vendredi 14 mars 2014

Posted by Marie Posted on 23:05:00 | No comments

Demain matin...

Il me manquait un projet de taille pour le printemps. 
Les dernières années m'ont habituées à relever des défis chaque année plus importants, stimulants, gratifiants. J'ai pris goût à ces prises de risques. Elles me font chaque fois grandir, progresser et me sentir toujours plus vivante, plus vibrante.   

J'espérais que l'hiver m'offrirait une bonne surprise. Dans l'attente, l'inquiétude, l'angoisse aussi de ne rien voir venir, j'ai eu tout le temps de faire le point sur mes envies, mes rêves, mes désirs inassouvis... Au-dessus de tous les plaisirs que j'ai eus dans ma vie de musicienne planait le souvenir inoubliable de mon expérience avec le théâtre musical, expérience vécue avec le CRÉA d'une part mais aussi dans d'autres contextes plus intimistes comme le "Voyage d'hiver", spectacle avec chanteur et danse contemporaine auquel j'ai participé mais dont je n'ai jamais pu voir le jour, quittant la France avant la première représentation.
Depuis, la nostalgie de la vie de troupe, du contact avec tous les acteurs d'une production théâtrale, de la naissance du projet à sa représentation publique, ne m'a pas quittée. J'espérais retrouver au Québec quelque chose, sinon d'équivalent, au moins aussi satisfaisant, et toujours ce contact avec la scène. Parce que le théâtre m'inspire, parce que j'aime que mon piano participe à la fourmilière qui s'active autour d'un même projet, qu'il soit une pierre qui s'ajoute aux autres pierres et devienne un acteur à part entière du drame qui se joue sur scène, discret mais ô combien présent et nécessaire. 

Il a suffit de peu de chose, un communiqué aperçu sur Facebook sur la page des Professeurs de musique pour que je me sente tout de suite interpelée. La directrice d'une troupe de théâtre musical était à la recherche de musiciens pour la production "Demain matin Montréal m'attend", comédie musicale de Michel Tremblay sur la musique de François Dompierre, deux personnalités emblématiques de la culture québécoise. J'ai écrit, me suis renseignée sur le type de pianiste recherché. Lecteur ou improvisateur ? Après quelques échanges de courriels, d'informations, une rencontre pour la forme, une référence commune... j'ai été tout de suite adoptée par la troupe qui, elle, répétait depuis déjà six mois. 24 heures après avoir reçu un premier tas de partitions, je faisais ma première répétition avec tous les airs du premier acte ! Je crois que ma rapidité et mon ardeur au travail leur ont plu...
Ainsi donc, j'ai un bel os à ronger pour le prochain mois. Le défi est grand car le délai est court. J'aime cette densification du temps. Cette accélération me change de la routine et change les priorités sans qu'on ait à les choisir. 
Je me suis plongée dans le livret. Le texte de Michel Tremblay est savoureux, les dialogues percutants et les répliques colorées. La musique de François Dompierre (dans sa version de 1995 plus que dans celle de 1970 qui est très datée !) est enlevante, dynamique, variée, teintée de toutes sortes de styles, du tango à la salsa en passant par le jazz, tantôt swing, tantôt ballade, mais aussi avec de gros clins d’œil à l'Opéra de quat'sous ou à la musique traditionnelle... Le piano y est en vedette dans la Complainte de la Duchesse, à la fin du 1er acte, très lyrique et pathétique. C'est très bien écrit et très efficace dramatiquement !
 
Depuis une semaine, je ne compte plus le temps que je passe avec mon piano. Il y avait longtemps que je n'avais pas ressenti ce besoin urgent, cette impatience de le retrouver, entre deux repas, entre deux cours, pour tenter de rendre facile ce qui paraît difficile.
Pendant ce temps, je m'amuse beaucoup, parce que ça sonne terriblement bien et que je me vois déjà dans la fosse soutenant les acteurs de cette tragi-comédie. Bref, en jouant la trame sonore de ce spectacle, je m'y crois déjà !


En me plongeant dans cette aventure, je renoue avec cette partie de moi-même qui était restée dans l'ombre depuis 10 ans et qui suppliait qu'on la rallume. Pour un retour en scène, c'est un beau retour. Plein feux ! Sous les projecteurs !

Pour tout renseignement : Théâtre Musical du Haut-Richelieu

jeudi 13 mars 2014

Posted by Marie Posted on 16:15:00 | No comments

Passages

Loin de l'hiver, du froid et de la neige, on essaye en Europe d'imaginer
ce que peut bien être l'hiver québécois.
Exercice difficile quand le printemps à déjà pointé son nez
et que les souvenirs qui demeurent sont ceux d'un été de vacances en Estrie, 
des baignades dans les lacs, des repas sur la terrasse...

Ici l'hiver est rude. Chaque année davantage.

Si le froid fut un peu plus mordant que les autres années, 
cet hiver m'a donné l'occasion de découvrir certains plaisirs inusités les autres années, comme...

le plaisir coupable de traverser la rivière à pied, un jour de février, 
entre Beloeil et Mont-Saint-Hilaire...

la rivière Richelieu, le 16 février 2014


...ou encore l'expérience de la traversée en auto sur le pont de glace
entre Saint-Antoine-sur-Richelieu et Saint-Denis-sur-Richelieu.

26 janvier 2014

Petite vidéo à l'appui pour immortaliser ce moment
qui fut une première pour ma copine Yolande et moi !


