dimanche 2 mars 2014

Posted by Marie Posted on 18:47:00 | No comments

"Mars, et ça repart !"

Long silence qui dure, qui dure... aussi long que l'hiver est dur.

Petite baisse de régime ces derniers mois. L'hiver maltraite les corps, les ratatine, les silhouettes se voutent, les épaules s'enroulent, les corps se recroquevillent. On se fait tout petit pour se protéger de l'agression du froid, du vent qui fouette, de la neige qui mouille et tenter de survivre à la noirceur. Se faisant tout petit en dehors, on devient tout petit en dedans. 
Petit marcheur rencontré sur le chemin du Pain de sucre
au Mont Saint-Hilaire, 
un merveilleux dimanche de février.

Hiver intense, extrême, aux émotions aussi contrastées que les saisons le sont. D'ailleurs, à bien y réfléchir, 2013 tout entier fut pour moi une année intense et contrastée. Une année faite de hauts et de bas, dont les deux points culminants furent certainement cette semaine d'août où nous réunissions en petit comité dans un petit coin de l'Estrie nos amis proches et de toujours et quelques membres de nos familles, certains venus de très loin, à l'occasion de notre mariage, intime, champêtre et coloré, puis cette autre semaine en décembre où toute ma famille de France se réunissait au grand complet pour la première fois depuis 10 ans dans la maison de Pfaffenheim pour un séjour plein de surprises, de joie, de jeux et de musique. Il reste de ces temps forts des souvenirs languissants, un mélange d'extase et de nostalgie, de plénitude et de vide. 

le marché de Noël, à Colmar

De retour à la vraie vie, il appartient à chacun de poursuivre sa route, enrichi par l'expérience de ces moments exceptionnels, entretenant chacun secrètement par différents moyens l'émotion, ou le souvenir de l'émotion, dans une tentative vaine d'en prolonger indéfiniment la durée. Au moins jusqu'à la prochaine fois... un jour peut-être...

Mon automne fut assez tranquille professionnellement. Avec les cours à la maison, les accompagnements à l'école secondaire, le chœur d'enfants que j'accompagne, je ne manque pas de travail mais cela ne suffit à combler mes besoins de pianiste, de musicienne, de rencontres... 
J'ai été gâtée ces dernières années avec des projets magnifiques à deux pianos avec grand chœur et 5 percussionnistes dans des conditions tout à fait exceptionnelles que beaucoup de pianistes m'envieraient. Je me suis sentie extrêmement choyée, privilégiée d'avoir été associée à ces évènements. Ces invitations furent chaque année une belle surprise, une faveur que je n'osais attendre même si je les espérais profondément. Bien consciente que cette situation était tout à fait exceptionnelle, je me préparais à tourner mon regard vers d'autres horizons pour préparer l'avenir. Malgré cela, je me suis sentie en sevrage tout l'automne, ne voyant pas de nouveau projet d'envergure à l'horizon qui eût pu jouer le rôle de palliatif pour calmer mon impatience, mon inquiétude, mes angoisses d'abandon, d'oubli. 
Dans cette très relative oisiveté, je me suis trouvée certains jours plongée malgré moi dans un abîme de réflexions, de questionnement, de remise en questions, alignant des questions dont je n'avais pas les réponses, pas à ce moment-là en tout cas, envisageant toutes les pistes possibles pour explorer de nouvelles avenues, certaines suggérées par mes proches, mais aucune qui corresponde vraiment à mes aspirations ni ne comble tout à fait mon besoin de reconnaissance, mes attentes. 
Trop de choses dans la tête. Trop de questions. Trop de fatigue pour y voir clair. Je tourne en rond.

Heureusement, l'hiver ne durera que 6 mois ! Déjà, les journées reprennent de la longueur. Depuis quelques jours le ciel s'illumine, les corps se déplient, les silhouettes se détendent, les regards se relèvent, ma pensée se colore de ciel bleu, les désirs remontent à la surface et les projets jaillissent du fond de nulle part. Au fond, je suis pianiste. Ne pas l'oublier. Il s'agit juste de trouver une place, de trouver sa place, d'avoir la santé, l'énergie, la foi, la patience d'y croire, encore, malgré les doutes et les fluctuations de l'âme. 
Il y a un temps pour chaque chose. 
Un temps pour la réflexion, l'errance et le doute. 
Un autre pour la rencontre, les trouvailles et les certitudes. 
Au fond, même à tous petits pas, j'avance.
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