voici donc les petits trésors de mon jardin
dimanche 2 mai 2010
voici donc les petits trésors de mon jardin
jeudi 15 avril 2010
Huit ans. Jour pour jour.
Premier voyage, première rencontre...
15 avril 2002
Montréal. Aéroport de Dorval.
Bloquée dans la file des voyageurs fraîchement débarqués, destinés à rejoindre leurs proches de l’autre côté de la grande porte automatique, j’essaye de contenir mon impatience. Dans l’imminence de notre premier regard, je lutte contre un trac épouvantable. Envahie d’une émotion débordante, j’échappe une grosse larme. Je suis en train de craquer ! Les nerfs sont en train de me lâcher. Dans un instant, je vais franchir la grande porte.
"Veste verte"…
Il doit me guetter et je ne le vois pas.
Vais-je le reconnaître ?
Premiers regards timides et prudes. Tous deux émerveillés de nous sentir si proches. À portée de bras. Nous frôlant seulement. Surpris de nous sentir l’un l’autre bien vivant, étrangers au-dehors, et pourtant si proches en-dedans.
Rêve étrange que le souvenir de cette première rencontre...
Montréal brillait sous le soleil d’avril. Un bel après-midi. La platitude sinistre de l’autoroute Décarie dépourvue d’humanité et la laideur surréaliste de l’échangeur Turcot, dans l’entrelacement de ses bretelles bétonnées n’altéraient en rien la magie du moment. Le décalage horaire me faisait revivre une demi-journée entière de ma vie dans un lieu que je découvrais avec une certaine candeur. Troublée par ce retour instantané dans un passé encore tout proche, je voyageais dans le temps avec le sentiment d’avoir été projetée sur une autre planète. Je découvrais la vie grouillante de Montréal. La ville ne m’avait pas attendue pour qu’on s’y agite. Il y a donc bien une vie en-dehors de la nôtre...
jeudi 6 août 2009
Paris-Montréal : 6 août 2003
Au-dessus de l'Atlantique, suspendue entre deux continents, entre deux vies. Les lumières de l'avion éteintes, les cache-hublots baissés, c'était l'heure de Fanfan la tulipe projeté silencieusement sur les écrans de l'Airbus. Tel un sas entre deux mondes plus irréels l'un que l'autre, l'intérieur de l'avion ne résonnait plus que du bruit du vent dans les ailes et devenait pour moi le terrain propice à une retraite éphémère d'où jaillît soudain la conscience d'un nouveau départ, d'une nouvelle vie, où tout était possible. Le silence et l'obscurité révélant soudain toute la solennité du moment, je rentrais en immigration comme on entre en introspection. Seule. Seule avec moi-même. Seule en moi-même. Seule face à moi-même. Vertige du libre arbitre qui défie la notion de destin et vous rend irrémédiablement seul face à l'immensité des possibles.
C'est là, à cet instant, suspendue entre deux continents, entre deux vies, c'est là que tout bascule. Et le Monde n'en sait rien.
Douloureuse euphorie qui vous bouleverse intérieurement, secrètement, de ne pouvoir partager avec quiconque la délirante intensité de l'instant présent.
Ce jour-là, je me rendais sur la terre que je m'étais promise. À mi-chemin de mon projet. Entre deux vies. Entre deux pages. Celle déjà tournée et une autre qu’il restait à écrire. Celle d'une vie en solitaire et celle d'une autre à vivre à deux.
C'était il y a 6 ans. 6 ans bâtis, une pierre à la fois (à la foi), au jour le jour, avec la présence et le soutien constant d'Éric qui m'a grand-ouvert les portes de sa maison, de sa vie, de son coeur.
L'accompagnement lointain et parfois silencieux mais toujours affectueux de mes amis et de mes parents restés là-bas, une détermination toute personnelle à aller au devant du monde lorsque le jeu en vaut la chandelle et l'accueil chaleureux de tous ceux qui m'ont acceptée ici parmi leurs amis, tout cela m'a donné la force d'y croître et d'y plonger mes racines.
Le temps a donné raison à mes rêves, à confirmé mes choix.
Il fallait le faire. Je l'ai fait. Et je n'en reviens toujours pas !
mardi 9 octobre 2007
"Rive sud de Montréalautomne 2004
J’ai un an. De ma nouvelle vie. Petite Française immigrée au Québec, je suis venue y rejoindre celui qui fut la cause de tout cela : Éric. Durant les deux années qui ont précédé mon départ, j’ai semé autour de moi, adressés à mes amis, à mes parents, les mots qui exprimaient le mieux, avec la plus grande sincérité possible, ce que je vivais, profondément.
À mi-chemin de mon parcours, j’ai ressenti le besoin de donner à ces mots un second souffle. Aujourd’hui rassemblés, ils sont autant de pièces d’un puzzle qui, agencées, reconstituent l’historique de ce voyage vécu de l’intérieur, celui de la rencontre, mais aussi celui de l’immigration. C’est aussi celui qui nous mène vers une part de nous-même que l’on ne soupçonnait pas.
Pour me souvenir. Pour que d’autres, peut-être, se souviennent à leur tour."
Prélude au texte Entre deux ou le sens du fil, récit complet du "voyage" qui m'a menée là où je suis aujourd'hui.
Texte intégral disponible sur demande.