion, elle se tourne vers moi avec ses grands yeux et me demande sur un petit air inquiet : "Est-ce que ça existe des quintes injustes ?"

dimanche 11 décembre 2011

Posted by Marie Posted on 11:50:00 | No comments

Lendemain de concert

C’était hier le concert des mes élèves. C’est toujours un moment plein d’émotions, pour les élèves qui se présentent devant le public mais aussi pour leurs parents qui découvrent leur enfant avec un autre regard, un regard qui sort du quotidien. Ce concert est l’aboutissement de trois mois de préparation, mais aussi et surtout de toutes les années qui ont précédé pour certains. 


Je suis toujours étonnée de voir le plaisir que manifestent les parents à assister à ces concerts. On pourrait croire que la participation de leur enfant suffirait à retenir leur attention. Mais non ! Ils semblent avoir un intérêt particulier à suivre la progression des autres élèves, particulièrement ceux qui semblent montrer par l'exemple le chemin de l'excellence.

Parmi eux, Jean-Baptiste, l'un de mes anciens grands élèves qui poursuit ses études en musique. Jean-Baptiste n'a pas encore décidé de sa future profession mais évoquait hier peut-être le métier de chef d’orchestre. Je l’y vois bien. Il est venu hier rôder son programme de fin de session avant son examen qui aura lieu mercredi. Les parents des autres élèves l’ont déjà entendu dans les précédents concerts sont pleins d’admiration pour sa progression, la maîtrise de son jeu et la maturité de ses interprétations. Je suis moi-même très heureuse de son évolution. Jean-Baptiste est un être plein de finesse, d'attention, sensible et délicat, mais aussi passionné et déterminé. Une "belle personne".

À côté de cela, les touts petits, débutants, ont fait leur premier concert avec beaucoup de sérieux et de concentration. C’est très émouvant de les voir ainsi, s’appropriant la scène comme s’ils avaient toujours été là.
Il y a la petite Eugénie, 7 ans, qui a joué brillamment Vive le vent arrangée dans une version jazzy arrangée pour 8 mains (ou presque !) avec ses deux grandes soeurs Constance et Alexandrine et leur maman. Tableau touchant que de voir toutes ces petites mains alignées sautillant sur le clavier comme dans un ballet joyeux savamment orchestré !
Il y a Thierry, 8 ans, un sportif au coeur tendre, sensible et perfectionniste qui ne supporte pas les erreurs, en particulier les siennes. Thierry fond en larme chaque fois qu'il ne réussit pas à faire ce que je lui demande. Mais depuis quelques semaines, à force d'expérience, Thierry apprend la patience, la tolérance vis-à-vis de lui-même, la persévérance. Après une phase de découragement, le voilà qui rebondit et devient volontaire et acharné dans son travail quotidien. Le moral gonflé à bloc, il a progressé comme un fou depuis quelques semaines. Après trois mois de cours, il a assuré hier comme un chef, avec une concentration remarquable, en jouant une pièce d'un niveau plus élevé, dont la longueur était un défi en soi (5 pages !... écrit en gros, mais quand même !), sans compter la difficulté des rythmes, déplacements et coordination des deux mains dignes d'une 2e année. Thierry, sous des allures d'enfant fragile, est un battant ! Tout comme Lou.
Lou, lui, a commencé le piano il y a 3 ans. Il manquait beaucoup de confiance en lui. Pour chaque erreur qu'il commettait, pour lui le monde s'effondrait. Lou a appris la confiance, en lui mais aussi en son professeur. L'an passé, se présentant à un examen de 2e année, il a été largement récompensé par des résultats excellents mais surtout aussi par les commentaires de la Soeur, juge de l'examen, qui l'écoutait. Elle lui a dit avec insistance que son professeur l'avait fort bien préparé et qu'il fallait qu'il continue à suivre les cours avec elle (c'est moi !). Lou est ressorti de cette expérience métamorphosé. Il pratique quotidiennement son piano avec une constance et une discipline impressionnante pour un enfant de son âge. Il a cette conscience rare de la logique du travail efficace, de la méthode qui permettra de donner les meilleurs résultats. Lou a compris très vite que le chemin qui mène au meilleur résultat n'est pas nécessairement le plus droit. Faire quelques détours par des exercices appropriés semble parfois nous éloigner de notre objectif, mais c'est au bout du compte pour mieux s'en approcher. Peu d'élèves intègrent cette notion sans qu'on soit sans cesse obligé de les y ramener. Lou, lui, semble l'avoir fait sienne. Il pratique chaque jour consciencieusement et intelligemment les petits exercices recommandés avec une volonté propre à déplacer les montagnes. et un sens de l'organisation exemplaire. Sa détermination laisse ses parents pantois, avouant eux-mêmes n'avoir aucun mérite à cela. Lou gère tout seul son emploi du temps et s'organise comme un chef. Inutile de vous dire quel bonheur c'est de le voir ainsi évoluer et avoir de plus en plus de plaisir à jouer, partager, s'amuser avec son piano.


Au fur et à mesure des concerts, les enfants grandissent, mûrissent. La plupart entrent maintenant dans un âge charnière, l'âge du secondaire. Les ados ont un peu plus conscience de leurs imperfections et ont parfois du mal à vivre avec. Le travail scolaire est un peu plus exigeant. Pour certains, la conciliation école-piano devient difficile. Lorsque la vie sociale devient plus importante et que les copains eux-mêmes ne font pas de musique, cela devient une épreuve que d'affirmer sa différence. 
Certains commencent, vers 12-13 ans, à être un peu plus soucieux de leur image. L'une semble plus préoccupée par la position de sa mèche, l'autre commence à hésiter à jouer en public. Cet autre exprime le désir d'essayer autre chose, du "jazz" par exemple, sans savoir très bien ce que ce mot veut dire. Ou encore celui-ci qui espère épater les copains avec des Hits populaires qui en mettent plein la vue.
Mais à côté de cela, il y a Yasmine qui, elle, jusqu'à cette année avait toujours un jeu un peu mécanique, inexpressif, froid et sans émotions. Soudain, depuis cet automne, son jeu est devenu souple, expressif, nuancé. Yasmine dévoile un peu d'elle-même et sa musique respire ! Yasmine a 12 ans et sa musique s'en porte bien.

Accompagner ces jeunes dans leur évolution est un bonheur sans cesse renouvelé, plein de changements et de rebondissements.
À travers ce concert, chacun a donné le meilleur de lui-même, chacun relevant ses propres défis. Pour certains, l'adolescence en elle-même est un défi ! À chacun son évolution.

