Ce printemps n'est pas un printemps comme les autres.
Il n'a cessé de pleuvoir depuis des jours et des jours, des semaines peut-être. La terre est gorgée d'eau. Les rivières débordent. Les maisons sur les rives ont les pieds dans l'eau depuis des semaines.
C'est à désespérer des saisons.
Après l'hiver blanc glacial et lumineux et avant le vert printemps doux et ensoleillé il y a maintenant une sorte de saison où les couleurs, perpétuellement assomées par des précipitations dignes du mois de novembre, tentent désespérément de s'exprimer. C'est le printomne.
Aujourd'hui est une des plus belles journées de ce printemps bizarre : soleil et chaleur mais avec des vents à décorner les boeufs.
Nous sommes lundi. Jour férié. J'ai donné congé à mes élèves (et à moi-même par la même occasion). Un répit fort apprécié dans mon emploi du temps, d'autant plus qu'un maudit rhume m'a sauté dessus il y a deux jours. Un temps bienvenu pour faire une trêve, donc.
Un peu étourdie par deux nuits d'insomnie, je me sentais faible. J'aurais pu choisir de me poser, de ne rien faire. Me soigner, sagement. Patienter, patiemment. Attendre, passivement. Eh bien non ! J'ai trouvé mieux pour oublier mon rhume : j'ai planté mes légumes !
J'ai ainsi passé l'après-midi au potager. Faut croire que j'aime ça porter des sacs de terreau, pousser les brouettes, triturer la terre humide, faire des dizaines d'allers-retours d'un bout à l'autre du jardin pour rassembler les outils éparpillés... Ce soir, je suis vanée. Épuisée. Saoûlée par le vent. Vidée, simplement.
Parfois, on fait des choses qu'on croyait ne pas avoir l'énergie de faire. On puise dans ses réserves. Mais pourquoi ? Pour la fierté des légumes ? Pour changer le mal de place ?
Ce soir, je dormirai comme un bébé, pendant que carottes, radis, tomates, poivrons, courgettes et autres courges s'enracineront en silence.
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