J'ai reçu ce soir l'invitation officielle de Francine, pianiste et directrice du Choeur de la montagne, et de Julien, le chef, pour le projet Carmina Burana qui rassemblera en mai et juin 2012 le Choeur de la montagne, les Jeunes voix du coeur, l'Orchestre à vent de musiques de film (OVMF), accompagnés de 2 pianos et percussions. C'est donc confirmé : je serai au 2e piano !
Il est question des concerts habituels du choeur mais surtout d'une soirée exceptionnelle au populaire Festival d'été de Beloeil qui rassemble chaque année un public inhabituel pour le choeur.
Je suis extrêmement heureuse de cette invitation qui est à la fois une suite logique au projet Brahms qui vient de s'achever et la concrétisation du rêve évoqué dans les précédents articles.
Je m'étais imaginée au 2e piano. J'y serai !
Voilà. C'est fini. Mon aventure brahmsienne avec le Choeur de la montagne s'est achevée hier par un dernier concert Chants d'amour.Un programme entièrement dédié à l'Amouuuuuur... dont le contenu a été pédagogiquement expliqué au public par le chef, Julien, qui l'avait lui-même concocté. Paroles éclairantes pour un programme qui semblait au départ un peu éclaté.
Les choristes ont été vraiment bons dimanche, meilleurs que vendredi. Leur implication, tant émotivement que vocalement a très nettement rejailli sur la qualité du concert. Le public en a été très très ému.
Personnellement, je me suis sentie très entourée, très choyée durant tout ce week-end, couverte de compliments et de témoignages d'affection, d'admiration, de sympathie, de reconnaissance... Quoique modeste, ma présence a été, semble-t-il, très remarquée, ma participation très appréciée. Enlacée, embrassée, remerciée maintes fois par des choristes enthousiastes et un public sous le charme, j'ai fait le plein d'amour !
Mon plaisir était si grand, d'être là, coude à coude avec Francine, ma 2e moitié de 4 mains, toutes deux généreusement encadrées par le chœur d’un côté, le public de l’autre, et sous le contrôle du chef qui déployait une énergie faramineuse à fendre la banquise; j’en ai oublié tout stress. Il n’y a eu de pensée et d'émotion que pour la musique !
Ce sont des instants de grâce dont il faut profiter quand ils se présentent... et dont il faut se souvenir longtemps avant qu'ils ne se reproduisent.
Alors, voilà, une aventure qui s’achève. Je suis très heureuse de cette expérience, de ces rencontres, de ces échanges...
Comblée.
Enfin presque... parce que demeure une petite ombre à mon si joli tableau : du chef, point de "merci"... Un peu déconcertant. Je n'ai pas l'habitude. Mais bon, ce doit être dans sa nature. Et puis, un boss ne remercie pas toujours ses employés. Dans le travail, il était très respectueux, très généreux et très confiant. C'est peut-être là l'essentiel. On ne peut pas trop en demander…
De retour à la vraie vie, quoique remplie de toutes ces émotions, je me sens un peu vidée, un peu seule, isolée, loin de toute cette belle gang de choristes, chaleureuse, accueillante et enveloppante. Il me reste l'espoir qu'il y ait d'autres fois...
Je suis encore toute chose suite au concert d'hier.
Un programme consacré à l'Amour... L'Amour décliné à travers le temps, les styles... Chants de la renaissance léger et grivois, amour romantique douloureux et torturé dans les Neue Liebeslieder de Brahms, amour tendre et éthéré avec Five Hebrew Love Songs d'Eric Whitacre, amour charnel et séducteur avec Kurt Weill et Gerschwin. Ma participation se limitait à la partie à quatre mains des Neue Liebeslieder. Mais quel plaisir de jouer Brahms !
5 Hebrew Love Songs - Eric Whitacre
La grosse église de Beloeil était pleine. À part quelques toussotements incontournables, j'ai été très agréablement surprise par l'écoute d'un public très réceptif, visiblement séduit par le programme. Le choeur, malgré quelques faiblesses que le chef tente de surmonter par une foi à déplacer les montagnes et un travail acharné de longue haleine, a montré qu'il était capable de beaucoup de finesse, de légèreté, de subtilité parfois malgré le grand effectif (90 choristes). Depuis le premier concert que j'ai vu dirigé par Julien, le chef, je garde l'image du choeur comme d'un 18 roues, une espèce de gros engin massif et encombrant difficile à manoeuvrer, dirigé par un pilote de Formule 1 qui sait manier l'affaire avec finesse et subtilité, avec une apparente légèreté et une totale maîtrise de sa conduite, à nous faire oublier la lourdeur de son véhicule.