Ainsi s'achève la saison. Quelques échanges autour d'un buffet de gourmandises ont prolongé la rencontre de ce samedi après-midi. Les parents et grands-parents en redemandent. Certains attendent le prochain concert avec impatience. Mais avant, un peu de répit ne sera pas de refus.

vendredi 7 octobre 2011

Posted by Marie Posted on 03:33:00 | No comments

Rentrée adolescente

Voilà presque un mois que les cours ont repris. J'ai retrouvé la plupart de mes élèves parmi les plus motivés. Certains ont profité de l'été pour gagner quelques centimètres et un peu plus d'assurance. Je suis émerveillée par les petites surprises que me réservent certains qui font preuve soudain d'un supplément de maturité. L'absence de cours durant la période estivale semble avoir aiguisé leur désir. Leurs goûts s'affirment et leur enthousiasme grandit. Nos échanges quotidiens sont un plaisir sans cesse renouvelé.

J'ai retrouvé la plupart de mes élèves. Sauf une. Une ado qui, après 5 années d'apprentissage, hésitait à reprendre cette année. Lorsque les copines sont toutes occupées entre elles, que la musique ne fait pas partie de leurs vies, s'isoler quotidiennement devant son piano pour pratiquer une heure durant devient un geste héroïque, un geste de résistance ! 
Elle avait envie mais pas assez, elle aurait bien voulu mais pas tout à fait. Bref, elle ne savait plus trop. Devant sa difficulté à exprimer ses émotions, sa maman a tranché. Pour le meilleur ou pour le pire ? Ce n'est pas facile, en tant qu'adulte, de savoir quelle est la meilleure attitude à adopter face à l'indécision de son enfant ? Les parents décident bien ce qu'ils veulent pour leurs enfants. En tant qu'enseignante, il m'arrive de les conseiller sur une option à prendre parmi d'autres, dans le choix d'une école, le choix d'un instrument, une méthode de travail... mais quand l'enfant manifeste depuis des mois une baisse de motivation, que sa progression marque un net ralentissement, et que malgré mes efforts à lui proposer un répertoire adapté à ses goûts et à réduire sa charge de travail pour l'aider à concilier école/piano il rechigne à se remettre au piano, comme les parents, je me sens démunie. Devant le silence de mon élève, ne sachant plus quoi faire pour motiver son désir, plutôt que le dialogue, j'ai choisi le silence. 
Elle a besoin d'une pause, sûrement. Respecter ce besoin avec la conscience que les pauses durent souvent plus longtemps qu'on ne les avait imaginées en les prenant.

Adolescente, il m'est arrivé de sécher sans explication un cours de piano ou deux (ou plus, je ne me souviens pas) les mercredis soirs. Si mes parents l'avaient su, j'aurais eu à expliquer l'inexplicable. Je n'avais pas d'explication claire pour justifier mon absence sinon le désagréable sentiment de ne pas avoir de plaisir à y aller... parce que ma relation avec la prof n'était pas stimulante, parce que la distance à parcourir à pied pour me rendre au conservatoire à pied à la tombée de la nuit. Parce que la prof, parce que ma paresse...
C'était un passage. Une hésitation. Une passagère démotivation. Passage obligé peut-être avant de choisir de manière plus déterminée la voie qui allait être la mienne. Si mes parents avaient su, peut-être y aurait-il eu crise là où il ne méritait pas qu'il y en ait une... Peut-être y aurait-il eu une pause là où il ne méritait pas qu'il y en ait une...

Les motivations musicales des adolescents me questionnent beaucoup en ce moment. J'ai fait, la semaine passée, ma rentrée à l'école secondaire où j'accueille, en plus de 4 anciens élèves, 4 nouveaux en 1ère année de secondaire (12 ans). Tous ont choisi le piano comme 2e instrument en plus de la trompette, de la flûte ou de la percussion. En observant les nouveaux, je suis frappée de constater combien, à un âge commun, les profils sont terriblement différents.
Il y a Ph., grand gaillard voûté au sourire économe, qui semble avoir grandi trop vite; un autodidacte énergique, qui sans savoir lire une note de piano a appris en observant sa mère le début de la Sonate au Claire de lune, très très fort ! Parce que Ph. aime jouer très fort. Il me montre avec fierté le début de Pirates des Caraïbes (Hit de sa génération) qu'il a appris tout seul avec l'aide d'un logiciel informatique. Ph. n'aime que les arrangements très difficiles et semble avoir un plaisir viril à les jouer aussi vite et aussi fort que possible avec un sens du rythme tout à fait aléatoire. Un cheval fou difficile à maîtriser.
Et puis, il y a S., une jeune étudiante déjà bien disciplinée par 1 année de cours privés en piano et 3 années en flûte traversière. Elle semble tout à fait sérieuse, motivée, docile et organisée. Un modèle d'élève, studieuse et reposante.
Il y a aussi T., jeune garçon fin et éveillé, curieux et dégourdi. T. a déjà accumulé des tas de connaissances théoriques sur les tonalités, gammes, accords... et voudrait s'essayer à l'improvisation jazz. À ce stade de son évolution, T. commence à ressentir le besoin de savoir lire et de mieux se servir de ses 10 doigts. L'improvisation jazz n'est pas ma spécialité, mais pour le reste, ça devrait aller.
Et enfin, il y a J., petite jeune fille toute frêle et timide qui semble tombée du nid. J. ne sait rien de la musique ni du piano. Vierge de tout repaire, J. découvre un monde qui lui est tout à fait étranger avec une candeur touchante.
Autant d'élèves, autant de profils et de motivations différents qui exigent attention et adaptation. Les premiers cours sont le terrain d'une nouvelle relation que j'espère durable et de confiance. Chaque rencontre est une nouvelle aventure. Prendre l'élève là où il est pour le mener un peu plus loin sur ses chemins de musique, apprendre à le connaître et lui permettre peut-être aussi de mieux se connaître à travers son nouvel apprentissage.

