jeudi 29 décembre 2011

Posted by Marie Posted on 15:52:00 | No comments

Le meilleur de l'hiver

Aujourd'hui, magnifique journée d'hiver : - 15°C et un soleil éblouissant de fraîcheur.
Appelée par cette lumière vivifiante à sortir de la maison, j'ai chaussé mes petites chaussures de randonnée, ai enfilé plusieurs couches de vêtements appropriés et suis partie à l'assaut de la montagne. Ma montagne. Celle qui, m'accueillant en toutes saisons, me nourrit de mille et une surprises.


Après l'effort, le réconfort !
De retour au chaud, c'est thé et Bredele !

dimanche 25 décembre 2011

Posted by Marie Posted on 16:45:00 | No comments

Veillée gourmande

Au menu de la veillée...


pour se réchauffer
 une bonne soupe à l'oignon avec bouillon maison, gratinée à souhait.


pour se dégourdir
une bonne marche à l'air saisissant d'une nuit étoilée (-18°C tout de même !).


pour se divertir

l'univers poétique et savoureux de Fred Pellerin,
accompagné par l'Orchestre Symphonique de Montréal.

... et pour le régal des gourmands

une belle grosse bûche maison pur beurre et pur cacao !

samedi 24 décembre 2011

Posted by Marie Posted on 16:15:00 | No comments

Noël blanc

Aujourd'hui, 24 décembre.
Pour Noël, la nature nous offre une journée magnifique.
L'air vif et sec vivifie les humeurs joyeuses et fige les humeurs moroses.
-15°C, 5 cm de neige et sol, un ciel bleu azur et une merveilleuse lumière
à faire fondre les idées noires.
Si ce n'était déjà le cas, je rêverais de vivre un pays pareil.
Un vrai Noël de carte postale !



vendredi 23 décembre 2011

Posted by Marie Posted on 10:53:00 | No comments

Noël


Joyeux Noël à tous et à chacun !

lundi 19 décembre 2011

Posted by Marie Posted on 12:15:00 | No comments

Faire table rase

Pour faire suite à un précédent article qui traitait de l'incendie de la maison de nos voisins
voici la suite de l'histoire.

Le triste destin de la maison voisine.
Âmes sensibles, s'abstenir !

Triste spectacle que la destruction d'une maison jadis pleine de vie.
Mais... c'est pour mieux reconstruire !... une nouvelle maison mais aussi une nouvelle vie.

dimanche 11 décembre 2011

Posted by Marie Posted on 11:50:00 | No comments

Lendemain de concert

C’était hier le concert des mes élèves. C’est toujours un moment plein d’émotions, pour les élèves qui se présentent devant le public mais aussi pour leurs parents qui découvrent leur enfant avec un autre regard, un regard qui sort du quotidien. Ce concert est l’aboutissement de trois mois de préparation, mais aussi et surtout de toutes les années qui ont précédé pour certains. 


Je suis toujours étonnée de voir le plaisir que manifestent les parents à assister à ces concerts. On pourrait croire que la participation de leur enfant suffirait à retenir leur attention. Mais non ! Ils semblent avoir un intérêt particulier à suivre la progression des autres élèves, particulièrement ceux qui semblent montrer par l'exemple le chemin de l'excellence.

Parmi eux, Jean-Baptiste, l'un de mes anciens grands élèves qui poursuit ses études en musique. Jean-Baptiste n'a pas encore décidé de sa future profession mais évoquait hier peut-être le métier de chef d’orchestre. Je l’y vois bien. Il est venu hier rôder son programme de fin de session avant son examen qui aura lieu mercredi. Les parents des autres élèves l’ont déjà entendu dans les précédents concerts sont pleins d’admiration pour sa progression, la maîtrise de son jeu et la maturité de ses interprétations. Je suis moi-même très heureuse de son évolution. Jean-Baptiste est un être plein de finesse, d'attention, sensible et délicat, mais aussi passionné et déterminé. Une "belle personne".

