lundi 20 juin 2011
Dimanche matin, 6 heures : on sonne et tambourine à notre porte. Dans un demi-sommeil, je grogne, je me lève, jette un coup d'oeil à la fenêtre, ne vois rien ni personne et me recouche, finalement. Quelques secondes plus tard, quelques bruits étouffés de pétards retentissent. C'était la fête chez deux de nos voisins la veille. Ils exagèrent de faire tant de bruit, à cette heure-ci ! Éric plus inquiet que moi se lève à son tour, jette un coup d'oeil par la fenêtre et crie : "Hey ! La maison de Stéphane brûle !".
Affolée, je sors en trombe rejoindre mes voisins qui, en pyjama et pieds-nus dans la rue, ont échappé de justesse par la fenêtre de leur bureau à l'enfer de la fumée noire et opaque qui les a réveillés.
En peu de temps, toute la rue est là à observer le spectacle désastreux d'un feu discret mes ravageur, tous impuissants à faire quoi que ce soit pour soulager nos voisins paniqués, condamnés à attendre le secours des pompiers... en espérant qu'ils fassent vite.
Ainsi commençait ce beau dimanche ensoleillé.
Les pompiers sont restés longtemps présents, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucun doute sur la présence de foyers de combustion. Tout le reste de la journée nous avons assisté à une succession de visites bien orchestrées : policiers, pompiers, photographes de tous genres, autobus d'aide aux sinistrés rouge-pompier-de-France, service incendie de la ville qui a permis aux propriétaires de récupérer quelques biens inondés (papiers, ordinateurs...), entreprise de barricadage venue faire un peu de ménage sur et autour de la maison et sécuriser les ouvertures pour éviter toute intrusion, et même une entreprise de nettoyage après sinistres qui, flairant la bonne affaire et le contrat potentiel, est venu déposer sa carte d'affaire... Le malheur des uns fait le bonheur des autres ! Il y a un marché du sinistre...
La maison est déclarée "perte totale" mais nos voisins sont sains et saufs !
Acte criminel ou accident ? On ne sait encore quelle en est la cause.
Pleine de compassion et d'empathie pour mes chers voisins, couple à peine plus âgé que nous, j'aurais voulu pouvoir les aider, les soulager, les consoler. À part prêter une robe de chambre à mon voisin en bedaine et leur donner en guise de remontant un peu de mon gâteau-aux-fruits-secs-fait-maison-tout-frais-de-la-veille, je ne me suis pas sentie très utile. J'aurais voulu faire bien plus; d'autres s'en sont chargé à ma place. Ils sont bien entourés par leur famille. Je me suis contentée de leur dire ma présence, en cas de besoin. Quand on n'a plus rien, de quoi a-t-on le plus besoin ? Quand on a tout perdu, par quoi faut-il commencer ?
Il leur faudra bien du temps et du courage pour se reconstruire un lieu de vie. Ils ont beau avoir une bonne assurance, c'est le début de longues démarches, souvent pénibles et usantes. Elle avait fait elle-même toute la rénovation du rez-de-chaussée avec un souci maniaque des détails et un soin méticuleux et perfectionniste à faire pâlir n'importe quel professionnel du bâtiment. Ils étaient en train de refaire tout le sous-sol... Tous ces efforts et ce temps passé partis en fumée ! Tout est à recommencer. Comment ne pas être découragé ?
Acte criminel ou accident ? On ne sait encore quelle en est la cause.
Pleine de compassion et d'empathie pour mes chers voisins, couple à peine plus âgé que nous, j'aurais voulu pouvoir les aider, les soulager, les consoler. À part prêter une robe de chambre à mon voisin en bedaine et leur donner en guise de remontant un peu de mon gâteau-aux-fruits-secs-fait-maison-tout-frais-de-la-veille, je ne me suis pas sentie très utile. J'aurais voulu faire bien plus; d'autres s'en sont chargé à ma place. Ils sont bien entourés par leur famille. Je me suis contentée de leur dire ma présence, en cas de besoin. Quand on n'a plus rien, de quoi a-t-on le plus besoin ? Quand on a tout perdu, par quoi faut-il commencer ?
