samedi 28 septembre 2013
samedi 10 septembre 2011
De la couleur, sur mes murs comme dans mon assiette
lundi 4 juillet 2011
Nous avons donc longé la rivière vers le Nord et fait, sur la route, de nombreuses haltes chez les artistes qui ouvraient ce week-end encore leur atelier au public à l'occasion du Parcours des arts. Ce fut l'occasion de rencontres intéressantes, de discussions éclairantes sur les techniques utilisées, de découvertes étonnantes sur la diversité et l'étendue de la créativité de chacun. La région regorge de talents qui méritent d'être mieux connus.
L'accueil a chaque fois été très chaleureux, généreux. L'atelier de Françoise, en bout de parcours, était notre objectif final. Elle était là, toujours aussi accueillante. Nous nous sommes retrouvées comme de vieilles amies. Éric en a été surpris. Une fois les présentations faites, nous avons fait tous les deux le tour de l'atelier pendant que Françoise nous préparait une petite boisson rafraîchissante. Et moi de tourner, tourner, tourner en rond dans cet atelier plein de surprises, et de revenir toujours vers le même tableau qui me tapait et me retapait dans l'oeil chaque fois que mon regard se posait dessus. J'y ai pensé toute la semaine. Deux autres me séduisaient aussi. Petite hésitation... Celui-là avait un petit quelque chose de spécial. Flamboyance des couleurs, structure apaisante, brillance des dorures... J'ai laissé Éric me dire sa préférence. Une fois de plus, nous étions d'accord ! Alors, nous nous sommes laissés tenter. Ensemble, nous avons craqué. Nous nous sommes gâtés.
Françoise viendra nous porter la toile au retour des vacances. Un bon prétexte pour se revoir et donner suite à cette belle rencontre du début de l'été.
Bientôt, il y aura un peu de notre rencontre accrochée aux murs de notre maison.
vendredi 24 juin 2011
Après quelques longs échanges sur son travail, sa technique, sur sa vie, la mienne, sur nos impressions respectives et communes d'immigrées françaises converties aux québécismes, de Québécoises adoptives revenant ponctuellement aux sources de la mère patrie, après quelques discussions avec les visiteurs de passage, un thé bien chaud et quelques plaisanteries bien sucrées, après avoir fait dix fois le tour de l'atelier en m'émerveillant de la beauté chatoyante de sa création, je la quittais trois heures plus tard, avec le sentiment d'avoir fait une belle rencontre, une vraie rencontre.
samedi 19 février 2011
vendredi 18 février 2011
ma modeste contribution en tant que pianiste.
mardi 25 janvier 2011
samedi 5 juillet 2008
Durant tout l'été, à l'occasion du 400e anniversaire de Québec, la ville présente chaque soir, sept jours sur sept, le spectacle le plus marquant de ses festivités : le Moulin à images de Robert Lepage.
Le Moulin à images est un gigantesque spectacle multimédia avec lequel Robert Lepage a relevé le défi d'utiliser les 81 silos à grains du vieux port comme vaste écran de 30 mètres de haut sur 600 mètres de large (l'équivalent de 25 écrans Imax !).


Le défi technique est énorme. Du jamais vu ! La taille de l'écran et la forme atypique de celui-ci, la synchronisation de la bande sonore, de l'image, des effets lumineux et des effets spéciaux, la sonorisation de tout le quartier environnant, tous ces points font de cette réalisation un exploit de taille, le projet le plus complexe que le concepteur lui-même dit n'avoir jamais réalisé. Il lui a fallu pour cela 27 projecteurs, 329 hauts parleurs et caissons de basses dissimulés sous le ponton du port, 238 appareils d'éclairage...


Le spectacle est visible de partout dans la ville du côté du bassin Louise. Tout proche, le son est parfaitement synchronisé mais on perd une partie de la vue d'ensemble... Un peu éloigné du côté des remparts, la vue d'ensemble est meilleure mais le son un peu décalé. J'ai pu résoudre ce problème en écoutant avec ma petite radio de poche branchée dans les oreilles la bande son diffusée en direct sur les ondes de la radio locale CKIA FM. Miracle de la technique, c'est comme si j'étais dans mon salon avec la bande son en stéréo !
Le Moulin à images se déroule en quatre tableaux :
I - le chemin d'eau
II - le chemin de terre
III - le chemin de fer
IV - le chemin d'air
Par un collage savant d'images tantôt d'archives tantôt d'animation, Robert Lepage y raconte à sa manière 400 ans d'histoire de la ville avec une succession de clins d'oeil aux domaines de l'histoire, de l'économie, de la politique, des arts, des sciences...
J'ai été fascinée par la perfection du résultat, techniquement. Artistiquement, Robert Lepage est d'une créativité immense. Tout dans le montage est songé, pensé, relié, avec une extraordinaire inventivité qui exploite les ressources du support industriel à son maximum.