lundi 27 juin 2011

Posted by Marie Posted on 19:37:00 | No comments

Passages

Lundi. Depuis mercredi, j'étais presque en vacances.
Je dis "presque" parce qu'aujourd'hui je donnais un dernier cours à Jean-Baptiste. Un vrai dernier cours avant longtemps puisque Jean-Baptiste ne reviendra pas. Du moins pas avant longtemps.
Jean-Baptiste est venu vers moi il y a un an, parce que son professeur déménageait, loin d'ici. Parmi le lot des élèves dont j'ai hérité grâce à cet heureux concours de circonstances, Jean-Baptiste est de loin le plus talentueux, le plus travailleur, le plus motivé mais aussi le plus cultivé, curieux, passionné... Tentant de concilier vaillamment et non moins brillamment ses études en 5e année de secondaire avec son travail pianistique, il a su cette année relever quelques défis intéressants, a obtenu le 3e prix du Concours de la Montagne accompagné d'une bourse de 150 $ . Bel encouragement à poursuivre ses efforts et à approfondir sa formation ! J'ai eu le plaisir de lui fournir son premier emploi comme tourneur de pages durant les répétitions et concerts Chants d'amour. Il a donc été notre 5e main, sérieux et concentré, les oreilles en alerte et les yeux pétillants de curiosité, profitant de chaque seconde de répétition avec appétit et gourmandise. Le visage aimable et le dos droit comme un i, il a séduit par son attitude très "digne" la propriétaire du Moulin Seigneurial, mécène locale et donatrice de bourses. Elle l'a invité à venir jouer dans son salon sur le plus vieux Steinway du Canada, 9 pieds de long, au sein de sa magnifique propriété néogothique entourée de vergers, ruisseaux, cascades... à flanc de montagne.
Une année peu ordinaire, donc, dans la vie de Jean-Baptiste.
Outre une passion commune pour la musique, bien-entendu, et un intérêt tout récent pour le violoncelle, en particulier, Jean-Baptiste et moi avons en commun un autre petit quelque chose qui contribue certainement à entretenir une certaine connivence : la France ! Jean-Baptiste est né en France, ses parents, originaires d'Avignon, ont immigré au Québec il y a une douzaine d'années. Il a gardé de la France le raffinement et la curiosité intellectuelle.
Quoiqu'aussi brillant en littérature et en sciences, il a choisi de continuer en musique au CEGEP. Quant à savoir ce qu'il fera plus tard, je n'en ai aucune idée. Jean-Baptiste non plus d'ailleurs. Il n'a que 17 ans. Les deux prochaines années seront pour lui deux années d'exploration, d'imprégnation, en attendant que ses goûts s'affirment, que ses choix se précisent. Je l'imagine bien compositeur ou arrangeur... ou bien pédagogue ou critique musical...
Parce que le programme de musique au CEGEP comprend les cours privés (particuliers) de piano, Jean-Baptiste ne viendra plus me voir, les jeudis, à 17h15.
Ce matin, c'était donc notre dernier cours. Bien que les vacances aient commencé officiellement la semaine passée, nous avons eu envie de prolonger un peu l'année, pour le plaisir d'être ensemble, comme ça, de se voir, de faire de la musique ensemble, comme ça, pour le plaisir, Chopin en Nocturne et Schumann à 4 mains. Un dernier rendez-vous avant de se quitter.
J'ai beau savoir depuis toujours que mon rôle de professeur-pédagogue-formatrice-éducatrice-accompagnatrice auprès de chaque élève n'est que provisoire, ponctuel, éphémère, il n'en demeure pas moins que, lorsque nous avons vécu ensemble des moments forts, que nous sommes visiblement un peu attachés l'un à l'autre, il est un peu difficile de se quitter lorsque le temps est venu pour l'élève de poursuivre son chemin, ailleurs.
Jean-Baptiste a fait un bout de chemin avec moi. Ce fut court mais je crois important pour lui. Avec la conscience de tourner une page, nous regrettons ensemble que ce fut si court. Mais tourner la page n'est pas fermer le livre. Nous nous reverrons, évidemment. Nous nous suivrons, certainement. Il ne tient qu'à nous d'inventer une suite à notre année d'histoire commune. Jean-Baptiste sera mon invité perpétuel pour les concerts d'élèves, mon tourneur de page attitré pour mes prochains concerts... Et puis, il habite tout près. Sa maison se trouve sur le parcours de notre marche habituelle. Un petit coucou par la fenêtre et je serai son invitée pour le café.
La route de Jean-Baptiste est encore longue. Je lui souhaite de rencontrer de bons guides, inspirants et nourrissants, qui lui montreront à leur tour les chemins de musique. L'oeil bienveillant, je le suivrai, au loin...

samedi 18 juin 2011

Posted by Marie Posted on 21:03:00 | No comments

Libertango

Je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous une petite vidéo prise lors du dernier concert de mes élèves et qu'une de mes élèves vient de me faire parvenir : le duo de William (11 ans) et Amy (13 ans), frère et soeur dans la vie.
On perçoit dans leur jeu quelques maladresses parfois mais ça reste pour moi malgré tout un duo touchant de fraîcheur et de candeur.

lundi 4 avril 2011

Posted by Marie Posted on 22:35:00 | No comments

Lendemain de concours

Ce week-end, j'ai vécu au rythme du concours de musique annuel organisé par le Choeur de la Montagne, concours visant à encourager les jeunes musiciens en apprentissage, de 7 à 21 ans. 8 de mes élèves y participaient. J'accompagnais par ailleurs 3 élèves de l'école secondaire qui s'y présentaient, en flûte et en clarinette.
J'ai assisté à la presque totalité du concours et ai pu me rendre compte, un peu plus que les autres années, du niveau des élèves de la région. Ce fut aussi l'occasion pour moi de voir comment mes élèves se situent dans ce paysage régional et quelles réactions leurs prestations ont provoqué dans le public comme dans le jury.
Tous se sont surpassés et ont livré le meilleur d'eux-mêmes avec une générosité touchante, une maîtrise qui a conjuré mes craintes. Tous, sauf un !
Le petit Lou, trop soucieux de bien faire, a joué tout petit, avec un tout petit son parfois à la limite du silence, comme s'il voulait garder ce son-là pour lui, se cacher derrière le piano, trop absorbé par ce qu'il faisait pour se rendre compte qu'il était le seul à s'entendre. Lou a joué ce samedi un peu comme il est dans la vie : tout doux, tout timide, tout réservé, qui a peur de déranger, de ne pas dire les bons mots, de ne pas faire les bons gestes... Lou a travaillé fort. Il sera déçu de sa note lorsqu'il l'apprendra. Mais c'est une expérience. En tirer des leçons. La prochaine fois, ce sera différent.
Et puis, il y a eu Jean-Baptiste, 16 ans, grand élève que je compte parmi mes élèves depuis cette année, prêt à entrer au CEGEP en musique, brillant, sérieux, travailleur, motivé, passionné, cultivé, curieux, sensible et... français ! Jean-Baptiste s'est fait remarquer parmi les nombreux pianistes du concours. Il a été justement récompensé d'un 3e prix de sa catégorie (14-21 ans) et d'une bourse de 150$. Cette reconnaissance intervient à ce stade de son évolution comme un coup de pouce, un encouragement, et le conforte dans son choix de poursuivre ses études en musique au CEGEP puis à l'université.
Je suis fière, fière, fière de mes élèves. 