À côté de cela, les touts petits, débutants, ont fait leur premier concert avec beaucoup de sérieux et de concentration. C’est très émouvant de les voir ainsi, s’appropriant la scène comme s’ils avaient toujours été là.
Il y a la petite Eugénie, 7 ans, qui a joué brillamment Vive le vent arrangée dans une version jazzy arrangée pour 8 mains (ou presque !) avec ses deux grandes soeurs Constance et Alexandrine et leur maman. Tableau touchant que de voir toutes ces petites mains alignées sautillant sur le clavier comme dans un ballet joyeux savamment orchestré !
Il y a Thierry, 8 ans, un sportif au coeur tendre, sensible et perfectionniste qui ne supporte pas les erreurs, en particulier les siennes. Thierry fond en larme chaque fois qu'il ne réussit pas à faire ce que je lui demande. Mais depuis quelques semaines, à force d'expérience, Thierry apprend la patience, la tolérance vis-à-vis de lui-même, la persévérance. Après une phase de découragement, le voilà qui rebondit et devient volontaire et acharné dans son travail quotidien. Le moral gonflé à bloc, il a progressé comme un fou depuis quelques semaines. Après trois mois de cours, il a assuré hier comme un chef, avec une concentration remarquable, en jouant une pièce d'un niveau plus élevé, dont la longueur était un défi en soi (5 pages !... écrit en gros, mais quand même !), sans compter la difficulté des rythmes, déplacements et coordination des deux mains dignes d'une 2e année. Thierry, sous des allures d'enfant fragile, est un battant ! Tout comme Lou.
Lou, lui, a commencé le piano il y a 3 ans. Il manquait beaucoup de confiance en lui. Pour chaque erreur qu'il commettait, pour lui le monde s'effondrait. Lou a appris la confiance, en lui mais aussi en son professeur. L'an passé, se présentant à un examen de 2e année, il a été largement récompensé par des résultats excellents mais surtout aussi par les commentaires de la Soeur, juge de l'examen, qui l'écoutait. Elle lui a dit avec insistance que son professeur l'avait fort bien préparé et qu'il fallait qu'il continue à suivre les cours avec elle (c'est moi !). Lou est ressorti de cette expérience métamorphosé. Il pratique quotidiennement son piano avec une constance et une discipline impressionnante pour un enfant de son âge. Il a cette conscience rare de la logique du travail efficace, de la méthode qui permettra de donner les meilleurs résultats. Lou a compris très vite que le chemin qui mène au meilleur résultat n'est pas nécessairement le plus droit. Faire quelques détours par des exercices appropriés semble parfois nous éloigner de notre objectif, mais c'est au bout du compte pour mieux s'en approcher. Peu d'élèves intègrent cette notion sans qu'on soit sans cesse obligé de les y ramener. Lou, lui, semble l'avoir fait sienne. Il pratique chaque jour consciencieusement et intelligemment les petits exercices recommandés avec une volonté propre à déplacer les montagnes. et un sens de l'organisation exemplaire. Sa détermination laisse ses parents pantois, avouant eux-mêmes n'avoir aucun mérite à cela. Lou gère tout seul son emploi du temps et s'organise comme un chef. Inutile de vous dire quel bonheur c'est de le voir ainsi évoluer et avoir de plus en plus de plaisir à jouer, partager, s'amuser avec son piano.


Au fur et à mesure des concerts, les enfants grandissent, mûrissent. La plupart entrent maintenant dans un âge charnière, l'âge du secondaire. Les ados ont un peu plus conscience de leurs imperfections et ont parfois du mal à vivre avec. Le travail scolaire est un peu plus exigeant. Pour certains, la conciliation école-piano devient difficile. Lorsque la vie sociale devient plus importante et que les copains eux-mêmes ne font pas de musique, cela devient une épreuve que d'affirmer sa différence. 
Certains commencent, vers 12-13 ans, à être un peu plus soucieux de leur image. L'une semble plus préoccupée par la position de sa mèche, l'autre commence à hésiter à jouer en public. Cet autre exprime le désir d'essayer autre chose, du "jazz" par exemple, sans savoir très bien ce que ce mot veut dire. Ou encore celui-ci qui espère épater les copains avec des Hits populaires qui en mettent plein la vue.
Mais à côté de cela, il y a Yasmine qui, elle, jusqu'à cette année avait toujours un jeu un peu mécanique, inexpressif, froid et sans émotions. Soudain, depuis cet automne, son jeu est devenu souple, expressif, nuancé. Yasmine dévoile un peu d'elle-même et sa musique respire ! Yasmine a 12 ans et sa musique s'en porte bien.

Accompagner ces jeunes dans leur évolution est un bonheur sans cesse renouvelé, plein de changements et de rebondissements.
À travers ce concert, chacun a donné le meilleur de lui-même, chacun relevant ses propres défis. Pour certains, l'adolescence en elle-même est un défi ! À chacun son évolution.

