samedi 6 septembre 2008
pour Marion
À peine rentrée de ma longue absence estivale, chaque année j'éprouve le désir, l'envie, le besoin... de reprendre mes marques, de refaire le tour de la région où je vis, de reprendre contact avec ces lieux de nature que j'aime et qui rendent ma vie ici si paisible. Parmi ces lieux de prédilection figure la montagne qui domine la maison et dont il est si agréable, parvenu au sommet, de s'enivrer de soleil, de grand air, et de contempler la vaste plaine jusqu'à Montréal.
J'ai souvent sillonné les sentiers de cette montagne. Parfois je me suis laissée dérouter par le changement de décor entre deux visites. Suivant que les arbres ont des feuilles ou n'en ont pas, suivant que la neige est présente ou ne l'est pas, suivant la couleur des feuilles même, le paysage est tellement différent qu'il en devient parfois méconnaissable.
Dans le silence de la forêt, en semaine (ne comptez pas trouver le silence le week-end lorsque les promeneurs se déplacent en hordes en piaillant comme des oies en migration...), il arrive que l'on perçoive subrepticement à travers le sous-bois un bruit furtif, un froissement de feuilles, un grattement répétitif, un sifflement strident, un martellement frénétique... Si elle n'est pas toujours visible on devine néanmoins la présence d'un "petit suisse", d'un écureuil, d'une grenouille verte ou d'un pic-bois... et cela suffirait à faire le bonheur de notre journée. Mais la dernière fois que j'ai visité la montagne, c'est une rencontre bien plus rare qui s'est produite. Cela valait bien un petit film pour la partager...
tête-à-tête avec un cerf de Virginie,
aussi appelé chevreuil.
Mont-Saint-Hilaire, août 2008
Pas sauvage, la baête !
P.S. : je sais que certains y prennent goût et en redemandent, mais si je suis prête à partager largement le souvenir de mes rencontres n'attendez pas que je vous fasse une vidéo nez à nez avec un ours !
lundi 30 juin 2008
Depuis deux ans nous assistons en banlieue de Montréal à la prolifération de nouveaux développements résidentiels où d'imposantes maisons avec toit à l'impériale, tourelles chapeautées et jardinet à la française, poussent comme des champignons.
Jusque là, nous observions cette progression de loin avec cynisme et amusement, mais vendredi, intrigués - pour ne pas dire "fascinés" - , nous avons décidé d'aller voir de plus près. À cheval sur nos bicycles à pédales, direction : le quartier de la Falaise de Mont-Saint-Hilaire !
Comme son nom l'indique, ce quartier se situe au pied de la falaise du Mont-Saint-Hilaire, "montagne classée réserve de la biosphère, patrimoine naturel de l'humanité" - s'ennorgueillit le promoteur sur les dépliants publicitaires - dominant les quartiers plus anciens où les maisons plus ordinaires croyaient avoir donné une identité à la ville.
Belle journée de juin. "Silence, on tourne !" s'attend-on à attendre au loin dans ce décor parfait où tout semble pensé, maîtrisé, trop beau pour être vrai. Un petit parc de jeu attend les figurants en culottes courtes. L'herbe y est d'un vert immaculé, la hauteur du brin calculée, les arbres fraîchement plantés se cherchent une identité, quelques bancs et une petite passerelle de style vaguement anglais sur une rivière factice tentent vainement de donner vie à ce paysage artificiel.
L'équipe de tournage de viendra pas.
Le long de la rue s'égrènent de grosses maisons de 500 000 $ et plus au style prétentieux rivalisant de démonstrations architecturales sur de petits terrains ridicules dans un environnement qui ressemble fort à ces quartiers de communautés fermées protégés, avec poste de surveillance et accès filtré.
Allées savamment pavées et véhicules de sport rutilants garés négligemment sur la chaussée, boudant le garage trois portes, jardins paysagés avec statues figées en attente d'un regard, ces petits châteaux de banlieue se déclinent dans des teintes allant du gris militaire au beige triste, les pierres de parement imitant la pierre de taille des châteaux prestigieux d'origine française.
Tourelles à profusion, toits à mansardes, fenêtres à arcades et autres excroissances architecturales sont de pâles imitations d'un style et d'une époque révolus. La banlieue est-elle en train, soumise aux orientations dictées par les promoteurs de luxe, de s'approprier une histoire architecturale qui n'est pas la sienne ?
Au bout de la rue un peu d'activité : quelques ouvriers s'affairent sur le chantier de nouveaux châteaux en construction. Au-delà, ce sont des terrains encore boisés en attente que de nouveaux néo-châtelains y construisent leur maison de rêve... 
Depuis le début, je m'interroge et essaye de comprendre pourquoi cette étalage de richesse me rend mal à l'aise. Jalouse ? Non, je ne crois pas. Ces quartiers manquent de vie, de fantaisie, de naturel, ils manquent de la patine dont sont faites les vieilles maisons, de cette harmonie qui relie l'habitat des hommes à l'histoire du lieu où ils vivent.
Cet univers créé de toutes pièces, lisse et parfait, factice et superficiel, crée en moi l'ennui. Un peu de rugosité, de mauvaises herbes et d'originalité sont nécessaires à mon équilibre personnel.
Joies et tristesse de la banlieue...
samedi 24 novembre 2007
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Après les dernières journées grises et une entrée en matière décevante, voici enfin UNE VRAIE BELLE JOURNÉE D'HIVER !Un air vif et sec, une lumière claire et diffuse, des températures qui ont enfin cessé de flirter avec le zéro. Voilà les conditions idéales pour apprécier l'hiver, LE VRAI !

Avant que le soleil ne se cache, je suis partie prendre une marche, à la redécouverte du quartier, entre ville et nature.

La nature, en ces journées, s'offre à nous sous ses plus beaux attours. Toute revampée, fardée d'une bonne couche de poudre glacée d'un blanc immaculé, elle fait pour un jour le régal des photographes.

Digne des contes et légendes du grand Nord, ce décor féérique et pittoresque nous prépare au temps des fêtes.
Pourquoi mettre un sapin dans votre salon quand vous en avez un monstrueux dans votre cour ?!
Pas besoin d'accrocher les guirlandes, la nature l'a fait pour vous !

Elle a même pensé aux grosses boules givrées sur les branches des arbres.
De retour de cette longue marche, les cuisses congelées, des fourmis plein les joues, les mains encore toutes engourdies par le froid,
je voulais vous faire profiter de ces images récoltées au hasard des rencontres, petits bonheurs éphémères qui fixent le souvenir d'une journée comme je les aime.
Peu à peu, l'hiver nous gagne. On se laisse conquérir. Comment résister à tant de beauté ? Nous entrons en hiver comme nous entrerions en contemplation...











