samedi 24 mai 2008

Posted by Marie Posted on 13:16:00 | 1 comment

le plus bel Opus

Avant de vous tenir au courant des rénovations en cours, je me devais de présenter à ceux qui ne l'ont pas encore vue notre plus belle oeuvre commune après la salle de piano et la charlotte aux fraises : notre jolie salle de bain qui nous a valu neuf mois de travaux continus. Eh oui ! C'est comme ça quand on veut toujours tout faire tous seuls.

Comme tous bons rénovateurs, nous avons tout cassé, fait table rase du passé en éliminant toute trace des anciens propriétaires, inversé lavabo et baignoire, changé l'orientation de la cuvette des toilettes (un détail !),
modifié l'installation électrique et la plomberie, remonté les murs, isolé, carrelé, peint...


l'ancien coin lavabo devenant le coin baignoire...










Que fait-on quand on manque de place pour opérer ?

On s'installe dans la baignoire pour couper les carreaux !









Prière de ne pas déranger Michka.












... et l'ancien coin baignoire devenant le coin lavabo.













Après neuf mois de travaux acharnés, en mars 2007 la salle de bain fut officiellement déclarée définitivement achevée !





Pour les visites : entrée libre sur réservation.

Bientôt la suite des rénovations avec un nouvel épisode en cours de composition : LA CUISINE.

vendredi 23 mai 2008

Posted by Marie Posted on 20:06:00 | 1 comment

petite soeur au Canada


Je me suis levée résidente permanente, je me coucherai Canadienne.
Grande et belle journée que cette journée de consécration où le Canada tout entier m'a accueillie dans ses bras généreux.
Je ne suis pas sûre de réaliser tout à fait... c'est étrange... je ne suis plus une immigrante en attente de reconnaissance; je suis UNE VRAIE CANADIENNE !!!

Récit d'une journée citoyenne.

4h00 du matin. Je ne dors plus.
Les réveils sonneront à 6h10 précise. Deux réveils valent mieux qu'un un jour comme celui-là.
Reste deux heures à dormir. Le soleil pointe déjà et la maison s'illumine peu à peu. Je resterai somnolente sans parvenir à retrouver le sommeil.
La journée sera longue.
J'étais convoquée à 8h15 à Montréal pour l'examen de connaissances sur le Canada, son histoire, sa géographie...

Assis sur des chaises d'écoliers, francophones d'un côté, anglophones de l'autre, nous attendions de passer notre test. La première étape qui consistait à écrire son nom sur le formulaire de réponse ainsi que son numéro "de client" aurait pu être tout à fait anodine, mais, associée à la tâche plus originale qui consistait à noircir des petits ronds dans des colonnes situées sous chaque lettre de notre nom sur une ligne correspondant au rang de la lettre dans l'alphabet, elle devenait une véritable épreuve pour nombre de candidats qui ont vraisemblablement eu de la difficulté comprendre les consignes dictées oralement. Peut-être le test de langue (français ou anglais) commençait-il à ce moment-là ?
Nous avions une demi-heure pour répondre à vingt questions à choix multiples du genre :

Qui a le droit de voter aux élections ?
a - les propriétaires
b - les immigrants reçus
c - les citoyens canadiens
d - les chefs d'entreprise

Quelles sont les langues officielles du Canada ?
a - l'espagnol et l'anglais
b - le français et l'italien
c - le québécois et l'anglais
d - le français et l'anglais

Bon, je vous jure, je n'exagère pas.
Parmi les vingt questions, deux nécessitaient des réponses correctes sous peine d'être éliminatoires. Je crois avoir fait un sans-fautes.

À l'issue de cette épreuve, nous nous rendions dans la grande salle de cérémonie. Chaque candidat allait être appelé à l'un des trois bureaux où trônaient trois agents du gouvernement. Pendant que nous attendions, nous percevions des bribes de conversation de candidats interrogés. L'attente fut longue car certains cas furent particulièrement litigieux et méritaient sans doute que l'on s'y attarde :
- un homme qui n'a pas déclaré tous ses voyages à l'étranger effectués avant sa demande de citoyenneté, trahi par son passeport... son dossier doit être réexaminé par un juge.
- un autre qui n'a pas déclaré d'emploi depuis son arrivée au Canada - depuis quatre ans, peut-être - éveille les soupçons du gouvernement...
- une femme dont les deux enfants sont nés au Canada - donc citoyens canadiens - a échoué à l'examen écrit et devra se représenter pour une entrevue orale...

