Interrompue dans mon élan par une période de travail trop intensive pour me laisser le loisir de surfer sur la toile, j'avais fini par délaisser ces pages. J'avais même lentement apprivoisé l'idée de ne plus rien y ajouter.
J'avais commencé ce blog en octobre 2007 en pensant très fort à mes parents et mes amis restés en France. C'était une manière pour moi de les familiariser avec le quotidien de mon univers tout québébois, une manière de réduire la distance, de maintenir le fil parfois si fragile qui les relient à moi...
À l'annonce de son ouverture, il y eut déferlement de lecteurs, tous plus curieux les uns que les autres sous l'attraction de la nouveauté, certains enthousiastes, d'autres très silencieux. Une fois les premières visites de courtoisie effectuées, très peu ont suivi...
J'en suis venue doucement à la conclusion que, sans doute, ce mode de correspondance n'est pas celui qui convient à ceux pour lesquels je l'ai choisi. Mes amis ont sans doute d'autres choses à faire que de visiter mon blog. Et quand bien même ils n'auraient rien d'autre à faire, ils n'y penseraient peut-être même pas... Il faut être déjà surfeur habitué pour avoir l'idée de ce qu'est "un blog". Tout le monde n'est pas adepte de l'écran et de la souris et l'univers virtuel donne parfois le vertige à ceux qui ne s'y aventurent que rarement. Et puis, mes amis lointains, habitués depuis toujours à nos rendez-vous-retrouvailles exclusifs en tête à tête sont sans doute davantage en attente d'une correspondance aussi exclusive, personnalisée, qui leur serait adressée individuellement et leur révellerait quelque émotion plus intime... Je peux bien les comprendre.
Comme tout blogueur, je me suis trouvée un moment confrontée à la question du "À quoi bon ?". Pourquoi écrire ? Pour qui écrire ? J'ai compris qu'à défaut de réussir à retenir l'attention de mes amis du vieux continent ces pages me permettraient au moins de me souvenir, en conservant la mémoire de ces tranches de vie, de ces réflexions, de ces questionnements, de mon évolution dans ce paysage toujours plus familier, pour avoir pris le temps de les mettre en mots, en images, de leur choisir un titre... J'avais commencé à écrire pour les miens, je continuerai de le faire pour moi-même.
Parmi les quelques lecteurs fidèles qui ont sillonné ces pages durant les derniers mois, à peu près deux et demi ont continué de le faire régulièrement pendant le long silence dans lequel je les ai abandonnés, attendant avec impatience la suite du programme. Ils m'auront donné, par leur délicate impatience, le goût de reprendre le fil là où je l'avais laissé. En noircissant les prochaines pages de mon cahier virtuel, c'est un peu pour eux que j'écrirai, et un peu pour moi.
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