samedi 22 août 2009

Posted by Marie Posted on 20:47:00 | 2 comments

l'eau du lac

Cette semaine, grosse échappée vers le Nord pour rejoindre les rives du Lac Saint-Jean, à 500 Km de Montréal. Une mer d'eau douce au milieu des terres, un réservoir d'eau mouvante qui alimente le Saguenay, la grosse rivière qui donne son nom à la région qu'elle traverse. Lors de précédentes visites, nous nous étions limités à la face la plus visible de la région, immédiate et sans surprises. Cette fois-ci, nous avons pris le temps de nous arrêter et emprunté les chemins de traverse, exploré les coins et les recoins de la campagne reculée, découvert des aspects plus discrets, secrets, insoupçonnés de ce décor exceptionnel.

Tout d'abord, extase de la baignade quotidienne sur une des plus belles plages de la région ! Le lac Saint-Jean n'est pas un lac de montagne, mais l'eau y est aussi douce, fraîche et vivifiante. On y entre en tâtant timidement la température de l'eau. Les pieds saisis par le froid, on y risque une avancée jusqu'aux genoux. Puis, par étapes, on se laisse tenter par un peu plus, un peu plus haut, le souffle coupé lorsque le niveau de l'eau gagne la taille, atteint la poitrine... Dans un élan de vaillance, c'est l'immersion totale ! Le vrai bonheur est là. Le froid ne fait plus mal. Le corps se détend. Les courants chauds alternent avec les courants froids. La baignade sera de courte durée.

Durant cinq jours, entre deux trempettes, nous avons alterné les petits plaisirs :
nous avons marché en montagne, au milieu des forêts touffues et des chutes d'eau, ...

vu de l'eau, beaucoup d'eau !...

pédalé sur une ravissante section de la Véloroute des Bleuets, piste cyclable qui fait le tour du lac en 256 Km, ...

marché le long de la plage, les doigts de pieds dans le sable mouillé, à la recherche de jolis cailloux, ...





cueilli des petits fruits :
framboises dans un chemin isolé, ...






bleuets dans une immense bleuetière de la région (14 livres de récolte, quand même !)...







dialogué avec les petites bêtes, ...








parcouru des kilomètres pour tenter de nous perdre dans les rangs de l'arrière pays vallonné...

et attendu chaque soir que le soleil se couche.

dimanche 9 août 2009

Posted by Marie Posted on 19:55:00 | 2 comments

septième ciel

Drap fripé étalé sur le pré. Gonflé d'un souffle chaud, le tissu prend forme, la forme prend vie.
Émerveillés par la beauté féerique de ces gigantesques bulles d'air échappées dans le ciel dégagé, le temps d'un envol, nous redevenons des enfants.
Samedi au paradis.











Festival international de Montgolfières
de Saint-Jean-sur-Richelieu

jeudi 6 août 2009

Posted by Marie Posted on 17:29:00 | 2 comments

Anniversaire d'un Aller sans retour

Paris-Montréal : 6 août 2003

Au-dessus de l'Atlantique, suspendue entre deux continents, entre deux vies. Les lumières de l'avion éteintes, les cache-hublots baissés, c'était l'heure de Fanfan la tulipe projeté silencieusement sur les écrans de l'Airbus. Tel un sas entre deux mondes plus irréels l'un que l'autre, l'intérieur de l'avion ne résonnait plus que du bruit du vent dans les ailes et devenait pour moi le terrain propice à une retraite éphémère d'où jaillît soudain la conscience d'un nouveau départ, d'une nouvelle vie, où tout était possible. Le silence et l'obscurité révélant soudain toute la solennité du moment, je rentrais en immigration comme on entre en introspection. Seule. Seule avec moi-même. Seule en moi-même. Seule face à moi-même. Vertige du libre arbitre qui défie la notion de destin et vous rend irrémédiablement seul face à l'immensité des possibles.
C'est là, à cet instant, suspendue entre deux continents, entre deux vies, c'est là que tout bascule. Et le Monde n'en sait rien.
Douloureuse euphorie qui vous bouleverse intérieurement, secrètement, de ne pouvoir partager avec quiconque la délirante intensité de l'instant présent.
Ce jour-là, je me rendais sur la terre que je m'étais promise. À mi-chemin de mon projet. Entre deux vies. Entre deux pages. Celle déjà tournée et une autre qu’il restait à écrire. Celle d'une vie en solitaire et celle d'une autre à vivre à deux.

C'était il y a 6 ans. 6 ans bâtis, une pierre à la fois (à la foi), au jour le jour, avec la présence et le soutien constant d'Éric qui m'a grand-ouvert les portes de sa maison, de sa vie, de son coeur.

