lundi 19 juillet 2010
Ma première semaine sera parisienne, placée sous le signe des retrouvailles. Cinq jours à Paris, cinq jours de retrouvailles heureuses, joyeuses, en tête à tête ou en petit comité, à la terrasse d'un restaurant ou à la fin d’un déménagement, pour un déjeuner, un goûter, un souper... J’ai ainsi retrouvé de vieilles amitiés, certaines de toujours, d’autres moins anciennes, restées en suspens durant de longues années, qui, une fois ravivées, semblent ne rien avoir perdu de leur intensité.
Entourée de cette joyeuse compagnie, je retrouve mes vieilles habitudes, le bonheur des grandes tablées, la gastronomie française et la Française qui est en moi.
Entre deux rencontres, je sillonne la capitale de long en large à cheval sur mon Velib’. Immergée dans la grande ville en pleine activité, j’en redécouvre les codes, le décor, les odeurs...
Je traverse les quartiers jadis familiers. Les murs de la ville ont conservé la mémoire des rencontres d’autrefois et des évènements qui s’y sont produits. Je me rends compte qu’à travers eux, ma vie d’antan continue d’exister malgré moi. En les revisitant, le passé semble se réveiller d’un long sommeil. Les murs se souviennent pour moi.
lundi 5 juillet 2010
Petite escapade en amoureux sur le bord du lac Saint-Jean.
Notre destination : La Pointe Taillon.
Pour la première fois, nous partons sans avoir pris soin ni de réserver notre hébergement, ni de planifier quoi que ce soit. Notre seul "incontournable" à découvrir : Le Parc National de la Pointe Taillon.
J 1 : Le voyage.
Après quelques heures de voiture et 500 Km d'autoroute...
...arrivée sur la plaine d'Alma, escale de notre voyage.
Petite soirée tranquille dans un motel désert, promenade au centre ville la nuit venue.
Une bonne nuit de sommeil.
Demain nous poursuivrons notre route vers le Nord.
À suivre...
Sur la route des vacances, une échappée au Lac Saint-Jean
J 2 : Alma à vélo
Avant de quitter Alma, nous avons décidé d'y faire un petit tour à vélo.
Alma n'est pas à proprement parler la ville la plus romantique qui soit. Ville industrielle construite autour d'immenses barrages qui régulent la hauteur du lac Saint-Jean sous le contrôle et pour les profits de Rio Tinto Alcan, elle a cependant ses petits charmes qui font presque oublier ces grandes cicatrices dans le paysage naturel.
À Alma passe la Vélo-route des Bleuets, piste cyclable de 265 Km, qui fait le tour complet du lac Saint-Jean et la fierté des offices de tourisme de la région.
Enfourchant nos vélos, nous avons parcouru un petit bout de cette piste, entre terre et eau...
Une bonne mise en jambe pour les jours à venir...
Nous avons ensuite poursuivi notre route vers le Nord, sillonné la région, de camping en camping, longeant les bords du lac en espérant y trouver une plage accueillante pour y planter la tente. Effrayés par la promiscuité qu'imposaient certains campings et la foule des campeurs excités déferlant à l'entrée de ceux-ci, nous avons continué de fuir un peu plus au Nord...
C'est au camping municipal de Peribonka, fief de Maria Chapdelaine (le village, pas le camping !), tout au Nord du lac que nous avons trouvé notre bonheur. Charmant camping municipal qui nous offrait le calme, le silence et l'intimité recherchés !
À l'écart, isolés, au milieu des bois, nous y avons installé notre camp pour deux jours.
À suivre...
Sur la route des vacances, une échappée au Lac Saint-Jean
J 3 : Journée de vélo
Grâce à la navette fluviale de Peribonka, nous avons pu rejoindre
le Parc National de la Pointe Taillon
en évitant de prendre la voiture et
de faire un immense crochet par la route.
Le Parc National de la Pointe Taillon est le paradis des cyclistes.
