dimanche 19 décembre 2010
Aujourd'hui, première journée de vacances. J'ai fait "atelier pâtisserie".
Pour ne pas faillir aux traditions alsaciennes, j'ai fait des Bredele*, tout l'après-midi. Plein de Bredele ! Natures, aux amandes et citron et aux noisettes avec confiture de framboise...
Après la série des concerts de Noël, voilà du concret ! Une belle entrée en matière pour le temps des fêtes.

Pour ne pas faillir aux traditions alsaciennes, j'ai fait des Bredele*, tout l'après-midi. Plein de Bredele ! Natures, aux amandes et citron et aux noisettes avec confiture de framboise...
Après la série des concerts de Noël, voilà du concret ! Une belle entrée en matière pour le temps des fêtes.

*Bredele : petits sablés au beurre, 100% pur beurre !
samedi 18 décembre 2010
Voilà. Samedi soir. Aujourd'hui avait lieu le concert de mes élèves. Mes nombreux élèves...
Je suis toujours émue de voir ce que chacun révèle de lui-même en des circonstances aussi périlleuses que celles du concert. Chacun avait un petit défi à relever. Chacun a remporté une petite victoire sur lui-même.
Le tout petit E., 7 ans, dont la maman me fait part juste avant le concert d'un diagnostique officiel de trouble de déficit d'attention (TDA) sévère de son fils, s'est pris au jeu de son premier concert et a prouvé à tous (à commencer par lui-même) qu'il était capable de se concentrer intensément plusieurs minutes d'affilé avec un sérieux et une musicalité exemplaires en jouant comme un dieu "J'ai perdu mon âne" et "Où allez-vous, bergère" en duo avec son grand frère, parmi mes anciens élèves, après trois mois de cours à peine.
La grande B. , magnifique adolescente de 13 ans, qui habituellement manque d'assurance, flanche à la moindre incertitude, s'arrête en plein milieu, incapable de repartir, a réussi à passer au travers d'une pièce somme toute assez véloce sans baisser les bras, avec assurance et combativité.
Plusieurs couples de frères et/ou soeurs qui se chicanent habituellement pour un rien ont trouvé un terrain d'entente en partageant le banc de piano à 4 mains, étonnants d'écoute et de sensibilité.
Le jeune L., 9 ans, habituellement dur avec lui-même, qui ne se tolère aucune erreur, à en pleurer de désespoir parfois, a joué comme jamais un Sleeping Dragon plein de fougue et de contrastes. Accompagnant son petit frère et sa maman dans un air irlandais en trio violon-guitare-piano, il a montré une fois de plus qu'il était une vraie graine d'accompagnateur, à l'écoute, présent, solide et rassurant pour ses compagnons de jeu.
Le petit W., 11 ans, a une fois de plus crevé l'écran avec une valse de Chopin remarquable d'inspiration et de sensibilité, laissant respirer la musique avec une aisance et un naturel étonnant.
Sa grande soeur, A, 13 ans, a fait preuve d'une virtuosité sans faille dans une Tarentelle endiablée, avec une assurance éblouissante.
C. et E., adultes volontaires et assidues, ont surmonté vaillamment leur trac avec courage et persévérance.
J.B., 17 ans, malgré ses semaines de fou, absorbé par des devoirs scolaires qui lui mobilise tout son temps et son énergie, a plongé dans l'univers de Debussy avec un Doctor Gradus ad Parnassum saisissant de virtuosité, tout en nuances, en finesse et en subtilité.
Chacun avait un petit défi à relever. Tous ont su le relever et, grâce à cela, triomphent de leur victoire sur eux-mêmes. Tous. Sauf un.