Ainsi s'achève la saison. Quelques échanges autour d'un buffet de gourmandises ont prolongé la rencontre de ce samedi après-midi. Les parents et grands-parents en redemandent. Certains attendent le prochain concert avec impatience. Mais avant, un peu de répit ne sera pas de refus.

lundi 28 novembre 2011

Posted by Marie Posted on 10:32:00 | No comments

Les Jeunes Voix du Coeur présentent...

À venir...


présentent

dimanche 27 novembre 2011

Posted by Marie Posted on 13:57:00 | No comments

Empreintes

Lendemain de concert avec l'Orchestre symphonique Pop de Montréal.


Je suis entrée dans l'orchestre en janvier 2010. J'avais à peine 3 ans de violoncelle. Après un an, j'ai ressenti le besoin de faire une pause pour me consacrer pleinement à mon travail personnel et tenter d'accroître mon niveau de maîtrise de l'instrument. 6 mois plus tard, j'ai repris les répétitions avec un peu plus d'assurance et un plaisir sans cesse renouvelé.
Chaque vendredi, donc, depuis le mois de septembre, je covoiture avec ma voisine-de-deux-rues, Caroline, altiste, et Kim, violoniste ex-collègue de l'Académie des Petits archets, que nous prenons sur notre passage. Toutes les trois ensemble, nous rejoignons l'orchestre au Conservatoire de Musique de Montréal, dans une salle qui pourrait contenir 4 orchestres comme le nôtre ! Notre groupe initialement d'une quarantaine de musiciens s'est étoffé depuis le début de la session pour atteindre l'effectif très respectable de 62 instrumentistes, passionnés, chevronnés, enthousiastes et engagés. Le tout sous la direction d'un chef extraordinaire, tant musicalement qu'humainement, un chef qui a su depuis un an installer un climat de confiance dans une ambiance chaleureuse et détendue quoi qu'extrêmement studieuse, imposer son exigence avec douceur et tact, initier une qualité de contact entre lui et les musiciens, élever la qualité d'écoute au plus haut niveau pour un résultat tout à fait satisfaisant et enthousiasmant.

Je me suis longtemps sentie électron libre. De passage. Un peu là, un peu ailleurs. Mais peu à peu, je me laisse apprivoiser. Je me sens faire un peu plus partie du groupe comme je sens que l'orchestre fait un peu plus partie de ma vie.
Ces rendez-vous hebdomadaires en plus de ponctuer ma saison musicale sont l'occasion de multiples rencontres et histoires parallèles. Parmi ces rencontres certaines sont un peu plus marquantes que d'autres. 
Il y a Caroline, reine du "cannage" qui, durant nos longues séquences de covoiturage m'a initiée à l'art de faire des conserves. En un aller, elle m'en a livré tous les secrets, comme un livre, m'énumérant tous les principes, techniques, dangers et vertus de la mise en bocal. En un aller, elle m'a convaincue. La semaine suivante, je me suis acheté un autoclave et j'ai commencé à faire mes conserves de sauce à spaghetti.
Il y a Lowry, aussi, jeune violoncelliste roumaine au Québec depuis 4 mois, avec qui je partage le pupitre depuis quelques semaines. Lowry est violoncelliste professionnelle (soliste de préférence) en recherche de travail. Dès sa première pratique, elle a été propulsée d'office au poste de 1er violoncelle, pour la joie et le bonheur de tous ! J'ai eu un vrai grand plaisir à jouer avec elle, à discuter des coups d'archets, sourire de nos erreurs. Une jolie complicité s'est installée au cours de ces quelques semaines de partage.
Lowry parle anglais et suit des cours intensifs de français organisés par les services d'immigration. Au début, dans nos échanges, je pratiquais mon anglais et elle son français. Mais elle est beaucoup plus hardie en français que je ne le suis en anglais. D'une semaine à l'autre, elle progresse de manière évidente, fulgurante. Elle m'avouait hier aimer particulièrement ma manière de parler le français : mon français "de France". Motivée et opiniâtre, elle me donne envie de me mettre à mon tour à l'apprentissage plus systématique d'une langue étrangère. Je songe à me remettre à l'anglais plus sérieusement, pour rattraper toutes les années d'apprentissage scolaire boudé, négligé, maltraité, oublié, et me permettre d'avoir une conversation acceptable avec les petits chanteurs anglophones que j'accompagne ces temps-ci.
Et puis, il y a Myrta, flûtiste qui s'est montrée avec moi dès le premier concert accueillante, ouverte et curieuse. Chaque répétition est l'occasion de quelques échanges amicaux, de manifester un peu de son attention, de sa présence. Lorsque je sombrais dans mon automne morbide l'an passé, elle m'a invitée à faire une cure de lumière sous les conseils de sa compagne qui en avait expérimenté les bienfaits. En une conversation, sur le bord d'un trottoir une fin de soirée humide et glaciale, elle m'a convaincue. Le lendemain, je m'achetais une lampe de luminothérapie. Grâce à Myrta, mes automnes ne seront plus jamais les mêmes ! 
Ainsi, ma vie avec l'orchestre dépasse mes attentes musicales. C'est une aventure humaine personnelle et collective à travers laquelle certains échanges influencent ma vie, mes choix. Je me laisse imprégner par ces êtres rencontrés, par les empreintes qu'ils laissent sur leur passage. 