J'ai vu hier que cela ne pouvait se faire sans une énergie monstrueuse du chef pour que le choeur donne le meilleur de lui-même... et encore, le résultat n'était pas encore tout à fait à la hauteur de ses attentes... mais le choeur progresse. Bientôt, à force de travail et de formation, de rigueur et d'exigence, il deviendra plus léger et maniable. Mais en attendant, je suis très admirative du travail accompli par le chef depuis deux ans qu'il a pris le choeur en mains. Très admirative, mais aussi très heureuse de participer à l'histoire du choeur, aussi modestement soit-il, à ce stade-ci de son évolution.
Mon amie Amélie, violoniste, ancienne collègue de l'Académie des Petits archets dont j'étais l'accompagnatrice jusqu'à l'année dernière, avec qui j'ai eu par ailleurs le bonheur de faire du quatuor au violoncelle, assurait la partie de violon des 5 Hebrews Love Songs de Whitacre mais aussi le populaire Salut d'Amour d'Elgar avec beaucoup de finesse, de sensibilité et un timbre que je lui trouve toujours très rond, onctueux, chaleureux. J'ai retrouvé Amélie avec bonheur. On se voit si rarement mais toujours avec autant de plaisir. Entre deux interventions lors de la générale, dans l'avant et l'après-concert, nous nous sommes retrouvées comme deux vieilles copines pour quelques échanges de potins et une bonne remise à jour de nos vies respectives... Ça fait du bien de se retrouver, d'échanger un peu de nos réflexions du moment, de nos interrogations, de nos quêtes incessantes, de nos petites désillusions aussi.
La soirée s'est prolongée chez Francine, la pianiste et présidente du choeur, qui nous recevait pour un verre-buffet sucré-salé en comité restreint. Les conversations allant bon train, les rires fusant de toute part, nous nous sommes dispersés tard dans la nuit, après quelques verres de sangria, vin rouge, Porto...
Au détour des conversations, j'ai cru saisir par un gros clin d'oeil de Francine un message personnel qui m'était adressé. Le choeur montera l'année prochaine Carmina Burana de Orff accompagné des Jeunes voix du coeur, d'un orchestre à vent, de 2 pianos et percussions pour les concerts du mois de mai et pour le Festival d'été de Beloeil, grand rassemblement populaire musical en plein air, en juin 2012. Lors d'une précédente conversation, j'avais compris que les sollicitations des pianistes de la région pour assurer le 2e piano étaient fort nombreuses. Je n'osais pas trop miser sur cet évènement, bien consciente que, bien qu'étant l'accompagnatrice des Jeunes voix du coeur, je ne possèdais en rien l'exclusivité en tant que 2e pianiste. Mais le clin d'oeil de Francine qui m'était destiné était tellement insistant qu'il se pourrait bien que je sois au 2e piano pour l'accompagnement du choeur la saison prochaine. À confirmer.
Voilà. La nuit bien entamée, je me suis couchée avec la satisfaction d'un premier concert heureux et un regain d'espoir pour la saison à venir...
Mercredi. Plus que deux dodos avant les concerts Chants d'amour du Choeur de la montagne.
Je partagerai vendredi et dimanche le piano avec Francine, l'accompagnatrice du choeur, dans les Neue Liebeslieder de Brahms.
Il y a 7 ans, alors que j'assistais pour la première fois à un concert du Choeur de la montagne qui présentait alors Carmina Burana accompagné de 2 pianos et percussions, j'avais imaginé qu'un jour je serai là, au piano, devant ce public enthousiaste habitué des lieux; qu'un jour on me verrait, moi, pianiste, musicienne; qu'un jour je cesserai de passer inaperçue dans ce décor qui me paraissait à la fois si nouveau et si familier; qu'un jour on me reconnaîtrait, qu'on m'inviterait pour ce grand rassemblement, que je participerai à ce grand cérémonial comme actrice sur la scène dont j'étais ce soir-là spectatrice anonyme parmi une foule de spectateurs.
Depuis un mois, je vois ce rêve secret se réaliser et mon nom sur les affiches associé au plus grand choeur de la région. On ne peut rêver mieux en terme de marketing ! L'invitation que m'a lancée le choeur en janvier est pour moi un peu la conséquence de 8 années de présence discrète mais remarquée comme professeure de piano et accompagnatrice. Un signe de reconnaissance. Une consécration. Mon intronisation sur la scène régionale ! Ce n'est pas rien pour l'immigrante que je suis. Je l'ai un peu espérée, cette invitation. Sans vraiment l'attendre, mais quand même... Un évènement intimement et secrètement important.
