vendredi 28 janvier 2011
Printemps 2004
Cela faisait à peine 9 mois que j'étais au Québec.
Les 120 choristes du Choeur de la Montagne se produiront les 27 et 29 mai 2011 dans un programme Brahms, Schubert et Withacre, accompagnés de deux pianos et violon.
Aux pianos : Francine Lacroix et Marie Muller.
Laisser venir.
Tout vient à point...
Cela faisait à peine 9 mois que j'étais au Québec.
Toute nouvelle encore sur le territoire, j'explorais méticuleusement le paysage musical québécois, non seulement curieuse de découvrir ce qui se faisait ici mais aussi sans doute à la recherche de quelque expression artistique familière dans laquelle je pourrais me reconnaître. À la manière d'un détective explorant des recoins improbables, je guettais la surprise avec le plaisir gourmand de l'anticipation.
Le 8 mai 2004, j'assistais au grand concert annuel du grand choeur de la région. 120 choristes présentaient Carmina Burana de Carl Orff, accompagnés de deux pianos et percussions.
Le 8 mai 2004, j'assistais au grand concert annuel du grand choeur de la région. 120 choristes présentaient Carmina Burana de Carl Orff, accompagnés de deux pianos et percussions.
J'étais impressionnée. Non seulement par la qualité de la prestation mais par l'idée qu'il puisse y avoir dans mon environnement immédiat de quoi nourrir un choeur de cette envergure et surtout un public pour l'entendre. Il y a donc une vie en dehors de Montréal ! Un élan d'espoir jaillissait au fond de moi.
Je voyais ce soir-là les deux pianistes, trônant impérialement devant leur piano dans un face à face imposant, irradiant de mille feux sous les regards admiratifs des spectateurs conquis.
Quoi que noyée dans une foule inconnue, la mise-en-scène de ce spectacle m'était étrangement familière. Le choeur. Le piano. Le concert. À 4 mains. À 2 pianos. Le cérémonial. Les applaudissements. Les ovations. Les rappels. L'adrénaline.
En d'autres temps, en d'autres lieux, dans mon autre vie, celle d'avant, j'aurais été là, devant, sur la scène. Mais cétait avant, dans un autre temps, d'autres lieux...
La seule éventualité de renoncer à ce petit coin de gloire m'était difficile à accepter. Un peu douloureux aussi, quoique supportable. Jamais je ne me battrai pour la gloire !
La seule éventualité de renoncer à ce petit coin de gloire m'était difficile à accepter. Un peu douloureux aussi, quoique supportable. Jamais je ne me battrai pour la gloire !
Ici, personne ne me connaissait. Personne. J'étais musicienne incognito dans un paysage qui ne m'avait pas attendue pour exister.
En assistant à ce concert, le sentiment mêlé de nostalgie et d'envie, je me voyais là, assise à la place d'une des pianistes. J'imaginais que peut-être un jour j'y serai, pour de vrai, quand le monde saura que je suis là, que j'existe, dans ce petit coin de province. Un jour, peut-être...
En attendant, je continuais de semer des graines avec la foi du jardinier, en espérant secrètement qu'un jour on me verrait, on me ferait confiance, on me reconnaitrait, simplement.
Moi aussi je ferai un jour partie du paysage ! Un jour, peut-être...
Moi aussi je ferai un jour partie du paysage ! Un jour, peut-être...
Sept années plus tard...
Aux pianos : Francine Lacroix et Marie Muller.
Laisser venir.
Tout vient à point...
mardi 25 janvier 2011
dimanche 23 janvier 2011
Je réponds ici à une demande spéciale de mon amie Suzanne, une de mes plus fidèles visiteuses, qui, fondant devant les petites sitelles et mésanges, en redemande...
Alors, pour Suzanne, voici d'autres images de mes rencontres au sommet de la montagne.
Alors, pour Suzanne, voici d'autres images de mes rencontres au sommet de la montagne.
Cliquer sur les images pour les voir en grand format.
Mont Saint-Hilaire, 22 janvier 2011
samedi 22 janvier 2011
Aujourd'hui, samedi, une journée magnifique. - 13°C et un ciel d'un bleu uni, lumineux, réjouissant.
J'ai repris le chemin de la montagne. Cela faisait presque trois mois que je n'en avais plus grimpé les sommets. Je commençais à me languir, à m'ennuyer de cet air vivifiant, de ce décor changeant, à la fois si familier et pourtant toujours surprenant.
La vue est toujours aussi belle, vue d'en haut.
Aujourd'hui, je l'ai retrouvée ma montagne. Ma montagne... et les petites bêtes qui l'habitent.
Mésanges et sitelles étaient au rendez-vous.
Mésanges et sitelles étaient au rendez-vous.
dimanche 16 janvier 2011
Après une petite interruption musicale du temps des fêtes, je reprends le chemin de la musique...