La saison s'est donc achevée avec le concert d'hier soir.
Déjà nostalgiques de ce concert passé, nous avons prolongé la soirée en petit comité chez Myrta qui recevait de manière impromptue quelques uns d'entre nous. Petit groupe sympathique et visite surprise de notre chef adoré qui a cédé à mon invitation secrète. Chouette moment d'échange. Bienheureux étions nous d'avoir eu ce petit moment pour redescendre de notre nuage, partager nos impressions et faire un peu plus connaissance.
Si je doutais encore ces dernières semaines de mon implication à long terme, je ressors de cette soirée avec la conviction de mon attachement profond à cet orchestre, pour les êtres qui le peuplent, pour la musique qui s'y vit, pour le potentiel infini de tout cela.

Hier soir, donc, bien avant qu'il ne soit temps de le faire, nous nous sommes souhaité "Bonnes fêtes" avec l'étrange sentiment d'un anachronisme mal assumé. Presque deux mois sans pratiques, ça va être long. 

mercredi 23 novembre 2011

Posted by Marie Posted on 14:05:00 | No comments

Rouge

L'automne hier, aujourd'hui l'hiver.

jeudi 10 novembre 2011

Posted by Marie Posted on 09:09:00 | No comments

Épopée symphonique avec l'OSPM

Concert de l'OSPM en préparation

Un programme éclectique
allant des airs d’opéra de Verdi à la musique de film de John Williams,
en passant par Mascagni, R. Strauss, La Mélodie du Bonheur et les Beatles…
avec des arrangements savoureux et un orchestre au meilleur de sa forme : 
une expérience symphonique à ne pas manquer !

Ceux qui ont entendu l’OSPM les années précédentes en parlent encore.
Le 26 novembre, je serai au violoncelle.

jeudi 20 octobre 2011

Posted by Marie Posted on 20:24:00 | No comments

1500... 1750... 1850...

... 2000 !

J'ai battu mon record !
2000 mètres dans ma piscine adorée !
Après deux années d'interruption pour cause de tendinite à l'épaule, j'ai repris mes entraînements il y a un mois. À ma 5e séance d'entraînement, j'ai battu mon record en nageant 2000 mètres* !
Trop fière !
Bon, d'accord, on a beau faire des allers-retours et aligner des Km dans une belle piscine, ça ne nous mène jamais bien loin.

* Pour ceux à qui 2000 mètres ne dit rien : 2000 mètres = 80 longueurs.

Alors, je me souviens de mes premiers mouvements de brasse dans le lac de la Beunaz, au milieu des montagnes savoyardes. "Grenouille, sapin, bâton, grenouille, sapin, bâton..." était la litanie de mes séances d'initiation. C'était à l'âge où je me présentais en disant : "Marie Muller, 4 ans 1/2 !". Je nageais avec quelques pains de mousse en guise de flotteurs et les enlevais progressivement, jour après jour, jusqu'à ce qu'il ne me reste autour de la taille que la ceinture de plastique blanc. Nager sans petits pains, c'est comme faire du vélo sans petites roues. Une victoire !


La plage de la Beunaz, avec son espace "natation".

Une vidéo...
pour découvrir ce petit coin de paradis
ou, pour ceux qui comme moi y ont passé leurs étés,
se souvenir, simplement.

samedi 8 octobre 2011

Posted by Marie Posted on 21:37:00 | No comments

Virée automnale à North Hatley

"Louise vend tout !" 
 
