mardi 30 août 2011

Avant de reprendre le rythme scolaire, la routine automnale et de se préparer à entrer dans la rudesse de l'hiver québécois, nous avons entrepris ces deux dernières semaines une dernière virée estivale, à deux cette fois-ci. Notre objectif : découvrir la côte sud de la Baie des chaleurs dont nous avions l'an passé exploré la version gaspésienne. Notre curiosité nous a donc menés au Nouveau-Brunswick (le petit carré rose coincé entre le Québec et la Nouvelle-Écosse), province maritime canadienne, seule province officiellement bilingue au Canada, à l'Est du Québec. 


Toujours bien équipés de notre monture à toute épreuve, je veux nommer le Superban (Suburban) d'Éric, nous avons commencé par longer le fleuve jusqu'à Rivière-du-loup au Québec et mis le cap à l'Est pour changer de province. Ainsi commençait notre périple de onze jours.

Après quelques 850 Km, nous nous sommes posés à Caraquet, petite ville côtière de la péninsule acadienne. Ainsi, nous allions découvrir l'Acadie.


Non, l'Acadie n'est pas un pays ! Elle l'a été mais ne l'est plus. Aujourd'hui, c'est une histoire, une culture, des gens qui se souviennent avec ardeur de leurs racines françaises maltraitées depuis le XVIIIe siècle par des décennies de résistance, de fuite face à l'imposante présence anglaise, qui défendent encore aujourd'hui bec et ongles la francophonie et n'hésitent pas à afficher en grand leur appartenance culturelle tricolore étoilée.


Je ne me lancerai pas maintenant dans une leçon d'histoire mais si vous avez un peu de temps, cela vaut la peine de vous y attarder pour comprendre un peu la culture acadienne. 

"Pour bien comprendre, il faut remonter le temps et se souvenir que les premiers colons français sont arrivés en 1604 tout au sud du Nouveau-Brunswick actuel. Ils sont arrivés avec l'expédition menée par Samuel de Champlain. « Ils venaient du Poitou, du Berry, de Touraine et d'Anjou » précise la jeune femme heureuse, en cette après-midi ensoleillée, de montrer qu'elle, elle connaît la France. Le travail ne leur faisait pas peur. En un siècle, ils ont su apprivoiser les marais, défricher les bois pour en faire des terres cultivables et la communauté à commencer à prospérer. « D'autres colons, venus d'Angleterre, débarquèrent par la suite. Eux, ne maîtrisaient pas les techniques d'assèchement et ça ne s'est pas bien passé ». En 1713, un traité signé dans les salons de la vieille Europe donne le contrôle du territoire à Londres. Et il est demandé aux Acadiens francophones de signer allégeance à la Reine d'Angleterre. Le refus est catégorique, pas question de devenir citoyens britanniques, ce qui impliquait d'abandonner le français pour l'anglais, mais surtout de se convertir au protestantisme, impossible pour ces farouches catholiques.

Les pionniers arrachés à leurs terres
Le drame survient en 1755 lorsque les Anglais décident d'expulser de force les Acadiens, confisquant au passage terres et maisons. Ce tragique épisode de l'histoire acadienne est connu sous le nom du Grand Dérangement. Embarqués de force sur des chaloupes puis chargés sur des navires partant vers l'exil, 8.000 à 10.000 hommes, femmes et enfants seront dispersés entre les Etats-Unis, le Québec, la Louisiane, l'Angleterre et la France. Les familles furent à jamais dispersées. Lorsque les rescapés, surnommés les « piétons de l'Atlantique » purent revenir, ils trouvèrent des colons anglais sur leurs terres. Alors ces Acadiens reprirent leur bâton de pèlerin et, une nouvelle fois, se remirent à défricher pour entamer une nouvelle vie. C'est en divers points des Maritimes, les provinces atlantiques battues par les vents qu'ils posèrent leur baluchon mais aussi en Gaspésie québécoise."

Extrait de Destination Nouveau-Brunswick, article d'Olivier Bachelard paru dans l'Ardennais, le 8 mai 2011.
Pour lire l'article dans son intégralité, c'est ici
Les autres articles sur le sujet dont vous trouverez les liens en bas de page sont également très intéressants. À explorer !


Profitant de notre halte acadienne, nous nous sommes rendus au Village historique acadien. La journée que nous y avons passée restera pour moi un des moments forts de notre voyage. J'y reviendrai un peu plus tard. À suivre, donc !

