C’était hier le concert des mes élèves. C’est toujours un moment plein d’émotions, pour les élèves qui se présentent devant le public mais aussi pour leurs parents qui découvrent leur enfant avec un autre regard, un regard qui sort du quotidien. Ce concert est l’aboutissement de trois mois de préparation, mais aussi et surtout de toutes les années qui ont précédé pour certains.
Je suis toujours étonnée de voir le plaisir que manifestent les parents à assister à ces concerts. On pourrait croire que la participation de leur enfant suffirait à retenir leur attention. Mais non ! Ils semblent avoir un intérêt particulier à suivre la progression des autres élèves, particulièrement ceux qui semblent montrer par l'exemple le chemin de l'excellence.
Parmi eux, Jean-Baptiste, l'un de mes anciens grands élèves qui poursuit ses études en musique. Jean-Baptiste n'a pas encore décidé de sa future profession mais évoquait hier peut-être le métier de chef d’orchestre. Je l’y vois bien. Il est venu hier rôder son programme de fin de session avant son examen qui aura lieu mercredi. Les parents des autres élèves l’ont déjà entendu dans les précédents concerts sont pleins d’admiration pour sa progression, la maîtrise de son jeu et la maturité de ses interprétations. Je suis moi-même très heureuse de son évolution. Jean-Baptiste est un être plein de finesse, d'attention, sensible et délicat, mais aussi passionné et déterminé. Une "belle personne".
À côté de cela, les touts petits, débutants, ont fait leur premier concert avec beaucoup de sérieux et de concentration. C’est très émouvant de les voir ainsi, s’appropriant la scène comme s’ils avaient toujours été là.
Il y a la petite Eugénie, 7 ans, qui a joué brillamment Vive le vent arrangée dans une version jazzy arrangée pour 8 mains (ou presque !) avec ses deux grandes soeurs Constance et Alexandrine et leur maman. Tableau touchant que de voir toutes ces petites mains alignées sautillant sur le clavier comme dans un ballet joyeux savamment orchestré !
Il y a Thierry, 8 ans, un sportif au coeur tendre, sensible et perfectionniste qui ne supporte pas les erreurs, en particulier les siennes. Thierry fond en larme chaque fois qu'il ne réussit pas à faire ce que je lui demande. Mais depuis quelques semaines, à force d'expérience, Thierry apprend la patience, la tolérance vis-à-vis de lui-même, la persévérance. Après une phase de découragement, le voilà qui rebondit et devient volontaire et acharné dans son travail quotidien. Le moral gonflé à bloc, il a progressé comme un fou depuis quelques semaines. Après trois mois de cours, il a assuré hier comme un chef, avec une concentration remarquable, en jouant une pièce d'un niveau plus élevé, dont la longueur était un défi en soi (5 pages !... écrit en gros, mais quand même !), sans compter la difficulté des rythmes, déplacements et coordination des deux mains dignes d'une 2e année. Thierry, sous des allures d'enfant fragile, est un battant ! Tout comme Lou.
Lou, lui, a commencé le piano il y a 3 ans. Il manquait beaucoup de confiance en lui. Pour chaque erreur qu'il commettait, pour lui le monde s'effondrait. Lou a appris la confiance, en lui mais aussi en son professeur. L'an passé, se présentant à un examen de 2e année, il a été largement récompensé par des résultats excellents mais surtout aussi par les commentaires de la Soeur, juge de l'examen, qui l'écoutait. Elle lui a dit avec insistance que son professeur l'avait fort bien préparé et qu'il fallait qu'il continue à suivre les cours avec elle (c'est moi !). Lou est ressorti de cette expérience métamorphosé. Il pratique quotidiennement son piano avec une constance et une discipline impressionnante pour un enfant de son âge. Il a cette conscience rare de la logique du travail efficace, de la méthode qui permettra de donner les meilleurs résultats. Lou a compris très vite que le chemin qui mène au meilleur résultat n'est pas nécessairement le plus droit. Faire quelques détours par des exercices appropriés semble parfois nous éloigner de notre objectif, mais c'est au bout du compte pour mieux s'en approcher. Peu d'élèves intègrent cette notion sans qu'on soit sans cesse obligé de les y ramener. Lou, lui, semble l'avoir fait sienne. Il pratique chaque jour consciencieusement et intelligemment les petits exercices recommandés avec une volonté propre à déplacer les montagnes. et un sens de l'organisation exemplaire. Sa détermination laisse ses parents pantois, avouant eux-mêmes n'avoir aucun mérite à cela. Lou gère tout seul son emploi du temps et s'organise comme un chef. Inutile de vous dire quel bonheur c'est de le voir ainsi évoluer et avoir de plus en plus de plaisir à jouer, partager, s'amuser avec son piano.