9h40 : Quand ce fut mon tour, je me suis sentie bien limpide. L'agente me questionne sur mon métier, mes employeurs, mon domicile, mes allers-retours avec la France, compare les réponses que je lui fais aux déclarations faites par écrit lors de ma demande de citoyenneté et aux cachets des douanes accumulés dans les pages de mon passeport. Mes réponses semblent la satisfaire.

9h50 : Feu vert semble donné pour que me soit accordée la citoyenneté. En attendant la cérémonie officielle, je vais pouvoir retrouver Éric qui doit s'impatienter comme un chat prisonnier dans sa cage. Surprise ! Claudette est déjà là, envoyée en éclaireur par mes autres amis Florence, Louise et Normand qui patientent dans la voiture.

10h00 : une bonne heure pour aller prendre un café ! Selon le portier, la cérémonie ne débutera pas avant 11h00. Nous voilà partis à sillonner les rues désertes du centre ville administratif cernés de parkings et de béton nu à la recherche d'un refuge pour passer le temps, ensemble. Après enquête, j'ai trouvé un petit coin tranquille au deuxième étage d'un édifice apparemment désertique. Petite pause "muffin et café" au Café suprême de la tour Hilton.

11h00 : nous revenons dans le fief du gouvernement pour la cérémonie officielle. Surprise ! Mon amie Lucie est là !... attendant patiemment que je pointe mon nez. Ah... belles surprises que me réserve cette matinée !
Et puis, attente... longue attente... Heureusement que Claudette et Lucie ont de la jasette !

12H00 : on annonce le début de la cérémonie dans 5 minutes.
5 minutes gouvernementales valent bien plus que des minutes ordinaires...
Claudette commence à trépigner sur sa chaise et peste comme une vraie Québécoise contre le gouvernement fédéral.

Deuxième annonce, mouvement de foule : nous pénétrons dans la salle de la cérémonie. Entourée de ma gang d'amis impatients, je m'assieds au fond de la salle, au dernier rang, près du radiateur. À nous seuls nous occupons un rang entier... ou presque. Nous nous levons pour accueillir le juge, bedonnant et rougeoyant. Il esquisse quelques mimiques clownesques pendant le discours du greffier pour dérider les membres trop sérieux de l'assistance.
Après un petit mot d'introduction, en écho à sa grosse voix rocailleuse, nous prononçons tous ensemble le serment de citoyenneté. Soixante quinze immigrés provenant de 28 pays différents dont certains dont on ne soupçonne même pas l'existence. Parmi nous des familles entières ! En le temps de le dire, nous sommes tous proclamés Canadiens ! Applaudissements, sourires, émotion. Le juge nous félicite et nous appelle, l'un après l'autre, pour nous remettre le certificat de citoyenneté, la carte officielle de citoyen du Canada et un pin's (on dit "éplinglette", ici) du 60e anniversaire de la citoyenneté canadienne. Pour chacun, il a eu un petit mot discret, personnalisé.
"Mawie Mioulew !"... Je me lève et me dirige vers le juge, immédiatement suivie par Claudette, photographe de la minute officielle. Il me sert la main chaleureusement de sa grosse pattasse large et calleuse en me demandant d'un ton paternaliste : "Where are you from ?" "Euhhhh..."... "de Mont-Saint-Hilaire" ai-je failli lui répondre avant de me raviser avec un "de France !" davantage surprise par le sens de la question que par le choix de l'anglais pour me la poser.
Lorsque tous les certificats sont distribués, nouveaux Canadiens vibrants de notre nouveau statut accompagnés de la voix de nos invités, tous ensemble, nous entamons avec fierté, à l'unisson de la bande sonore : "Ô Caaaaanadaaaa ! Terrreuuu de nos aïeuuuuuux.... ".
Après quelques applaudissements, le juge conclut la cérémonie par un discours touchant témoignant de son histoire personnelle, lui-même fils d'immigrés, fier de son pays et de son rayonnement positif à travers le monde : "Le plus beau pays du monde !". "Désormais, VOUS ÊTES DES CANADIENS ! BIENVENUE DANS LA GRANDE FAMILLE DU CANADA !!!".
Échanges de poignées de main, embrassades, étreintes chaleureuses en signe de fraternité...
Clic-clac, merci Kodak. Le moment est immortalisé dans la bonne humeur générale et sous les applaudissements de mes fidèles supporters : Éric, Lucie, Florence, Claudette, Louise et Normand. "Ah ! Il y a de la parenté ici !?" avance le juge. Oui, c'est ma petite famille du Canada.