Les autres articles du voyage : 
Nouveau-Brunswick
Île du Prince-Édouard
Nouveau-Brunswick (suite)

Posted by Marie Posted on 23:00:00 | No comments

N.B. : intermède 1

La vie des bêtes

Le petit monde enchanté de l'aquarium de Shippagan
Le Village historique acadien, Nouveau-Brunswick, Canada

L'Acadie n'a pas de pays, mais elle a son village ! Un petit village, près de Caraquet, reconstitué avec une quarantaine de bâtiments soigneusement choisis, étudiés, démontés, transportés, remontés sur le site et restaurés par les équipes de passionnés du Village Historique Acadien. Comme un vrai village, il a son école, sa chapelle, son moulin et son magasin général.
Mieux que n'importe quel livre d'histoire ce village nous raconte l'Acadie, son histoire, la culture, son architecture, les gens qui l'ont faite, leurs traditions, leurs métiers, leur environnement.




Nous n'avons pas eu trop d'un après-midi (5 heures de visite) pour arpenter les rues du village et aller à la rencontre des bénévoles qui y vivent durant la saison estivale, comme on vivait autrefois. Dans chaque maison, une femme pour la faire vivre. Dans chaque échoppe, un homme pour y exercer son activité, de forgeron, de menuisier, d'imprimeur ou de tonnelier.
Mazerolle, Martin, Robichaud, Doucet, Savoie, Poirier, Cormier... chaque bâtiment porte le nom de celui qui l'a construite, y a vécu ou y a travaillé. Chaque seuil franchi est le prélude à une conversation avec celui ou celle qui occupe les lieux et nous raconte sa vie à la fin du XVIIIe et XIXe siècle. Ils sont tous si investis de leur mission éducative qu'ils en deviennent confondants de crédibilité, chacun s'affairant aux tâches rudes d'antan, comme faire bouillir la marmite dans le foyer alors que dehors il fait 35°C à l'ombre... ou faire la vaisselle dans une petite cuvette en étain en économisant l'eau, une louche à la fois... ou encore éplucher un bouleau pour en faire un balais qui durera une saison.  


le forgeron au travail

la taille des bardeaux

l'atelier du tonnelier

la vaisselle du déjeuner

 
le filage de la laine

la fabrication d'un balais

 
sur les bancs de l'école

l'autobus

le moulin à farine, 1895

À mi-chemin de notre parcours, un pont couvert assure la transition entre deux époques. Une fois passée la rivière, nous voici dans un tout autre environnement, plus urbain et moderne, version XXe siècle fleurissant.
Dans le décor, une gare de chemin de fer, un poste de gaz (station essence), une scierie, un magasin général chic et bon genre, une caisse populaire, un grand hôtel confortable et de belles maisons bien équipées (cuisinière en fonte et eau courante). La vie moderne, quoi !  
 la gare, 1930

station service Irving, 1936


 le magasin général Nicolas D. Thériault, 1924

 le Château Albert, hôtel, 1910




 maison Chiasson, 1920


détail de la tapisserie

 maison McGraw, 1915


Un voyage dans le temps. Il était une fois, un village acadien...
C'est si bon de se faire raconter des histoires.

Pour en savoir plus sur le village historique acadien : Village historique acadien

Les autres articles du voyage : 
Nouveau-Brunswick
Île du Prince-Édouard
Nouveau-Brunswick (suite)


Posted by Marie Posted on 22:00:00 | No comments

N.B. : intermède 2

La vie des bêtes

Une étoile se croise les doigts dans l'aquarium de Shippagan.
Posted by Marie Posted on 21:30:00 | No comments

N.B. 3/11 : Caraquet, entre plage et port

plage du Bas-Caraquet

On trouve sur la côte acadienne de magnifiques plages de sable fin. L'eau y est plutôt très agréable, la plus chaude au Nord de la Virginie paraît-il. Nous avons bien tenté de nous y baigner, mais difficile d'avoir de l'eau plus haut que le genou ! Il faudrait marcher des centaines de mètres vers le large avant d'espérer pouvoir y nager. À voir notre maigre enthousiasme à courir les bas fonds, j'en conclus que nous ne sommes pas de grands amateurs de baignade en mer... Par contre, marcher le long de la plage dans le sable brûlant et se laisser refroidir la plante des pieds par le sable humide et les petites vagues caressantes, ça, j'adore !


Autres plaisirs de la mer : les petits soupers de fruits de mer au coucher du soleil
et les promenades sur le port.



