mardi 10 juin 2008

Posted by Marie Posted on 21:06:00 | 2 comments

partie de golf


D'après vous, qu'est-ce que c'est ?*


- Des chaudoudoux congelés !!!
- Mais nooooon !...
C'est ce que nous avons reçu par rafales sur la tête
cet après-midi de mardi.

* les mesures sont en pouces : 2 " 1/4 = 6 cm !


Le plus gros orage de grêle que j'ai jamais vu s'est abattu sur nos maisons. Durant plusieurs dizaines de minutes, dans la noirceur de la tempête, des milliers de balles de glace déferlaient comme des pierres tombées du ciel, rebondissaient sur le gazon comme des puces sur le dos d'un chien, tambourinaient sur le toit pour finir ensuite inertes, figées dans leur froideur, comme des glaçons échappés d'un seau à glace.
Ambiante cataclysmique de fin du monde...
Le diable déchaîné a-t-il tenté la plus grande partie de golf de sa vie ?


Le soleil revenu, nous faisons le bilan des dégâts. Mon auto est toute bosselée... et son pare-brise tout brisé.

Mais comme dirait l'un de mes élèves : "tant que le moteur tourne, tout va bien!". Dans le jardin, érables et châtaigner ont lâché quelques grappes de feuilles qui jonchent le gazon. Par miracle, les plantes, elles, n'ont pas trop souffert, mais je n'ai pas encore pris le temps de visiter le potager...

dimanche 8 juin 2008

Posted by Marie Posted on 09:48:00 | 1 comment

L'optimisme, c'est...

Bon, ça y est... Je croyais pouvoir y échapper, mais il ne faut pas espérer passer entre les gouttes de pluie, les mailles du filet, les dents du râteau... j'ai été "taguée" !

Pour ceux qui ne connaissent pas le "phénomène", le "tagage" est un petit jeu auquel s'adonnent les blogueurs entre eux qui ressemble au jeu du chat et de la souris...

Un blogueur-chat désigne un autre blogueur-souris. Ce dernier devenant aussitôt "chat" doit "taguer" ses amis souris qui à leur tour deviendront chat et qui devront à leur tour... et la tour-mente... et la mente-à l'eau... et l'eau-rrible troll... et le trol-ley... et le lait-tue... et la tue-meur... Hmm... je m'égare...

Aujourd'hui, c'est moi le chat. En fait, pour être honnête, ça fait deux mois que j'ai été taguée par mon amie Lucie, mais bon... je suis un peu lente... et puis, ça ne tombait pas forcément au meilleur moment pour moi... et puis, parce qu'elle me tague encore une fois sur un autre sujet, je vais me secouer un peu les puces et tenter de répondre à sa première sollicitation, avec un train de retard.


Mais d'abord, voici les règles.

Chaque personne désignée devra :
- recopier le début du texte, « L'optimisme c'est.... »
- ajouter 3 nouvelles fins de phrases (inventées ou trouvées)
- recopier les règles
- désigner 5 « volontaires » pour prendre la suite (et les prévenir sur leur blog si nécessaire).




L'optimisme, c'est... savoir que le soleil est toujours présent même bien caché derrière les nuages...

L'optimisme, c'est... avoir la foi du jardinier : semer, arroser, attendre... avec la conviction qu'un jour il sortira quelque chose de cette terre.

L'optimisme, c'est... voir des moutons, des chats et des souris dans les nuages qui cachent le soleil.



Comme je n'aime pas les règles trop strictes et que j'ai la fâcheuse manie de ne jamais faire comme tout le monde (c'est mon côté dissidente-ascendant réfractaire), je ne désignerai pas de blogueur-souris. Il faut dire que dans le réseau des blogueurs je suis un électron libre, solitaire et marginal, qui n'a pas d'amis, ou presque... Mais, si cela vous tente d'essayer de compléter à votre tour la phrase "L'optimisme, c'est...", je serai bien heureuse de recueillir votre vision des choses.


En résumé...

L'optimisme, c'est... un autre regard sur le monde, une philosophie, une question d'hygiène mentale, de survie... à consommer SANS modération !


