Cette semaine, grosse échappée vers le Nord pour rejoindre les rives du Lac Saint-Jean, à 500 Km de Montréal. Une mer d'eau douce au milieu des terres, un réservoir d'eau mouvante qui alimente le Saguenay, la grosse rivière qui donne son nom à la région qu'elle traverse. Lors de précédentes visites, nous nous étions limités à la face la plus visible de la région, immédiate et sans surprises. Cette fois-ci, nous avons pris le temps de nous arrêter et emprunté les chemins de traverse, exploré les coins et les recoins de la campagne reculée, découvert des aspects plus discrets, secrets, insoupçonnés de ce décor exceptionnel.
Tout d'abord, extase de la baignade quotidienne sur une des plus belles plages de la région ! Le lac Saint-Jean n'est pas un lac de montagne, mais l'eau y est aussi douce, fraîche et vivifiante. On
y entre en tâtant timidement la température de l'eau. Les pieds saisis par le froid, on y risque une avancée jusqu'aux genoux. Puis, par étapes, on se laisse tenter par un peu plus, un peu plus haut, le souffle coupé lorsque le niveau de l'eau gagne la taille, atteint la poitrine... Dans un élan de vaillance, c'est l'immersion totale ! Le vrai bonheur est là. Le froid ne fait plus mal. Le corps se détend. Les courants chauds alternent avec les courants froids. La baignade sera de courte durée.
Durant cinq jours, entre deux trempettes, nous avons alterné les petits plaisirs :
nous avons marché en montagne, au milieu des forêts touffues et des chutes d'eau, ...
vu de l'eau, beaucoup d'eau !...
pédalé sur une ravissante section de la Véloroute des Bleuets, piste cyclable qui fait le tour du lac en 256 Km, ...

marché le long de la plage, les doigts de pieds dans le sable mouillé, à la recherche de jolis cailloux, ...
cueilli des petits fruits :
framboises dans un chemin isolé, ...
bleuets dans une immense bleuetière de la région (14 livres de récolte, quand même !)...
dialogué avec les petites bêtes, ...
parcouru des kilomètres pour tenter de nous perdre dans les rangs de l'arrière pays vallonné...

et attendu chaque soir que le soleil se couche.











Quatre jours durant, nous étions seuls, loin de presque tout, sur le bord d'un lac de montagne, à l'abri des grands arbres, accompagnés par les gazouillis quasi permanents des oiseaux chanteurs. 


Nous avons eu la chance d'avoir durant tout notre séjour un ciel clément, une température agréable et toujours ce silence enrobant qui nous est si cher. 
Une petite transition par la route panoramique des Tremblantes, une pause gourmande à la terrasse d'un petit restaurant branché, une petite escale chez nos amis de St-Sauveur, Madile et Jean-Pierre, et nous étions à nouveau plongés dans les affres de la civilisation urbaine : traffic routier et traversée de Montréal, étapes douloureuses et nécessaires pour un retour à la vie ordinaire. 