Avant de quitter Caraquet et la péninsule acadienne, une petite visite du petit chalet de Caraquet qui nous a recueillis durant 2 nuits, bucolique et coloré. Notre coup de coeur ! Je l'aurais bien recommandé à quiconque aurait eu l'intention de visiter ce coin de pays, mais, lui et ses petits voisins seront bientôt transportés sur la plage pour y servir d'abris. À leur place seront construits de nouveaux chalets dits "suisses", encore plus charmants, paraît-il.

 Cabines de la Maison touristique Dugas, Caraquet, N.B.

Après trois jours de voyage, nous quittons Caraquet pour longer la côte acadienne en direction du Sud et rejoindre la ville de Shediac, auto-proclamée "Capitale mondiale du homard".

Les autres articles du voyage : 
Nouveau-Brunswick
Île du Prince-Édouard
Nouveau-Brunswick (suite)

Posted by Marie Posted on 21:00:00 | No comments

N.B. : intermède 3

La vie des bêtes

anémones rigolotes dans l'aquarium de Shippagan
Posted by Marie Posted on 20:30:00 | No comments

N.B. 4/11 : entre Caraquet et Shediac

Le quatrième jour de notre voyage, quittant Caraquet en matinée, poursuivant notre route vers le Sud, nous avons fait une petite halte déjeuner à Miramishi, ville anglophone où nous avons pour la première fois depuis le début de notre voyage pu expérimenter notre anglais de cuisine pour commander notre repas. Pas si pire ! Petite victoire pour nous deux !

Sur la route de Shediac, nouvelle petite halte pour le goûter. Nous nous sommes posés une petite heure sur la Dune de Bouctouche, immense plage longue de 12 Km, le long de laquelle serpente une passerelle en bois sur pilotis de 1,8 Km. Belle plage tranquille et gratuite de surcroît ! Ce qui n'est pas chose courante, je vous le dis !
Petit moment de détente et de trempette comme on aime.



Nous aurions pu visiter le Parc National de Koutchibougouac d'une part, dont l'intérêt aurait été d'y passer du temps, beaucoup de temps, pour y faire de la marche, du vélo, de la plage ou de l'observation des oiseaux, et le Pays de la Sagouine d'autre part, village inspiré de l'oeuvre d'Antonine Maillet, auteure canadienne native de Bouctouche. Mais nous avons fait le choix de rejoindre le Sud un peu plus vite, encore remplis des histoires du village historique acadien de Caraquet. Trop ce serait trop ! Il faut savoir ne pas abuser des bonnes choses !
Sur la route, nous nous sommes laissés intriguer par la maison-boutique-capharnaüm d'un sculpteur-antiquaire-patenteux un peu fou. Je suis repartie de chez lui avec une vieille table de machine à coudre en fonte Singer obtenue pour une bouchée de pain et que je m'évertue depuis notre retour à rénover pour en faire une table carrelée pour mon jardin.



Les autres articles du voyage : 
Nouveau-Brunswick
Île du Prince-Édouard
Nouveau-Brunswick (suite)

Posted by Marie Posted on 20:00:00 | No comments

N.B. : intermède 4

La vie des bêtes

drôle de regard dans l'aquarium de Shippagan
Posted by Marie Posted on 19:30:00 | No comments

N.B. 5/11 : Shediac comme port d'attache


Postés à Shediac pour trois jours, nous avons logé la première nuit dans un petit motel pas cher tenu par des asiatiques avec jolie vue et connexion informatique garantie ! Les deux nuits suivantes, nous avons migré dans un très mignon chalet, spacieux et confortable. Un vrai bonheur de se poser dans ces petites maisons !


Shediac sera notre port d'attache pour les trois prochains jours, dont nous partirons en excursion tantôt pour aller visiter la ville de Moncton, son mascaret et son musée acadien, tantôt pour aller explorer l'Île-du-Prince-Édouard, minuscule province canadienne.


Autoproclamée "Capitale mondiale du homard", Shediac affiche sa fierté sans vergogne.

  

Profitant encore d'une magnifique soirée, après avoir fait un rapide tour de la ville, nous nous sommes rendus sur le port, rendez-vous couru semble-t-il à l'heure du coucher de soleil. C'était drôle d'y voir parader les amateurs de vieilles voitures qui semblaient s'être passé le mot pour  un défilé informel. Ce soir, on la sort !




Assis à la table d'un resto panoramique et sympathique, nous nous sommes régalés de crevettes, pétoncles et poissons frais. Je me souviendrai longtemps de cette goûteuse chaudrée de fruits de mer dégustée sur le port, au coucher du soleil.
  
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