Le petit P., 10 ans, petit Prince aux boucles rousses, l'un de mes élèves les plus doués, sensibles et intelligents, n'était pas là. J'ai appris son absence ce matin, à mon grand étonnement, sans autre explication. Le petit P. était prêt. Peut-être un peu nerveux, comme toujours, mais prêt. Je crains qu'une crise ne se soit produite à la maison à l'approche du concert, qui a provoqué l'abdication soudaine des parents. Une première crise a eu lieu il y a deux semaines. Ils étaient prêts à priver leur fils des cours de piano parce qu'il ne pratiquait pas assez... à leur goût. L'an passé, son père le coachait quotidiennement pour le présenter au concours le plus exigeant de la région. En fin d'année, le père un peu essoufflé par tant de pression a décidé de laisser son fils se débrouiller seul cette année. D'un certain point de vue, c'est une bonne chose. Cela lui apprend à travailler seul, à constater les effets de ses propres méthodes de travail. Le petit P. est donc pianistiquement livré à lui-même depuis la rentrée de septembre. Bien qu'adaptant mes exigences à la situation, je constatais certaines fois que ses méthodes n'étaient pas toujours en rapport avec celles que je lui enseignais. Mais bon. C'est bien normal. Il est jeune. Il apprend. Faire des erreurs fait partie de l'apprentissage. Ne pas être parfait aussi. C'est bien normal. C'est humain. Mais les parents ne l'entendent pas de la sorte. Le minuteur sur le piano, ils exigeaient un temps minimum par jour d'une manière si drastique que leur fils en perdait le goût de la pratique. Dans une phase de découragement, devant la mauvaise tête de leur fils, les parents ont décidé d'un accord unilatéral que leur fils arrêterait les cours... pour le punir ! Surprise de cette décision, j'ai réussi à convaincre la mère que ce n'était sans doute pas la meilleure chose à faire pour leur fils. Elle m'a entendue. Le petit P. a repris les cours avec un certain soulagement perceptible tout à fait perceptible. Mais aujourd'hui, je suppose que mon petit P. a craint de ne pas être à la hauteur... des attentes de ses parents. Il a dû manifester des signes de nervosité. Normal. Il aurait sans doute eu besoin d'une petite tape dans le dos pour oser dépasser son appréhension. Ça aurait valu le coup. Il est tellement fier, habituellement, quand le concert est passé, fier d'avoir su relever le défi. Mais cette petite tape-là n'est pas venue. Mon petit Prince n'était pas là. Je suis triste de cela. Alors voilà. Avec ce concert s'achève la série des concerts de Noël. Ce soir, je suis en vacances.
Je ne sais si je reverrai mon petit Prince à la rentrée.
samedi 11 décembre 2010
Samedi.
Aujourd'hui, concert de l'Orchestre Symphonique !
J'aime ces semaines de préparation où, de jour en jour, la tension monte. Avant-hier, la pré-générale dans la salle de répétition habituelle, au Conservatoire de Montréal. Hier la générale dans l'église où se fera le concert. Aujourd'hui, le concert ! J'aime ce resserrement du temps où toutes les énergies convergent vers un moment unique et grandiose, éphémère et intense : le concert !
L'orchestre symphonique est un microcosme où chacun a sa place, aussi différents soient les instruments, aussi contrastées soient les personnalités de ceux qui les jouent, grâce à la direction d'un chef brillant et ô combien humain qui réussit, avec la complicité et la confiance de tous, à mettre tout le monde d'accord.
Ce soir, nous partagerons ce concert avec des centaines de personnes, un programme ludique et dynamique où le bonheur jubilatoire des musiciens transpire à travers chaque note.
À savourer jusqu'à la dernière seconde !
Aujourd'hui, concert de l'Orchestre Symphonique !
J'aime ces semaines de préparation où, de jour en jour, la tension monte. Avant-hier, la pré-générale dans la salle de répétition habituelle, au Conservatoire de Montréal. Hier la générale dans l'église où se fera le concert. Aujourd'hui, le concert ! J'aime ce resserrement du temps où toutes les énergies convergent vers un moment unique et grandiose, éphémère et intense : le concert !
L'orchestre symphonique est un microcosme où chacun a sa place, aussi différents soient les instruments, aussi contrastées soient les personnalités de ceux qui les jouent, grâce à la direction d'un chef brillant et ô combien humain qui réussit, avec la complicité et la confiance de tous, à mettre tout le monde d'accord.
Ce soir, nous partagerons ce concert avec des centaines de personnes, un programme ludique et dynamique où le bonheur jubilatoire des musiciens transpire à travers chaque note.
À savourer jusqu'à la dernière seconde !
mardi 7 décembre 2010
Le premier hiver de Diabolo
Il ne cesse de neiger depuis hier. Déjà 20 cm ! L'hiver, enfin l'hiver, le vrai !
Fini de plaisanter ! Après la maigre couche de la première neige de fin novembre qui s'est vite fait oublier, voici enfin de la belle et bonne neige qui virevolte dans l'air et s'accumule sur les grands arbres en petits tas cotonneux. Le ballet des souffleuses a entamé sa chorégraphie à travers les rues de la ville. Le ciel filtre la lumière du soleil dans une blancheur éblouissante. C'est l'hiver. Enfin l'hiver !Le calendrier des fêtes se remplit. Le sapin a pris toute sa place dans le salon, déjà affublé de tout son attirail de décorations et de petites lumières colorées réjouissantes. Aux poutres du plafond sont suspendus mobiles, guirlandes, carillons et autres petits objets rigolos, petits bonheurs à faire sourire les visiteurs. Mon ordinateur est plein de musiques de circonstance mêlant musique baroque, jazz et bossa nova, variations à l'infini sur le même thème, pour assurer l'ambiance des soirées amicales à venir. La neige vient parfaire le tableau des festivités. Noël sera blanc. Cela me réjouit.
lundi 29 novembre 2010
Les concerts des Jeunes voix du coeur sont passés.