À l'issue de ce concours j'ai récolté quelques petits mots adressés à la pianiste accompagnatrice, compliments bien sentis à remiser précieusement et à conserver bien au chaud dans ma boîte à tendresse pour les jours de doute. Une douce consolation... pour toutes les fois où je me sens si imparfaite. Savoir que j'ai touché profondément un être parmi d'autres, au moins un, suffit presque à me soulager de mon insatisfaction chronique. Pour un temps au moins. Entendre de sa bouche l'émotion qui le transporte et dont je suis la cause me réjouit profondément, me réconcilie avec mes imperfections et donne du sens à ce que je fais, ce que je suis. Merveilleuse musique toute faite de bonheur contagieux.

mercredi 30 mars 2011

Posted by Marie Posted on 11:05:00 | No comments

Pianiste entre les murs

Hier soir, "Moments musicaux" à l'École secondaire Ozias-Leduc. Avec ce concert des élèves solistes de la "concentration musique" s'achevait mon contrat d'accompagnatrice auprès de l'école. Du moins pour cette année.  
Chaque jour, ou presque, depuis deux mois, je me suis rendue à l'école, tantôt pour des répétitions, tantôt pour des représentations intimes ou publiques. À force de sillonner les couloirs, de longer les mêmes murs écaillés, de croiser les mêmes têtes échevelées, jour après jour, ce petit monde m'est devenu familier.
Lorsque parmi les ados, au détour d'un corridor, l'un d'eux me lance un "Bonjour Marie !" spontané et gratuit, difficile de rester insensible. La pianiste a un nom. Les plus jeunes m'appellent "Madame, vous...", les plus âgés n'hésitent pas et préfèrent un "Marie, tu...". Régulièrement, quelques uns échappent un "Oh ! Marie !" de surprise enthousiaste. La pianiste a la cote. J'ai baigné durant deux mois dans ce petit microcosme humain attachant.
Cet espace clos était le mien, la moitié de la journée. Je commençais à m'habituer à cet environnement confiné, à en oublier qu'il y avait une vie après l'école. Les murs sans fenêtres rendent amnésique.
Si ce n'était des petits agacements quotidiens et récurrents causés par le manque de considération de l'école pour son programme de musique et une certaine défaillance dans la coordination interne au département, la vie scolaire me serait devenue presque agréable. 
Entre les répétitions, quelques échanges avec mes collègues musiciens m'ont permis d'en apprendre un peu plus sur leur vraie vie. C'était bien de prendre le temps.

À 14 heures, je quittais les lieux. Franchissant la porte extérieure du hall central, je m'étonnais chaque jour de la couleur du ciel. Un jour assaillie par la neige, un autre éblouie par le soleil. Cette sortie au grand air me convainquait chaque jour assez efficacement des limites de cette vie scolaire. Le monde est plus grand, l'horizon est plus vaste. La vraie vie est ailleurs. La mienne en tout cas.

Hier, s'achevait mon contrat. Voilà qui est fait et bien fait.
Satisfaction et soulagement.
Place à d'autres projets.

Mon contrat en chiffres : 97 élèves à accompagner (répétitions + concerts) = 350 pages de musique à classer, scotcher, répertorier, déchiffrer, annoter...  et au moins 10 fois plus d'erreurs à rattraper !

dimanche 26 décembre 2010

Posted by Marie Posted on 06:21:00 | No comments

Un peu de douceur...

Je viens de recevoir une petite vidéo d'un papa de deux de mes petits élèves, le petit W. (10 ans) et sa grande soeur A. (12 ans), souvenir du dernier concert de mes élèves où ils interprétaient à 4 mains Silent Night (harm. de M. Bober).
Je ne résiste pas à l'envie de la partager avec vous.