Les réponses que je donne aujourd'hui ne sont pas celles que je donnais il y a deux mois, et sans doute pas non plus celles que je donnerai demain...

samedi 7 juin 2008

Posted by Marie Posted on 21:29:00 | No comments

ensemble, ensembles...

La fin d'année approche et comme tout bon professeur un peu investi et consciencieux, je suis un peu occupée. Cependant, mon emploi du temps bien que chargé n'a rien à voir avec le marathon de Noël ou encore celui de mars-avril. Cette fois-ci, le programme est plus léger, les pièces à accompagner moins exigeantes et les répétitions mieux réparties dans le temps, me laissant la possibilité de respirer un peu.

demain, le grand jour
Demain, c'est le gros concert de fin d'année de l'académie des Petits archets. LE GRAND CONCERT qui vient couronner une première année de collaboration fort agréable, tant comme pianiste que comme violoncelliste de l'orchestre des jeunes (oui, bon, je sais... je ne suis plus aussi jeune que les ados qui m'entourent, mais bon... ça me maintient dans une certaine jeunesse d'esprit...).
Les gros concerts de l'académie sont des moments de rencontres que j'aime bien parce que j'y retrouve l'ambiance de troupe de l'orchestre et la complicité de mes collègues professeurs venus apporter quelques renforts pour l'occasion pour camoufler les petites défaillances de certains pupitres.
Tout se passe dans la bonne humeur et nous nous amusons beaucoup avec un répertoire des plus éclectique, allant des Concertos Brandebourgeois de Bach à U2 en passant par Carmen de Bizet, Mission d'Ennio Morricone, la Valse de Chostakovitch, Quand les hommes vivront d’amour réunissant 120 enfants qui jouent et chantent, et… et… le célèbre Beau vélo de Ravel !
Malgré les craintes de ces dernières semaines, tout cela sonne finalement pas mal du tout ! Parfois, on a peur, mais... on a tort. Les jeunes sont imprévisibles et attendent souvent la dernière minute pour se donner la peine d'apprendre leur partie. Mais une fois l'orchestre tout entier réuni, la musique se métamorphose presque miraculeusement pour laisser présager d'un beau concert.
C'est demain. Dimanche.

pendant ce temps, les pianistes...
Parallèlement, se prépare un autre concert : celui de mes petits élèves pianistes.
Ils se produiront en première partie en solistes ou à 4 mains. La deuxième partie sera consacrée à une série de pièces pour 8 mains sur 2 pianos composées par une femme québécoise, professeure et compositrice, avec qui je suis rentrée en contact cette année. Nous avons en commun la conviction de l'intérêt de la pratique de la musique d'ensemble pour le développement et l'épanouissement des jeunes pianistes. Elle se déplacera de Québec pour venir entendre quelques unes de ses pièces interprétées par mes élèves. Tous participent (à l’exception de Raphaël, 8 ans, dont je n’ai pas réussi à captiver l’attention pour autre chose que pour lui-même...), de 6 à 20 ans, avec tous autant de sérieux et de plaisir, responsables, chacun conscient d’être un élément indispensable d'un grand tout indissociable.

Ce matin, séances de pratique : je recevais à la maison les six petits groupes de quatre élèves pour coordonner dans un ensemble aussi harmonieux que possible les efforts individuels. Tout s’est passé à merveille, avec beaucoup de tranquillité et d’écoute de leur part. Je joue un peu avec les limites de leur adaptabilité en modifiant presque à chaque répétition les consignes de structure (qui joue quoi, quand, dans quel ordre...). Cela les maintient dans une attitude d'écoute permanente et mobilise leur concentration au maximum dans le moment présent. Je suis très impressionnée de voir avec quelle efficacité ils mettent en pratique mes indications parfois plutôt expérimentales, avec une attitude toujours positive et une attention décuplée pour le rôle qu'ils ont à jouer. De vrais pros de l’accompagnement ! Cela me donne encore plus envie de les faire jouer avec d’autres instrumentistes. Des violons par exemple... Ils sont mûrs pour cela.
J'ai profité de cette matinée de répétition pour effectuer quelques enregistrements "pirates". Je vous en livre deux petits extraits (chut!... c'est un secret) où l'on peut entendre par ordre d'entrée : Virginie (16 ans), Sarah-Jeanne (6 ans), Béatrice (12 ans) et Gabrielle (10 ans) dans Joli papillon, puis Yasmine (7 ans), re-Gabrielle, Alexandre (10 ans) et re-Sarah-Jeanne dans L'horloge grand-père, tous n'ayant qu'entre 6 mois et 2 ans d'apprentissage du piano.

