Tout a commencé un jour d'avril, une si belle journée, c'était un jeudi, nous fêtions, Éric et moi, notre anniversaire de rencontre. Grâce matinée. Un peu perturbée par des bruits de marteau du voisin. Bon. Il bricole. Il peut bien.

En début d'après-midi, nous décidions d'aller prendre une marche autour du pâté de maison, histoire de prendre possession de notre nouvel environnement. Nous avions choisi notre maison pour la tranquillité du quartier, l'intimité du jardin. Nous voilà donc, main dans la main, comme des amoureux, prêts à nous émerveiller de ce nouvel environnement paisible et chaleureux sous un soleil radieux. Première belle journée de printemps.
À peine rendus dans la rue, quelle ne fut pas notre stupéfaction quand nous constatâmes qu'en une matinée un nouveau bâtiment avait poussé dans la cour du voisin : un nouveau garage impérialement surplombé d'une immense chambre à coucher avec vue panoramique... sur NOTRE jardin !Criss de voisin !*
Finis les rêves d'intimité. Nous voilà exposés aux regards d'étrangers dont nous serons dorénavant obligés de supporter l'envahissement. Bon. Finalement, on s'est fait une raison.
Peu de temps après, alors que nous rêvions de silence, nous avons commencé à entendre les jappements intempestifs de ses chiens. Pas un ! Trois ! Ça durait pendant des heures. Même plus possible de faire un pas dans le jardin sans être agressés par ces aboiements insupportables. Un moment, je dois le dire, nous avons frisé la crise de nerfs. Puis, finalement, nous nous sommes calmés. On s'habitue à tout.
Quelques semaines plus tard, alors que nous déjeunions tranquillement dans le jardin, à l'ombre de la haie de cèdres, au milieu des écureuils sautillants et des chants d'oiseaux, j'ai cru entendre un bruit. Cela ressemblait à un gloussement et semblait venir de l'autre côté de la haie. M'approchant discrètement, je glisse un oeil entre deux branches et, que vois-je? Non! Je ne rêve pas, je vois... une POULE !
Quelques jours plus tard, la poule était dans notre jardin, les voisins courant après, piétinant le potager sans s'inquiéter de notre présence. Éric cherchant à savoir ce qu'il se passait, le voisin a fuit à travers la haie, lâche et sans considération.
Au début de l'été, nous avons largement profité des partys des mêmes voisins sans y être invités. Ça parle fort et ça met la musique à fond les manettes sans s'occuper de la tranquillité du voisinage. Un jour, alors que je travaillais au potager, j'ai dû supporter toute la matinée la radio vociférante provenant de leur cabane de jardin alors que personne n'y était. Allez comprendre. Mais bon. On finit par oublier l'état dans lequel ça nous a mis ce jour-là.
À plusieurs reprises, durant l'été, le voisin jouant les hommes des bois, nous avons dû nous cloîtrer dans la maison, fenêtres fermées, pour ne pas recevoir la fumée de ses feux de brindilles. La commune l'interdit, mais ce n'est pas grave, il est au-dessus des lois.
Nous avons été assez fins* jusque là. Nous n'avons pas trop voulu faire de vagues. Il faut être tolérants si l'on veut entretenir de bonnes relations de voisinage. En bons voisins, nous l'avons toujours fermée et avons enduré ce qui était encore endurable. Il faut bien s'accommoder de cette promiscuité.
Mais aujourd'hui, le pire se produit. Au petit matin, un ouvrier élagueur, sous les ordres du même voisin, s'est attaqué à NOTRE haie. Et pas qu'un peu ! Couper à 9 pieds de haut une haie qui en fait 16 ! C'est pas radical, ça ? La seule haie qui nous garantit encore un minimum d'intimité ! Éric a immédiatement interrompu l'ouvrier dans sa tâche. Non, mais ! Faut pas pousser mémé dans les orties !* Le certificat de localisation sous le bras, nous sommes allés en force, Éric et moi, visiter la voisine et lui expliquer qu'on ne fait pas ce qu'on veut chez les autres et surtout pas avec les affaires des autres ! Que la haie est À NOUS ! Mais, têtu, son mari, au téléphone, trop fier pour être honnête, a eu du mal à lâcher le morceau. Éric a été ferme : "On ne la coupe pas !!!" C'est-tu clair ?* Bref, la situation est stationnaire, mais nous sommes en alerte, sur le qui-vive, et surveillons notre voisin de près pour être sûrs qu'il ne finira pas son oeuvre en notre absence.

Petit aperçu de l'oeuvre sculpturale :
à gauche, la haie de 16 pieds de haut,
à droite, la même haie taillée à 9 pieds.
Jôli, non ?
Il ne faut pas aller bien loin pour avoir à faire des accommodements raisonnables. Et ce n'est bien souvent pas avec ceux que l'on croit.
Il y a des jours où l'on voudrait pouvoir s'exiler sur une île déserte.
À suivre...
* ça, c'est du québécois avec l'accent
2 commentaires:
Pour ce qui est de votre haie, c'est une vraie catastrophe, suis pas certaine qu'elle va reprendre, et ton voisin, va-t-il poursuivre le massacre ? Vous ne pouvez pas le surveiller 7 jours sur 7 !
Ah que c est dommage, maintenant on voit tous les fils électriques... sont fous ces voisins. C'est à pleurer. Je comprend votre rage ! Si les avocats ne coutaient pas si cher, vous pourriez demander un dédommagement. Une haie mature comme la vôtre, ça vaut beaucoup de sous...
Merci, Suzanne. Ça fait du bien de se sentir soutenus dans ce monde cruel et sans pitié.
Nous explorons sérieusement la piste que tu suggères. À suivre...
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