Au fur et à mesure des concerts, les enfants grandissent, mûrissent. La plupart entrent maintenant dans un âge charnière, l'âge du secondaire. Les ados ont un peu plus conscience de leurs imperfections et ont parfois du mal à vivre avec. Le travail scolaire est un peu plus exigeant. Pour certains, la conciliation école-piano devient difficile. Lorsque la vie sociale devient plus importante et que les copains eux-mêmes ne font pas de musique, cela devient une épreuve que d'affirmer sa différence.
Certains commencent, vers 12-13 ans, à être un peu plus soucieux de leur image. L'une semble plus préoccupée par la position de sa mèche, l'autre commence à hésiter à jouer en public. Cet autre exprime le désir d'essayer autre chose, du "jazz" par exemple, sans savoir très bien ce que ce mot veut dire. Ou encore celui-ci qui espère épater les copains avec des Hits populaires qui en mettent plein la vue.
Mais à côté de cela, il y a Yasmine qui, elle, jusqu'à cette année avait toujours un jeu un peu mécanique, inexpressif, froid et sans émotions. Soudain, depuis cet automne, son jeu est devenu souple, expressif, nuancé. Yasmine dévoile un peu d'elle-même et sa musique respire ! Yasmine a 12 ans et sa musique s'en porte bien.
Accompagner ces jeunes dans leur évolution est un bonheur sans cesse renouvelé, plein de changements et de rebondissements.
À travers ce concert, chacun a donné le meilleur de lui-même, chacun relevant ses propres défis. Pour certains, l'adolescence en elle-même est un défi ! À chacun son évolution.
Ainsi s'achève la saison. Quelques échanges autour d'un buffet de gourmandises ont prolongé la rencontre de ce samedi après-midi. Les parents et grands-parents en redemandent. Certains attendent le prochain concert avec impatience. Mais avant, un peu de répit ne sera pas de refus.
Je suis toujours étonnée de voir le plaisir que manifestent les parents à assister à ces concerts. On pourrait croire que la participation de leur enfant suffirait à retenir leur attention. Mais non ! Ils semblent avoir un intérêt particulier à suivre la progression des autres élèves, particulièrement ceux qui semblent montrer par l'exemple le chemin de l'excellence.
Parmi eux, Jean-Baptiste, l'un de mes anciens grands élèves qui poursuit ses études en musique. Jean-Baptiste n'a pas encore décidé de sa future profession mais évoquait hier peut-être le métier de chef d’orchestre. Je l’y vois bien. Il est venu hier rôder son programme de fin de session avant son examen qui aura lieu mercredi. Les parents des autres élèves l’ont déjà entendu dans les précédents concerts sont pleins d’admiration pour sa progression, la maîtrise de son jeu et la maturité de ses interprétations. Je suis moi-même très heureuse de son évolution. Jean-Baptiste est un être plein de finesse, d'attention, sensible et délicat, mais aussi passionné et déterminé. Une "belle personne".
À côté de cela, les touts petits, débutants, ont fait leur premier concert avec beaucoup de sérieux et de concentration. C’est très émouvant de les voir ainsi, s’appropriant la scène comme s’ils avaient toujours été là.
Il y a la petite Eugénie, 7 ans, qui a joué brillamment Vive le vent arrangée dans une version jazzy arrangée pour 8 mains (ou presque !) avec ses deux grandes soeurs Constance et Alexandrine et leur maman. Tableau touchant que de voir toutes ces petites mains alignées sautillant sur le clavier comme dans un ballet joyeux savamment orchestré !