J'ai reçu ces jours-ci plein de petits signes d'encouragement, de soutien, d'affection de la part de mes amis québécois qui n'ont pas attendu le gouvernement pour m'adopter et de mes amis français qui ont jadis accepté de me laisser partir sous d'autres cieux. Merci à tous pour leur présence, leur ouverture, leur compréhension et leur fidélité !

Mes parents, mes vrais parents, eux-aussi étaient présents, à leur manière, malgré la distance... Ce beau bouquet ensoleillé reçu hier était un tendre signe de leur présence discrète, accompagnant l'ouverture de leur famille vers un nouveau monde...


Nous nous sommes retrouvés ensuite tous les sept pour marquer l'évènement au Commensal de la rue Sainte-Catherine, puis nous sommes dispersés pour reprendre le cours de nos vies respectives, avec un supplément de citoyenneté...

vendredi 16 mai 2008

Posted by Marie Posted on 23:02:00 | No comments

Portrait de famille


Ma tribu en habits de lumière


de gauche à droite

(debout) Jean, Pierre, Vincent, François

(sur les accoudoirs du trône) Le Père et sa fille

(assise) la môman de tous ces grands gaillards (mais surtout la mienne !)


Les rassemblements de la famille au grand complet sont assez rares
pour mériter d'être immortalisés.

Voilà qui est fait.

Photos réalisées lors du mariage de Vincent et Pauline
à l'Abbaye de Royaumont, le 19 avril 2008

Posted by Marie Posted on 20:13:00 | 3 comments

Citoyenneté et appartenance


Je l'ai reçue ! Je l'ai reçue ma convocation du gouvernement Canadien à l'examen de citoyenneté ! Le 23 mai prochain, je serai sur les bancs du bureau de citoyenneté pour répondre à une série de questions à choix multiples sur l'histoire, la géographie, le système politique et judiciaire et le fonctionnement des élections du Canada. Si je coche les bonnes cases (faut pas que je me trompe !), je serai admise comme citoyenne du Canada. Une cérémonie aura lieu le jour-même pour officialiser mon nouveau statut.

Toute émue d'une telle annonce, je suis moi-même étonnée de l'émotion que cet évènement suscite en moi subitement à l'approche du jour "J" alors que je ne considérais cela au départ que comme une formalité administrative. Je prends soudain conscience de l'impact de cette intronisation comme signe officiel de la reconnaissance d'un pays pour ses immigrants, reconnaissance de leur choix, reconnaissance du long parcours qui les a menés jusque là et leur a donné envie d'y rester. C'est une célébration hautement symbolique qui marque l'aboutissement de la longue aventure qu'est l'immigration. Sa consécration.
Cependant, mes amis québécois me font bien comprendre qu'il n'était pas nécessaire de me livrer à ce folklore canadien pour qu'ils me reconnaissent et m'admettent parmi eux comme faisant partie des leurs. Leurs petits témoignages d'adoption me touchent beaucoup et participent, depuis le début, largement et heureusement à la réussite de mon intégration.