Il leur faudra bien du temps et du courage pour se reconstruire un lieu de vie. Ils ont beau avoir une bonne assurance, c'est le début de longues démarches, souvent pénibles et usantes. Elle avait fait elle-même toute la rénovation du rez-de-chaussée avec un souci maniaque des détails et un soin méticuleux et perfectionniste à faire pâlir n'importe quel professionnel du bâtiment. Ils étaient en train de refaire tout le sous-sol... Tous ces efforts et ce temps passé partis en fumée ! Tout est à recommencer. Comment ne pas être découragé ?
Depuis, cet évènement m'obsède. Je ne cesse d'y penser. Je me sens ébranlée et je ne crois pas me tromper en pensant qu'Éric aussi. Je pense bien sûr à mes voisins, à l'épreuve qu'ils vivent, au deuil qu'ils devront faire de toutes les traces matérielles de leur passé; cela me rend triste. Cela pourrait arriver à n'importe qui; cela me rend inquiète.
Bienheureux sommes-nous d'y avoir échappé, cette fois encore ! La maison est restée debout, malgré tout. Calcinée de l'intérieur. De longues traînées noires au-dessus des fenêtres en sont la trace. Elle est toujours là, mais vide, barricadée, condamnée. Ça aussi, c'est triste : une maison vide, désertée en catastrophe, inhabitable. Une maison morte. Sinistre tableau. Triste réalité qui nous saute en pleine face chaque fois que nous regardons par la fenêtre, chaque fois que nous franchissons le pas de la porte.
Il me tarde que la maison soit reconstruite, qu'elle revive ! Il me tarde de revoir mes voisins tondre leur gazon, bricoler dans le garage, relever le courrier, agiter la main de loin en guise de salut... Il me tarde que la vie reprenne son cours normal et sa part d'insouciance.
dimanche 19 juin 2011
En souvenir d'une journée extraordinaire, pleine de soleil, de sourires, de bonne humeur,
d'échanges, de solidarité et d'espoir.
d'échanges, de solidarité et d'espoir.
Gaz de schiste – Des milliers de Québécois réclament un moratoire de 20 ans
(article paru dans Rue Frontenac)
(article paru dans Rue Frontenac)
"Moratoire d'une génération"
Montréal, le 18 juin 2011
samedi 18 juin 2011
Je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous une petite vidéo prise lors du dernier concert de mes élèves et qu'une de mes élèves vient de me faire parvenir : le duo de William (11 ans) et Amy (13 ans), frère et soeur dans la vie.
On perçoit dans leur jeu quelques maladresses parfois mais ça reste pour moi malgré tout un duo touchant de fraîcheur et de candeur.
On perçoit dans leur jeu quelques maladresses parfois mais ça reste pour moi malgré tout un duo touchant de fraîcheur et de candeur.
vendredi 17 juin 2011
... pour une des causes qui m'indignent le plus dans un monde plein d'incohérences.
À voir et à entendre :
La lettre de Dominic Champagne, metteur-en-scène,
La lettre de Dominic Champagne, metteur-en-scène,
à Lucien Bouchard, représentant des industries gazières au Québec :
un plaidoyer pour la démocratie édifiant,
un appel à la mobilisation convaincant
et un encouragement au rassemblement citoyen
pour un moratoire sur l'exploration des gaz de schiste.
Demain, le 18 juin, aura lieu un important rassemblement sur la place publique :
Manifestation du 18 juin 2011
Qu'on se le dise franchement :
"on est en train de s'en faire passer une"
Le presque moratoire sur le gaz de schiste
est de la pure stratégie politique
pour calmer l'opinion publique
et servir l'industrie gazière
au détriment de l'intérêt des citoyens.
L'industrie représentée par Lucien Bouchard
a obtenu ce qu'elle veut:
le Comité d'évaluation proposé par le BAPE est devenu
un stratagème pour faire accepter l'inacceptable.
Le samedi 18 juin prochain,
les Québécois prendront la rue pour imposer le respect.
Que la démocratie se manifeste
pour dire au gouvernement et à l'industrie
C'est à nous de décider
On ne va pas se laisser forer!
C'est notre terre, c'est notre eau, c'est l'air qu'on respire
au Québec, rien ne justifie que l'on prenne le risque
de porter atteinte à notre milieu de vie.
Les techniques de forage et de fracturation sont dangereuses et invasives.
Les études récentes et les cas se multiplient pour le prouver.
Chaque forage ou fracturation est un pas de plus dans un engrenage.
Nos richesses naturelles nous appartiennent,
il nous appartient d'en disposer
proprement, correctement, collectivement.