Le concert de samedi n’était pas au top du potentiel de nos jeunes chanteurs (ni du mien d'ailleurs !). J’étais moi-même très nerveuse… parce que c’était la première, parce que j’étais un peu trop soucieuse du jugement d'une collègue pianiste. Il suffit de peu parfois… c’est dans la tête… des idées qu’on a… parfois à tort… des fausses croyances...
Le concert de samedi n’était pas au top du potentiel de nos jeunes chanteurs (ni du mien d'ailleurs !). J’étais moi-même très nerveuse… parce que c’était la première, parce que j’étais un peu trop soucieuse du jugement d'une collègue pianiste. Il suffit de peu parfois… c’est dans la tête… des idées qu’on a… parfois à tort… des fausses croyances...
Le concert de dimanche, par contre, était très réussi. Libérée des émotions de la veille, je me suis sentie très à l’aise sur mon beau piano à queue et les enfants ont beaucoup mieux chanté.
Julie, la chef du choeur, et moi avons cependant toujours des petites réserves, de bonnes raisons de ne pas être satisfaites. Notre exigence augmentant fâcheusement avec les progrès des enfants, nous trouvons toujours qu’ils pourraient faire mieux, s’ils étaient plus calmes, plus attentifs, plus disciplinés… brefs, s’ils n’étaient pas des enfants ! Mais bon, nous apprécions aussi leur fraîcheur, leur spontanéité, leur énergie débordante et leur enthousiasme. On ne peut pas leur demander la perfection... Pas tout de suite...
D'un point de vue plus personnel, je suis très heureuse de ce dernier concert. J'y ai vaincu mes petits démons intérieurs, mes fausses croyances et mes idées négatives. J'ai eu un immense plaisir à retrouver toutes mes sensations physiques habituelles, de confort et de détente. Je me sentais en possession du clavier, et à travers cela de toute une palette de sonorités que j'ai dans la tête et dans les doigts. Je reconnaissais mon son ! En public, retrouver ces sensations intactes est rare. Quand cela se produit, c'est un moment de pur bonheur. Un état de grâce.
Notre public a été conquis. Sous le charme des voix toutes fraîches sorties de ces petits êtres en devenir.
Une fois les dernières notes dispersées, j'ai reçu plein de petits mots affectueux, de chaleureuses accolades, des témoignages chargés d'émotion, de parents, d'amis, d'inconnus... De beaux moments à vivre.
Aujourd'hui, lundi. La poussière retombe.
Petite migraine pour commencer la semaine.
En ces lendemains de concert, le plein côtoie le vide. J'ai cherché toute la journée dans le fond de mon sac l'énergie d'une grosse journée de cours en espérant en avoir encore un peu pour toutes celles qui suivront, jusqu’à Noël.
En attendant, reste le souvenir...
... et quelques enregistrements que je partagerai avec vous dans les prochains jours.
Soyez à l'écoute !jeudi 25 novembre 2010
Depuis mardi, jour de la générale, je savoure chaque heure qui me sépare de ce week-end avec gourmandise et plaisir de l'anticipation.
Les concerts des Jeunes voix du coeur sont toujours un évènement. C'est un moment de rencontre avec un public fidèle et chaleureux. Ces concerts couronnent les efforts conjugués des cinq adultes qui entourent le choeur semaine après semaine. Joyeuse équipe qui sait profiter des bons moments pour se détendre mais aussi se serrer les coudes quand la tempête fait rage dans la vie de l'un de nous, ou de tous à la fois !
Le choeur comprend aujourd'hui une quarantaine d'enfants de 8 à 15 ans. Nous nous retrouvons tous les mardis soirs pour une heure trente de répétition. C'est peu et beaucoup à la fois. Peu pour les exigences musicales que nous avons et beaucoup pour la concentration de ces chers petits qui ont du mal à tenir en place après une journée d'école. Avec le temps, le choeur grandit, grossit, mûrit, prend de l'assurance, acquiert de l'expérience. Les voix sont plus homogènes, plus justes. Le répertoire devient plus élaboré... et les enfants plus motivés !
Parmi eux, des pièces de John Rutter et John Williams, harmonisées à deux voix avec un accompagnement au piano orchestral, coloré, généreux... Une ambiance toute festive, magique et féerique, digne des plus beaux films de Noël.