Aucun véhicule motorisé n'y est admis.
Pas de bruits, hormis les chants d'oiseaux et les conversations des cyclistes.
Nous avons fait le tour du Parc en 3 heures de pédalage,
quelques courtes pauses abrégées par les assauts intempestifs des mouches voraces.
33 Km de circuit à travers une nature sauvage, amoureusement préservée et protégée,
faite de forêts de conifères ou de bouleaux, de tourbières et de longues plages de sables fin.
Puis retour à Peribonka.
Le corps fatigué de nos excès (on n'a plus 20 ans !),
nous nous tiendrons plus tranquilles les prochains jours et
soignerons nos petites blessures.
Voir la Pointe Taillon et mourir !
À suivre...
Voir la Pointe Taillon et mourir !
À suivre...
Sur la route des vacances, une échappée au Lac Saint-Jean
J 4 : Promenade au Jardin Scullion
... mais avant, pause casse-croûte !
Le Jardin Scullion est situé dans le village de L'Assomption-de-Notre-Seigneur (ça ne s'invente pas, un nom pareil... C'est le Québec !). C'est un site où l'on peut découvrir toutes sortes d'aménagements paysagers constitués de plantes vivaces venant des quatre coins de la planète et acclimatées au conditions parfois rudes des hivers québécois. Un régal pour tous les sens.
Les sentiers se prolongent dans une forêt dense de résineux où la nature semble encore sauvage,
vierge de toute trace humaine.
Seuls au milieu de la forêt... avec tous les animaux qui y ont leur refuge.
le travail du castor
À suivre...
Sur la route des vacances, une échappée au Lac Saint-Jean
Cela faisait deux jours que nous étions au Nord du lac quand j'ai senti que quelque chose ne tournait pas rond. Nous avions atteint notre objectif : explorer le Parc de la Pointe Taillon, mais malgré cela, Éric ne semblait totalement satisfait. Je commençais à sentir chez lui quelques signes d'impatience, de lassitude. La fatigue accumulée... le voyage... les nuits trop courtes dans cette chaleur humide... le quotidien qui revient en pensée... le boulot... au galop... les petits soucis... les vacances trop courtes... et pas assez reposantes... l'angoisse de la rentrée à dix jours de la reprise... Bref, Éric commençait à broyer du noir.
Que faire ? Partir ou rester ? Surtout, ne pas rentrer ! Pas avant qu'Éric n'ait réussi à décrocher et à se sentir vraiment en vacances !
Je savais que les gens de la région du Saguenay-Lac Saint-Jean étaient très attachés à leur région. Je connais parmi eux quelques nostalgiques qui rêveraient bien d'avoir leur chalet sur le bord du lac. Éric est de ceux-là.
Venir voir Le Lac était nécessaire. Mais était-ce suffisant ?
Éric avait besoin de repos. Finis les gros efforts à la chaleur torride de ces dernières journées.
Éric avait besoin de confort. "Le camping, c'est pas naturel, disons"... (sic)
Éric avait besoin de ne rien faire pour décrocher. Juste ne RIEN faire. C'est ce que nous ferons. Ça fait bien mon affaire !
Ne rien faire. Oui. Mais où ? Je sentais bien qu'Éric ne trouvait pas au Nord ce qu'il connaissait du Sud. Le Sud du Lac. C'est là qu'il passait tous ses étés lorsqu'il était enfant. À Chambord. Des heures sur les plages de galets et de sable fin...
