samedi 9 mai 2009

Posted by Marie Posted on 14:52:00 | No comments

"Partout où tu iras j'irai"...

ou
L'accompagnateur en mission spéciale
auprès des jeunes apprentis musiciens


"La faune musicale regorge de personnages attachants. Parmi eux figurent les pianistes, caricaturés par Saint-Saëns comme des animaux de carnaval à 10 doigts. Ils se divisent eux-mêmes en différentes espèces. On y trouve le « soliste », animal solitaire expert en acrobaties, exposé au regard de tous dans l’arène du cirque concertique, le « chambriste » ou « musicien de chambre », animal domestique sociable à tendance démocratique et le « pédagogue » ou « professeur », animal pensant et doué pour la communication verbale un tantinet altruiste. Certains sont le résultat de croisements savants qui font d’eux des « chambristes-à-tendance-solistes », des « solistes-ascendant-pédagogues » ou peut-être bien tout cela à la fois ou successivement. Mais il y a aussi l’« accompagnateur », animal discret et docile, sorte de bête à deux têtes, tout aussi apte à guider son maître qu’à le suivre. Je crois que je suis de cette espèce-là. (...)"

La suite de l'article ici, sur le site de la Muse affiliée

lundi 4 mai 2009

Posted by Marie Posted on 21:04:00 | No comments

Adieu Minoune !


Ça y est, Elle est partie. Depuis quelques jours Elle dormait, recluse dans un coin de la cour, fatiguée, silencieuse, en attendant qu'on s'occupe d'Elle, une dernière fois. Aujourd'hui, on est venu La chercher pendant que j'étais en cours. Par la fenêtre je l'ai vue s'éloigner, juchée sur le dos d'un plus gros qu'Elle, puis disparaître derrière les grands arbres.

Ensemble, ils sont partis. C'est fini. Je ne La reverrai plus.

Elle restera ma première québécoise, celle qui m'a offert le si précieux sentiment de liberté à mon arrivée au Québec, celle qui m'a conduite partout, à chaque lieu de ma nouvelle vie, celle qui m'a permis de prendre possession d'un territoire jusque là étranger, celle qui ne m'a jamais totalement lâchée même lorsque je n'en attendais plus rien.
Aujourd'hui, je l'ai lâchement abandonnée au sort de la décharge. Elle finira démembrée, en pièces détachées, pour la survie d'autres comme Elle ou bien compactée en petits cubes de métal compressé à recycler.
Une plus jeune a pris sa place. Plus belle et plus brillante. Une qui me ressemble davantage, selon Eric. Mais Elle restera Ma Première. Définitivement.

samedi 2 mai 2009

Posted by Marie Posted on 14:22:00 | No comments

une grosse tulipe dans mon jardin

Après 16 années de bons et loyaux services, rongé par le sel de 16 hivers, mon vieux char me quitte. J'étais déterminée à le mener jusqu'à l'épuisement. Tant qu'il roulait, il pouvait encore me rendre de nombreux services, même si je n'osais pas y inviter qui que ce soit pour un trajet aussi court qu'il soit. Mais pour moi... pour le peu de kilomètres que j'ai à faire chaque année, il aurait bien pu durer encore quelques saisons. Il montrait bien quelques signes de fatigue, mais rien d'alarmant. J'attendais qu'une panne majeure me contraigne à en changer. Mais pas de panne. La rouille a eu raison de lui. Le dernier hiver lui a été fatal; depuis quelques semaines, sa tôle a commencé à s'éfeuiller comme l'écorce d'un arbre mort. De crainte de le voir plier sur un nid de poule non évité, j'ai dû me résoudre à en changer.

"Contre la rouille, il n'y a rien à faire." *

J'ai donc commencé à magasiner via Internet et les petites annonces un-bon-vieux-char-pas-trop-cher-qui-a-l'air-d'un-neuf. En quelques jours, j'ai fait le tour du marché automobile de la Montérégie, épluché les numéros spéciaux des revues de consommateurs, sélectionné les modèles éligibles et repéré quelques annonces alléchantes. Il faut dire que le choix des chars pouvant accueillir un piano numérique et un violoncelle est assez restreint. Comme en plus je suis assez difficile sur la couleur... Comme je fuis la tendance beige des carrelages de salle de bain, je fuis autant la tendance grise des automobiles.

Mais en deux jours, aussi vite que les tulipes fleurissent dans mon jardin, une nouvelle auto est entrée dans ma cour !






"La rouille aurait un charme fou

Si elle ne s'attaquait qu'aux grilles." *

* Maxime Le Forestier

dimanche 26 avril 2009

Posted by Marie Posted on 10:59:00 | No comments

le printemps ordinaire


... en attendant, il faut que je me trouve un autre char...
Posted by Marie Posted on 10:51:00 | No comments

le printemps en musique


Concerts à venir...