L'accompagnement lointain et parfois silencieux mais toujours affectueux de mes amis et de mes parents restés là-bas, une détermination toute personnelle à aller au devant du monde lorsque le jeu en vaut la chandelle et l'accueil chaleureux de tous ceux qui m'ont acceptée ici parmi leurs amis, tout cela m'a donné la force d'y croître et d'y plonger mes racines.

Le temps a donné raison à mes rêves, à confirmé mes choix.
Il fallait le faire. Je l'ai fait. Et je n'en reviens toujours pas !

samedi 18 juillet 2009

Posted by Marie Posted on 16:05:00 | No comments

quatre jours d'éternité

Au fond du jardin, installée sur la nouvelle table à pique-nique 100% bois d'épinette canadienne, je rédige mon premier compte-rendu de vacances.

Entre deux tranches de rénovations (Éric a décidé de faire une pause et de profiter de la vie), entre deux week-ends de travail (il travaille de nuit la fin de semaine), entre deux lundis de cours (j'ai parmi mes élèves quelques irréductibles qui ne me lâcheront pas comme ça durant l'été), entre deux "gigs" (je fais de temps en temps la pianiste tout-terrain dans mariages et réceptions), nous nous sommes échappés quelques jours du brouhaha urbain (en fond sonore estival : le ronronnement lointain de la route principale, le vrombissement choral des tondeuses à gazon, les cris hystériques des enfants dans la piscine du voisin...) pour nous réfugier quatre jours durant, à deux heures de la maison, dans le douillet cocon forestier du Parc du Mont-Tremblant.

Quatre jours durant, nous étions seuls, loin de presque tout, sur le bord d'un lac de montagne, à l'abri des grands arbres, accompagnés par les gazouillis quasi permanents des oiseaux chanteurs. Quatre jours durant, nous avons campé "rustique" et pris un réel plaisir à cette quiétude qui fait oublier les petits inconvénients d'un confort tout de même spartiate.

Cela m'a replongée dans l'ambiance des longues randonnées que je faisais lorsque j'avais vingt ans, le sac au dos, parcourant les montagnes de Corse, des Alpes, des Pyrénées. Bien encadrés, nous partions en raid pour une semaine ou deux avec juste le nécessaire pour nous vêtir, pour nous nourrir, les ruisseaux pour nous rafraîchir, les lacs pour nous divertir et le ciel étoilé pour nous abriter. De refuge en refuge, ces raids nous menaient dans les endroits les plus reculés, sur les cimes les plus élevées, inaccessibles aux non marcheurs, au coeur de la nature sauvage, loin de la civilisation.

Nos excursions durant ces quatre jours étaient moins ambitieuses qu'à l'époque de mes vingt ans, mais elles ont réveillé le souvenir de ces moments intensément gravés dans ma mémoire et le goût du plaisir dans les choses simples : s'endormir au bercement du souffle des arbres, se réveiller au concert des oiseaux, faire sa toilette les deux pieds dans un lac glacé, se réchauffer la nuit tombante auprès d'un feu de bois crépitant et ressentir l'euphorique impression d'avoir la nature entière pour soi. Soi, tout seul, au milieu de cette immense et magnifique nature.

Nous avons eu la chance d'avoir durant tout notre séjour un ciel clément, une température agréable et toujours ce silence enrobant qui nous est si cher. Nous avons marché des heures durant, certains jours, fait du canotage-pique-nique, un autre jour, paressé aussi et réinventé des jeux de société pour occuper nos longues soirées avant que ne retombe la nuit.

Notre sentiment de solitude s'est un peu estompé le dernier jour lorsque, les vacances de la construction s'annonçant, de nouveaux voisins bruyants ont pris possession des lieux. Le silence rompu, il était temps pour nous de plier bagages et de revenir à la vraie vie.

Une petite transition par la route panoramique des Tremblantes, une pause gourmande à la terrasse d'un petit restaurant branché, une petite escale chez nos amis de St-Sauveur, Madile et Jean-Pierre, et nous étions à nouveau plongés dans les affres de la civilisation urbaine : traffic routier et traversée de Montréal, étapes douloureuses et nécessaires pour un retour à la vie ordinaire.

