jeudi 21 février 2008

Posted by Marie Posted on 09:30:00 | No comments

du sport pour les neurones (suite et fin)

Dans la série "Du sport pour les neurones", hier soir, ultime défi. Après une première partie de Mastermind "régulière" (comprenez : ordinaire) en guise d'échauffement, Éric a décidé soudain de monter la barre haut : "Fini de niaiser, on met toutes les couleurs !". Traduction : fini de plaisanter, on multiplie les possibilités de combinaisons.
Donc, le défi du soir était de trouver en moins de 12 essais une combinaison de 5 pions choisis parmi 14 couleurs (537 824 combinaisons possibles).

Défi relevé ! Voici le résultat (et la preuve) de mes efforts du soir. En 9 coups.

Au fond, la combinaison à découvrir.
Au premier plan, mes déductions successives.


Bon, voilà. J'ai fini d'péter d'la broue (traduc. : de me vanter).
Je retourne à la couture.

mardi 19 février 2008

Posted by Marie Posted on 06:00:00 | 1 comment

Hommage à Ti-Jean

Depuis que je suis tombée dans la musique traditionnelle québécoise, je redécouvre avec bonheur l'aspect ludique et rassembleur de la musique à danser pratiquée avec simplicité, spontanéité et passion.


Depuis plus d'un an, réitérant nos folles veillées avec un enthousiasme grandissant, nous continuons de faire de belles rencontres. Parmi celles-là, il y en a une particulière, unique, avec un être particulier, hors norme, qui, quoi qu'absent, hante nos jams avec insistance, pour avoir marqué au fer rouge le souvenir de ceux qui l'ont connu. Je veux parler de Jean Carignan, surnommé "Ti-Jean". Certainement un des plus grands violoneux que le Québec a connu, surdoué, acharné, adulé pour sa virtuosité, sa passion obsessive, son exigence intransigeante, son caractère bien tranché, son excellence débrouillarde. Au fond, il semble avoir réussi en autodidacte ce que personne en musique traditionnelle n'a tenté ni avant ni après lui avec autant de fougue, d'énergie, de virtuosité, maîtrisant son violon dans les pires acrobaties comme un dieu - ou comme un démon - sans avoir jamais su lire une note de musique !


Nous n'aurons pas eu la chance de le connaître, et pourtant, c'est comme s'il était là. Quelque part. Les témoignages recueillis et la présence toute proche de sa soeur, Hélène, et de sa nièce, Claudette, qui restent imprégnées du souvenir indélébile de leur frère, de leur oncle, nous rendent sa présence quasi palpable.


Il a disparu il y a aujourd'hui tout juste vingt ans : le 19 février 1988.

Pour lui rendre hommage et le remercier d'en bas de planer de façon aussi stimulante au-dessus de nous, voici un vieux document de l'année 1975, Petit concerto pour Carignan et orchestre d'André Gagnon (autre personnalité du petit monde musical québécois que vous verrez ici gesticuler et sautiller sur place avec allégresse).


samedi 16 février 2008

Posted by Marie Posted on 13:33:00 | 3 comments

du sport pour les neurones

Les longues soirées d'hiver, lorsque le feu crépite et que nous décidons de cocooner en duo, il nous arrive de céder au plaisir des jeux "de société", souvenirs de temps de vacances lorsque nous étions enfants.

Le Scrabble dépoussiéré nous a occupés durant de longues soirées. Puis, Éric, lassé de perdre - à son grand désespoir, on n'a pas encore inventé le Scrabble fonétic - a souhaité tester d'autres jeux. J'ai fouillé dans les boîtes des jeux emportés lors de mon immigration et, parmi le maigre équipement dont je dispose en la matière, j'ai redécouvert une Bataille navale incomplète et deux petites boîtes de Mini-Mastermind.

Connaissez-vous le Mastermind ?

Le Mastermind était très en vogue dans les années 70 et 80. Il ravissait les parents qui avaient l'impression que leurs enfants travaillaient ainsi leurs mathématiques. Il reste aujourd'hui un excellent et simple jeu de déduction.


Consacré "jeu de l'année" 1975, c'est à peu près à cette époque que j'en ai découvert l'existence.


Les règles du Mastermind sont assez simples : un joueur (le codificateur) choisit une combinaison de pions d'un certain nombre de couleurs (4 pions et 6 couleurs pour le Mini-Mastermind). L'autre joueur (le déchiffreur) tente par des essais consécutifs d'en trouver le "code secret" avec un maximum d'essais à ne pas dépasser (6 pour le Mini M.). Sachant qu'il y a 2401 combinaisons possibles (Mini M.), le défi est intéressant.