Louise, une amie de mon amie peintre, décoratrice d'intérieur, a accumulé de manière compulsive depuis des années un tas d'objets, meubles, vaisselle, tissus, lampes et autres folies. Encombrée par ce stock envahissant que, pour des raisons financières, elle n'est plus capable d'héberger, elle a décidé de s'en séparer définitivement en organisant une grande vente de garage durant le long week-end de 3 jours de l'Action de Grâce.
Conviés amicalement par mon amie peintre, nous avons profité d'une splendide et chaude journée ensoleillée pour nous rendre sur les lieux de la vente : un théâtre de campagne de la jolie région de l'Estrie, à North Hatley, à 150 Km de la maison. 

Sur le chemin de notre destination, nous avons découvert avec un réel bonheur un petit coin de l'Estrie que nous ne connaissions pas : le tout petit village de North Hatley sur le bord du lac Massawippi, quelques jolies boutiques et salons de thé au charme très anglais et une brocante débordante de ressources qui mériterait qu'on y passe la journée pour en déceler tous les trésors.

Tombés sous le charme de la région, nous sommes revenus de notre visite avec quelques antiquités en guise de souvenir et nous couchons ce soir avec le coeur tout coloré et le projet certain de retourner plus tard dans la région de North Hatley pour y séjourner plus longuement et y découvrir les coquets petits villages insoupçonnés de l'Estrie.

vendredi 7 octobre 2011

Posted by Marie Posted on 03:33:00 | No comments

Rentrée adolescente

Voilà presque un mois que les cours ont repris. J'ai retrouvé la plupart de mes élèves parmi les plus motivés. Certains ont profité de l'été pour gagner quelques centimètres et un peu plus d'assurance. Je suis émerveillée par les petites surprises que me réservent certains qui font preuve soudain d'un supplément de maturité. L'absence de cours durant la période estivale semble avoir aiguisé leur désir. Leurs goûts s'affirment et leur enthousiasme grandit. Nos échanges quotidiens sont un plaisir sans cesse renouvelé.

J'ai retrouvé la plupart de mes élèves. Sauf une. Une ado qui, après 5 années d'apprentissage, hésitait à reprendre cette année. Lorsque les copines sont toutes occupées entre elles, que la musique ne fait pas partie de leurs vies, s'isoler quotidiennement devant son piano pour pratiquer une heure durant devient un geste héroïque, un geste de résistance ! 
Elle avait envie mais pas assez, elle aurait bien voulu mais pas tout à fait. Bref, elle ne savait plus trop. Devant sa difficulté à exprimer ses émotions, sa maman a tranché. Pour le meilleur ou pour le pire ? Ce n'est pas facile, en tant qu'adulte, de savoir quelle est la meilleure attitude à adopter face à l'indécision de son enfant ? Les parents décident bien ce qu'ils veulent pour leurs enfants. En tant qu'enseignante, il m'arrive de les conseiller sur une option à prendre parmi d'autres, dans le choix d'une école, le choix d'un instrument, une méthode de travail... mais quand l'enfant manifeste depuis des mois une baisse de motivation, que sa progression marque un net ralentissement, et que malgré mes efforts à lui proposer un répertoire adapté à ses goûts et à réduire sa charge de travail pour l'aider à concilier école/piano il rechigne à se remettre au piano, comme les parents, je me sens démunie. Devant le silence de mon élève, ne sachant plus quoi faire pour motiver son désir, plutôt que le dialogue, j'ai choisi le silence. 
Elle a besoin d'une pause, sûrement. Respecter ce besoin avec la conscience que les pauses durent souvent plus longtemps qu'on ne les avait imaginées en les prenant.

Adolescente, il m'est arrivé de sécher sans explication un cours de piano ou deux (ou plus, je ne me souviens pas) les mercredis soirs. Si mes parents l'avaient su, j'aurais eu à expliquer l'inexplicable. Je n'avais pas d'explication claire pour justifier mon absence sinon le désagréable sentiment de ne pas avoir de plaisir à y aller... parce que ma relation avec la prof n'était pas stimulante, parce que la distance à parcourir à pied pour me rendre au conservatoire à pied à la tombée de la nuit. Parce que la prof, parce que ma paresse...
C'était un passage. Une hésitation. Une passagère démotivation. Passage obligé peut-être avant de choisir de manière plus déterminée la voie qui allait être la mienne. Si mes parents avaient su, peut-être y aurait-il eu crise là où il ne méritait pas qu'il y en ait une... Peut-être y aurait-il eu une pause là où il ne méritait pas qu'il y en ait une...