samedi 18 décembre 2010

Posted by Marie Posted on 22:18:00 | No comments

Voilà

Voilà. Samedi soir. Aujourd'hui avait lieu le concert de mes élèves. Mes nombreux élèves...
Je suis toujours émue de voir ce que chacun révèle de lui-même en des circonstances aussi périlleuses que celles du concert.
Chacun avait un petit défi à relever. Chacun a remporté une petite victoire sur lui-même.
Le tout petit E., 7 ans, dont la maman me fait part juste avant le concert d'un diagnostique officiel de trouble de déficit d'attention (TDA) sévère de son fils, s'est pris au jeu de son premier concert et a prouvé à tous (à commencer par lui-même) qu'il était capable de se concentrer intensément plusieurs minutes d'affilé avec un sérieux et une musicalité exemplaires en jouant comme un dieu "J'ai perdu mon âne" et "Où allez-vous, bergère" en duo avec son grand frère, parmi mes anciens élèves, après trois mois de cours à peine.
La grande B. , magnifique adolescente de 13 ans, qui habituellement manque d'assurance, flanche à la moindre incertitude, s'arrête en plein milieu, incapable de repartir, a réussi à passer au travers d'une pièce somme toute assez véloce sans baisser les bras, avec assurance et combativité.
Plusieurs couples de frères et/ou soeurs qui se chicanent habituellement pour un rien ont trouvé un terrain d'entente en partageant le banc de piano à 4 mains, étonnants d'écoute et de sensibilité.
Le jeune L., 9 ans, habituellement dur avec lui-même, qui ne se tolère aucune erreur, à en pleurer de désespoir parfois, a joué comme jamais un Sleeping Dragon plein de fougue et de contrastes. Accompagnant son petit frère et sa maman dans un air irlandais en trio violon-guitare-piano, il a montré une fois de plus qu'il était une vraie graine d'accompagnateur, à l'écoute, présent, solide et rassurant pour ses compagnons de jeu.
Le petit W., 11 ans, a une fois de plus crevé l'écran avec une valse de Chopin remarquable d'inspiration et de sensibilité, laissant respirer la musique avec une aisance et un naturel étonnant.
Sa grande soeur, A, 13 ans, a fait preuve d'une virtuosité sans faille dans une Tarentelle endiablée, avec une assurance éblouissante.
C. et E., adultes volontaires et assidues, ont surmonté vaillamment leur trac avec courage et persévérance.
J.B., 17 ans, malgré ses semaines de fou, absorbé par des devoirs scolaires qui lui mobilise tout son temps et son énergie, a plongé dans l'univers de Debussy avec un Doctor Gradus ad Parnassum saisissant de virtuosité, tout en nuances, en finesse et en subtilité.
Chacun avait un petit défi à relever. Tous ont su le relever et, grâce à cela, triomphent de leur victoire sur eux-mêmes. Tous. Sauf un.
Le petit P., 10 ans, petit Prince aux boucles rousses, l'un de mes élèves les plus doués, sensibles et intelligents, n'était pas là. J'ai appris son absence ce matin, à mon grand étonnement, sans autre explication. Le petit P. était prêt. Peut-être un peu nerveux, comme toujours, mais prêt. Je crains qu'une crise ne se soit produite à la maison à l'approche du concert, qui a provoqué l'abdication soudaine des parents. Une première crise a eu lieu il y a deux semaines. Ils étaient prêts à priver leur fils des cours de piano parce qu'il ne pratiquait pas assez... à leur goût. L'an passé, son père le coachait quotidiennement pour le présenter au concours le plus exigeant de la région. En fin d'année, le père un peu essoufflé par tant de pression a décidé de laisser son fils se débrouiller seul cette année. D'un certain point de vue, c'est une bonne chose. Cela lui apprend à travailler seul, à constater les effets de ses propres méthodes de travail. Le petit P. est donc pianistiquement livré à lui-même depuis la rentrée de septembre. Bien qu'adaptant mes exigences à la situation, je constatais certaines fois que ses méthodes n'étaient pas toujours en rapport avec celles que je lui enseignais. Mais bon. C'est bien normal. Il est jeune. Il apprend. Faire des erreurs fait partie de l'apprentissage. Ne pas être parfait aussi. C'est bien normal. C'est humain. Mais les parents ne l'entendent pas de la sorte. Le minuteur sur le piano, ils exigeaient un temps minimum par jour d'une manière si drastique que leur fils en perdait le goût de la pratique. Dans une phase de découragement, devant la mauvaise tête de leur fils, les parents ont décidé d'un accord unilatéral que leur fils arrêterait les cours... pour le punir ! Surprise de cette décision, j'ai réussi à convaincre la mère que ce n'était sans doute pas la meilleure chose à faire pour leur fils. Elle m'a entendue. Le petit P. a repris les cours avec un certain soulagement perceptible tout à fait perceptible. Mais aujourd'hui, je suppose que mon petit P. a craint de ne pas être à la hauteur... des attentes de ses parents. Il a dû manifester des signes de nervosité. Normal. Il aurait sans doute eu besoin d'une petite tape dans le dos pour oser dépasser son appréhension. Ça aurait valu le coup. Il est tellement fier, habituellement, quand le concert est passé, fier d'avoir su relever le défi. Mais cette petite tape-là n'est pas venue. Mon petit Prince n'était pas là. Je suis triste de cela.

Alors voilà. Avec ce concert s'achève la série des concerts de Noël. Ce soir, je suis en vacances.
Je ne sais si je reverrai mon petit Prince à la rentrée.

mercredi 29 septembre 2010

Posted by Marie Posted on 20:41:00 | No comments

pas toujours facile...

... de récupérer les élèves des autres !

Je compte parmi mes élèves de cette rentrée 7 nouveaux élèves dont 6 proviennent d'une collègue qui a déménagé au printemps dernier. Celle-ci m'avait demandé l'autorisation de m'envoyer ses élèves. Je prenais sa demande comme une marque de confiance mais aussi comme un privilège. Je connaissais un de ses brillants élèves. J'avais le secret espoir que tous seraient aussi brillants que lui. Pour toutes ces raisons, je n'ai pas eu envie de les refuser. Et quand j'ai considéré mon emploi du temps rempli, je me suis laissée encore convaincre devant l'insistance d'une maman de prendre sa fille qui avait deux années d'expérience de cours. Seulement voilà, la réalité est un peu différente de l'idée que j'en avais...
Depuis deux semaines, je reçois donc 6 de ces élèves orphelins.

Le premier cours est une prise de contact. Lorsque l'élève a déjà une expérience musicale, je tente de dresser un bilan sommaire et global de ses compétences. C'est aussi le moment de gagner sa confiance tout en lui donnant une idée de ce que, moi, je pourrai lui apporter. Nous ferons un bout de chemin ensemble. Pour cela, il nous faut nous accorder mutuellement pour que ce chemin soit le plus agréable mais aussi le plus fructueux possible. Je prends l'élève où il est et je lui tends la main pour lui servir de guide.

J'aime accueillir des tout débutants car, vierges de tout apprentissage, ils n'ont qu'une motivation : apprendre, peu importe comment, pourvu qu'on ait du plaisir à le faire. À moi de leur montrer avec quelle méthode, de leur apprendre à apprendre.
La tâche est plus difficile quand l'élève a déjà une expérience de cours avec un autre professeur. Il a déjà des habitudes qui ne sont pas forcément les miennes. Parfois, c'est intéressant. Cela peut être pour moi une source d'inspiration pour explorer d'autres avenues, mais parfois, c'est déprimant.

Dans le cas de mes nouveaux élèves du moment, le bilan de leurs acquisitions et compétences est assez décevant. Sur les 6 que j'ai récupérés de cette collègue, 4 ne savent pas lire une note de musique !
Lorsque je les questionne sur leur manière d'apprendre, ils affirment, non sans une certaine fierté : "moi, j'apprends à l'oreille." Soit. Peu convaincue que ce soit la meilleure méthode, je leur demande de me jouer une pièce qu'ils aiment, apprise dernièrement. Ils commencent, à toute vitesse, s'arrêtent en plein milieu, constatent la défaillance de leur mémoire, sont incapables de reprendre. Ils baissent les bras. Ils n'iront pas plus loin. La route s'arrête là. Je leur propose avec bienveillance de jeter un oeil sur la partition pour combler le trou de mémoire que je crois passager. Ils m'avouent sans trop de complexes qu'ils ne savent pas lire la musique. Ils ne savent pas lire la musique !!! Après cinq années de piano pour l'une d'elles ! Je lance quelques questions de repêchage sur d'autres signes de la partition. À quoi sert un dièse, par exemple ? "Euh... j'sais pas."
Je tente de dissimuler ma consternation. Des années d'apprentissage et aucune notion de solfège ! C'est comme de parler une langue sans savoir en lire un mot...