Le Québec reconnaît ses immigrants comme Québécois à part entière dès lors qu'ils ont choisi de vivre sur son territoire. Mais cette reconnaissance, si elle donne presque tous les droits (assurance maladie, assurance chômage, assurance de payer des impôts…) ne donne pas le droit de vote. Pour voter au Québec, il faut obtenir le statut de citoyen CANADIEN. L'examen de citoyenneté est donc un passage obligé pour obtenir le droit de faire entendre sa voix, aussi petite soit-elle.

Si ce point de vue est assez acceptable du point de vue de l’immigrant (choisi par le Québec, accepté par le Canada), il l’est beaucoup moins du point de vue du Québécois indépendantiste (on dit : "souverainiste") qui conteste à la base le principe-même que le Canada décide du sort des Québécois.


Le Canada est un énorme pays qui réunit des provinces aux intérêts très disparates, parfois si divergents qu’il semble parfois bien difficile de satisfaire des préoccupations respectives aussi diverses. Le Québec, îlot francophone au milieu d’un océan anglophone, se sent à part. Il réclame depuis des décennies son indépendance pour avoir enfin le droit de décider pour lui-même, par lui-même. Le sujet est assez sensible… Lancez le débat de l'indépendance dans un party entre amis, la chicane va pogner. Demandez à un souverainiste ce qu'il pense du Canada, il se mettra à sacrer aussitôt comme un charretier...

En ce qui concerne les procédures-mêmes de l’obtention de la citoyenneté, elles sont à la fois tout à fait louables sous certains aspects et assez contestables sous d’autres.
L’examen en lui-même est un concept intéressant. Il oblige les candidats à posséder un minimum de connaissances sur le pays d’accueil : son histoire, sa géographie, son économie, ses valeurs, son système politique, le fonctionnement électoral… C’est une culture générale que chaque citoyen devrait posséder, quelque soit le pays. La chose serait applicable pour n'importe quel pays civilisé quoi que tout de même plus ardue au niveau historique pour un vieux pays comme la France dont l'histoire remplit des dizaines de pages (des centaines...) dans les manuels scolaires. L’histoire du Canada, elle, se résume pour les grandes lignes en deux pages dans le manuel du gouvernement.
Après l'examen, la cérémonie officielle rend le moment très solennel et, je le crois, très émouvant, en particulier pour les immigrés provenant de pays en crise, sous régime autoritaire voire dictatorial, qui trouvent dans le Canada leur refuge et leur salut. Je trouve formidable qu’un pays permette ainsi à ses immigrants d’adopter une nouvelle nationalité, de la choisir sans avoir de surcroît à renoncer à leur nationalité d’origine (sauf exception pour la Belgique ou la Suisse qui obligent à faire un choix). En devenant Canadienne, je resterai donc Française. Française ET Canadienne. N’est-ce pas merveilleux ?

Mais toute belle médaille a son revers. Le Canada est un pays démocratique… dirigé par une Reine ! Qui plus est, la Reine D’ANGLETERRE !!! Pour officialiser son nouveau statut, le nouveau citoyen doit prononcer lors de la cérémonie le « serment d’allégeance à la Reine » qui fait hurler les Québécois. C’est un des nombreux paradoxes du Canada. Pour avoir le droit de voter, je vais donc devoir prononcer ces mots, comme une athée que l’on obligerait à dire le Notre-Père, en me pinçant le nez et en attendant que ça passe...
« Je jure fidélité et sincère allégeance à Sa Majesté la Reine Élizabeth Deux, Reine du Canada, à ses héritiers et successeurs et je jure d’observer fidèlement les lois du Canada et de remplir loyalement mes obligations de citoyen canadien. »
Voilà les mots en question. Je vous vois sourire... De plaisir ou de compassion ? Tout le monde s’accorde à dire que c’est tout de même aberrant de demander aux immigrants de prononcer ce serment qu’aucun Québécois de souche n’a jamais prononcé ni eu à prononcer de sa vie. C’est obliger les immigrants à être plus royalistes que le roi ! Parmi les députés québécois récemment élus au Canada, qui ont eu à prononcer publiquement un discours similaire, certains en ont bafouillé gravement...
Et pour finir, nous entamerons en chœur et avec ferveur le célèbre hymne national : Ô Canada. Quel sens donner à un hymne sinon celui de l'évènement qui l'accompagne ? Je n'ai jamais vraiment vibré en entendant La Marseillaise, encore moins en la chantant, pour le peu que j'ai eu à le faire... Tout au plus m'a-t-elle aidée au cours de ma vie de musicienne à reconnaître l'intervalle de quarte ascendante (tiens, je pourrais me servir de Ô Canada pour la tierce mineure...). Définitivement, on ne fera pas de moi une patriote.
Cependant, j'avoue que si l'on m'avait donné le choix entre l'hymne québécois et l'hymne canadien, j'aurais choisi celui du Québec, province que j'ai choisie. Mais seulement voilà, cet hymne n'existe pas. Pas encore. Parce que le Québec "ce n'est pas un pays, c'est l'hiver !"... Alors, définitivement, Ô Canada, parce qu'il accompagnera le couronnement de mon immigration, aura pour moi ce jour-là la charge émotionnelle du long processus qui m'a menée jusque là.