Il y a Thierry, 8 ans, un sportif au coeur tendre, sensible et perfectionniste qui ne supporte pas les erreurs, en particulier les siennes. Thierry fond en larme chaque fois qu'il ne réussit pas à faire ce que je lui demande. Mais depuis quelques semaines, à force d'expérience, Thierry apprend la patience, la tolérance vis-à-vis de lui-même, la persévérance. Après une phase de découragement, le voilà qui rebondit et devient volontaire et acharné dans son travail quotidien. Le moral gonflé à bloc, il a progressé comme un fou depuis quelques semaines. Après trois mois de cours, il a assuré hier comme un chef, avec une concentration remarquable, en jouant une pièce d'un niveau plus élevé, dont la longueur était un défi en soi (5 pages !... écrit en gros, mais quand même !), sans compter la difficulté des rythmes, déplacements et coordination des deux mains dignes d'une 2e année. Thierry, sous des allures d'enfant fragile, est un battant ! Tout comme Lou.
Lou, lui, a commencé le piano il y a 3 ans. Il manquait beaucoup de confiance en lui. Pour chaque erreur qu'il commettait, pour lui le monde s'effondrait. Lou a appris la confiance, en lui mais aussi en son professeur. L'an passé, se présentant à un examen de 2e année, il a été largement récompensé par des résultats excellents mais surtout aussi par les commentaires de la Soeur, juge de l'examen, qui l'écoutait. Elle lui a dit avec insistance que son professeur l'avait fort bien préparé et qu'il fallait qu'il continue à suivre les cours avec elle (c'est moi !). Lou est ressorti de cette expérience métamorphosé. Il pratique quotidiennement son piano avec une constance et une discipline impressionnante pour un enfant de son âge. Il a cette conscience rare de la logique du travail efficace, de la méthode qui permettra de donner les meilleurs résultats. Lou a compris très vite que le chemin qui mène au meilleur résultat n'est pas nécessairement le plus droit. Faire quelques détours par des exercices appropriés semble parfois nous éloigner de notre objectif, mais c'est au bout du compte pour mieux s'en approcher. Peu d'élèves intègrent cette notion sans qu'on soit sans cesse obligé de les y ramener. Lou, lui, semble l'avoir fait sienne. Il pratique chaque jour consciencieusement et intelligemment les petits exercices recommandés avec une volonté propre à déplacer les montagnes. et un sens de l'organisation exemplaire. Sa détermination laisse ses parents pantois, avouant eux-mêmes n'avoir aucun mérite à cela. Lou gère tout seul son emploi du temps et s'organise comme un chef. Inutile de vous dire quel bonheur c'est de le voir ainsi évoluer et avoir de plus en plus de plaisir à jouer, partager, s'amuser avec son piano.
Au fur et à mesure des concerts, les enfants grandissent, mûrissent. La plupart entrent maintenant dans un âge charnière, l'âge du secondaire. Les ados ont un peu plus conscience de leurs imperfections et ont parfois du mal à vivre avec. Le travail scolaire est un peu plus exigeant. Pour certains, la conciliation école-piano devient difficile. Lorsque la vie sociale devient plus importante et que les copains eux-mêmes ne font pas de musique, cela devient une épreuve que d'affirmer sa différence.
Certains commencent, vers 12-13 ans, à être un peu plus soucieux de leur image. L'une semble plus préoccupée par la position de sa mèche, l'autre commence à hésiter à jouer en public. Cet autre exprime le désir d'essayer autre chose, du "jazz" par exemple, sans savoir très bien ce que ce mot veut dire. Ou encore celui-ci qui espère épater les copains avec des Hits populaires qui en mettent plein la vue.
Mais à côté de cela, il y a Yasmine qui, elle, jusqu'à cette année avait toujours un jeu un peu mécanique, inexpressif, froid et sans émotions. Soudain, depuis cet automne, son jeu est devenu souple, expressif, nuancé. Yasmine dévoile un peu d'elle-même et sa musique respire ! Yasmine a 12 ans et sa musique s'en porte bien.
Accompagner ces jeunes dans leur évolution est un bonheur sans cesse renouvelé, plein de changements et de rebondissements.
À travers ce concert, chacun a donné le meilleur de lui-même, chacun relevant ses propres défis. Pour certains, l'adolescence en elle-même est un défi ! À chacun son évolution.
Ainsi s'achève la saison. Quelques échanges autour d'un buffet de gourmandises ont prolongé la rencontre de ce samedi après-midi. Les parents et grands-parents en redemandent. Certains attendent le prochain concert avec impatience. Mais avant, un peu de répit ne sera pas de refus.


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