Hier était une journée spéciale. J'ai vécu hier mon premier concert avec l'Orchestre Symphonique Pop de Montréal !
Celui-ci avait lieu dans une belle salle de spectacle moderne, l'Étoile Dix/30, située dans un quartier commerçant de la rive-sud de Montréal, un quartier artificiellement vivant, sorte de ville-magasin où les boutiques se succèdent à perte de vue le long de larges avenues piétonnes, un monde où la consommation est reine. Un semblant d'agitation encouragé par l'ambiance musicale très anglophone diffusée à fond dans les haut-parleurs extérieurs. C'est le petit Vegas de la banlieue québécoise.
Une journée en compagnie de l'orchestre !
En début d'après-midi, rendez-vous pour une "acoustique" : séance de répétition visant à ajuster tous les paramètres qui feront un bon spectacle (appel des musiciens, vérification du matériel, aménagement de l'espace scénique, réglage des éclairages, balance de son...).
Un chef remplaçant était invité à diriger cette petite heure de "mise en condition" pendant que notre chef habituel était à l'opéra pour y assurer le rôle de trompettiste. Avec quelques indications précises et judicieuses, notre chef intérimaire a su exiger de l'orchestre des couleurs toutes fines et subtiles qui ont été je le pense très inspirantes pour le concert du soir. Nous étions tous sous le charme du remplaçant et celui-ci n'a pas caché sa jubilation de travailler avec nous, séduit par la "réponse" de l'orchestre.
Durant la longue pause qui a suivi, gâtés par le buffet que l'OSPM offrait à ses musiciens, nous avons eu le temps de longues conversations... entre femmes, surtout. L'occasion pour moi de faire un peu plus connaissance avec certaines qui m'ont si chaleureusement accueillie depuis le début. Je découvre le parcours de certaines. J'aime connaître les raisons qui les ont amenées à cet endroit, à ce moment. De nouvelles affinités se créent. De nouvelles complicités peut-être...
Pendant que le compte-à-rebours opérait silencieusement en chacun de nous, repus, nous avons commencé à réchauffer nos instruments.
À 19h30, tous branchés sur le LA du hautbois, le coup d'envoi est lancé pour deux heures de musique. La fête commence ! Tout excitée que je suis. Quel bonheur d'être entourée de toute cette belle troupe de musiciens ! Tout excitée aussi de revivre ce que j'ai vécu autrefois avec le CRÉA et tous les spectacles de théâtre musical auxquels j'ai participé : la noirceur des salles obscures, la chaleur des projecteurs, la vie des coulisses, l'intimité des loges, la magie de la scène, la vie de troupe et cette douce excitation qui fait de chaque représentation un moment unique, pour soi, et sans doute aussi pour le public. Ma nostalgie trouve un peu de répit dans l'espoir que vive et revive la musicienne de scène, dans ce monde parallèle hors temps des salles obscures, dans un contexte aussi stimulant et d'aussi belles conditions, où la passion des amateurs rejoint l'excellence professionnelle.
Tout sourire, nous jubilions tous comme des gamins de ce moment de musique où nous nous évertuons ensemble à faire de la musique de film sérieusement, sans se prendre au sérieux, en y apportant chacun sa modeste compétence, sa petite pierre à l'édifice du grand orchestre.
Le concert achevé, le petit groupe d'amis fidèles des Jeunes voix du coeur est venu me retrouver au pied du proscenium. L'une d'eux, un petit cadeau-de-1er-concert en main, m'avoue avoir pris des photos, plein de photos (c'est sa passion) qu'elle partagera volontiers généreusement avec moi... et ma maman ! Chère Denise... Précieuse Denise ! À en croire les sourires largement affichés sur ces visages familiers, mon plaisir a été largement partagé. Éric, qui avait pris une nuit de congé spécialement pour l'occasion, était fier de sa minette comme un chat qui a attrapé une souris.
Après le rassemblement de toutes mes affaires (et de moi-même...), la soirée des musiciens s'est prolongée dans un bar pour amateurs de sports (et de pop-corn) trop bruyant et peu invitant. Nous avons préféré, avec Éric, mon ami Fabrice, clarinettiste, et deux autres amies Françaises la chaleur d'une brasserie alsacienne, autour d'une bonne tarte flambée et d'un grand pichet de bière (eh oui ! un petit peu d'Alsace à Montréal !). Je célèbrais mon premier concert, Fabrice son dernier... Cette troisième mi-temps s'est achevée tard dans la nuit. Le ventre plein et le coeur comblé, chacun s'en est retourné chez soi.
Belle gang de musiciens ! Moment de bonheur généreusement partagé.
De retour à la vraie vie, nous attendons avec impatience le prochain rendez-vous-du-vendredi-soir, pour la poursuite de notre aventure musicocinématographique.
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