En attendant le jour "J", je révise mes leçons. Éric m'interroge le soir, sur l'oreiller, en s'étonnant parfois des réponses dictées par le manuel fourni par le gouvernement... Et je frétille d'impatience en entonnant "Ôôôôô Caaaanadaaaa, Terrreuuuu de mes aïeuuuuux" sous la douche pour en assimiler les paroles. En français, pas en anglais ! Parce que je reste profondément francophone dans l'âme, malgré tout.

Pour vous mettre dans l'ambiance, voici un petit film qui fera vibrer plus d'un néo-Canadien, diffusé chaque matin à l'ouverture de la chaîne télévisée nationale de Radio-Canada. On y survole à grands traits le Canada d'Ouest en Est, d'un océan à l'autre. En fin de parcours, on y reconnaît le Québec dont on aperçoit furtivement successivement le Saint-Laurent, le Mont-Royal, la biosphère et le vieux port de Montréal, les cabanes à sucre, le Château Frontenac, le rocher percé, les Îles de la Madeleine et le ciel bleu de mes jours heureux... Si mon nouveau pays me reconnaît, moi aussi je le reconnais.


mercredi 14 mai 2008

Posted by Marie Posted on 07:30:00 | No comments

de ma vie comme de mes tulipes

Il y a quelques années, j'écrivais ceci :

Je trouvais dans le jardinage une métaphore à l’enracinement. J’avais la conviction intime que ce qui était semé à l’automne s’épanouirait au printemps. Chaque semence portait en elle la promesse d’un avenir qu’il restait à découvrir. Il en est de ma vie comme de mes tulipes.

(Entre deux, 2004)


Après une période de dormance, tout autour de moi semble soudain se mettre en bransle et se réveiller d'un profond sommeil. Mon quotidien d'enseignante se laisse distraire par les sollicitations faites à l'accompagnatrice de plus en plus fréquentes. Les rencontres se multiplient. Au travers de ces rencontres réitérées, les affinités se dévoilent, révélées par petites déclarations successives qui laissent entrevoir de nouvelles ouvertures vers des horizons plus enthousiasmants.
Le mouvement entraîne le mouvement. L'élan semble donné. Ma présence pianistique suscite attention. Des liens se tissent. La toile se resserre. On me "spote" pour un projet éducatif ambitieux. Puis un deuxième... On m'associe spontanément à la réflexion initiale qui permettra à ces projets de voir le jour, projets embryonnaires déjà riches du potentiel que portent en eux leurs initiateurs.

Il en est de ma vie comme de mes tulipes.
Chaque matin, je fais le tour du jardin et j'observe ce que la nuit a produit. Petits miracles quotidiens qui font éclore chaque jour de nouvelles formes, de nouvelles couleurs. C'est formidable ce que le temps peut faire. Ayez la foi du jardinier : semez donc, et laissez faire le temps ! Il produira de beaux fruits.

dimanche 11 mai 2008

Posted by Marie Posted on 21:35:00 | No comments

point d'orgue et reprise


Interrompue dans mon élan par une période de travail trop intensive pour me laisser le loisir de surfer sur la toile, j'avais fini par délaisser ces pages. J'avais même lentement apprivoisé l'idée de ne plus rien y ajouter.

