Mercredi.
Plus que deux dodos avant les concerts Chants d'amour du Choeur de la montagne.
Je partagerai vendredi et dimanche le piano avec Francine, l'accompagnatrice du choeur, dans les Neue Liebeslieder de Brahms.
Il y a 7 ans, alors que j'assistais pour la première fois à un concert du Choeur de la montagne qui présentait alors Carmina Burana accompagné de 2 pianos et percussions, j'avais imaginé qu'un jour je serai là, au piano, devant ce public enthousiaste habitué des lieux; qu'un jour on me verrait, moi, pianiste, musicienne; qu'un jour je cesserai de passer inaperçue dans ce décor qui me paraissait à la fois si nouveau et si familier; qu'un jour on me reconnaîtrait, qu'on m'inviterait pour ce grand rassemblement, que je participerai à ce grand cérémonial comme actrice sur la scène dont j'étais ce soir-là spectatrice anonyme parmi une foule de spectateurs.
Depuis un mois, je vois ce rêve secret se réaliser et mon nom sur les affiches associé au plus grand choeur de la région. On ne peut rêver mieux en terme de marketing !
L'invitation que m'a lancée le choeur en janvier est pour moi un peu la conséquence de 8 années de présence discrète mais remarquée comme professeure de piano et accompagnatrice.
Un signe de reconnaissance.
Une consécration.
Mon intronisation sur la scène régionale !
Ce n'est pas rien pour l'immigrante que je suis. Je l'ai un peu espérée, cette invitation. Sans vraiment l'attendre, mais quand même... Un évènement intimement et secrètement important.
Chaque semaine depuis un mois, lorsque viennent les jeudis, soirs de répétition, je sens monter en moi une certaine fébrilité durant la journée qui précède, émoustillée comme dans l'anticipation d'un rendez-vous amoureux, rendez-vous avec un choeur qui a su m'accueillir chaleureusement, rendez-vous avec un chef inspiré et inspirant, avec une pianiste qui m'a généreusement tendu le clavier et ouvert une large porte pour m'introduire en grand dans le cercle musical qu'elle a généré, rendez-vous avec un rêve secret de popularité effleuré en 2004... mais aussi retrouvailles avec d'anciennes amours : l'allemand, Brahms, la poésie romantique allemande, une oeuvre chorale déjà caressée il y a une dizaine d'années, le partage du piano à 4 mains... Il me tarde maintenant de partager toute l'émotion de ces retrouvailles avec le public mélomane de la région qui a réservé sa soirée.
Jeudi.
Ce soir, c'est la générale.
J'ai bien hâte.
Pourtant, je me sens envahie d'un sentiment tout contradictoire : une envie impatiente d'accélérer le temps pour y être enfin et de le ralentir tout à la fois pour retarder la fin de l'histoire... avec une petite appréhension des lendemains silencieux.
Tout dans cette aventure passe si vite.
Alors, je vis le moment présent avec une intensité et une acuité rares.
Chaque jour, chaque heure...
Je savoure l'éphémère.
Plus que deux dodos avant les concerts Chants d'amour du Choeur de la montagne.
Je partagerai vendredi et dimanche le piano avec Francine, l'accompagnatrice du choeur, dans les Neue Liebeslieder de Brahms.
Il y a 7 ans, alors que j'assistais pour la première fois à un concert du Choeur de la montagne qui présentait alors Carmina Burana accompagné de 2 pianos et percussions, j'avais imaginé qu'un jour je serai là, au piano, devant ce public enthousiaste habitué des lieux; qu'un jour on me verrait, moi, pianiste, musicienne; qu'un jour je cesserai de passer inaperçue dans ce décor qui me paraissait à la fois si nouveau et si familier; qu'un jour on me reconnaîtrait, qu'on m'inviterait pour ce grand rassemblement, que je participerai à ce grand cérémonial comme actrice sur la scène dont j'étais ce soir-là spectatrice anonyme parmi une foule de spectateurs.
Depuis un mois, je vois ce rêve secret se réaliser et mon nom sur les affiches associé au plus grand choeur de la région. On ne peut rêver mieux en terme de marketing !
L'invitation que m'a lancée le choeur en janvier est pour moi un peu la conséquence de 8 années de présence discrète mais remarquée comme professeure de piano et accompagnatrice.
Un signe de reconnaissance.
Une consécration.
Mon intronisation sur la scène régionale !
Ce n'est pas rien pour l'immigrante que je suis. Je l'ai un peu espérée, cette invitation. Sans vraiment l'attendre, mais quand même... Un évènement intimement et secrètement important.
Chaque semaine depuis un mois, lorsque viennent les jeudis, soirs de répétition, je sens monter en moi une certaine fébrilité durant la journée qui précède, émoustillée comme dans l'anticipation d'un rendez-vous amoureux, rendez-vous avec un choeur qui a su m'accueillir chaleureusement, rendez-vous avec un chef inspiré et inspirant, avec une pianiste qui m'a généreusement tendu le clavier et ouvert une large porte pour m'introduire en grand dans le cercle musical qu'elle a généré, rendez-vous avec un rêve secret de popularité effleuré en 2004... mais aussi retrouvailles avec d'anciennes amours : l'allemand, Brahms, la poésie romantique allemande, une oeuvre chorale déjà caressée il y a une dizaine d'années, le partage du piano à 4 mains... Il me tarde maintenant de partager toute l'émotion de ces retrouvailles avec le public mélomane de la région qui a réservé sa soirée.J'ai bien hâte.
Dans l'imminence de l'évènement, je savoure cette dernière semaine de préparation, portée par le crescendo tendu jusqu'aux concerts qui en seront l'aboutissement, le climax.
Francine et moi avons choisi nos plus beaux vêtements, prenant soin d'accorder styles et couleurs, textures et longueurs, échangeant quelques items comme deux soeurs qui s'échangent leurs habits. Francine est haute comme trois pommes. Ce qui est trop grand pour elle me va comme un gant. Dans cette séance d'essayage, au-delà des préoccupations futiles et chiffonnières, c'est déjà un peu la fête qui s'annonce.
Ce sera un beau concert. Pour les yeux comme pour les oreilles !
Ce soir, c'est la générale.
J'ai bien hâte.
Pourtant, je me sens envahie d'un sentiment tout contradictoire : une envie impatiente d'accélérer le temps pour y être enfin et de le ralentir tout à la fois pour retarder la fin de l'histoire... avec une petite appréhension des lendemains silencieux.
Tout dans cette aventure passe si vite.
Alors, je vis le moment présent avec une intensité et une acuité rares.
Chaque jour, chaque heure...
Je savoure l'éphémère.

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