lundi 21 décembre 2009

Posted by Marie Posted on 22:36:00 | No comments

talent en déroute


Je me suis trouvée cette semaine à prendre une décision que je n'aurais jamais voulu prendre : refuser de continuer à enseigner à une jeune élève parce que ses parents sont incapables de s'entendre.

Bourrée de talent, avec un potentiel énorme, musicienne dans l'âme mais avec un poil énorme dans la main, Rosalie a un jeu expressif, naturellement expressif, excessivement expressif. C'en est presque indécent. Toute nouvelle de cette année, récupérée d'un autre professeur, j'ai essayé de lui apporter un peu de rigueur, juste un peu, un minimum, le minimum du minimum... mais elle refuse obstinément de coopérer, d'avancer. Elle veut juste rester là, à regarder ses pieds et à effeuiller la marguerite qui bientôt n'aura plus de pétales.

Mais que font les parents ? Ils sont trop occupés à se déchirer. Le père est parti pour se protéger d'une femme contrôlante, négative, manipulatrice et, pour toutes ces raisons, insupportable. La mère est trop occupée à entretenir sa haine, à détruire l'image du père et laver le cerveau de ses enfants qui, bien sûr, sous son influence ne veulent plus rien savoir de leur père. Je ne sais par quel étrange pouvoir elle a même obligé ses propres parents à haïr leur ex-gendre et fuir son regard en public alors qu'ils étaient jadis amis.

Pendant ce temps, que fait Rosalie ? Rien. Ou plutôt, si : elle sourit, excessivement. Au piano, elle rabâche toujours les mêmes pièces, véritables rengaines, avec toujours les mêmes erreurs. Très créative, elle en invente de nouvelles chaque semaine (des erreurs, pas des pièces !). Avec un acharnement qui ressemble parfois presque à de la bêtise, elle s'abrutit à jouer à toute vitesse des bouts de n'importe quoi assemblés dans un désordre étourdissant et surtout sans s'arrêter. Surtout, ne pas laisser place au silence...

Elle m'avait prévenue avant notre première rencontre de septembre : "Moi, ce que j'aime au piano, c'est faire n'importe quoi." Je lui avait pourtant dit qu'elle n'avait pas besoin de moi pour cela, mais elle avait tenu malgré cela à être mon élève, parce que j'étais gentille, douce et "le meilleur professeur".

Dans son comportement, je sens l'absence du père qui malgré lui est écarté de sa vie de manière autoritaire, banni par la mère contrôlante, et je sens le désintérêt de la mère qui essaye de faire passer sa fille pour une victime au yeux du monde - comme elle le fait pour elle-même - pour attirer sympathie et compassion. La mère travaille de nuit et n'est donc pas là le soir pour surveiller les pratiques de sa fille, mais de toutes façons, elle s'en fout. Puisque c'est le père qui paye. Il faut bien qu'il paye pour le mal qu'il a fait. Que Rosalie progresse ou non n'a aucune importance pourvu qu'il débourse pour les enfants qu'il a "abandonnés".

J'ai tenté d'être compréhensive au début, mais connaissant aujourd'hui la situation plus en détail et les deux côtés de la médaille, je n'ai réellement aucune compassion pour cette femme qui est en train de détruire l'enfance de ses enfants, de saccager la relation privilégiée qu'ils avaient avec leur père, de façonner leur regard de manière irréversible, par pure jalousie, méchanceté, hargne, haine... C'est sa vengeance. Tout cela soit disant au nom des enfants, prétexte trop facile dont elle abuse largement avec un art de faire chanter ses proches et de contrôler les pensées et les actes du monde autour d'elle.
Je ne souhaite pas rentrer dans ce jeu.

Aujourd'hui, elle tente de me faire croire qu'elle veut arrêter le piano, parce qu' "elle n'est pas bonne" (dixit la mère). En réalité, elle cherche un autre professeur qui la laisserait faire ce qu'elle veut, c'est à dire n'importe quoi. Je l'ai appris de mon petit doigt...

Le lien de confiance est brisé. À qui la faute ? Je suis triste de cela. Mais on ne peut rien faire sans la coopération de la mère. Rien. Définitivement rien.

Un jour, Rosalie se réveillera et s'apercevra que le monde n'est peut-être pas celui que sa mère a façonné autour d'elle. Un jour, Rosalie se réveillera. Un jour, peut-être.

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