J'avais commencé ce blog en octobre 2007 en pensant très fort à mes parents et mes amis restés en France. C'était une manière pour moi de les familiariser avec le quotidien de mon univers tout québébois, une manière de réduire la distance, de maintenir le fil parfois si fragile qui les relient à moi...
À l'annonce de son ouverture, il y eut déferlement de lecteurs, tous plus curieux les uns que les autres sous l'attraction de la nouveauté, certains enthousiastes, d'autres très silencieux. Une fois les premières visites de courtoisie effectuées, très peu ont suivi...

J'en suis venue doucement à la conclusion que, sans doute, ce mode de correspondance n'est pas celui qui convient à ceux pour lesquels je l'ai choisi. Mes amis ont sans doute d'autres choses à faire que de visiter mon blog. Et quand bien même ils n'auraient rien d'autre à faire, ils n'y penseraient peut-être même pas... Il faut être déjà surfeur habitué pour avoir l'idée de ce qu'est "un blog". Tout le monde n'est pas adepte de l'écran et de la souris et l'univers virtuel donne parfois le vertige à ceux qui ne s'y aventurent que rarement. Et puis, mes amis lointains, habitués depuis toujours à nos rendez-vous-retrouvailles exclusifs en tête à tête sont sans doute davantage en attente d'une correspondance aussi exclusive, personnalisée, qui leur serait adressée individuellement et leur révellerait quelque émotion plus intime... Je peux bien les comprendre.

Comme tout blogueur, je me suis trouvée un moment confrontée à la question du "À quoi bon ?". Pourquoi écrire ? Pour qui écrire ? J'ai compris qu'à défaut de réussir à retenir l'attention de mes amis du vieux continent ces pages me permettraient au moins de me souvenir, en conservant la mémoire de ces tranches de vie, de ces réflexions, de ces questionnements, de mon évolution dans ce paysage toujours plus familier, pour avoir pris le temps de les mettre en mots, en images, de leur choisir un titre... J'avais commencé à écrire pour les miens, je continuerai de le faire pour moi-même.

Parmi les quelques lecteurs fidèles qui ont sillonné ces pages durant les derniers mois, à peu près deux et demi ont continué de le faire régulièrement pendant le long silence dans lequel je les ai abandonnés, attendant avec impatience la suite du programme. Ils m'auront donné, par leur délicate impatience, le goût de reprendre le fil là où je l'avais laissé. En noircissant les prochaines pages de mon cahier virtuel, c'est un peu pour eux que j'écrirai, et un peu pour moi.

mardi 25 mars 2008

Posted by Marie Posted on 20:27:00 | No comments

c'est quand, les vacances ?



Je me mets hors circuit pour quelques jours, quelques semaines... happée par un "Marie-thon"* pire que celui de Noël (c'est dire !), genre de période un peu trop dense où s'enchaînent dans un rythme effréné répétitions, multiples concerts-marathon et concours d'élèves qui me laisseront sans répit pendant un moment.
À moins d'une envie irrépressible de sauter sur mon clavier pour vous communiquer quelque nouveau scoop (le printemps n'est pas prêt d'arriver...), je vais essayer de profiter du peu de temps qu'il me reste pour MOI !!!
Au plaisir de vous retrouver bientôt, ici ou ailleurs...
* n.d.l.r. : Marie-thon = marathon de Marie

vendredi 21 mars 2008

Posted by Marie Posted on 14:00:00 | 2 comments

C'est le printemps !


"C'est le printemps !", dit le calendrier. "C'est l'hiver !", dit la météo.
Cette année, notre printemps à nous n'a du printemps que le nom. À voir toute la neige accumulée sur le terrain, nous commençons à douter sérieusement d'apercevoir la couleur du gazon avant l'été.
Nostalgie d'un printemps où le mois de mars était le mois ou commençait le dégel, où la neige fondait en de gigantesques flaques d'eau dès le passage à l'heure d'été, où les ruisseaux se gonflaient pour se jeter insolents dans la rivière débordante, laissant espérer un printemps prochain verdoyant.
Mais, aujourd'hui, c'est l'hiver.
Dire que l'hiver ici dure six mois n'est plus un effet de langage, c'est...

