La fin d'année approche et comme tout bon professeur un peu investi et consciencieux, je suis un peu occupée. Cependant, mon emploi du temps bien que chargé n'a rien à voir avec le marathon de Noël ou encore celui de mars-avril. Cette fois-ci, le programme est plus léger, les pièces à accompagner moins exigeantes et les répétitions mieux réparties dans le temps, me laissant la possibilité de respirer un peu.
demain, le grand jour
Demain, c'est le gros concert de fin d'année de l'académie des
Petits archets. LE GRAND CONCERT qui vient couronner une première année de collaboration fort agréable, tant comme pianiste que comme violoncelliste de l'orchestre des jeunes (oui, bon, je sais... je ne suis plus aussi jeune que les ados qui m'entourent, mais bon... ça me maintient dans une certaine jeunesse d'esprit...).

Les gros concerts de l'académie sont des moments de rencontres que j'aime bien parce que j'y retrouve l'ambiance de troupe de l'orchestre et la complicité de mes collègues professeurs venus apporter quelques renforts pour l'occasion pour camoufler les petites défaillances de certains pupitres.
Tout se passe dans la bonne humeur et nous nous amusons beaucoup avec un répertoire des plus éclectique, allant des
Concertos Brandebourgeois de Bach à U2 en passant par
Carmen de Bizet,
Mission d'Ennio Morricone,
la Valse de Chostakovitch,
Quand les hommes vivront d’amour réunissant 120 enfants qui jouent et chantent, et… et… le célèbre
Beau vélo de Ravel !
Malgré les craintes de ces dernières semaines, tout cela sonne finalement pas mal du tout ! Parfois, on a peur, mais... on a tort. Les jeunes sont imprévisibles et attendent souvent la dernière minute pour se donner la peine d'apprendre leur partie. Mais une fois l'orchestre tout entier réuni, la musique se métamorphose presque miraculeusement pour laisser présager d'un beau concert.
C'est demain. Dimanche.
pendant ce temps, les pianistes...

Parallèlement, se prépare un autre concert : celui de mes petits élèves pianistes.
Ils se produiront en première partie en solistes ou à 4 mains. La deuxième partie sera consacrée à une série de pièces pour 8 mains sur 2 pianos composées par une femme québécoise, professeure et compositrice, avec qui je suis rentrée en contact cette année. Nous avons en commun la conviction de l'intérêt de la pratique de la musique d'ensemble pour le développement et l'épanouissement des jeunes pianistes. Elle se déplacera de Québec pour venir entendre quelques unes de ses pièces interprétées par mes élèves. Tous participent (à l’exception de Raphaël, 8 ans, dont je n’ai pas réussi à captiver l’attention pour autre chose que pour lui-même...), de 6 à 20 ans, avec tous autant de sérieux et de plaisir, responsables, chacun conscient d’être un élément indispensable d'un grand tout indissociable.
Ce matin, séances de pratique : je recevais à la maison les six petits groupes de quatre élèves pour coordonner dans un ensemble aussi harmonieux que possible les efforts individuels. Tout s’est passé à merveille, avec beaucoup de tranquillité et d’écoute de leur part. Je joue un peu avec les limites de leur adaptabilité en modifiant presque à chaque répétition les consignes de structure (qui joue quoi, quand, dans quel ordre...). Cela les maintient dans une attitude d'écoute permanente et mobilise leur concentration au maximum dans le moment présent. Je suis très impressionnée de voir avec quelle efficacité ils mettent en pratique mes indications parfois plutôt expérimentales, avec une attitude toujours positive et une attention décuplée pour le rôle qu'ils ont à jouer. De vrais pros de l’accompagnement ! Cela me donne encore plus envie de les faire jouer avec d’autres instrumentistes. Des violons par exemple... Ils sont mûrs pour cela.
J'ai profité de cette matinée de répétition pour effectuer quelques enregistrements "pirates". Je vous en livre deux petits extraits (chut!... c'est un secret) où l'on peut entendre par ordre d'entrée : Virginie (16 ans), Sarah-Jeanne (6 ans), Béatrice (12 ans) et Gabrielle (10 ans) dans
Joli papillon, puis Yasmine (7 ans), re-Gabrielle, Alexandre (10 ans) et re-Sarah-Jeanne dans
L'horloge grand-père, tous n'ayant qu'entre 6 mois et 2 ans d'apprentissage du piano.
Joli papillon _de Louiselle Mathieu
L'horloge grand-père _de Louiselle Mathieu
(liens obsolètes)
Les parents qui patientaient dans le couloir en étaient tout émus.
Le concert aura lieu samedi prochain.
D'autres enregistrements suivront dans le courant de la semaine...
Pour plus de détails sur les compositions de Louiselle Mathieu, voici un lien vers l'article que je leur ai consacré récemment dans la Muse affiliée.
Coup de coeur pour... Musique d'ensemble pour pianistes de Louiselle Mathieu