Joli papillon _de Louiselle Mathieu
L'horloge grand-père _de Louiselle Mathieu
(liens obsolètes)

Les parents qui patientaient dans le couloir en étaient tout émus.
Le concert aura lieu samedi prochain.

D'autres enregistrements suivront dans le courant de la semaine...

Pour plus de détails sur les compositions de Louiselle Mathieu, voici un lien vers l'article que je leur ai consacré récemment dans la Muse affiliée.
Coup de coeur pour... Musique d'ensemble pour pianistes de Louiselle Mathieu

jeudi 5 juin 2008

Posted by Marie Posted on 10:01:00 | No comments

je me souviens...

Nous étions il y a quelques semaines en France à l'abbaye de Royaumont pour célébrer le mariage de mon "petit frère" Vincent (6 pieds tout de même !) et de la petit' Pauline.



L'abbaye de Royaumont est une abbaye du XIIe siècle située à quelques dizaines de kilomètres au Nord de Paris, dans un parc isolé au milieu de la campagne. Site magique, elle accueille chaque année l'un des plus grands festivals où se retrouvent les grands noms de la musique classique. À notre tour nous avons fait résonner les pierres avec duos, trios et quatuors familiaux sur les magnifiques instruments de l'abbaye. De ces beaux moments de partage, il nous reste le souvenir, et un peu plus...


L'abbaye fait l'objet de restaurations constantes depuis quelques années. Parmi les chefs-d'oeuvre de sa restauration figure l'impressionnant tapis de pavés de terre cuite qui s'étend sur toute la surface de l'église tel un immense patchwork constitué de motifs médiévaux agencés de manière tantôt aléatoires, tantôt géométriques.


Parmi les motifs représentés figurait la fleur de lys. Si la fleur de lys est en France le symbole de la royauté, elle est du Québec l'emblème par excellence. Elle figure sur le drapeau québécois et la devise du Québec - Je me souviens - y fait référence implicitement : "Je me souviens... que né sous le lys, je croîs sous la rose."
En bons Québécois, nous ne pouvions y rester indifférents...


Un morceau d'abbaye dans ma cuisine

Dans le chapitre "rénovations créatives", depuis deux jours, gros chantier de cuisine : le carrelage ! Question disposition, nous avons choisi le damier, une obsession chez Éric depuis qu'il a reçu un jeu de dames tout en bois pour son anniversaire.
Au moment de passer à l'acte, par une inspiration subite et non préméditée, nous avons décidé d'y insérer un morceau de l'abbaye transporté dans nos bagages : une réplique du carreau-fleur de lys en terre cuite, trait d'union symbolique entre la France et le Québec.

Il nous fallait un souvenir de l'abbaye. Le voilà.

Scapin n'en est pas encore revenu...
... et nous, nous nous souviendrons de ce beau mariage d'avril.

N.B. Je tiens à mettre fin à toute rumeur qui laisserait supposer que nous aurions peut-être volé le carreau à l'abbaye... Eh non ! nous l'avons juste acheté à la boutique de l'abbaye, simplement. Bon, c'est sûr, c'est moins dramatique comme effet, mais bon... C'était une surprise qu'Éric m'a faite en rentrant au Québec. Belle surprise.

samedi 24 mai 2008

Posted by Marie Posted on 13:16:00 | 1 comment

le plus bel Opus

Avant de vous tenir au courant des rénovations en cours, je me devais de présenter à ceux qui ne l'ont pas encore vue notre plus belle oeuvre commune après la salle de piano et la charlotte aux fraises : notre jolie salle de bain qui nous a valu neuf mois de travaux continus. Eh oui ! C'est comme ça quand on veut toujours tout faire tous seuls.