Chaque semaine depuis un mois, lorsque viennent les jeudis, soirs de répétition, je sens monter en moi une certaine fébrilité durant la journée qui précède, émoustillée comme dans l'anticipation d'un rendez-vous amoureux, rendez-vous avec un choeur qui a su m'accueillir chaleureusement, rendez-vous avec un chef inspiré et inspirant, avec une pianiste qui m'a généreusement tendu le clavier et ouvert une large porte pour m'introduire en grand dans le cercle musical qu'elle a généré, rendez-vous avec un rêve secret de popularité effleuré en 2004... mais aussi retrouvailles avec d'anciennes amours : l'allemand, Brahms, la poésie romantique allemande, une oeuvre chorale déjà caressée il y a une dizaine d'années, le partage du piano à 4 mains... Il me tarde maintenant de partager toute l'émotion de ces retrouvailles avec le public mélomane de la région qui a réservé sa soirée.
J'ai bien hâte.
Dans l'imminence de l'évènement, je savoure cette dernière semaine de préparation, portée par le crescendo tendu jusqu'aux concerts qui en seront l'aboutissement, le climax.
Francine et moi avons choisi nos plus beaux vêtements, prenant soin d'accorder styles et couleurs, textures et longueurs, échangeant quelques items comme deux soeurs qui s'échangent leurs habits. Francine est haute comme trois pommes. Ce qui est trop grand pour elle me va comme un gant. Dans cette séance d'essayage, au-delà des préoccupations futiles et chiffonnières, c'est déjà un peu la fête qui s'annonce.
Ce sera un beau concert. Pour les yeux comme pour les oreilles !
Jeudi. Ce soir, c'est la générale. J'ai bien hâte. Pourtant, je me sens envahie d'un sentiment tout contradictoire : une envie impatiente d'accélérer le temps pour y être enfin et de le ralentir tout à la fois pour retarder la fin de l'histoire... avec une petite appréhension des lendemains silencieux. Tout dans cette aventure passe si vite. Alors, je vis le moment présent avec une intensité et une acuité rares. Chaque jour, chaque heure... Je savoure l'éphémère.
Ce printemps n'est pas un printemps comme les autres.
Il n'a cessé de pleuvoir depuis des jours et des jours, des semaines peut-être. La terre est gorgée d'eau. Les rivières débordent. Les maisons sur les rives ont les pieds dans l'eau depuis des semaines.
C'est à désespérer des saisons.
Après l'hiver blanc glacial et lumineux et avant le vert printemps doux et ensoleillé il y a maintenant une sorte de saison où les couleurs, perpétuellement assomées par des précipitations dignes du mois de novembre, tentent désespérément de s'exprimer. C'est le printomne.
Aujourd'hui est une des plus belles journées de ce printemps bizarre : soleil et chaleur mais avec des vents à décorner les boeufs.
Nous sommes lundi. Jour férié. J'ai donné congé à mes élèves (et à moi-même par la même occasion). Un répit fort apprécié dans mon emploi du temps, d'autant plus qu'un maudit rhume m'a sauté dessus il y a deux jours. Un temps bienvenu pour faire une trêve, donc.
Un peu étourdie par deux nuits d'insomnie, je me sentais faible. J'aurais pu choisir de me poser, de ne rien faire. Me soigner, sagement. Patienter, patiemment. Attendre, passivement. Eh bien non ! J'ai trouvé mieux pour oublier mon rhume : j'ai planté mes légumes !
J'ai ainsi passé l'après-midi au potager. Faut croire que j'aime ça porter des sacs de terreau, pousser les brouettes, triturer la terre humide, faire des dizaines d'allers-retours d'un bout à l'autre du jardin pour rassembler les outils éparpillés... Ce soir, je suis vanée. Épuisée. Saoûlée par le vent. Vidée, simplement.
Parfois, on fait des choses qu'on croyait ne pas avoir l'énergie de faire. On puise dans ses réserves. Mais pourquoi ? Pour la fierté des légumes ? Pour changer le mal de place ?
Ce soir, je dormirai comme un bébé, pendant que carottes, radis, tomates, poivrons, courgettes et autres courges s'enracineront en silence.
"Ah, l'amour! Il régit les relations humaines depuis la nuit des temps et est une source inépuisable d'inspiration pour les artistes depuis… à peu près la même époque. «Il est intéressant de voir comment la façon dont on parle d'amour a évolué au fil du temps. Ce n'est pas linéaire, pas du plus prude au plus grivois. Chaque époque a plutôt sa propre façon d'en traiter», croit Julien Proulx, directeur musical du Chœur de la montagne. Pressé par l'envie de produire les Chants d'amour, de Brahms, il y a vu l'occasion de décliner en musique différentes façons d'aborder les élans du cœur.
Chants d'amour demeure la pièce maîtresse du spectacle clôturant la saison du Chœur de la montagne, le 27 mai, à 20h, et 29 mai, à 14h30, à l'église Saint-Matthieu, à Beloeil. (...)"
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