Pour la protection de notre milieu de vie,
contre la supprématie des intérêts économiques de quelques uns au détriment du bien-être de tous,
pour la défense de la démocratie,
je marcherai, demain, le 18 juin.
Je rejoindrai les marcheurs de Rimouski qui, depuis un mois, remontent le fleuve
pour faire entendre leur voix à travers la province,
et traverserai avec eux le pont Jacques-Cartier de Longueuil à Montréal
pour nous joindre au grand rassemblement qui se dirigera finalement
vers le bureau du 1er ministre du Québec à Montréal
(rue Sherbrooke/McGill College).
pour la défense de la démocratie,
je marcherai, demain, le 18 juin.
Je rejoindrai les marcheurs de Rimouski qui, depuis un mois, remontent le fleuve
pour faire entendre leur voix à travers la province,
et traverserai avec eux le pont Jacques-Cartier de Longueuil à Montréal
pour nous joindre au grand rassemblement qui se dirigera finalement
vers le bureau du 1er ministre du Québec à Montréal
(rue Sherbrooke/McGill College).
C'est notre terre, c'est notre eau, c'est l'air qu'on respire
au Québec, rien ne justifie que l'on prenne le risque
de porter atteinte à notre milieu de vie.
Pour compléter le dossier sur les gaz de schiste, quelques liens à visiter :
Gazland, le film (vidéos)
Gaz de schiste 101 (vidéo)
Montage de nouvelles concernant le gaz de schiste
Gazland, le film (vidéos)
Gaz de schiste 101 (vidéo)
Montage de nouvelles concernant le gaz de schiste
lundi 13 juin 2011
Samedi après-midi avait lieu le concert de mes élèves. Quel beau moment de partage ! Quel bonheur aussi pour le professeur de constater les formidables résultats de son exigence, de sa rigueur, de son insistance et de son intransigeance aussi parfois ! Cela donne un beau et bon concert avec un programme éclectique bien assumé par chacun, avec maîtrise et musicalité, avec du caractère et de l'énergie. Magnifiques moments d'émotion, de plaisir et de bonheur partagé.
Le professeur est heureux et comblé.
Hier, dimanche, journée de grisaille.
Petit down pour la musicienne qui se sent soudain un peu seule et désoeuvrée à l'approche des vacances. Et pourtant, il y a tant à faire dans la maison. J'ai commencé à faire un peu de rangement, une séance de repassage annuelle, ai entamé un nouveau projet de couture, revisité des boîtes de bébelles de travaux manuels, y ai retrouvé un pain d'argile encore humide...
Alors, dans un petit moment d'oisiveté de ce dimanche pluvieux, je me suis assise à la table du salon et, durant deux bonnes heures, ai trituré, malaxé, ciselé, façonné et lissé la terre. Éric m'a rejointe et s'est prêté avec moi au jeu de la création spontanée.
Comme la pâtisserie les jours de pluie, je constate que le travail de la terre me change les idées. Je me sens plus légère après une bonne séance terreuse.
Après cette pause dominicale, les dix prochains jours seront une manière d'étirer la fin de l'année avant que les cours ne s'achèvent le 22 juin. Le temps de faire un petit bilan de l'année finissant et de semer quelques jalons pour celle à venir.
dimanche 5 juin 2011
Dimanche.
Aujourd'hui, après une longue interruption dûe aux multiples occupations du printemps (concerts, jardinage...), j'ai enfin retrouvé le chemin de ma montagne.
Une petite marche santé de 10 Km et quelques sur les sentiers du Mont Saint-Hilaire jusqu'aux sommets Rocky et Dieppe, ma promenade favorite.
passerin indigo
(cette photo n'est pas de moi... mais les autres, si !)
vendredi 3 juin 2011
Montage souvenir d'un week-end amoureux...
avec Brahms (et le Choeur de la montagne).
vidéo en meilleure résolution sur le site du Choeur de la montagne
jeudi 2 juin 2011
Ce sera bientôt le concert de mes élèves. Du plus petit (7 ans) à la plus grande (40 ans bien entamés), du débutant haut comme trois pommes au plus avancé déjà prêt à rentrer à l'université, en solo ou en duo, à 2 ou à 4 mains, ou en concerto sur 2 pianos...
Un rendez-vous saisonnier que beaucoup attendent avec impatience, parfois moins pour le concert lui-même que pour le goûter qui lui succède traditionnellement... !
Un moment de rencontre avec les parents, les familles... Un rendez-vous commun pour les différents membres des familles élargies, recomposées, décomposées... Un moment de partage autour du piano... puis autour du buffet !