Les Jeunes voix du coeur
concert "Tutti Frutti",
les 9 et10 mai 2009

L'Académie des Petits archets
Grand concert annuel,
les 13 et 14 juin 2009
Posted by Marie Posted on 10:06:00 | No comments

le printemps des rénovations

À l'approche de l'été, pendant que les travaux vont bon train au jardin, les rénovations à l'intérieur de la maison reprennent de la vigueur. Après avoir terminé la première tranche du sous-sol : la partie machines-buanderie-petit atelier, il reste la partie "salle d'Éric". Éric a travaillé fort à me créer mon espace à moi (salle de musique et petit salon) quand nous avons investi notre nouvelles maison, vient le temps de s'occuper du sien. Tout était à refaire.

Nous profitons de l'occasion pour rénover la petite salle de bain attenante que nous avons dû agrandir pour y mettre une douche. Une fois finie, elle servira pour les petits besoins de mes élèves et pour la toilette de nos invités. Une bonne partie a été faite déjà (montage des murs, plâtre, plomberie, électricité, peinture). Nous attaquerons bientôt la phase "céramique" (pose du carrelage). Je voulais quelque chose de coloré, à l'image du reste de la maison... Mais, à voir les magazines de décoration et les collections en magasins, la tendance est dangereusement beige. Nostalgie de la fantaisie françaèse... Après force exploration, j'ai finalement trouvé un peu de couleur. Nous poserons tout cela dans les prochaines semaines. À suivre...
Prochainement : quelques photos avant-après pour les curieux.

Mise à jour
Quelques photos:
Avant

 Après
 
Posted by Marie Posted on 09:23:00 | No comments

fulgurance du printemps


Lorsque mes contrats s'achèvent, le printemps arrive ! C'est alors la nature qui exige qu'on s'y attarde. Le jardin renaît de l'hiver et nous réclame de l'attention. L'été sera court. Il faut faire vite pour ne pas se laisser surprendre par la fulgurance du printemps. Faire le grand ménage, ramasser les branches cassées des grands arbres, dégager les arbustes du paillis qui les a protégés durant tout l'hiver, les tailler, en planter de nouveaux, réaménager les plates-bandes, diviser, transplanter, nettoyer le potager en attendant d'y planter de nouveaux légumes après les dernières gelées (pas avant le début mai). Tout cela demande réflexion et planification, et quelques allers-retours à la jardinerie... Les belles journées que nous avons ces temps-ci sont une invitation à se relever les manches pour créer aujourd'hui notre décor de demain. C'est de l'ouvrage mais il faut bien cela pour pouvoir ensuite se prélasser tout l'été à l'ombre des grands arbres en regardant les fleurs pousser.

mercredi 15 avril 2009

Posted by Marie Posted on 09:00:00 | No comments

sept ans !

Il y a sept ans, jour pour jour, je mettais pour la première fois le pied dans un pays dont j'étais loin de m'imaginer qu'il deviendrait un jour le mien.
15 avril 2002. Montréal. Aéroport Pierre-Elliott Trudeau. Après-midi d’un printemps jaillissant. Première rencontre. Premiers regards timides et prudes. Deux êtres émerveillés, troublés aussi de se sentir si proches, à portée de bras, osant à peine se frôler, surpris de se sentir l’un l’autre bien vivants, bien réels, étrangers au-dehors et pourtant si proches au-dedans. Souvenir étrange que celui de cette première rencontre. Montréal brillait sous le soleil d’avril. Un bel après-midi. La platitude sinistre de l’autoroute Décarie dépourvue d’humanité et la laideur surréaliste de l’échangeur Turcot, dans l’entrelacement de ses bretelles bétonnées n’altéraient en rien la magie du moment. Le décalage horaire me faisait revivre une demi-journée entière de ma vie dans un lieu étrange où tout est si différent et que je découvrais avec une immense et avide curiosité. Bouleversée, je voyageais dans le temps et dans l'espace avec le sentiment d’avoir été projetée sur une autre planète ou peut-être dans un film dont j'étais à la fois héroïne et spectatrice et dont le décor s'étendait à perte de vue. Il y a donc bien une vie en dehors de la nôtre, insoupçonnée mais bien réelle. Je découvrais celle grouillante de Montréal. Marche dans la rue Mont-Royal, pause chez Saint-Viateur "le Roi du bagel", promenade romantique jusqu’au belvédère du Mont Royal, tous les deux, seuls au milieu des écureuils, ignorant le reste du monde.
Depuis, cet être étrange rencontré un 15 avril aéroport Pierre-Elliott Trudeau est devenu mon tendre compagnon de vie et je vis dans son film comme dans une fiction-réalité pour la septième et magnifique saison.

samedi 28 mars 2009

Posted by Marie Posted on 21:38:00 | No comments

de la couleur !