Ce Moulin à images est un gigantesque jeu de devinettes où le regard du spectateur sollicité de toutes parts traque le détail qui lui échappe dans une bousculade d'évocations successives. Les images nous plongent dans la nostalgie d'une histoire que je n'ai pas connue mais dont j'ai reconnu pour la plupart les évènements. Les silos se font oublier pour devenir tour à tour cierges, rouleaux de presse, bobines de fil, cigarettes et cigares, tubes à essais, touches de piano... La bande son d'une redoutable efficacité dramatique nous transporte dans un univers entre deux, entre l'ici et l'ailleurs, entre jadis et aujourd'hui...
J'aime profondément cette oeuvre pour ce qu'elle laisse à l'imaginaire la possibilité de se perdre et parce qu'elle ne se laisse pas posséder immédiatement par le spectacteur avec évidence. Elle inscite à la récidive. Je voudrais pouvoir la voir et la revoir, et continuer de jouer à essayer de reconstituer le cheminement qui a mené Robert Lepage à ces choix-là, reconnaître les liens subtils qu'il a imaginés entre une séquence et une autre.





Je ne regarderai plus jamais les silos comme avant.
pour voir le Moulin à images en mouvement :
vidéo reportage sur canoë.ca
Le Moulin à images est présenté tous les soirs à 22h jusqu'au 24 août. Durée : 40 mn
dimanche 10 février 2008
Diable ! quelle tâche difficile que d'essayer de se décrire en musique. Quelle difficulté redoutable que de choisir LA musique qui nous représente le mieux.
Mais voilà un bien bel exercice de synthèse introspective auquel je ne saurais me dérober, amie de Lucie et musicienne.
Je me suis donc prêtée au jeu.
Devant l'immensité des choix possibles, j'essaye de remonter à l'essentiel. Ne réussissant pas à trancher, à défaut de choisir UNE musique, j'en choisirai QUATRE.
Mon portrait musical en trois dimensions
Le choix du titre
Francis Cabrel - Petite Marie (lien obsolète)
Ces passions qui me hantent
Oblivion de Piazzolla, par le Rastrelli cello quartett
Mon troisième choix est celui d'une musique que je pourrais qualifier pour moi de fondatrice, parce qu'elle m'accompagne depuis presque toujours. Plus qu'une musique, c'est un album entier. J'avais 12 ans lorsque je l'ai découvert. Je l'écoutais sur une cassette que m'avait confiée une amie. Je ne connaissais rien de ce groupe. Je ne comprenais pas les paroles. Le langage y était parfois un peu obscur. Mais cela n'avait pas grande importance. Sa musique me touchait profondément. Je l'ai écoutée en boucle, des années durant. Plus tard, je me suis procuré le vinyle, puis le CD.
Le titre de l'album : Si on avait besoin d'une cinquième saisonLe groupe : Harmonium.
Extrait : Harmonium - Histoires sans paroles (lien obsolète)
Depuis, les jours de déprime (oui, oui, ça m'arrive de temps en temps...) je mets le CD dans le lecteur, branche la sono à fond, enfile mon tablier de cuisine et mets les main dans la farine. Progressivement, inscidieusement, en 45 minutes, pâtisserie et musique exercent sur moi un effet mystérieusement thérapeutique, un cocktail musico-créatif qui guérit mes bobos de l'âme avec une efficacité redoutable jamais égalée, me ramène à l'essentiel, appaise et stimule en même temps, rallume la lumière là où elle vascillait, me rend la vie plus légère et réveille ma gourmandise.
Totalement imprégnée de cet univers, j'ai découvert progressivement les autres albums du groupe qui ont exercé sur moi le même bouleversement.
Arrivée au Québec, j'ai découvert qu'il s'agissait du groupe emblématique - s'il en est - de toute une génération. Je ne peux m'empêcher de voir dans ma fascination lointaine pour un groupe dont j'ai longtemps ignoré qu'il était québécois un signe : il n'y a sans doute pas de hasard à ce que je me trouve aujourd'hui dans ce pays dont j'ignorais autrefois jusqu'à l'existence. De là à penser que j'ai trouvé en le Québec un antidote à la déprime, il n'y a qu'un pas. Vive le Québec !
Mon choix intime
Et puis, pour finir, en tant qu'interprète, comment ne pas évoquer ces musiques qui nous accompagnent toute la vie avec lesquelles nous entretenons un lien secret, leit-motivs rassurants qui viennent combler le vide menaçant lorsque les émotions à vivre sont trop fortes pour être tues, lorsque les mots ne suffisent plus à exprimer la douleur ressentie profondément, ces musiques qui continuent de vivre en nous, de mûrir en nous, même lorsqu'on ne les joue pas, parce qu'au fond elles font partie de nous et nous aimons nous retrouver seuls avec elles, secrètement, intimement. Assis devant le piano, posant les mains sur le clavier, la musique jaillit soudain comme une partie de nous-même qui émerge au grand jour du monde sonore.