Après ce concert, ce sera déjà un peu les vacances...
mercredi 1 juin 2011
Critique du Concert "Chants d'amour" du 29 mai 2011
par Julie Dufresne, M. mus. et chef de choeur :
"C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai assisté dimanche dernier au concert du Choeur de la Montagne. Cette chorale d’une centaine de choristes présentait le concert Chants d’amour à l’Église St-Matthieu de Beloeil. Avant de parler du programme, je ne peux passer sous silence la performance du gagnant du concours de musique, William Paré-Jobin, guitariste. À seulement 14 ans, ce jeune homme a hypnotisé tous les spectateurs par son jeu étonnamment mature et naturel. Les nuances, son aisance et sa grande musicalité m’ont touchée droit au coeur. Quelle belle carrière il a devant lui! Merci au Choeur de la Montagne d’organiser ce concours qui permet à des jeunes de la région de nous montrer tout leur talent.
La deuxième partie du concert commençait avec les Neue Liebeslieder de J. Brahms, une œuvre divisée en 15 petits chants parlant d’amour. Comme le mentionnait le chef Julien Proulx, l’amour romantique est plutôt sombre et torturé. La traduction dans le programme nous permettait de comprendre le texte en allemand et d’apprécier encore plus la musique. L’allemand étant une langue plutôt difficile à chanter pour des francophones, j’ai été étonnée par la prononciation des choristes. Il est évident qu’ils ont travaillé fort pour apprendre tout ça! Malgré quelques problèmes de synchronisme, cela n’altérait en rien le plaisir de les écouter. C’est dans les numéros à quatre voix que le choeur brillait le plus : l’homogénéité et la solidité de l’ensemble étaient impressionnantes. Par contre, les chants à une seule voix (le pupitre des sopranos, ou celui des basses, etc.) étaient fragiles : la confiance n’est pas encore parfaite lorsque les voix sont à découvert. Les choristes avaient la chance d’être solidement accompagnés par deux excellentes pianistes, Francine Lacroix, directrice générale du choeur et Marie Muller. La complicité entre les deux musiciennes était évidente et je ne doute pas que les choristes se sentaient soutenus, surtout lors des passages difficiles. (...)"
Suite de l'article, ici !
(lien obsolète)
par Julie Dufresne, M. mus. et chef de choeur :
"C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai assisté dimanche dernier au concert du Choeur de la Montagne. Cette chorale d’une centaine de choristes présentait le concert Chants d’amour à l’Église St-Matthieu de Beloeil. Avant de parler du programme, je ne peux passer sous silence la performance du gagnant du concours de musique, William Paré-Jobin, guitariste. À seulement 14 ans, ce jeune homme a hypnotisé tous les spectateurs par son jeu étonnamment mature et naturel. Les nuances, son aisance et sa grande musicalité m’ont touchée droit au coeur. Quelle belle carrière il a devant lui! Merci au Choeur de la Montagne d’organiser ce concours qui permet à des jeunes de la région de nous montrer tout leur talent.
La deuxième partie du concert commençait avec les Neue Liebeslieder de J. Brahms, une œuvre divisée en 15 petits chants parlant d’amour. Comme le mentionnait le chef Julien Proulx, l’amour romantique est plutôt sombre et torturé. La traduction dans le programme nous permettait de comprendre le texte en allemand et d’apprécier encore plus la musique. L’allemand étant une langue plutôt difficile à chanter pour des francophones, j’ai été étonnée par la prononciation des choristes. Il est évident qu’ils ont travaillé fort pour apprendre tout ça! Malgré quelques problèmes de synchronisme, cela n’altérait en rien le plaisir de les écouter. C’est dans les numéros à quatre voix que le choeur brillait le plus : l’homogénéité et la solidité de l’ensemble étaient impressionnantes. Par contre, les chants à une seule voix (le pupitre des sopranos, ou celui des basses, etc.) étaient fragiles : la confiance n’est pas encore parfaite lorsque les voix sont à découvert. Les choristes avaient la chance d’être solidement accompagnés par deux excellentes pianistes, Francine Lacroix, directrice générale du choeur et Marie Muller. La complicité entre les deux musiciennes était évidente et je ne doute pas que les choristes se sentaient soutenus, surtout lors des passages difficiles. (...)"
Suite de l'article, ici !
(lien obsolète)
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