Ça y est ! La fièvre me reprend. Depuis quelques jours, je sens surgir les symptômes récurrents d'un trouble qui m'assaille périodiquement. Le soir, la nuit tombée, je prends place sur le banc de piano, cale mon violoncelle entre mes cuisses, brandis mon archet, pour une heure, juste une heure. C'est alors que la crise me prend. Quelques minutes suffisent pour que le temps perde toute mesure, que plus rien n'existe autour de moi. Tous mes sens semblent désormais voués à une seule tâche : vivre le moment présent. Envoûtée par une soif intarissable de progression, hantée par l'obsession permanente de la justesse parfaite, dans une quête insatiable de la reproduction fidèle d'un chant intérieur, je me sens prise d'une boulimie incontrôlable de mélodies expressives dans l'espoir de me les approprier, mue par le bonheur infini de l'infime progression quotidienne du cheminement personnel vers une idéale perfection.
La corne me pousse au bout des doigts, la fatigue me ronge mais je continue quand même, incapable de mettre un terme à ce moment de grâce sans le sentiment d'un déchirement douloureux. Ce sont deux heures, peut-être trois écoulées avant que je me résigne enfin à revenir au silence. Fatiguée mais non repue, de raison plus que de désir, j'abandonne la source de mon plaisir, jusqu'au lendemain...
lundi 18 mai 2009
Categories: au jour le jour
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire