Avant de reprendre le rythme scolaire, la routine automnale et de se préparer à entrer dans la rudesse de l'hiver québécois, nous avons entrepris ces deux dernières semaines une dernière virée estivale, à deux cette fois-ci. Notre objectif : découvrir la côte sud de la Baie des chaleurs dont nous avions l'an passé exploré la version gaspésienne. Notre curiosité nous a donc menés au Nouveau-Brunswick (le petit carré rose coincé entre le Québec et la Nouvelle-Écosse), province maritime canadienne, seule province officiellement bilingue au Canada, à l'Est du Québec.
Toujours bien équipés de notre monture à toute épreuve, je veux nommer le Superban (Suburban) d'Éric, nous avons commencé par longer le fleuve jusqu'à Rivière-du-loup au Québec et mis le cap à l'Est pour changer de province. Ainsi commençait notre périple de onze jours.
Après quelques 850 Km, nous nous sommes posés à Caraquet, petite ville côtière de la péninsule acadienne. Ainsi, nous allions découvrir l'Acadie.
Non, l'Acadie n'est pas un pays ! Elle l'a été mais ne l'est plus. Aujourd'hui, c'est une histoire, une culture, des gens qui se souviennent avec ardeur de leurs racines françaises maltraitées depuis le XVIIIe siècle par des décennies de résistance, de fuite face à l'imposante présence anglaise, qui défendent encore aujourd'hui bec et ongles la francophonie et n'hésitent pas à afficher en grand leur appartenance culturelle tricolore étoilée.
Je ne me lancerai pas maintenant dans une leçon d'histoire mais si vous avez un peu de temps, cela vaut la peine de vous y attarder pour comprendre un peu la culture acadienne.
"Pour bien comprendre, il faut remonter le temps et se souvenir que les premiers colons français sont arrivés en 1604 tout au sud du Nouveau-Brunswick actuel. Ils sont arrivés avec l'expédition menée par Samuel de Champlain. « Ils venaient du Poitou, du Berry, de Touraine et d'Anjou » précise la jeune femme heureuse, en cette après-midi ensoleillée, de montrer qu'elle, elle connaît la France. Le travail ne leur faisait pas peur. En un siècle, ils ont su apprivoiser les marais, défricher les bois pour en faire des terres cultivables et la communauté à commencer à prospérer. « D'autres colons, venus d'Angleterre, débarquèrent par la suite. Eux, ne maîtrisaient pas les techniques d'assèchement et ça ne s'est pas bien passé ». En 1713, un traité signé dans les salons de la vieille Europe donne le contrôle du territoire à Londres. Et il est demandé aux Acadiens francophones de signer allégeance à la Reine d'Angleterre. Le refus est catégorique, pas question de devenir citoyens britanniques, ce qui impliquait d'abandonner le français pour l'anglais, mais surtout de se convertir au protestantisme, impossible pour ces farouches catholiques.
Les pionniers arrachés à leurs terres
Le drame survient en 1755 lorsque les Anglais décident d'expulser de force les Acadiens, confisquant au passage terres et maisons. Ce tragique épisode de l'histoire acadienne est connu sous le nom du Grand Dérangement. Embarqués de force sur des chaloupes puis chargés sur des navires partant vers l'exil, 8.000 à 10.000 hommes, femmes et enfants seront dispersés entre les Etats-Unis, le Québec, la Louisiane, l'Angleterre et la France. Les familles furent à jamais dispersées. Lorsque les rescapés, surnommés les « piétons de l'Atlantique » purent revenir, ils trouvèrent des colons anglais sur leurs terres. Alors ces Acadiens reprirent leur bâton de pèlerin et, une nouvelle fois, se remirent à défricher pour entamer une nouvelle vie. C'est en divers points des Maritimes, les provinces atlantiques battues par les vents qu'ils posèrent leur baluchon mais aussi en Gaspésie québécoise."
Extrait de Destination Nouveau-Brunswick, article d'Olivier Bachelard paru dans l'Ardennais, le 8 mai 2011.
Pour lire l'article dans son intégralité, c'est ici
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Profitant de notre halte acadienne, nous nous sommes rendus au Village historique acadien. La journée que nous y avons passée restera pour moi un des moments forts de notre voyage. J'y reviendrai un peu plus tard. À suivre, donc !
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Nouveau-Brunswick
Île du Prince-Édouard
Nouveau-Brunswick (suite)



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