LA RÉALITÉ !

"C'est le printemps !", dit le calendrier. "Ça va-tu finir un jour ???", s'impatientent les Québécois.
Mais heureusement, même dans le plus profond désespoir, les Québécois ne perdent pas leur sens de l'humour...

photo de Québec, envoyée par Normand.
Merci Normand !

dimanche 9 mars 2008

Posted by Marie Posted on 16:09:00 | 3 comments

plein la cour, plein l'dos, plein les bras...

Hier, nous avons enfin connu une vraie bonne grosse tempête de neige. Pas une petite lichtouille de 20 cm comme d'autres fois. Non ! Une bonne vieille grosse tempête des familles avec plus de 30 cm d'un coup (50 à certains endroits), des vents violents de 110 à 140 Km/h, des rafales de grésil qui fouettent le visage et empêchent d'ouvrir les yeux (nous avons testé pour vous, hier, lors d'une excursion "extrême" à l'épicerie) et une bonne grosse coupure de courant qui nous a rapidement convaincus, faute de chauffage, de nous réfugier sous la couette à neuf heures du soir. Petite soirée, donc. Mais grosse nuit de sommeil.

Certains n'hésitent pas à qualifier cette tempête de "tempête du siècle", obligeant des centaines d'automobilistes à abandonner leur véhicule sur l'autoroute et à regagner des abris de fortune offerts par les villes à proximité.

Au petit matin, le lendemain, pas le temps de niaiser, il faut se mettre au travail. Tout le Québec prend sa pelle et pelte, pelte... C'est le moment de se servir de ses petits bras musclés pour déplacer la neige et en faire des tas là où c'est encore possible, pour se frayer un chemin et accéder à son auto disparue sous une coquille blanche.

Depuis le mois de novembre, il est tombé 347 cm de neige sur la région de Montréal. Malgré quelques périodes de redoux, la neige s'accumule et on ne saura bientôt plus où la mettre.

Juste pour vous mettre dans l'ambiance, quelques petites photos de l'état des lieux ce dimanche matin.












Encore une comme ça et je lance une souscription pour une souffleuse à neige manuelle...


En signe de solidarité, préparez-vous à appeler le
3637 une souffleuse pour la vie.

jeudi 6 mars 2008

Posted by Marie Posted on 13:03:00 | 1 comment

à "cordes" perdues

Depuis un an que je m'y consacre deux ou trois heures par jour, ma passion soudaine pour le violoncelle n'est pas sans surprendre certains, surtout ceux qui m'ont toujours connue sous mon identité de pianiste.
L'un de mes amis me demandait encore cette semaine : « Pourquoi le violoncelle ? ». Pour faire une histoire courte, j'aurais pu répondre : « Parce que ». Mais bon, je doute que cette réponse l'eût satisfait. Il doit bien y avoir une raison, après tout. Même s'il est difficile de justifier une passion, j'ai tout de même tenté de trouver une réponse à sa question sans savoir réellement dans quoi je m'embarquais. Je vous livre ici la réponse du moment.

Pourquoi le violoncelle… Il s’agit sans doute de l'expression d'une certaine frustration de pianiste. Il y a dans le violoncelle une dimension que je ne trouve pas dans le piano et que j’ai tenté autrefois de trouver dans le chant (sans grand succès, je dois l'avouer) et qui quelque part devait me manquer. Je veux parler de la durée, la possibilité de faire vibrer le son, de l’amplifier ou de le diminuer, en un mot : de le faire vivre. Alors qu’au piano il meurt irrémédiablement après chaque attaque, même si, avec l’expérience et le savoir-faire, un peu d'artifice et d'habileté, on parvient à faire croire le contraire.

