Ce week-end, j'ai vécu au rythme du concours de musique annuel organisé par le Choeur de la Montagne, concours visant à encourager les jeunes musiciens en apprentissage, de 7 à 21 ans. 8 de mes élèves y participaient. J'accompagnais par ailleurs 3 élèves de l'école secondaire qui s'y présentaient, en flûte et en clarinette.
À l'issue de ce concours j'ai récolté quelques petits mots adressés à la pianiste accompagnatrice, compliments bien sentis à remiser précieusement et à conserver bien au chaud dans ma boîte à tendresse pour les jours de doute. Une douce consolation... pour toutes les fois où je me sens si imparfaite. Savoir que j'ai touché profondément un être parmi d'autres, au moins un, suffit presque à me soulager de mon insatisfaction chronique. Pour un temps au moins. Entendre de sa bouche l'émotion qui le transporte et dont je suis la cause me réjouit profondément, me réconcilie avec mes imperfections et donne du sens à ce que je fais, ce que je suis. Merveilleuse musique toute faite de bonheur contagieux.
J'ai assisté à la presque totalité du concours et ai pu me rendre compte, un peu plus que les autres années, du niveau des élèves de la région. Ce fut aussi l'occasion pour moi de voir comment mes élèves se situent dans ce paysage régional et quelles réactions leurs prestations ont provoqué dans le public comme dans le jury.
Tous se sont surpassés et ont livré le meilleur d'eux-mêmes avec une générosité touchante, une maîtrise qui a conjuré mes craintes. Tous, sauf un !
Le petit Lou, trop soucieux de bien faire, a joué tout petit, avec un tout petit son parfois à la limite du silence, comme s'il voulait garder ce son-là pour lui, se cacher derrière le piano, trop absorbé par ce qu'il faisait pour se rendre compte qu'il était le seul à s'entendre. Lou a joué ce samedi un peu comme il est dans la vie : tout doux, tout timide, tout réservé, qui a peur de déranger, de ne pas dire les bons mots, de ne pas faire les bons gestes... Lou a travaillé fort. Il sera déçu de sa note lorsqu'il l'apprendra. Mais c'est une expérience. En tirer des leçons. La prochaine fois, ce sera différent.
Et puis, il y a eu Jean-Baptiste, 16 ans, grand élève que je compte parmi mes élèves depuis cette année, prêt à entrer au CEGEP en musique, brillant, sérieux, travailleur, motivé, passionné, cultivé, curieux, sensible et... français ! Jean-Baptiste s'est fait remarquer parmi les nombreux pianistes du concours. Il a été justement récompensé d'un 3e prix de sa catégorie (14-21 ans) et d'une bourse de 150$. Cette reconnaissance intervient à ce stade de son évolution comme un coup de pouce, un encouragement, et le conforte dans son choix de poursuivre ses études en musique au CEGEP puis à l'université.
Je suis fière, fière, fière de mes élèves.

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