Au programme des mois à venir : Brahms !
Brahms au violoncelle, Brahms en choeur, Brahms en trio, Brahms à la plage, Brahms et la voiture rouge...
Brahms au violoncelle, Brahms en choeur, Brahms en trio, Brahms à la plage, Brahms et la voiture rouge...
Je reviendrai sur chacun de ces projets dans le courant des prochaines semaines, mais c'est avec la musique de chambre - aspect de ma pratique pianistique que j'avais un peu négligé ces dernières années, faute de partenaire stimulant à proximité - que je reprends les rennes de mon piano en ce début d'année.
Depuis le mois de septembre, Vincent (violoncelle), Hélène (violon) et moi nous réunissons chaque semaine dans le "salon de musique" pour une matinée de travail. Au début, nous voulions juste essayer : jouer ensemble, déchiffrer quelques partitions, voir si nous pourrions nous entendre, musicalement, mais aussi humainement.
Faire de la musique ensemble comme nous l'imaginons nécessite un minimum d'affinités entre les membres du groupe, une certaine complicité, une certaine intimité parfois qui dépassent de loin le simple geste de jouer de nos instruments... Quand bien même on le veut, la rencontre ne se produit pas toujours.
Mais là, dès la première répétition, nous étions conquis. Chacun trouva en l'autre de quoi nourrir son admiration et ressentir la stimulation dune certaine émulation. J'ai personnellement trouvé dans ce trio une énergie qui m'a donné le goût de m'asseoir à nouveau devant mon piano durant des heures, entre deux répétitions, pour réussir à bâtir avec mes deux compagnons le trio dont nous rêvons.
Faire de la musique ensemble comme nous l'imaginons nécessite un minimum d'affinités entre les membres du groupe, une certaine complicité, une certaine intimité parfois qui dépassent de loin le simple geste de jouer de nos instruments... Quand bien même on le veut, la rencontre ne se produit pas toujours.
Mais là, dès la première répétition, nous étions conquis. Chacun trouva en l'autre de quoi nourrir son admiration et ressentir la stimulation dune certaine émulation. J'ai personnellement trouvé dans ce trio une énergie qui m'a donné le goût de m'asseoir à nouveau devant mon piano durant des heures, entre deux répétitions, pour réussir à bâtir avec mes deux compagnons le trio dont nous rêvons.
Les répétitions sont un vrai bonheur. Nous voulions voir si nous aurions du plaisir à jouer ensemble... Du plaisir, on en a ! Beaucoup de plaisir ! Beaucoup de plaisir à nous retrouver, à parler ensemble, à échanger toutes sortes d'idées, à vibrer ensemble d'émotions passionnées, à rire comme des fous entre deux phrases musicales lyriques et inspirées.
Après avoir lu des centaines de pages de musique, c'est avec Brahms que nous avons décidé de poursuivre notre chemin. En cette nouvelle année, nous plongeons corps et âme dans le trio Op. 8 de Johannes. Un concert se profile pour le mois de mai...
Alors, je me remets au piano. Du Brahms plein les mains, plein les bras, plein le dos aussi ! C'est du sport, parfois...
Ces jours-ci, je réalisais le nombre d'heures de pratique qu'il me faudra pour parvenir à maîtriser cette oeuvre. Des heures de pratique en solitaire pour me familiariser avec l'écriture de Brahms, pour tenter d'en maîtriser la virtuosité, d'en mémoriser des pages entières... Des heures de répétitions pour tenter d'accorder nos énergies, nos visions musicales, nos imaginaires... On pourrait se demander pourquoi consacrer autant de temps et d'énergie à une oeuvre que peut-être nous ne jouerons qu'une fois...
Pourquoi ?
Pour quoi ?
Je pourrais bien renoncer à ce projet, me libérer de cette tâche titanesque, alléger du même coup mon emploi du temps de ces centaines d'heures de travail consacrées à une seule oeuvre...
Ce serait simple. Facile.
Mais je ne le ferai pas.
Pourquoi ?
Pour quoi ?
En écrivant ces mots, je me souviens des questions existentielles qui m'ont accompagnée durant l'automne.
Pourquoi ?
Pour quoi ?
Et c'est dans la musique que je trouverai la réponse à ma question.
Pourquoi ?
Pour quoi ?
Pour le chemin. Parce que tout cela vaut la peine d'être vécu, pour lui-même. Pour le plaisir du cheminement. Celui qui nous conduit vers une part de nous-même que l'on ne soupçonne pas. Pour le plaisir physique et sensoriel du jeu pianistique. Pour le plaisir de la rencontre, du dialogue avec l'autre. Celui de partager, d'échanger, de donner et de recevoir. Pour le plaisir de progresser, de s'enrichir, de repousser ses propres limites. Cela n'a pas de prix, surtout pas celui du temps qu'on y consacre.