La première minute de surprise passée, j'essaye de comprendre comment ils sont arrivés à pratiquer durant toutes ces années sans savoir lire une note. J'entends dans leur jeu leur ignorance, un manque de compréhension évident de ce qu'ils jouent, une absence complète de repères, un manque de respiration... Bref, ils naviguent sur pilote automatique, sans réflexion ni jugement, comme des automates qui alignent des notes à toute vitesse sans se laisser le temps ni la possibilité de penser ni de respirer, de peur de ne pas savoir où il en est... Comme des apprentis équilibristes en danger sur un fil, ils se dépêchent d'aller à l'autre bout de crainte de chuter en route. Et fatalement, ils chutent.

J'essaye de leur donner quelques clés pour se repérer, quelques points de repères qui pourraient les sortir de ce no-note's-land. Il faut bien commencer quelque part ! Certains ont de la misère à saisir l'intérêt de tout cela. À quoi bon apprendre à lire si je suis capable d'apprendre par imitation ? Seulement voilà, on n'a pas toujours un modèle à côté de soi pour nous dire quoi jouer. Évidemment, je ne peux m'empêcher de me lancer dans un long discours espérant les convaincre de l'importance d'apprendre à lire la musique tout en ayant bien conscience qu'il me faudra utiliser d'autres outils plus convaincants pour les rallier à mon point de vue. J'invente un jeu surnommé pour l'occasion "la course aux notes" auquel mes anciens élèves ont tous mordu. Ils se laissent prendre au jeu. Peut-être finiront-ils par apprendre à lire...

Je prends ainsi connaissance, par élèves interposés, de la pédagogie de ma collègue.
Je déduis qu'elle leur a donné la béquée durant toutes ces années comme à de petits oisillons, note à note. Ils attendaient sûrement de moi que je continue sur le même mode. Ils veulent "jouer des pièces" sans se poser la question de la méthode.

La tâche est rude pour tenter de les convaincre que la meilleure voie est celle de l'effort et du plaisir différé quand ils ont été habitués au plaisir immédiat mais superficiel. Le défi est de taille pour certains. Voudront-ils embarquer avec moi dans l'apprentissage de la lecture lorsqu'ils ont développé depuis des années des réflexes d'analphabètes ?
Déjà, une des plus jeunes commence à rechigner devant les petits exercices que je lui ai donnés parce qu'elle les trouve "plates". Ils n'ont vraisemblablement pas appris à vivre avec le concept du résultat à long terme. Il faut que tout soit l'fun, là, immédiatement, sans effort et sans patience. Toute une éducation à refaire ! Des enfants, mais aussi des parents qui sont un peu surpris de découvrir une méthode différente...

Moi qui suis tellement soucieuse de donner à mes élèves les bases nécessaires pour qu'ils comprennent ce qu'ils font, pour qu'un jour ils deviennent des musiciens articulés, épanouis, intelligents et autonomes, de grands oiseaux capables de voler de leurs propres ailes, je ne comprends pas qu'on entretienne à ce point la dépendance chez ces jeunes apprentis.
Ils choisiront de me suivre ou de me quitter. En faisant ce choix ils choisiront la voie de l'effort ou celle de la facilité, celle de l'autonomie ou celle de la dépendance. Sans le savoir ils choisiront les adultes qu'ils seront demain. Combien d'adultes regrettent, après des années de cours de piano, de n'avoir pas appris à lire la musique, ni compris celle qu'ils ont jouée, d'avoir tout oublié de ce qu'ils ont mémorisé, de n'avoir pas eu de "bons professeurs" pour leur donner les bonnes méthodes !...
Je ne lâcherai pas. Mes élèves ne seront pas de ceux-là ! Mais je ne pourrai seule combler les lacunes de ces élèves-là. J'ai besoin de leur aide.

À suivre...

mercredi 23 juin 2010

Posted by Marie Posted on 23:20:00 | No comments

Magnifique dernière journée


Je prenais hier connaissance des résultats des examens de mes élèves. Contrairement à mes pronostics qui étaient quelque peu mitigés concernant l'un ou l'autre d'entre eux, tous ont réussi leurs épreuves et, en plus, contre toute attente, brillamment. Sans exception.
Je suis fière et comblée.
(Mes élèves sont bien chanceux de m'avoir comme professeure plutôt que comme juge. Je serais un juge bien intransigeant, je crois.)

Je recevais aujourd'hui ce qui devrait être mon dernier cours de violoncelle de l'année. Toujours un vrai plaisir. Je ressors de là avec toutes sortes de projets en tête pour l'année à venir et des envies de faire de la musique par dessus tout, en solo, en duo, en trio, en quatuor, en orchestre... au piano et au violoncelle !
Il y a des rencontres, comme ça, qui stimulent et donnent envie de donner, donner, comme l'on reçoit.

Je donnais ensuite les derniers cours de l'année à trois de mes élèves qui ont retardé leurs vacances pour venir me voir une dernière fois avant l'été.
Parmi eux, Lylianne, 7 ans.
Lylianne est une enfant du soleil, toujours de bonne humeur, souriante et rayonnante. Les cours avec Lylianne sont toujours très joyeux. Son esprit déborde d'imagination. Chaque situation ou chaque nouvelle notion abordée est pour elle l'occasion de raconter une histoire inventée sur le champ. Je me prête au jeu, entre dans son petit monde imaginaire, surenchéris d'imagination. Ensemble nous divaguons. Nos échanges finissent la plupart du temps dans une hilarité générale. Mais Lylianne sait aussi être très sérieuse quand il s'agit d'être sérieux. Très concentrée quand cela est nécessaire. Et l'instant d'après, nous pouffons à nouveau de rire pour un bête petit détail, un petit mot rigolo... Un vrai bonheur.
Après un an de piano et un début fulgurant, Lylianne cessera de prendre les cours avec moi l'année prochaine pour les poursuivre avec un autre professeur, à son école primaire, juste pour une question de commodité d'emploi du temps. 
Petit déchirement.
Mais je sais que nous nous retrouverons, plus tard.
Consolation.
Il y a des liens qui ne se perdent pas...

