Depuis deux ans nous assistons en banlieue de Montréal à la prolifération de nouveaux développements résidentiels où d'imposantes maisons avec toit à l'impériale, tourelles chapeautées et jardinet à la française, poussent comme des champignons.
Jusque là, nous observions cette progression de loin avec cynisme et amusement, mais vendredi, intrigués - pour ne pas dire "fascinés" - , nous avons décidé d'aller voir de plus près. À cheval sur nos bicycles à pédales, direction : le quartier de la Falaise de Mont-Saint-Hilaire !
Comme son nom l'indique, ce quartier se situe au pied de la falaise du Mont-Saint-Hilaire, "montagne classée réserve de la biosphère, patrimoine naturel de l'humanité" - s'ennorgueillit le promoteur sur les dépliants publicitaires - dominant les quartiers plus anciens où les maisons plus ordinaires croyaient avoir donné une identité à la ville.
Belle journée de juin. "Silence, on tourne !" s'attend-on à attendre au loin dans ce décor parfait où tout semble pensé, maîtrisé, trop beau pour être vrai. Un petit parc de jeu attend les figurants en culottes courtes. L'herbe y est d'un vert immaculé, la hauteur du brin calculée, les arbres fraîchement plantés se cherchent une identité, quelques bancs et une petite passerelle de style vaguement anglais sur une rivière factice tentent vainement de donner vie à ce paysage artificiel.
L'équipe de tournage de viendra pas.
Le long de la rue s'égrènent de grosses maisons de 500 000 $ et plus au style prétentieux rivalisant de démonstrations architecturales sur de petits terrains ridicules dans un environnement qui ressemble fort à ces quartiers de communautés fermées protégés, avec poste de surveillance et accès filtré.
Allées savamment pavées et véhicules de sport rutilants garés négligemment sur la chaussée, boudant le garage trois portes, jardins paysagés avec statues figées en attente d'un regard, ces petits châteaux de banlieue se déclinent dans des teintes allant du gris militaire au beige triste, les pierres de parement imitant la pierre de taille des châteaux prestigieux d'origine française.
Tourelles à profusion, toits à mansardes, fenêtres à arcades et autres excroissances architecturales sont de pâles imitations d'un style et d'une époque révolus. La banlieue est-elle en train, soumise aux orientations dictées par les promoteurs de luxe, de s'approprier une histoire architecturale qui n'est pas la sienne ?
Au bout de la rue un peu d'activité : quelques ouvriers s'affairent sur le chantier de nouveaux châteaux en construction. Au-delà, ce sont des terrains encore boisés en attente que de nouveaux néo-châtelains y construisent leur maison de rêve... 
Depuis le début, je m'interroge et essaye de comprendre pourquoi cette étalage de richesse me rend mal à l'aise. Jalouse ? Non, je ne crois pas. Ces quartiers manquent de vie, de fantaisie, de naturel, ils manquent de la patine dont sont faites les vieilles maisons, de cette harmonie qui relie l'habitat des hommes à l'histoire du lieu où ils vivent.
Cet univers créé de toutes pièces, lisse et parfait, factice et superficiel, crée en moi l'ennui. Un peu de rugosité, de mauvaises herbes et d'originalité sont nécessaires à mon équilibre personnel.
Joies et tristesse de la banlieue...









Depuis quelques jours je sentais mon impatience à vivre ce concert un peu particulier croître irrémédiablement. La préparation des pièces à 8 mains sur 2 pianos - au total six petits quatuors de pianistes - fut un vrai bonheur. J’avais hâte de partager ce beau travail avec les parents qui en percevaient seulement quelques bribes à la fin du cours de leur enfant.















Scapin n'en est pas encore revenu...