Les motivations musicales des adolescents me questionnent beaucoup en ce moment. J'ai fait, la semaine passée, ma rentrée à l'école secondaire où j'accueille, en plus de 4 anciens élèves, 4 nouveaux en 1ère année de secondaire (12 ans). Tous ont choisi le piano comme 2e instrument en plus de la trompette, de la flûte ou de la percussion. En observant les nouveaux, je suis frappée de constater combien, à un âge commun, les profils sont terriblement différents.
Il y a Ph., grand gaillard voûté au sourire économe, qui semble avoir grandi trop vite; un autodidacte énergique, qui sans savoir lire une note de piano a appris en observant sa mère le début de la Sonate au Claire de lune, très très fort ! Parce que Ph. aime jouer très fort. Il me montre avec fierté le début de Pirates des Caraïbes (Hit de sa génération) qu'il a appris tout seul avec l'aide d'un logiciel informatique. Ph. n'aime que les arrangements très difficiles et semble avoir un plaisir viril à les jouer aussi vite et aussi fort que possible avec un sens du rythme tout à fait aléatoire. Un cheval fou difficile à maîtriser.
Et puis, il y a S., une jeune étudiante déjà bien disciplinée par 1 année de cours privés en piano et 3 années en flûte traversière. Elle semble tout à fait sérieuse, motivée, docile et organisée. Un modèle d'élève, studieuse et reposante.
Il y a aussi T., jeune garçon fin et éveillé, curieux et dégourdi. T. a déjà accumulé des tas de connaissances théoriques sur les tonalités, gammes, accords... et voudrait s'essayer à l'improvisation jazz. À ce stade de son évolution, T. commence à ressentir le besoin de savoir lire et de mieux se servir de ses 10 doigts. L'improvisation jazz n'est pas ma spécialité, mais pour le reste, ça devrait aller.
Et enfin, il y a J., petite jeune fille toute frêle et timide qui semble tombée du nid. J. ne sait rien de la musique ni du piano. Vierge de tout repaire, J. découvre un monde qui lui est tout à fait étranger avec une candeur touchante.
Autant d'élèves, autant de profils et de motivations différents qui exigent attention et adaptation. Les premiers cours sont le terrain d'une nouvelle relation que j'espère durable et de confiance. Chaque rencontre est une nouvelle aventure. Prendre l'élève là où il est pour le mener un peu plus loin sur ses chemins de musique, apprendre à le connaître et lui permettre peut-être aussi de mieux se connaître à travers son nouvel apprentissage.

samedi 1 octobre 2011

Posted by Marie Posted on 19:14:00 | No comments

Inventaire de septembre

Aujourd'hui, le mois d'octobre.
Déjà.
Il me semble n'avoir rien vu du mois de septembre.
Trois semaines sans écrire !... du moins publiquement. Il me semble que cela fait des lustres que cela ne m'est pas arrivé. Depuis trois semaines, je me suis laissée happer par des priorités qui, faute de temps, ne favorisent hélas pas la communication internautique.
Entre un mariage familial, un concert impromptu, une rentrée scolaire, l'inventaire de ma bibliothèque professionnelle, les rencontres de voisinage, les visites amicales, un petit lunch entre amies, un anniversaire automnal, de nombreuses longueurs de nage, quelques Kilomètres de marche et toutes les autres activités quotidiennes incontournables et incompressibles d'entretien de la maison et d'amélioration du paysage (je ne parle pas du repassage que je ne fais désormais plus qu'une fois par saison...), je n'ai pas vu le temps passer ni les couleurs de l'automne s'installer.
C'est décidé ! Ce soir, je ne fais rien.