En professeur prévoyant (mais qui n'a surtout pas envie de se prendre la tête avec ces choses-là la veille de la rentrée), j'ai déjà bouclé mon emploi du temps pour la rentrée de septembre. Tous mes élèves se réinscrivent. Tous reviendront l'année prochaine. Tous ! Du jamais vu ! En vingt ans de carrière, jamais cela ne m'est arrivé ! Tous ! Sauf Lylianne.

Me voilà bookée comme professeure. La pianiste, elle, offre encore quelques disponibilités.

C'est aujourd'hui la veille de la Saint-Jean-Baptiste, fête du Québec et des Québécois. La journée qui marque le début de l'été avec un supplément de légèreté et de nonchalance. Je vis cette journée comme un moment spécial, un jour de fête pour célébrer le bonheur d'être là, un sentiment de gratitude pour ce pays qui m'a ouvert les bras. 
Petit resto en tête à tête. Grand feu d'artifice sur la rivière. Marche sous les étoiles.
Belle soirée d'été.
Magnifique dernière journée.

vendredi 4 juin 2010

Posted by Marie Posted on 23:26:00 | No comments

Meritas

J'étais hier soir au "Gala Meritas" d'une école secondaire privée à laquelle appartiennent deux garçons que j'accompagne habituellement au sein des Jeunes voix du coeur. Les deux plus belles voix. L'un rêve depuis toujours d'être chanteur d'opéra. Tout petit, il fondait en larmes en écoutant les disques d'opéra qui traînaient dans la discothèque de ses parents. L'autre, petit blondinet aux joues encore toutes roses, a découvert le chant plus récemment et, soutenu par son meilleur copain, rêve de se lancer sur les plus grandes scènes avec son air de Petit Prince, un petit brin de voix angélique et un regard pétillant de gourmandise.

En début de semaine, j'ai reçu un courriel de ma généraliste. Non pas pour un bilan de santé !... mais pour un appel au secours : son fils (celui qui rêve d'être chanteur d'opéra) et son copain (le Petit Prince) chanteront La Nuit  "des Choristes" (pauvre Rameau... s'il entendait ça, il se retournerait dans sa tombe !) au Gala Meritas de leur école secondaire. Je les accompagnerai pour l'occasion.
Je n'avais aucune idée de ce qu'était un Gala Meritas. J'allais le découvrir bientôt.

Convoquée au CEGEP (lycée) hôte de la soirée festive, j'arrivais quelques dizaines de minutes avant l'heure de notre passage sur scène. Accueillie par ma gentille et très amicale généraliste (on rêve d'avoir une aussi belle relation avec son médecin de famille... mais on rêve aussi d'avoir un médecin de famille tout court !), j'ai pris place parmi le public d'une salle de spectacle comble au milieu d'une architecture moderne et remarquablement conviviale.
Sous le regard des jeunes et de leurs parents, fiers de l'institution qui les accueille, discours, remises de prix et numéros artistiques se sont alternés toute la soirée avec pour principal objectif de valoriser les élèves méritants, pour leurs performances académiques bien sûr, mais aussi pour leur "bon comportement", leurs "efforts", leurs "améliorations", leur "attention aux autres"... Certains ont reçu la reconnaissance suprême en étant désignés "personnalité de l'année". Chaque professeur "titulaire" d'un groupe avait un petit discours personnalisé pour ses élèves qui se sont démarqués.

Après La Nuit dans laquelle je sentais la voix toute tremblante d'émotion du Petit Prince à court de souffle, je m'apprêtais à quitter discrètement le lieu des festivités (avec le sentiment du travail fait et bien fait...) mais, avant, je voulais voir (et entendre) le numéro rock que mon chanteur d'opéra et son Petit Prince de compagnon m'avaient dit devoir faire. Et là, j'ai été épatée ! Sur scène, 6 flos de 12 et 13 ans (3 guitaristes, 1 bassiste, 1 pianiste et 1 drumer) se démenaient au rythme des premières mesures de ce qui allait devenir le hit de la soirée. Se sont ajoutés rapidement mes deux gaillards, troquant leur voix de tête angélique pour leur grosse voix de chanteurs pop. C'était parti ! La musique à font les manettes pour Hold the Line et tout le kit scènique du parfait rockeur : jeu avec le micro, éclairages mobiles et flamboyants, déplacements improvisés, grands battements des bras dans les airs pour inciter le public à frapper des mains en cadence, et le "À vous ! Tous ensemble !" convaincant pour que tous entonnent à leur tour le refrain à l'unisson. Et ça marche ! Tout ça remarquablement assumé avec une assurance déconcertante. J'étais épatée. Amusée aussi. J'ai eu l'impression, sincèrement, d'assister à la révélation d'une vraie vocation que je savais naissante, mais qui, dans le classique, se sent peut-être un peu à l'étroit...

Les autres numéros artistiques qui ont ponctué la soirée n'étaient pas moins intéressants : danse contemporaine, théâtre, clip vidéo en guise de capsule humoristique, cheerleaders (Pom Pom Girls), le tout avec une gestion de l'espace, du matériel et des enchaînements remarquable, très fluide et professionnelle, assumée pour la majeure partie par les jeunes eux-mêmes, encadrés par quelques rares et discrets adultes. Et là, je me suis dit : chapeau ! Beau spectacle !

Rentrée chez moi, je repense à tout cela.
Le concept même de Gala,
La notion de Meritas,
La valorisation par la récompense...
Je ne sais que penser de tout cela.

Et puis...
La profusion de moyens,
La présence et l'implication des professeurs,
La formation complète et de qualité,
Les résultats visibles sur l'épanouissement des jeunes...

Je suis émue de tout cela. Troublée, aussi.
Je m'interroge sur le fossé qui sépare le public du privé.
Dans le public, je ne suis pas sûre que de tels moyens auraient été déployés...
Dans le public, je ne suis pas sûre qu'une telle auto-discipline aurait été possible...
Dans le public, je ne suis pas sûre que les professeurs se seraient déplacés...

Pourquoi un tel projet, de telles réalisations, une telle organisation, une telle discipline ne sont pas possibles dans une école publique ? Cela dépend-il des enfants ? Des parents ? Des enseignants ? De l'institution ? De tous à la fois ?
Je constate que la plupart de mes élèves pianistes, même s'il ont grandi dans le public au primaire, le fuient pour entrer dans le privé au secondaire. Ceux qui restent dans le public ne sont pas moins bons pour autant, ni au piano, ni dans leurs études !
La "réussite" n'est pas réservée au privé, mais sans doute le privé offre-t-il un encadrement que le public ne permet pas.