Il y a aussi pour moi le défi que représente la quête de... la justesse. Les pianistes ont la fâcheuse réputation (surtout auprès des cordes) d’avoir une oreille TRÈS paresseuse. J’avais sans doute envie de prouver le contraire et de me confronter à ces soi-disant limites de pianiste. Force est de constater que mon oreille - déjà pas si pire auparavant - s’affine avec le temps, sensiblement.
J'ai bien conscience que la quête de la sacro-sainte justesse est l'affaire de toute une vie. Quand bien même on croit la posséder, on s'aperçoit que le voisin n'a pas la même... Cela dit, c'est comme la vérité : ce n'est pas parce que la majorité dit la vérité qu'elle a forcément raison... Il n'y a pas UNE justesse, mais DES justesses... suivant la tension expressive de la phrase, suivant l'harmonie qui la sous-tend, suivant que l'on joue seul, avec d'autres cordes ou avec un piano... Bref, la justesse est le Saint-Graal des instrumentistes à cordes. Une leçon d'humilité pour qui l'approche et espère un jour la posséder.

Et puis, j’avais envie de pénétrer le microcosme de l’orchestre, de m’immiscer dans les rangs des basses et de connaître la vie de la gang d’instrumentistes potaches qui s’affairent sous la direction d’un chef tentant vaillamment de rassembler toutes ces énergies.

Depuis toujours, chaque fois que je rencontrais et accompagnais des violoncellistes, je me disais secrètement que « si je n’avais pas fait du piano, j’aurais fait du violoncelle ». Combien de fois me suis-je entendu dire à mes élèves pianistes adultes et débutants qu’ "il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves", et non seulement il n’est jamais trop tard mais IL FAUT les réaliser, pour ne pas avoir à les regretter lorsqu'il sera vraiment trop tard...

À l’aube de la quarantaine, j’avais besoin d’un projet de taille, un projet à long terme... pour les quarante prochaines années ! Un projet qui vaille la peine. Un projet de vie. De vie... musicale ! La petite voix a parlé un peu plus fort. Elle m'a soufflé à l'oreille qu’il fallait cesser de faire la morale aux autres et peut-être commencer par appliquer à soi-même les conseils que l'on prodigue à autrui. Alors, j’ai décidé de m'y mettre. Pour cela il fallait commencer par le début. Profitant d’une période un peu tranquille côté piano, je me suis plongée dedans à « cordes » perdues. Et voilà !

Mes débuts sont encore récents (un an et deux mois, c'est tout jeune !) mais je les trouve très encourageants. Comme les vrais violoncellistes, la corne me pousse au bout des doigts, je me promène avec mon instrument sur le dos et me soucie régulièrement de sa bonne santé en me rendant deux fois par an chez le médecin des violoncelles pour une petite révision et quelques petits ajustements.

Un instrument ne lui suffisait pas. Non ! Il lui en faut deux !!!

Si j’ai osé, c’est que j’ai senti qu’il y avait, ici, au Québec, de la place pour l'expérimentation, une certaine tolérance pour la polyvalence voire une incitation à l'éclectisme qu’il n’y a pas forcément en Europe... D’ailleurs, depuis que j’ai commencé le "bi-instrumentisme", je me rends compte qu’il y a autour de moi beaucoup de multi-instrumentistes. Ils ont en commun la gourmandise de la connaissance, la curiosité de l'inconnu, le désir du cheminement et l'humilité du recommencement...

Quoi qu'il en soit, le piano reste et restera mon premier instrument, celui que j’ai choisi avant tout, avant tous, que je maîtrise le mieux, avec lequel je m’exprime le mieux et qui me convient par-dessus tout parce qu'il est polyvalent, tantôt soliste, tantôt accompagnateur. En espérant qu'il me pardonne ces petites infidélités…

Ainsi, toute jeune avec mon nouvel instrument, je redécouvre le vrai plaisir d'apprendre avec le même émerveillement et la même impatience que lorsque j'avais six ans devant mon premier clavier.
C'est me redonner le goût pour le restant de ma vie du vrai et noble sens oublié du mot "amateur".

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