Aujourd'hui, samedi, nous apprécions le confort de notre maison, la compagnie discrète des deux minous et le bonheur d'être chez soi, dans son jardin, sous les grands arbres, avec le souvenir du silence. Bientôt une prochaine escapade...

samedi 27 juin 2009

Posted by Marie Posted on 17:25:00 | No comments

États d'âme

Depuis un moment, je travaille fort sur mon violoncelle pour tenter d'améliorer ma sonorité, la douceur de mes attaques, ma justesse et la souplesse de mon vibrato. J'ai depuis le début (2 ans et demi d'apprentissage assidu) toujours l'impression que le son qui en sort est assez brut, trop direct à mon goût, manque de souplesse et de chaleur. Je reviens de chez mon luthier adoré à qui j'ai confié mon violoncelle pour une révision "annuelle". J'ai réalisé que je ne l'avais pas vu depuis 2 ans. Le temps est passé trop vite...
Je n'ai évidemment pas pu résister à l'envie d'essayer chez lui d'autres violoncelles. J'en ai essayé deux. J'ai senti tout de suite une grosse différence dans la qualité du son, l'onctuosité des attaques, la facilité de jeu. Cela m'a beaucoup rassurée sur mon propre jeu car tout m'a semblé soudain plus facile : le son était plus chaleureux, mon legato plus chantant et mon vibrato beaucoup mieux contrôlé... J'ai réalisé que je devais faire beaucoup d'efforts sur mon violoncelle pour un résultat finalement toujours un peu frustrant. Après conversation avec mon luthier, il semble que l'épaisseur du bois de la table fait une grosse différence dans la qualité du son. Pour le reste, les paramètres qui entrent en jeu sont multiples et difficiles à déceler.
Quoiqu'il en soit, je suis toute bouleversée par cette nouvelle prise de conscience : je dois me rendre à l'évidence, mon violoncelle ne me convient plus.
Je ne pensais pas changer d'instrument de si tôt, attendant d'en avoir fait le tour et d'avoir exploité au maximum ses possibilités (et les miennes !) avant de prétendre vouloir en changer. J'ai bien attendu 10 ans avant de changer de piano ! Mais encore une fois, je dois me rendre à l'évidence : ce n'est pas avec mon violoncelle que je retrouverai le son que j'ai dorénavant dans la tête, et si je veux pouvoir progresser et consacrer mes efforts à ce qui en vaut vraiment la peine (et non pour tenter vainement de faire chanter une caisse qui ne le veut pas), je dois changer d'instrument. Un petit effort financier qui en vaut la peine, j'en suis sûre.
Alors voilà. Je suis encore toute bouleversée par cette visite chez mon luthier. Je la redoutais car je savais que je n'en sortirais par indemne (c'est sans doute pour ça que j'ai attendu si longtemps !). Je sens bien maintenant que je me détourne définitivement de mon premier violoncelle pour me laisser séduire par plus chantant que lui.

En attendant de le récupérer la semaine prochaine, me voici momentanément sans violoncelle, hantée par le souvenir de ce moment d'extase. Désoeuvrée, je rêve à la suite...

Posted by Marie Posted on 11:19:00 | No comments

En vacances !!!

Je ne réalise pas encore tout à fait, mais, ça y est ! Je suis en vacances !

Encore sur l'élan des dernières semaines où répétitions et concerts se sont succédés à un rythme soutenu, où les cours occupaient une bonne partie de mes journées, de mes pensées, je me sens pour le moment encore en transition, dans un état intermédiaire, où mes pensées jusque là virevoltantes planent dans l'air comme les plumes d'un oiseau déplumé avant de se déposer délicatement sur le sol de ma vacuité.

Je retrouve peu à peu le calme des jours de vacance. Mon esprit agité se met en veilleuse. Mon corps sombre dans une semi-léthargie. Il faudra quelques jours, quelques semaines sans doute pour qu'en retrouvant son rythme naturel, il se sente à nouveau reposé, plein d'une nouvelle énergie. Les obligations cessent. Le temps perd sa mesure. Les journées offrent désormais de grandes ères ouvertes où tout est possible. La place se libère pour le plaisir du choix perpétuel. Les deux mois à venir m'offrent un désert à meubler. Bonheur que de se retrouver ainsi face à cette immensité avec plein de projets pour la remplir. C'est comme de meubler une maison vide avec la possibilité d'en choisir le décor.