Dans mon souvenir, j'étais assez bonne à ce jeu, enfant. Vraisemblablement, je le suis encore : après quelques essais, Éric a jugé que le Mini Mastermind était bien trop facile pour moi. Lui-même découragé par la difficulté de l'exercice, il a rapidement renoncé à se prêter lui-même au jeu du "décodage". Par contre, fasciné par mon apparente désinvolture à découvrir son code secret en quatre coups, il m'a convaincue de me procurer par l'intermédiaire d'eBay le modèle au-dessus : le SUPER (vintage) Mastermind avec combinaison de 5 pions et 9 couleurs !

Persuadé d'avoir en face de lui un "esprit supérieur", il s'est donné pour mission de l'entraîner à fond pour tester ses limites.
Depuis une semaine donc, chaque soir, au moment du dessert, il me lance un nouveau défi. Testant mon esprit logique, il me donne de nouvelles combinaisons à deviner. Lorsqu'il juge le défi trop facile pour moi, il accroît la difficulté par l'ajout de pions supplémentaires. Pour cela, il est allé acheter spécialement quelques poignées de pointes à babillard de couleurs diverses et chaque jour en ajoute une nouvelle sorte au lot des couleurs déjà présentes dans le jeu. Cela multiplie le nombre de combinaisons possibles :
9 couleurs = 59 049 combinaisons possibles,
10 couleurs (ou sortes de pions différents) = 100 000 possibilités de combinaisons !

Ainsi, chaque soir depuis une semaine, il scrute avec une certaine frénésie teintée d'un léger sadisme l'horizon de mes limites mentales, guettant impatiemment le moment où je calerai et, dépitée, lui déclarerai forfait pour ne pas avoir réussi à trouver la combinaison en moins de douze essais. L'intérêt n'est pas seulement de découvrir la combinaison cachée, mais de le faire en un minimum d'essais. Mon record, à ce jour, est de cinq; mon maximum, de sept. "Pfff... Encore trop facile.", soupçonne-t-il.

Dans la règle du jeu, on peut lire :

"ATTENTION : à moins que vous ne soyez un génie, il peut être psychologiquement dangereux de jouer au Super Master Mind avant d'avoir joué aux versions plus simples."

Jusque là, tout va bien. Nulle trace de folie perceptible. Si vous déceliez néanmoins chez moi quelque trace de dérèglement psychologique, faites-le moi savoir... au plus vite !


Voilà les délicats sévices auxquels je suis soumise quotidiennement depuis une semaine par mon cher et tendre. Heureusement, le week-end, il travaille ! Ouf ! Repos pour les neurones.

N.B. : À ceux qui pensent que " (c'est agaçant) elle est trop forte, elle réussit tout..." (sous-entendu les gâteaux, la déco, le violoncelle, la couture, la natation, le Mastermind...), je réponds : "Non ! Nuance : je ne fais jamais que ce que je suis sûre de réussir !". Trouver une combinaison au Mastermind n'a rien de mystérieux, même si parfois on peut donner l'impression d'utiliser son sixième sens. Ce n'est que déductions. De la logique, c'est tout.

En signe de solidarité, vous aussi, testez vos neurones avec le Mastermind !



jeu en ligne

jeu à télécharger












N.D.L.R. : la rédactrice ne perçoit aucuns royalties sur la vente de cet objet.


dimanche 10 février 2008

Posted by Marie Posted on 13:00:00 | 4 comments

ma signature musicale

Mon amie Lucie lance une invitation à tous ses amis : elle leur a demandé de lui faire part de la musique qui les représente le mieux afin de réaliser sur son blog une exposition virtuelle de ces auto-portraits musicaux (en ligne à partir du 14 février).

Diable ! quelle tâche difficile que d'essayer de se décrire en musique. Quelle difficulté redoutable que de choisir LA musique qui nous représente le mieux.
Mais voilà un bien bel exercice de synthèse introspective auquel je ne saurais me dérober, amie de Lucie et musicienne.
Je me suis donc prêtée au jeu.

Devant l'immensité des choix possibles, j'essaye de remonter à l'essentiel. Ne réussissant pas à trancher, à défaut de choisir UNE musique, j'en choisirai QUATRE.