L'argent est-il aussi en matière d'éducation le nerf de la guerre ?

Je comprends presque le choix des parents de confier leurs enfants à une institution privée qui leur offre un écrin doré, pourtant je n'arrive pas à le cautionner. Ce ne doit pas être dans ma culture... Il me semble que la vraie vie est ailleurs. Mais où ?

Aurais-je perdu la foi en un système public de qualité ?

Le sujet maintes fois débattu est vertigineux.
Je reste avec ce sentiment de vertige.
Mes questions en suspens.
Sans espoir de réponse.


samedi 29 mai 2010

Posted by Marie Posted on 18:44:00 | No comments

Pour le plaisir...

C'était donc aujourd'hui le concert de mes élèves.
Le concert qui conclut l'année... bien que les cours ne s'achèvent en réalité que fin juin, juste avant la fête de la Saint-Jean-Baptiste.

Nous avions le bonheur et le privilège de bénéficier pour l'occasion de la présence exceptionnelle de deux pianos à queue.  L'un tout neuf et l'autre, plus ancien et fatigué, à vendre... Deux pianos pour quelques duos et un concerto de Mozart.

Je suis encore toute retournée des magnifiques sonorités qui ont jailli des doigts de mes élèves, jeunes et moins jeunes, quelque soit leur niveau. Un concert plein de belles surprises auquel j'aurais aimé assister comme public...

Chacun s'y est produit avec son bagage d'expérience, d'émotions, de vie intérieure, chargé de toute son histoire, lointaine ou récente, son histoire personnelle mais aussi celle qu'il vit depuis ses débuts avec le piano, à travers le piano. À chacun une histoire différente. 

Au piano s'est exprimé aujourd'hui la richesse de ce bagage, avec intensité et spontanéité, dynamisme et profondeur, avec une énergie habilement maîtrisée, une attention toute concentrée et, toujours, malgré des heures, des semaines, des mois de travail acharné, un plaisir éminemment palpable et communicatif.

Le public présent (parents, grands-parents et amis) a été très sensible et attentif à cela. LE PLAISIIIIIIR !... Le plaisir comme moteur d'apprentissage... Le plaisir comme récompense... Le plaisir dans la rigueur, mais le plaisir par-dessus tout !
Je suis très heureuse que ce plaisir soit à ce point perceptible qu'il en devient emblématique de mon enseignement pour un regard extérieur étranger à la cuisine du professeur.
Je suis tellement fière de ce que chacun, à son niveau, est parvenu à accomplir aujourd'hui. Chacun avait un petit défi personnel à relever; tous l'ont relevé brillamment. 
Le bonheur des parents, ébahis devant ce que leur enfant a su réaliser et partager, se lisait sur leur visage. La fierté de tous est ma récompense.

La musique a pris place dans la vie de chacun de ces élèves.
Quand les mots ne suffiront plus, la musique, elle, aura encore beaucoup à exprimer...

Le "Merci" de Léa, 7 ans, en forme de muffin.
Je me retiendrai de le manger
et le contemplerai chaque jour de la semaine à venir en souvenir de ce samedi de concert.
Merci Léa !

vendredi 28 mai 2010

Posted by Marie Posted on 01:00:00 | No comments

Concert !

Mes élèves aussi ont leur concert.

vendredi 23 avril 2010

Posted by Marie Posted on 22:08:00 | No comments

Je n'aime pas les concours...

Je n'aime pas les concours.
Et pourtant j'accompagne volontiers ceux des autres...

Demain, samedi, je serai en concours toute la journée avec une bonne quinzaine d'élèves de l'école secondaire dans une ville éloignée, en région, à 150 Km de la maison. Grosse journée !
Une autre sorte de marathon où l'on court de classe en classe à la rencontre des candidats qui attendent leur accompagnateur pour entamer leur prestation. J'y retrouverai les plus motivés des ados que j'ai côtoyés depuis deux mois : le petit blondinet compétitif avec sa trompette qui sent le vieux grenier humide (la trompette, pas lui !), le grand baraqué qui s'est cassé le petit doigt et s'en est miraculeusement remis en un rien de temps pour saxophoner fougueusement un Scaramouche plein de vélocité, une charmante jeune clainettiste copie conforme de la jeune Alice de Tim Burton qui semble défaillir avant chaque représentation, un gringalet aux épaules rentrées qui garde le son de sa clarinette pour lui et pour lui seul, un jeune Pan qui joue la Badinerie avec l'assurance d'un pro du haut de son un an de pratique et tous les autres avec lesquels il se crée une relation particulière dans cette aventure extra-muros. J'ai beaucoup d'affection pour tous ces jeunes que je vois grandir au fil de nos rencontres, chaque année à la même saison, durant leurs cinq années de secondaire.
Demain sera donc une de ces journées particulières, ponctuée de petits moments de placotage entre deux accompagnements avec mon amie Madile venue de l'autre côté de Montréal pour y faire la même chose que moi. Rendez-vous annuel devenu incontournable.
Belle journée, donc.

Je n'aime pas les concours.
Et pourtant, j'accompagne volontiers ceux des autres.
Ma modeste contribution à l'évolution de la relève ?
Une revanche sur moi-même ?
Allez savoir !

jeudi 1 avril 2010

Posted by Marie Posted on 22:22:00 | No comments

ainsi s'achève l'aventure

Voilà. C'est fini.
Mon marathon de la mort s'est achevé il y a une demi-heure à peine par un concert de deux heures et demi devant un maigre mais très attentif public de parents.
J'ai eu beau médire depuis dix jours sur le comportement irrespectueux des ados, leur attitude exemplaire ces derniers soirs me fait mentir. Ils sont charmants, en fait. Enfin, ça dépend lesquels. Ça dépend où, quand, en présence de qui.
Cette fois-ci, ils étaient là volontairement et non sous la torture de leur prof près à les évaluer. Cela change la donne.
Nous avons fait ensemble deux très beaux concerts où se sont succédés les plus motivés, les plus impliqués, les plus concernés.
Les projecteurs irradiant la scène, le public disparu dans un trou noir, nous étions seuls, l'élève et moi. Seuls dans notre bulle de lumière, de musique et de silence. Beaux moments que ces échanges-là.
Pour une soirée comme celle-là, comme celles-là, cela valait la peine. Finalement. J'espère.
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