Comme tous bons rénovateurs, nous avons tout cassé, fait table rase du passé en éliminant toute trace des anciens propriétaires, inversé lavabo et baignoire, changé l'orientation de la cuvette des toilettes (un détail !),
modifié l'installation électrique et la plomberie, remonté les murs, isolé, carrelé, peint...


l'ancien coin lavabo devenant le coin baignoire...










Que fait-on quand on manque de place pour opérer ?

On s'installe dans la baignoire pour couper les carreaux !









Prière de ne pas déranger Michka.












... et l'ancien coin baignoire devenant le coin lavabo.













Après neuf mois de travaux acharnés, en mars 2007 la salle de bain fut officiellement déclarée définitivement achevée !





Pour les visites : entrée libre sur réservation.

Bientôt la suite des rénovations avec un nouvel épisode en cours de composition : LA CUISINE.

vendredi 23 mai 2008

Posted by Marie Posted on 20:06:00 | 1 comment

petite soeur au Canada


Je me suis levée résidente permanente, je me coucherai Canadienne.
Grande et belle journée que cette journée de consécration où le Canada tout entier m'a accueillie dans ses bras généreux.
Je ne suis pas sûre de réaliser tout à fait... c'est étrange... je ne suis plus une immigrante en attente de reconnaissance; je suis UNE VRAIE CANADIENNE !!!

Récit d'une journée citoyenne.

4h00 du matin. Je ne dors plus.
Les réveils sonneront à 6h10 précise. Deux réveils valent mieux qu'un un jour comme celui-là.
Reste deux heures à dormir. Le soleil pointe déjà et la maison s'illumine peu à peu. Je resterai somnolente sans parvenir à retrouver le sommeil.
La journée sera longue.
J'étais convoquée à 8h15 à Montréal pour l'examen de connaissances sur le Canada, son histoire, sa géographie...

Assis sur des chaises d'écoliers, francophones d'un côté, anglophones de l'autre, nous attendions de passer notre test. La première étape qui consistait à écrire son nom sur le formulaire de réponse ainsi que son numéro "de client" aurait pu être tout à fait anodine, mais, associée à la tâche plus originale qui consistait à noircir des petits ronds dans des colonnes situées sous chaque lettre de notre nom sur une ligne correspondant au rang de la lettre dans l'alphabet, elle devenait une véritable épreuve pour nombre de candidats qui ont vraisemblablement eu de la difficulté comprendre les consignes dictées oralement. Peut-être le test de langue (français ou anglais) commençait-il à ce moment-là ?
Nous avions une demi-heure pour répondre à vingt questions à choix multiples du genre :

Qui a le droit de voter aux élections ?
a - les propriétaires
b - les immigrants reçus
c - les citoyens canadiens
d - les chefs d'entreprise

Quelles sont les langues officielles du Canada ?
a - l'espagnol et l'anglais
b - le français et l'italien
c - le québécois et l'anglais
d - le français et l'anglais

Bon, je vous jure, je n'exagère pas.
Parmi les vingt questions, deux nécessitaient des réponses correctes sous peine d'être éliminatoires. Je crois avoir fait un sans-fautes.

À l'issue de cette épreuve, nous nous rendions dans la grande salle de cérémonie. Chaque candidat allait être appelé à l'un des trois bureaux où trônaient trois agents du gouvernement. Pendant que nous attendions, nous percevions des bribes de conversation de candidats interrogés. L'attente fut longue car certains cas furent particulièrement litigieux et méritaient sans doute que l'on s'y attarde :
- un homme qui n'a pas déclaré tous ses voyages à l'étranger effectués avant sa demande de citoyenneté, trahi par son passeport... son dossier doit être réexaminé par un juge.
- un autre qui n'a pas déclaré d'emploi depuis son arrivée au Canada - depuis quatre ans, peut-être - éveille les soupçons du gouvernement...
- une femme dont les deux enfants sont nés au Canada - donc citoyens canadiens - a échoué à l'examen écrit et devra se représenter pour une entrevue orale...