L'hiver achève.
La neige a fondu.

Nous avons eu aujourd'hui une merveilleuse journée de printemps. J'ai passé tout l'après-midi en manches courtes dans le jardin, à nettoyer les plates-bandes, tailler les arbustes, ramasser les branches mortes, balayer les allées, en compagnie de Scapin qui se prend pour un crocus et de Michka qui attend que poussent les radis...

Les bras lacérés par les épines des rosiers, les joues rougies par le soleil, je me sens tellement bien, fatiguée mais tellement heureuse d'avoir mis de l'ordre dans mon décor.

C'est oublier l'hiver pour faire venir le printemps.

Je me réjouis de cette belle saison. Je me réjouis aussi à l'idée de vivre tout un été, mon premier été complet au Québec !... voir enfin fleurir mon jardin et grossir les légumes du potager...

Cette année, nous recevons.

Posted by Marie Posted on 19:59:00 | 2 comments

Marie : LE RETOUR !!!


Il y a si longtemps que je n'ai pris le temps d'écrire un article. J'en ai presque oublié comment faire, mon identifiant, mon mot de passe, et tout et tout...
Dans un tourbillon d'activités post-hivernales, j'évite de m'installer trop longtemps devant l'ordinateur, de peur de ne plus arriver à en décrocher et de perdre ce temps rare et précieux que je me dois de consacrer aux priorités essentiellement alimentaires de ces temps-ci : déchiffrer le tas de partitions qui s'accumulent en vue d'une série de concerts d'élèves, en pratiquer les pages les plus acrobatiques (et non des moindres !). Il s'agit d'accompagner les élèves des écoles dont je suis l'accompagnatrice habituelle, à savoir une quarantaine de violonistes et violoncellistes d'une part (ça, c'est déjà fait) suivie d'une autre quarantaine d'instrumentistes à vent en tous genres (ça, c'est à venir). Les parties d'accompagnement des instruments à vents sont parfois des plus redoutables...
Les concerts d'élèves ne sont pas ce qu'il y a de plus confortable pour l'accompagnateur. Ils nécessitent de sa part beaucoup de vigilance, une concentration extrême et constante des heures durant, afin de parer à tout imprévu dont certains élèves sont les brillants spécialistes (transformation du rythme, pulsation aléatoire, coupures improvisées, reprises inventées, hésitations sporadiques...) et de rattraper l'irrattrapable pour que la musique suive son cours, avant tout. Je vous le dis, accompagner certains élèves s'apparente parfois à un sport extrême, à une mission humanitaire à l'intention de jeunes instrumentistes en proie aux émotions de la scène. Je suis leur bouée de sauvetage, leur assurance tout risque. Souplement, impassible, je "rattrape", discrètement, constamment, comme une couturière reprise consciencieusement les chaussettes pour masquer ce qui ne doit pas se voir. Parfois, avant le concert, l'élève s'inquiète. Ne t'en fais pas, partout où tu iras j'irai... Je feins la confiance pour ne pas lui causer plus de stress qu'il n'en a déjà. Mon calme légendaire rassure, mais il n'est qu'apparent. Au fond de moi se débat une petite Marie contre les bibittes qui la poursuivent, ces idées négatives qui menacent de lui faire perdre concentration et sang froid et de la détourner de la raison pour laquelle elle fait tout cela : le plaisir de la musique, avant tout, plaisir de l'interpréter et plaisir de la partager. Lorsque le concert est fini, l'élève s'excuse d'avoir sauté une mesure, d'avoir rajouté des notes. Je ne sais pas. Je ne sais plus. C'est un détail à côté de tout le reste. Ma mémoire s'efface et mon énergie s'épuise à mesure que progresse le concert. Et je ressors de ces marathons épuisée, avec une impression parfois un peu mitigée, souvent partagée entre la satisfaction d'un travail bien fait et la frustration de n'avoir fait que mon travail : suivre, sans avoir eu la possibilité de m'exprimer librement, profondément. Sans avoir été écoutée, simplement. Mais je me trompe. On me remercie. Chaleureusement. On me félicite pour la performance, pour la haute voltige. Le compliment me touche. On vient vers moi pour me dire "merci". Sincèrement.
Heureusement, au fond, ce qui reste, c'est le souvenir de ces mots doux qui me vont droit au coeur. J'ai l'impression d'avoir été utile, un temps, le temps que dure la musique, peut-être un peu plus... utile, et reconnue.
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