Mon portrait musical en trois dimensions

Le choix du titre
Je commencerai par celle qui me touche le plus "en surface", celle qui pourrait faire office malgré cela de chanson emblématique, douce et tendre, parce qu'elle porte le même nom que moi et que ce sont souvent les premiers mots qui viennent à la bouche de ceux qui m'accueillent.
Francis Cabrel - Petite Marie (lien obsolète)

Ces passions qui me hantent
La seconde est la musique - je devrais dire "l'interprétation" - qui sans hésitation m'émeut le plus profondément, viscéralement, parce qu'elle réveille en moi le souvenir de la danseuse et le désir de la violoncelliste, réunissant les deux passions qui m'habitent, l'une en sommeil depuis le jour où j'ai quitté la France : le tango, l'autre en éveil, depuis le jour où j'ai commencé le violoncelle. Toute en intériorité, intensément passionnée, d'une passion contenue qui dévore de l'intérieur et fait oublier tout le reste.
Oblivion de Piazzolla, par le Rastrelli cello quartett

Mon "remonte-pente"
Mon troisième choix est celui d'une musique que je pourrais qualifier pour moi de fondatrice, parce qu'elle m'accompagne depuis presque toujours. Plus qu'une musique, c'est un album entier. J'avais 12 ans lorsque je l'ai découvert. Je l'écoutais sur une cassette que m'avait confiée une amie. Je ne connaissais rien de ce groupe. Je ne comprenais pas les paroles. Le langage y était parfois un peu obscur. Mais cela n'avait pas grande importance. Sa musique me touchait profondément. Je l'ai écoutée en boucle, des années durant. Plus tard, je me suis procuré le vinyle, puis le CD.

Le titre de l'album : Si on avait besoin d'une cinquième saison
Le groupe : Harmonium.
Extrait : Harmonium - Histoires sans paroles (lien obsolète)

Depuis, les jours de déprime (oui, oui, ça m'arrive de temps en temps...) je mets le CD dans le lecteur, branche la sono à fond, enfile mon tablier de cuisine et mets les main dans la farine. Progressivement, inscidieusement, en 45 minutes, pâtisserie et musique exercent sur moi un effet mystérieusement thérapeutique, un cocktail musico-créatif qui guérit mes bobos de l'âme avec une efficacité redoutable jamais égalée, me ramène à l'essentiel, appaise et stimule en même temps, rallume la lumière là où elle vascillait, me rend la vie plus légère et réveille ma gourmandise.
Totalement imprégnée de cet univers, j'ai découvert progressivement les autres albums du groupe qui ont exercé sur moi le même bouleversement.
Arrivée au Québec, j'ai découvert qu'il s'agissait du groupe emblématique - s'il en est - de toute une génération. Je ne peux m'empêcher de voir dans ma fascination lointaine pour un groupe dont j'ai longtemps ignoré qu'il était québécois un signe : il n'y a sans doute pas de hasard à ce que je me trouve aujourd'hui dans ce pays dont j'ignorais autrefois jusqu'à l'existence. De là à penser que j'ai trouvé en le Québec un antidote à la déprime, il n'y a qu'un pas. Vive le Québec !


Mon choix intime
Et puis, pour finir, en tant qu'interprète, comment ne pas évoquer ces musiques qui nous accompagnent toute la vie avec lesquelles nous entretenons un lien secret, leit-motivs rassurants qui viennent combler le vide menaçant lorsque les émotions à vivre sont trop fortes pour être tues, lorsque les mots ne suffisent plus à exprimer la douleur ressentie profondément, ces musiques qui continuent de vivre en nous, de mûrir en nous, même lorsqu'on ne les joue pas, parce qu'au fond elles font partie de nous et nous aimons nous retrouver seuls avec elles, secrètement, intimement. Assis devant le piano, posant les mains sur le clavier, la musique jaillit soudain comme une partie de nous-même qui émerge au grand jour du monde sonore.

Je n'avais pas d'enregistrement disponible. Je me suis donc prêtée ce matin au jeu de l'enregistrement avec la conscience que mon interprétation du moment, un dimanche matin, en pyjama, les mains toutes froides s'arrangeant des caprices d'un clavier numérique, la partie idéaliste de moi-même obéissant à la décision autoritaire de l'autre partie plus réaliste de ne pas céder à la tentation du montage et des reprisages sans fin pour atteindre la perfection rêvée... Je vous livre donc ici le fruit de ce moment d'intimité, là, tout simplement, brut, sincère et spontané, en espérant recueillir toute votre indulgence...
Brahms Intermezzo Op.118 N°2 - Marie, 11h36 un dimanche matin (lien obsolète)

Ces musiques ne sont sans doute pas celles que d'autres auraient choisies pour me décrire. D'ailleurs, celles que je choisis aujourd'hui ne sont peut-être pas non plus celles que je choisirais demain...
Et vous, comment vous décririez-vous ?

lundi 4 février 2008

Posted by Marie Posted on 13:39:00 | 2 comments

sur les pas de Madame T.