samedi 10 septembre 2011

Jardin rouge, collages et pastels, Françoise Barraud

Dimanche dernier, je suis retournée chez ma nouvelle amie artiste-peintre rencontrée en juin dernier, à l'occasion du Parcours des arts de la Vallée du Richelieu. Pour nous retrouver, nous avions inventé le très bon prétexte d'équeuter ensemble des baies de sureau de son jardin pour en faire de la gelée. Une après-midi entière à papoter ! De tout et de rien, mais surtout de tout, les mains occupées à équeuter ou à broyer les baies au moulin à soupe.
Durant la cuisson, son ami m'a fait visiter son grand potager. J'y ai découvert toutes sortes de légumes improbables : des tomates rayées vertes, des plus petites noires, des jaunes en forme de poire, des carottes roses gigantesques, des bettes à cardes jaunes, orange ou roses, mais aussi des betteraves, du basilic et des topinambours. Tous les deux ont rempli pour moi des sacs entiers de ces petites découvertes.
Les discussions allant bon train, ils m'ont retenue pour le souper. Je suis repartie tard, les mains pleines de nouvelles saveurs, agrémentées d'une bouteille de cidre maison et d'un pot de gelée de sureau.
Le lendemain, je me suis mise à la cuisine pour faire honneur à la récolte qui m'avait été offerte. À chaque repas une assiette toute colorée de saveurs inhabituelles ! Fruit de la patience et de la générosité de mes amis jardiniers. C'était comme avoir mes amis à ma table, une joyeuse présence qui persiste au-delà de la rencontre.
C'est si bon de sentir sa vie ainsi colorée.
Une nouvelle invitation m'est lancée ce dimanche. Il reste des baies à cueillir et des sujets à aborder. Comment résister ?

mardi 30 août 2011

Avant de reprendre le rythme scolaire, la routine automnale et de se préparer à entrer dans la rudesse de l'hiver québécois, nous avons entrepris ces deux dernières semaines une dernière virée estivale, à deux cette fois-ci. Notre objectif : découvrir la côte sud de la Baie des chaleurs dont nous avions l'an passé exploré la version gaspésienne. Notre curiosité nous a donc menés au Nouveau-Brunswick (le petit carré rose coincé entre le Québec et la Nouvelle-Écosse), province maritime canadienne, seule province officiellement bilingue au Canada, à l'Est du Québec. 


Toujours bien équipés de notre monture à toute épreuve, je veux nommer le Superban (Suburban) d'Éric, nous avons commencé par longer le fleuve jusqu'à Rivière-du-loup au Québec et mis le cap à l'Est pour changer de province. Ainsi commençait notre périple de onze jours.

Après quelques 850 Km, nous nous sommes posés à Caraquet, petite ville côtière de la péninsule acadienne. Ainsi, nous allions découvrir l'Acadie.


Non, l'Acadie n'est pas un pays ! Elle l'a été mais ne l'est plus. Aujourd'hui, c'est une histoire, une culture, des gens qui se souviennent avec ardeur de leurs racines françaises maltraitées depuis le XVIIIe siècle par des décennies de résistance, de fuite face à l'imposante présence anglaise, qui défendent encore aujourd'hui bec et ongles la francophonie et n'hésitent pas à afficher en grand leur appartenance culturelle tricolore étoilée.


Je ne me lancerai pas maintenant dans une leçon d'histoire mais si vous avez un peu de temps, cela vaut la peine de vous y attarder pour comprendre un peu la culture acadienne. 

"Pour bien comprendre, il faut remonter le temps et se souvenir que les premiers colons français sont arrivés en 1604 tout au sud du Nouveau-Brunswick actuel. Ils sont arrivés avec l'expédition menée par Samuel de Champlain. « Ils venaient du Poitou, du Berry, de Touraine et d'Anjou » précise la jeune femme heureuse, en cette après-midi ensoleillée, de montrer qu'elle, elle connaît la France. Le travail ne leur faisait pas peur. En un siècle, ils ont su apprivoiser les marais, défricher les bois pour en faire des terres cultivables et la communauté à commencer à prospérer. « D'autres colons, venus d'Angleterre, débarquèrent par la suite. Eux, ne maîtrisaient pas les techniques d'assèchement et ça ne s'est pas bien passé ». En 1713, un traité signé dans les salons de la vieille Europe donne le contrôle du territoire à Londres. Et il est demandé aux Acadiens francophones de signer allégeance à la Reine d'Angleterre. Le refus est catégorique, pas question de devenir citoyens britanniques, ce qui impliquait d'abandonner le français pour l'anglais, mais surtout de se convertir au protestantisme, impossible pour ces farouches catholiques.