Pour ceux qui s'inquiètent de savoir où nous en sommes,
s'il y a encore de la neige au Québec, 
voici ma réponse en images...

aujourd'hui, le 13 mars 2014
Une belle tempête a ajouté une belle couche de 20 cm de neige
à celle qui tentait de fondre. 
Non ! L'hiver n'est pas fini !


Mais l'hiver, c'est aussi la ville qui s'anime, s'illumine.
Les gens sortent de chez eux, affrontant les éléments coûte que coûte,
comme pour conjurer l'hiver, le maudit hiver !
La fête, c'est à l'extérieur qu'on la fait !

Une nuit, j'ai arpenté les rues du centre ville, 
rejoint le festival des Rendez-vous du cinéma québécois,
parcouru la Grande bibliothèque 
et la magnifique exposition de René Derouin, artiste québécois,
la Place des arts et le Musée d'Art Contemporain.
C'était ma Nuit blanche
saupoudrée d'une petite neige légère et féérique, scintillante et magique. 

  Montréal en lumières, 1er mars 2014

Les journées s'allongent. L'heure d'été a chassé celle d'hiver. 
Un semblant d'énergie printanière s'impatiente. 
Progressivement, la lumière s'installe... mais la neige aussi !

dimanche 2 mars 2014

Posted by Marie Posted on 18:47:00 | No comments

"Mars, et ça repart !"

Long silence qui dure, qui dure... aussi long que l'hiver est dur.

Petite baisse de régime ces derniers mois. L'hiver maltraite les corps, les ratatine, les silhouettes se voutent, les épaules s'enroulent, les corps se recroquevillent. On se fait tout petit pour se protéger de l'agression du froid, du vent qui fouette, de la neige qui mouille et tenter de survivre à la noirceur. Se faisant tout petit en dehors, on devient tout petit en dedans. 
Petit marcheur rencontré sur le chemin du Pain de sucre
au Mont Saint-Hilaire, 
un merveilleux dimanche de février.

Hiver intense, extrême, aux émotions aussi contrastées que les saisons le sont. D'ailleurs, à bien y réfléchir, 2013 tout entier fut pour moi une année intense et contrastée. Une année faite de hauts et de bas, dont les deux points culminants furent certainement cette semaine d'août où nous réunissions en petit comité dans un petit coin de l'Estrie nos amis proches et de toujours et quelques membres de nos familles, certains venus de très loin, à l'occasion de notre mariage, intime, champêtre et coloré, puis cette autre semaine en décembre où toute ma famille de France se réunissait au grand complet pour la première fois depuis 10 ans dans la maison de Pfaffenheim pour un séjour plein de surprises, de joie, de jeux et de musique. Il reste de ces temps forts des souvenirs languissants, un mélange d'extase et de nostalgie, de plénitude et de vide. 

le marché de Noël, à Colmar

De retour à la vraie vie, il appartient à chacun de poursuivre sa route, enrichi par l'expérience de ces moments exceptionnels, entretenant chacun secrètement par différents moyens l'émotion, ou le souvenir de l'émotion, dans une tentative vaine d'en prolonger indéfiniment la durée. Au moins jusqu'à la prochaine fois... un jour peut-être...

Mon automne fut assez tranquille professionnellement. Avec les cours à la maison, les accompagnements à l'école secondaire, le chœur d'enfants que j'accompagne, je ne manque pas de travail mais cela ne suffit à combler mes besoins de pianiste, de musicienne, de rencontres... 
J'ai été gâtée ces dernières années avec des projets magnifiques à deux pianos avec grand chœur et 5 percussionnistes dans des conditions tout à fait exceptionnelles que beaucoup de pianistes m'envieraient. Je me suis sentie extrêmement choyée, privilégiée d'avoir été associée à ces évènements. Ces invitations furent chaque année une belle surprise, une faveur que je n'osais attendre même si je les espérais profondément. Bien consciente que cette situation était tout à fait exceptionnelle, je me préparais à tourner mon regard vers d'autres horizons pour préparer l'avenir. Malgré cela, je me suis sentie en sevrage tout l'automne, ne voyant pas de nouveau projet d'envergure à l'horizon qui eût pu jouer le rôle de palliatif pour calmer mon impatience, mon inquiétude, mes angoisses d'abandon, d'oubli. 
Dans cette très relative oisiveté, je me suis trouvée certains jours plongée malgré moi dans un abîme de réflexions, de questionnement, de remise en questions, alignant des questions dont je n'avais pas les réponses, pas à ce moment-là en tout cas, envisageant toutes les pistes possibles pour explorer de nouvelles avenues, certaines suggérées par mes proches, mais aucune qui corresponde vraiment à mes aspirations ni ne comble tout à fait mon besoin de reconnaissance, mes attentes. 
Trop de choses dans la tête. Trop de questions. Trop de fatigue pour y voir clair. Je tourne en rond.

Heureusement, l'hiver ne durera que 6 mois ! Déjà, les journées reprennent de la longueur. Depuis quelques jours le ciel s'illumine, les corps se déplient, les silhouettes se détendent, les regards se relèvent, ma pensée se colore de ciel bleu, les désirs remontent à la surface et les projets jaillissent du fond de nulle part. Au fond, je suis pianiste. Ne pas l'oublier. Il s'agit juste de trouver une place, de trouver sa place, d'avoir la santé, l'énergie, la foi, la patience d'y croire, encore, malgré les doutes et les fluctuations de l'âme. 
Il y a un temps pour chaque chose. 
Un temps pour la réflexion, l'errance et le doute. 
Un autre pour la rencontre, les trouvailles et les certitudes. 
Au fond, même à tous petits pas, j'avance.
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