Depuis que je suis tombée dans la musique traditionnelle québécoise, je redécouvre avec bonheur l'aspect ludique et rassembleur de la musique à danser pratiquée avec simplicité, spontanéité et passion.
Depuis plus d'un an, réitérant nos folles veillées avec un enthousiasme grandissant, nous continuons de faire de belles rencontres. Parmi celles-là, il y en a une particulière, unique, avec un être particulier, hors norme, qui, quoi qu'absent, hante nos jams avec insistance, pour avoir marqué au fer rouge le souvenir de ceux qui l'ont connu. Je veux parler de Jean Carignan, surnommé "Ti-Jean". Certainement un des plus grands violoneux que le Québec a connu, surdoué, acharné, adulé pour sa virtuosité, sa passion obsessive, son exigence intransigeante, son caractère bien tranché, son excellence débrouillarde. Au fond, il semble avoir réussi en autodidacte ce que personne en musique traditionnelle n'a tenté ni avant ni après lui avec autant de fougue, d'énergie, de virtuosité, maîtrisant son violon dans les pires acrobaties comme un dieu - ou comme un démon - sans avoir jamais su lire une note de musique !
Nous n'aurons pas eu la chance de le connaître, et pourtant, c'est comme s'il était là. Quelque part. Les témoignages recueillis et la présence toute proche de sa soeur, Hélène, et de sa nièce, Claudette, qui restent imprégnées du souvenir indélébile de leur frère, de leur oncle, nous rendent sa présence quasi palpable.
Il a disparu il y a aujourd'hui tout juste vingt ans : le 19 février 1988.
Pour lui rendre hommage et le remercier d'en bas de planer de façon aussi stimulante au-dessus de nous, voici un vieux document de l'année 1975, Petit concerto pour Carignan et orchestre d'André Gagnon (autre personnalité du petit monde musical québécois que vous verrez ici gesticuler et sautiller sur place avec allégresse).
1 commentaires:
Swing la bacaisse dans l'fond d'la boîte à bois! J'aime bien ce petit concerto... de bons souvenirs!
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