Les pionniers arrachés à leurs terres
Le drame survient en 1755 lorsque les Anglais décident d'expulser de force les Acadiens, confisquant au passage terres et maisons. Ce tragique épisode de l'histoire acadienne est connu sous le nom du Grand Dérangement. Embarqués de force sur des chaloupes puis chargés sur des navires partant vers l'exil, 8.000 à 10.000 hommes, femmes et enfants seront dispersés entre les Etats-Unis, le Québec, la Louisiane, l'Angleterre et la France. Les familles furent à jamais dispersées. Lorsque les rescapés, surnommés les « piétons de l'Atlantique » purent revenir, ils trouvèrent des colons anglais sur leurs terres. Alors ces Acadiens reprirent leur bâton de pèlerin et, une nouvelle fois, se remirent à défricher pour entamer une nouvelle vie. C'est en divers points des Maritimes, les provinces atlantiques battues par les vents qu'ils posèrent leur baluchon mais aussi en Gaspésie québécoise."

Extrait de Destination Nouveau-Brunswick, article d'Olivier Bachelard paru dans l'Ardennais, le 8 mai 2011.
Pour lire l'article dans son intégralité, c'est ici
Les autres articles sur le sujet dont vous trouverez les liens en bas de page sont également très intéressants. À explorer !


Profitant de notre halte acadienne, nous nous sommes rendus au Village historique acadien. La journée que nous y avons passée restera pour moi un des moments forts de notre voyage. J'y reviendrai un peu plus tard. À suivre, donc !

Les autres articles du voyage : 
Nouveau-Brunswick
Île du Prince-Édouard
Nouveau-Brunswick (suite)

Posted by Marie Posted on 23:00:00 | No comments

N.B. : intermède 1

La vie des bêtes

Le petit monde enchanté de l'aquarium de Shippagan
Le Village historique acadien, Nouveau-Brunswick, Canada

L'Acadie n'a pas de pays, mais elle a son village ! Un petit village, près de Caraquet, reconstitué avec une quarantaine de bâtiments soigneusement choisis, étudiés, démontés, transportés, remontés sur le site et restaurés par les équipes de passionnés du Village Historique Acadien. Comme un vrai village, il a son école, sa chapelle, son moulin et son magasin général.
Mieux que n'importe quel livre d'histoire ce village nous raconte l'Acadie, son histoire, la culture, son architecture, les gens qui l'ont faite, leurs traditions, leurs métiers, leur environnement.




Nous n'avons pas eu trop d'un après-midi (5 heures de visite) pour arpenter les rues du village et aller à la rencontre des bénévoles qui y vivent durant la saison estivale, comme on vivait autrefois. Dans chaque maison, une femme pour la faire vivre. Dans chaque échoppe, un homme pour y exercer son activité, de forgeron, de menuisier, d'imprimeur ou de tonnelier.
Mazerolle, Martin, Robichaud, Doucet, Savoie, Poirier, Cormier... chaque bâtiment porte le nom de celui qui l'a construite, y a vécu ou y a travaillé. Chaque seuil franchi est le prélude à une conversation avec celui ou celle qui occupe les lieux et nous raconte sa vie à la fin du XVIIIe et XIXe siècle. Ils sont tous si investis de leur mission éducative qu'ils en deviennent confondants de crédibilité, chacun s'affairant aux tâches rudes d'antan, comme faire bouillir la marmite dans le foyer alors que dehors il fait 35°C à l'ombre... ou faire la vaisselle dans une petite cuvette en étain en économisant l'eau, une louche à la fois... ou encore éplucher un bouleau pour en faire un balais qui durera une saison.  


le forgeron au travail

la taille des bardeaux

l'atelier du tonnelier

la vaisselle du déjeuner

 
le filage de la laine

la fabrication d'un balais

 
sur les bancs de l'école

l'autobus

le moulin à farine, 1895

À mi-chemin de notre parcours, un pont couvert assure la transition entre deux époques. Une fois passée la rivière, nous voici dans un tout autre environnement, plus urbain et moderne, version XXe siècle fleurissant.
Dans le décor, une gare de chemin de fer, un poste de gaz (station essence), une scierie, un magasin général chic et bon genre, une caisse populaire, un grand hôtel confortable et de belles maisons bien équipées (cuisinière en fonte et eau courante). La vie moderne, quoi !  
 la gare, 1930

station service Irving, 1936


 le magasin général Nicolas D. Thériault, 1924

 le Château Albert, hôtel, 1910




 maison Chiasson, 1920


détail de la tapisserie

 maison McGraw, 1915


Un voyage dans le temps. Il était une fois, un village acadien...
C'est si bon de se faire raconter des histoires.

Pour en savoir plus sur le village historique acadien : Village historique acadien

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