Les fleurs viennent du Jardin botanique de Montréal : un petit cadeau de Thomas, 8 ans et sa maman.
La bouteille est un petit cadeau d'Elisabeth, jeune adulte débutante très douée, passionnée et pleine de joie de vivre.

dimanche 21 juin 2009

Posted by Marie Posted on 22:18:00 | 2 comments

Première sortie publique

Nous avons fait notre première sortie publique en quatuor lors du grand concert de fin d'année de l'Académie des Petits archets, école de cordes dont je suis l'accompagnatrice. J'étais au piano durant une grande partie du concert pour accompagner les ensembles et les orchestres de l'école et au violoncelle pour les pièces sans piano, passant régulièrement d'un instrument à l'autre : du piano au violoncelle, du violoncelle au piano...
Bien que ma tâche de pianiste était bien plus lourde pendant ce concert, la partie qui me rendait le plus nerveuse était sans doute celle du quatuor où j'étais le plus exposée avec mon violoncelle et avec le sentiment d'une maîtrise toute relative... Je pense malgré cela avoir joué du mieux que je pouvais à ce moment-là, à ce stade-là de mon évolution, dans ces conditions-là, en passant par dessus mes petites frustrations personnelles (un son qui ne me plaît pas toujours, un vibrato qui n'est pas celui que j'ai dans la tête, une justesse encore aléatoire...)
À l'issue du concert, j'ai été touchée par les commentaires flatteurs et encourageants de mes collègues professeurs de cordes qui semblaient tous très émus par notre prestation. C'est donc que malgré nos petites imperfections très visibles l'émotion devait être tout de même bien présente.
Il ne nous reste aujourd'hui de ce concert que le souvenir... En attendant peut-être un enregistrement officiel de notre prestation, je vous livre ci-dessous deux extraits plus confidentiels de notre dernière répétition (où nous ne frôlions pas encore la perfection !)
Entr'acte du Troisième Acte de Carmen de Bizet


Golliwogg's Cakewalk de Debussy

dimanche 31 mai 2009

Posted by Marie Posted on 22:27:00 | No comments

Tutti frutti

Entre deux concerts, je cultive le souvenir de l'un pendant que je prépare le suivant...
Je donnais mi-mai deux concerts avec le jeune choeur d'enfants* que j'accompagne chaque semaine.
J'avais envie de partager avec vous quelques extraits sonores de ce moment important : la fin de notre première saison !

L'intitulé du concert : Tutti frutti (une salade de tous les pays...)
Le choeur n'a pas un an et l'on devine à travers les petits défauts de justesse et les faux départs, les petites imperfections et les gros flottements qu'il y a dans ce petit choeur un beau potentiel et de belles promesses.


La leçon de solfège
(ça swingue moins que la version de Marcel Amont,
mais c'est amusant quand même)
Bizet - Carmen - La garde montante
(un incontournable)
Joli voilier
(un jôli p'tit swing)
Vidala Riojana
(une jolie mélodie d'Amérique du Sud)
Mon bateau de papier
(ça aussi, très jôli !)
Tam ti delam
(un classique du répertoire de Gilles Vigneault)
Sable du temps
(j'adore ! même si ce n'est pas celle que les enfants chantent le mieux...)
J'entends le moulin
(un hit du répertoire traditionnel québécois)
Makotoudé
(canon, en guise de rappel)


On finirait presque par oublier que ces petits anges sur scène sont parfois de vrais petits monstres en répétition !
* Les Jeunes voix du coeur , ensemble vocal d'une trentaine d'enfants de 8 à 15 ans.

lundi 18 mai 2009

Posted by Marie Posted on 13:41:00 | No comments

vieilles branches

Petit hommage à ces grands arbres qui nous dominent.



Nous vivons sous leur menace les jours de tempête,
sous leur protection les jours de canicule,
mais, grandioses, il font chaque jour de notre décor un petit paradis.



Mon coup de coeur du jour pour le marronnier en fleurs.


Posted by Marie Posted on 09:54:00 | No comments

la fièvre me reprend

Ça y est ! La fièvre me reprend. Depuis quelques jours, je sens surgir les symptômes récurrents d'un trouble qui m'assaille périodiquement. Le soir, la nuit tombée, je prends place sur le banc de piano, cale mon violoncelle entre mes cuisses, brandis mon archet, pour une heure, juste une heure. C'est alors que la crise me prend. Quelques minutes suffisent pour que le temps perde toute mesure, que plus rien n'existe autour de moi. Tous mes sens semblent désormais voués à une seule tâche : vivre le moment présent. Envoûtée par une soif intarissable de progression, hantée par l'obsession permanente de la justesse parfaite, dans une quête insatiable de la reproduction fidèle d'un chant intérieur, je me sens prise d'une boulimie incontrôlable de mélodies expressives dans l'espoir de me les approprier, mue par le bonheur infini de l'infime progression quotidienne du cheminement personnel vers une idéale perfection. La corne me pousse au bout des doigts, la fatigue me ronge mais je continue quand même, incapable de mettre un terme à ce moment de grâce sans le sentiment d'un déchirement douloureux. Ce sont deux heures, peut-être trois écoulées avant que je me résigne enfin à revenir au silence. Fatiguée mais non repue, de raison plus que de désir, j'abandonne la source de mon plaisir, jusqu'au lendemain...

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