Un tel programme ne tolérait pas de compromis sur la qualité de l'instrument accompagnateur. La pianiste a parlé. Au diable le clavier écono-numérique amplifié ! Place au rutilant et majestueux demi-queue-6-pieds-de-long de location ! Ce n'est pas un cadeau; c'est une nécessité !La pianiste jubile. Mais pas seulement la pianiste. Depuis mardi, toute l'église résonne encore de ces merveilleuses harmonies !
J'ai hâte. J'ai allégé un peu mon emploi du temps en cette fin de semaine pour savourer cette délicieuse attente et me concentrer sur la préparation de ce concert afin de tirer le meilleur de l'instrument, pour le bonheur de tous.
Chaque concert marque une nouvelle étape dans la progression du choeur. Les 11 et 12 décembre prochains, les Jeunes voix du coeur se mêleront aux 120 adultes du Choeur de la montagne, accompagnés de 40 musiciens professionnels pour un concert grandiose. C'est un peu comme de jouer dans la cour des grands. On aime ça. Et on rêve déjà qu'il y ait d'autres occasions.
samedi 13 novembre 2010
Novembre. Le passage à l'heure d'hiver impose la nuit à une heure où les journées sont encore jeunes.
Je suis absorbée en ce moment par des lectures qui pourraient paraître morbides et qui pourtant ne le sont pas. Est-ce l'entrée dans l'hiver ? Je ne sais pas, mais le sujet de la mort me préoccupe. Je me laisse bouleverser par le récit de personnes qui ont connu, touché, la mort de près. Je me suis au même moment plongée dans la lecture d'un ouvrage intitulé Vivre jusqu'au bout, transcription d'entrevues réalisées pour une série d'émissions radiophoniques de Radio-Canada. Médecins, philosophes, psychologues, anthropologues, moines bouddhistes... livrent leurs réflexions sur la mort et notre attitude face à la mort.
Je me souviens avoir eu jadis à répondre, en terminale, à la question de mon professeur de philosophie : "La vie a-t-elle un sens ?". Devant cette question, je restais figée. Poser la question supposait que la vie pouvait avoir un sens ou bien ne pas en avoir. La seule éventualité qu'elle puisse ne pas en avoir à une période où je me cherchais m'effrayait considérablement. J'étais tétanisée, incapable de prendre du recul pour tenter sereinement une réponse avec une démarche purement philosophique, basée sur le raisonnement, l'argumentation, comme je l'aurais fait sur n'importe quel autre sujet. Et si la vie n'avait aucun sens ? Outre le côté vertigineux de la question, je voulais surtout éviter de me poser la question subséquente du "À quoi bon tout ça ?" Je n'avais que peu d'éléments pour y répondre.
Je ne sais pas si j'ai réellement progressé depuis, mais je tente de récolter autour de moi quelques éléments de réponse.Ce matin, j'ai assisté aux funérailles d'une jeune femme de 32 ans décédée après 6 années de lutte contre le cancer. Je ne la connaissais pas. J'étais là par amitié, par solidarité, pour accompagner mes amis du Choeur de la Montagne dont Julien, le mari de la défunte, est le chef. J'ai été profondément bouleversée par cette cérémonie. Elle m'a plongée tout entière dans mes multiples questionnements du moment. Je ressors de cette expérience confortée dans mes convictions toutes personnelles, que je pourrais qualifier de spirituelles (je n'ai pas dit "religieuses"), mais surtout plus que jamais hantée par l'idée que notre vraie vie est ailleurs.
C'est une vision pleine d'espoir, me direz-vous, sinon que, de ce point de vue, la vie matérielle (matérialiste ?) semble perdre toute valeur et la vie que nous menons à courir après les moyens de la réaliser tout intérêt.
Je me sens étrange (étrangère ?). À la fois actrice et spectatrice du monde dans lequel je vis, auquel je participe, mais auquel je n'ai pas l'impression d'appartenir. Un peu ici, un peu ailleurs.
Autrement dit, je flotte. Entre deux eaux. Entre deux vies. L'une extérieure, sociale et visible et une autre plus intérieure, intime et invisible.
La conscience de la mort, si elle ne suffit pas à donner un sens à notre vie, devrait contribuer à nous rendre plus vivants.
Aujourd'hui, après les funérailles, j'ai passé du temps avec mes amis présents. Sans le savoir, Denise, Julie, Stéphanie, Martin et Éric ont contribué ce jour à me rendre plus vivante.
Au fond, la vie n'a de sens que celui qu'on lui donne. Il ne s'agit que de voir.
Novembre. Dans ma nuit, je cherche la lumière.
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