Je n'avais pas d'enregistrement disponible. Je me suis donc prêtée ce matin au jeu de l'enregistrement avec la conscience que mon interprétation du moment, un dimanche matin, en pyjama, les mains toutes froides s'arrangeant des caprices d'un clavier numérique, la partie idéaliste de moi-même obéissant à la décision autoritaire de l'autre partie plus réaliste de ne pas céder à la tentation du montage et des reprisages sans fin pour atteindre la perfection rêvée... Je vous livre donc ici le fruit de ce moment d'intimité, là, tout simplement, brut, sincère et spontané, en espérant recueillir toute votre indulgence...
Brahms Intermezzo Op.118 N°2 - Marie, 11h36 un dimanche matin (lien obsolète)
Ces musiques ne sont sans doute pas celles que d'autres auraient choisies pour me décrire. D'ailleurs, celles que je choisis aujourd'hui ne sont peut-être pas non plus celles que je choisirais demain...
Et vous, comment vous décririez-vous ?
jeudi 29 novembre 2007
Dans le silence de la nuit, dans cet espace infini, hors du temps,
Oblivion de Piazzolla, par le Rastrelli cello quartett
dimanche 18 novembre 2007
Hier soir, j'étais au théâtre. Pas au grand théâtre de Montréal ! Au petit Carré-Théâtre de Longueuil. Une toute petite salle qui n'a rien à envier aux espaces recyclés du Festival d'Avignon tant la scène y est peu profonde, la technique rudimentaire, les comédiens presque sur les genoux du public.La petite Christine, 10 ans, ne supporte plus son voisin du dessus qui semble avoir une drôle de vie. Elle échange avec son oncle de nombreuses lettres dans lesquelles elle raconte ses impressions sur ce "Monsieur Beethoven" qui habite à l'étage, pousse de drôles de cris, reçoit des dames qui chantent fort et collectionne les pianos en mauvais état. Son oncle lui explique avec beaucoup de tendresse et de patience ce que représente ce "Monsieur Beethoven", pourquoi il est si important et a si mauvais caractère.
J'ai tout aimé de cet univers :
- la petite Christine, interprétée avec tellement de fraîcheur et de naturel par Émeraude, pas plus âgée que le personnage qu'elle incarne, avec des yeux gros comme des billes, des joues toutes rondes et un petit air coquin, délicieuse à contempler;
- l'oncle qui pose un regard si tendre et bienveillant sur sa nièce et trouve des mots simples et justes pour lui expliquer la vie, le monde, interprété par Jean Marchand, qui dégage une belle présence, dont le visage est terriblement expressif dans l'immobilité, les traits fascinants pour le regard;
- un texte touchant*, émouvant, drôle, à la fois léger et instructif;
- une scénographie et une mise en scène assez économes mais très efficaces qui font confiance à l'imaginaire du spectateur, suggérant subtilement plus qu'elles ne cherchent à montrer, nous faisant presque oublier l'exiguïté des lieux pour nous transporter au XIXe siècle dans le coeur foisonnant de la grande ville de Vienne;
- la musique, faite d'extraits d'oeuvres de Beethoven, discrète mais toujours présente en guise de décor sonore, savamment découpée et habilement arrangée pour quatuor à cordes avec piano et finement interprétée par le Quatuor de la Montérégie (dont fait partie mon amie Nathalie, violoncelliste, qui est aussi et par ailleurs mon guide initiatique au violoncelle) et une pianiste (la maman de la petite Émeraude dans la vraie vie) dont je suis un peu jalouse, je l'avoue.
Ce petit trésor est une coproduction du Conservatoire de musique de la Montérégie (à St-Lambert) et du Carré-Théâtre du Vieux-Longueuil.
Je suis touchée - et aussi un peu rassurée - de voir que de si belles énergies se rassemblent pour produire un si beau résultat.
Je me suis régalée.
Mais me voilà prise d'une soudaine nostalgie. Nostalgie de ce temps où j'occupais régulièrement cette place si délicieuse, au piano, sur la scène, dans ce théâtre musical où musique et mots se mêlent, se chevauchent et se répondent, au milieu des décors, des costumes, des comédiens, à la chaleur des projecteurs, plongée dans cet univers mat et obscure, un peu hors du temps, un peu à l'écart du monde, le temps d'une production.
"Beethoven rêvait de changer le monde avec sa musique". Je rêve de partager un jour à nouveau la scène avec les comédiens.
Pour en savoir plus sur le spectacle Beethoven habite à l'étage
En supplément, un lien vers l'un des objets de ma nostalgie : le CRÉA
* Texte de Suzan Hammond, version française de Annick Tonet-Tyers