Lundi matin.

Pour bien commencer la semaine, je décide ce matin de profiter d'un soleil éclatant pour aller à pieds faire quelques courses au centre d'achat de la ville voisine. Aller à la banque encaisser les premiers versements de mes élèves en ce début de mois est une bonne motivation et le prétexte à une bonne heure de marche-santé au grand air vivifiant d'une belle journée d'hiver ensoleillée.

À quelques dizaines de mètres de la maison, marchant sur les pas de Madame T., je me trouve bientôt à son niveau. Madame T. me reconnaît. Madame T. est une voisine avec laquelle je n'ai eu que très peu de contacts depuis notre arrivée dans le quartier, il y a deux ans. À l'époque, elle avait profité d'un passage en voiture devant chez nous pour ralentir son char, baisser la vitre de son auto, se présenter et me souhaiter la bienvenue. Depuis, plus aucun échange. Il faut dire que les occasions de se parler entre voisins sont assez rares. Il n'y a guerre que lorsque nous passons la tondeuse sur le bord de la rue ou que nous pelletons la neige au bout de la cour que nous risquerions de croiser un voisin, si tant est qu'il eût la bonne idée de faire la même chose au même moment. Mais depuis que nous faisons appel à une entreprise de déneigement, ces occasions n'existent plus. Et Madame T. n'habite pas suffisamment en face de chez nous pour que la rencontre soit réellement spontanée.

Surprises de cette rencontre inattendue, nous avons entrepris de poursuivre guillerettes notre chemin ensemble jusqu'au centre d'achat. Et nous voilà parties dans de grandes discussions, nous racontant nos vies respectives dans une soudaine intimité qui a sans doute à voir avec la complicité évidente d'une expérience commune, celle de l'immigration : Madame T. vient de France. De Bordeaux, plus précisément. Immigrée il y a trente-cinq ans avec son mari et trois jeunes enfants. Ils avaient prévu de rester cinq ans au Québec. Ils y sont restés toute leur vie. Elle y a élevé ses trois enfants mais aussi une multitude d'animaux, chèvres, moutons, poules et lapins... jusqu'à ce qu'on lui vole ses animaux ou, pire, qu'on les tue et qu'on construise des condos sur le pré voisin...

Arrivées à destination, nous nous sommes séparées momentanément, le temps de faire nos petites emplettes chacune de notre côté. Rendez-vous était donné au "point-rencontre" pour continuer nos échanges sur le chemin du retour.

Aujourd'hui veuve, elle n'a plus ni mari ni animaux et semble s'accommoder de sa situation. Après 35 années de vie québécoise, elle dit avoir fait son ultime voyage en France l'an passé. Finis les grands voyages. Elle profite ici des hivers québécois, aime le froid et se tient en forme. Dynamique, pleine d'humour, sportive, positive, en forme, un brin fantaisiste, c'est une personne vraiment attachante.

Arrivées devant chez elle, nous nous sommes séparées comme deux vieilles amies, nous promettant de nous retrouver pour de prochaines marches, de prochaines courses. Il ne tient qu'à nous de provoquer les occasions... Madame T. a maintenant un prénom.

Ma rencontre avec Madame T. aura marqué ma journée d'une touche particulière, un rayon de soleil dans un ciel déjà éblouissant de clarté, une belle surprise de la vie à mettre dans la boîte à suprises.

Madame T. est l'une de nos bonnes voisines mais nous avons d'autres bons voisins. Stéphane avec sa compagne, et Merlin, son gros chien noir. Jean-Paul avec sa femme Johanne, Aznavour, leur bon gros Saint-Bernard et Napoléon, leur gros chat au long poil. Ces présences bienveillantes sont un peu de baume dans notre rue. Rassurantes, elles estompent un peu la tache d'un voisin moins désirable (cf. Normand, le raseur de haie).

Heureuse de ces surprises que nous réserve le voisinage, curieuse de recueillir le récit de ces vies particulières, il me prend subitement l'envie de mieux connaître ces voisins, d'en rencontrer d'autres, plus éloignés, d'organiser peut-être une "journée des voisins" dans notre rue pour provoquer la rencontre de ces inconnus si loin et si proches à la fois.
La prochaine "journée des voisins" officielle aura lieu au Québec le 7 juin 2008. Une idée, comme ça, à mûrir...


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