La musique comme leçon de vie...
Pourquoi ?
Parce que.
vendredi 7 janvier 2011
Les festivités sont achevées. L'année a changé. Le sapin est défait. Le salon a retrouvé son allure ordinaire. Les cours ont repris. La vie, la vraie vie reprend son cours...
Je me souviendrai longtemps de ces quelques soirées passées en bonne compagnie, de joyeux fous rires autour de la table, de conversations prolongées au téléphone avec ma famille les soirs de réveillon, d'échanges délicieusement affectueux avec mes petits neveux adolescents, de quelques courriels marquants qui m'ont rappelé que, malgré mes impressions parfois, je continue d'exister pour autrui, même loin, même en silence... comme chacun continue d'exister pour moi, en silence.
Autant de petits (et de grands) bonheurs qui continuent de m'accompagner en ces premières journées de janvier.
La vraie vie reprend déjà, et je n'ai pas eu le temps de dire à tous ceux que j'aime combien je pense à eux et comme ils continuent d'être présents en moi. Pourtant...
Je pense à ces amis que j'ai revus cet été lors de mon passage en France. Moments uniques d'échange, de complicité, de confidence, de touchante fidélité...
Je pense à de vieilles connaissances perdues de vue et retrouvées grâce à la magie d'Internet, par le biais de mon site professionnel, de celui de Copains d'avant ou encore de Facebook (oui, je l'avoue, il m'arrive de rôder sur FB...). Merveilleuses retrouvailles.
Je pense à mes "nouveaux" amis du Québec, ceux qui m'accompagnent chaque semaine dans mes activités, mais aussi ceux dont les vies sont parfois si remplies que les rencontres en deviennent rares...
Je pense à ma famille, à mes parents qui s'ennuient de me savoir si loin, à mes frères que les vies bien chargées poussent à rester discrets, à mes sept petits neveux qui ne m'attendent pas pour grandir...
Et pourtant. Avec chacun, je sais que, malgré la distance, malgré le silence, le moment venu nous saurons nous retrouver et reprendre le fil là où nous l'avions laissé... avec un peu plus de maturité, peut-être, quelques rides ajoutées pour les plus vieux, un peu de recul, un supplément de vécu pour tous mais avec toujours plus d'affection...
Le coeur tout plein du souvenir des merveilleuses surprises de ce temps des fêtes, je commence l'année avec un petit soleil intérieur ravivé de chaleur.
Je me souviendrai longtemps de ces quelques soirées passées en bonne compagnie, de joyeux fous rires autour de la table, de conversations prolongées au téléphone avec ma famille les soirs de réveillon, d'échanges délicieusement affectueux avec mes petits neveux adolescents, de quelques courriels marquants qui m'ont rappelé que, malgré mes impressions parfois, je continue d'exister pour autrui, même loin, même en silence... comme chacun continue d'exister pour moi, en silence.
Autant de petits (et de grands) bonheurs qui continuent de m'accompagner en ces premières journées de janvier.
La vraie vie reprend déjà, et je n'ai pas eu le temps de dire à tous ceux que j'aime combien je pense à eux et comme ils continuent d'être présents en moi. Pourtant...
Je pense à ces amis que j'ai revus cet été lors de mon passage en France. Moments uniques d'échange, de complicité, de confidence, de touchante fidélité...
Je pense à de vieilles connaissances perdues de vue et retrouvées grâce à la magie d'Internet, par le biais de mon site professionnel, de celui de Copains d'avant ou encore de Facebook (oui, je l'avoue, il m'arrive de rôder sur FB...). Merveilleuses retrouvailles.
Je pense à mes "nouveaux" amis du Québec, ceux qui m'accompagnent chaque semaine dans mes activités, mais aussi ceux dont les vies sont parfois si remplies que les rencontres en deviennent rares...
Je pense à ma famille, à mes parents qui s'ennuient de me savoir si loin, à mes frères que les vies bien chargées poussent à rester discrets, à mes sept petits neveux qui ne m'attendent pas pour grandir...
Et pourtant. Avec chacun, je sais que, malgré la distance, malgré le silence, le moment venu nous saurons nous retrouver et reprendre le fil là où nous l'avions laissé... avec un peu plus de maturité, peut-être, quelques rides ajoutées pour les plus vieux, un peu de recul, un supplément de vécu pour tous mais avec toujours plus d'affection...
En attendant, chaque petit signe reçu de chacun est un peu de baume sur mon petit coeur sensible en ces lendemains de fête. Petit mot. Petit courriel. Petit téléphone. Petit dessin. Petit cadeau. Petite pensée...
Soleil froid, Jean-Paul Lemieux, peintre québécois
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