
Entrer dans l'hiver demande un certain temps d'adaptation, une certaine mise en condition, tant physique que psychologique.
Habituellement, une première tempête nous annonce que l'hiver, le vrai, est imminent. Une alerte salutaire qui permet aux retardataires de se hâter pour les derniers préparatifs. Car on n'entre pas dans l'hiver Québécois comme dans n'importe quel autre hiver. Il mérite de s'y préparer.
Dès les premiers flocons, on se précipite chez le garagiste pour faire changer ses pneus. Mon garagiste à moi est à domicile. Je suis gâtée. On en profite pour changer les essuie-glace en remplaçant ceux d'été par d'autres spécial-hiver, plus résistants au gel et à la lourdeur de la neige.
Certains installent leur abris Tempo, abris extérieur pour protéger leur char* de la neige. On ressort les accessoires du parfait Québécois : la pelle à neige, le grattoir à glace et la petite brosse pour dégager les vitres de l'auto, ainsi que le petit flacon d'huile antigel pour les serrures. À la maison, on retire les moustiquaires aux fenêtres et on les entrepose sagement au garage jusqu'au retour de la belle saison. Les plus équipés révisent le fonctionnement de leur souffleuse à neige personnelle. Les autres compteront sur leur petits bras musclés pour déblayer leur cour.
Nous, comme la plupart de nos voisins, nous confierons le dégagement de l'entrée du stationnement à une entreprise spécialisée dans le déneigement et finirons à l'huile de coude. Ça tient en forme !La première neige venue, c'est un véritable ballet de grattes* et de souffleuses qui investit les rues de la ville. Cela donne un bon show* !
Ce matin, sans que nous soyons tout à fait prêts moralement à affronter les grands froids, nous nous sommes réveillés dans le blanc. Que c'est beau, le jardin sous la neige !...Mais, là, cette tempête était plus qu'un avertissement. C'était l'hiver dans ses pires journées, humide et sombre. Nous n'avons pas eu droit à une belle neige bien légère, une belle poudreuse qui virevolte avec la brise légère... Non ! Nous avons reçu une vilaine neige bien lourde et bien collante, mêlée de grésil, toute mouillée et prête à geler aussitôt à terre. Les arbres s'en sont chargés d'une épaisse couche et les arbustes ont ployé sous le poids de la glace.


Le ciel bien bas, la journée a été assez sombre. Ce n'est pas aujourd'hui que l'on verra le soleil. Quoi que nous devrions cultiver notre soleil intérieur, mais bon... Là, la lumière se fait rare, car même à l'intérieur, nous avons été plongés dans l'obscurité et le silence durant plusieurs heures, subissant une longue panne d'électricité. Mais que fait donc l'Hydro ???** Les Québécois qui on vécu la crise du verglas en 1998, année où la région tout entière a été privée d'électricité en plein hiver durant 27 jours, s'en souviennent. Il reste toujours en eux une terrible appréhension que cette crise ne se reproduise. La moindre panne de courant devient le possible symptôme d'une panne plus générale dont on ne ressortirait que quelques semaines plus tard.
En prévision, nous avons fait appel au système D : Éric a installé un groupe électrogène domestique pour au moins assurer un peu de froid dans le frigo, un peu de chaud dans le micro-ondes et un peu de courant dans la chaudière.À cause de tout cela, nous avons vécu un peu au ralenti, ce jeudi. De toutes façons, c'est toujours un peu comme ça, les jeudis. C'est le seul jour où je ne donne pas de cours et où je peux passer un peu plus de temps avec Éric qui, lui non plus, ne travaille pas. "Mais quand travaillent-ils, ces deux-là ???" Ben, euh... Quand ils n'ont rien d'autre à faire !
En attendant, nous profitons de notre maison bien chaude. Le courant revenu et la lumière qui brille à nouveau.
Demain est un autre jour.
* ça, c'est du québécois !
** Hydro = HydroQuébec : fournisseur d'électricité québécois, équivalent de l'EDF français
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