Nous avons donc pris la direction du Sud, pour nous poser, pour de vrai, dans un petit chalet avec le lac à nos pieds, où nous passerons de longues journées à ne rien faire, sinon des choses inutiles, comme... faire la crêpe au soleil (un côté, puis l'autre) sur la plage (entre le galets et le sable fin, nous avons choisi les galets) et, quand il fait trop chaud, se rafraîchir dans l'eau glaciale du lac, ramasser des petits cailloux et s'amuser aux osselets avec cinq d'entre eux qu'on a soigneusement sélectionnés, en choisir quelques gros pour en faire des presses-papier, chercher des trilobites (fossiles), paresser sur la terrasse, parcourir quelques pages du bouquin commencé avant le départ, s'assoupir au bout de deux ou trois pages, rire de la pluie et se nourrir de lumière, chasser les mouches à l'élastique, s'asseoir sur la grève et fixer l'horizon en écoutant le sac et le ressac perpétuel des vaguelettes, contempler la couleur du ciel et observer la forme des nuages, attendre le coucher du soleil dissimulé derrière un horizon encombré, et après tout cela, s'endormir, simplement, avec la satisfaction de n'avoir rien fait de sa journée. Pour une fois.
Éric avait besoin de retrouver le goût des choses simples, une petite gorgée d'enfance.
Son pays à lui, c'est le Sud du Lac.
À suivre...
N.D.L.R : N'hésitez pas à revisiter les articles précédents de cette escapade. De nombreuses modifications ont été apportées depuis leur création.
Sur la route des vacances, une échappée au Lac Saint-Jean
Avant de quitter la région, nous avons pris soin de faire le plein de petits souvenirs aux bleuets (car, oui, j'oubliais, le Lac Saint-Jean est le pays des bleuets !), de faire provision de bons "fromages-d'ici-pour-les-gens-d'ici" (sic la pub), de faire une dernière visite dans un petit musée local, de prendre un dernier casse-croûte santé dans un bistro du coin et avons repris la route vers le Sud. Pas le Sud du lac ! Le sud du Québec !
Après 6 heures de route dans le four de la voiture (eh oui ! la clim était en panne...), sur le point de caraméliser, nous étions enfin de retour à la maison... où la cuisson a continué. C'est chaud une maison qui n'a pas été aérée ni rafraîchie quand il fait 30-35°C dehors depuis une semaine !
Après une nuit de climatisation forcée, la fraîcheur revient, à l'intérieur.
À l'extérieur, c'est comme dans un four. 35°C à l'ombre et humidité accablante. Je n'ose pas ouvrir la porte et mettre le nez dehors...
En quelques heures, les choses reprennent leur place. Le linge lavé, la vaisselle rangée, le jardin arrosé, le courrier épluché, la tente dépliée, nettoyée, repliée. Rangée. Elle le restera un bon moment.
Le camping, c'est une religion; il faut y croire. Une profession; il faut être outillé comme un pro et faire preuve de savoir-faire... Ça dure un temps. Après, on se fatigue.
Les petites contraintes de la vie quotidienne du campeur (le stock à déménager, la tente à monter et démonter, les sanitaires à partager, les toilettes à l'autre bout du chemin, les mouches omniprésentes, le soleil qui se couche et se lève trop tôt, la pluie qui bat et dérange, la répétition de la cuisine lyophilisée et les pâtes au camping-gaz...) sont autant de petits irritants quand l'énergie n'y est pas. Ils usent plus qu'ils ne regénèrent. Au début, on trouve ça drôle. Mais quand la fatigue est trop grande, ça l'est moins. Alors, même quand le site est magnifique, que les voisins sont assez loin pour qu'on puisse ignorer leur présence, les petits bonheurs de la vie en pleine nature, le chant des oiseaux et la chaleur du feu de bois ne suffisent plus à faire oublier les petits inconvénients.
Bien entraînés depuis quelques années et bien partis dans notre progression de campeurs expérimentés et toujours très organisés, nous avons malgré tout aujourd'hui conscience que ce voyage a sûrement sonné le glas de notre aventure de campeurs.
Nous sommes par contre revenus avec une certitude : une semaine à Chambord, sur le bord du Lac Saint-Jean, s'impose comme un rendez-vous incontournable pour les étés à venir.
Adieu le camping ! Mais à nous le petit chalet !
Un voyage s'achève. Un autre se prépare...
Sur la route des vacances, une échappée au Lac Saint-Jean
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