9h40 : Quand ce fut mon tour, je me suis sentie bien limpide. L'agente me questionne sur mon métier, mes employeurs, mon domicile, mes allers-retours avec la France, compare les réponses que je lui fais aux déclarations faites par écrit lors de ma demande de citoyenneté et aux cachets des douanes accumulés dans les pages de mon passeport. Mes réponses semblent la satisfaire.

9h50 : Feu vert semble donné pour que me soit accordée la citoyenneté. En attendant la cérémonie officielle, je vais pouvoir retrouver Éric qui doit s'impatienter comme un chat prisonnier dans sa cage. Surprise ! Claudette est déjà là, envoyée en éclaireur par mes autres amis Florence, Louise et Normand qui patientent dans la voiture.

10h00 : une bonne heure pour aller prendre un café ! Selon le portier, la cérémonie ne débutera pas avant 11h00. Nous voilà partis à sillonner les rues désertes du centre ville administratif cernés de parkings et de béton nu à la recherche d'un refuge pour passer le temps, ensemble. Après enquête, j'ai trouvé un petit coin tranquille au deuxième étage d'un édifice apparemment désertique. Petite pause "muffin et café" au Café suprême de la tour Hilton.

11h00 : nous revenons dans le fief du gouvernement pour la cérémonie officielle. Surprise ! Mon amie Lucie est là !... attendant patiemment que je pointe mon nez. Ah... belles surprises que me réserve cette matinée !
Et puis, attente... longue attente... Heureusement que Claudette et Lucie ont de la jasette !

12H00 : on annonce le début de la cérémonie dans 5 minutes.
5 minutes gouvernementales valent bien plus que des minutes ordinaires...
Claudette commence à trépigner sur sa chaise et peste comme une vraie Québécoise contre le gouvernement fédéral.

Deuxième annonce, mouvement de foule : nous pénétrons dans la salle de la cérémonie. Entourée de ma gang d'amis impatients, je m'assieds au fond de la salle, au dernier rang, près du radiateur. À nous seuls nous occupons un rang entier... ou presque. Nous nous levons pour accueillir le juge, bedonnant et rougeoyant. Il esquisse quelques mimiques clownesques pendant le discours du greffier pour dérider les membres trop sérieux de l'assistance.
Après un petit mot d'introduction, en écho à sa grosse voix rocailleuse, nous prononçons tous ensemble le serment de citoyenneté. Soixante quinze immigrés provenant de 28 pays différents dont certains dont on ne soupçonne même pas l'existence. Parmi nous des familles entières ! En le temps de le dire, nous sommes tous proclamés Canadiens ! Applaudissements, sourires, émotion. Le juge nous félicite et nous appelle, l'un après l'autre, pour nous remettre le certificat de citoyenneté, la carte officielle de citoyen du Canada et un pin's (on dit "éplinglette", ici) du 60e anniversaire de la citoyenneté canadienne. Pour chacun, il a eu un petit mot discret, personnalisé.
"Mawie Mioulew !"... Je me lève et me dirige vers le juge, immédiatement suivie par Claudette, photographe de la minute officielle. Il me sert la main chaleureusement de sa grosse pattasse large et calleuse en me demandant d'un ton paternaliste : "Where are you from ?" "Euhhhh..."... "de Mont-Saint-Hilaire" ai-je failli lui répondre avant de me raviser avec un "de France !" davantage surprise par le sens de la question que par le choix de l'anglais pour me la poser.
Lorsque tous les certificats sont distribués, nouveaux Canadiens vibrants de notre nouveau statut accompagnés de la voix de nos invités, tous ensemble, nous entamons avec fierté, à l'unisson de la bande sonore : "Ô Caaaaanadaaaa ! Terrreuuu de nos aïeuuuuuux.... ".
Après quelques applaudissements, le juge conclut la cérémonie par un discours touchant témoignant de son histoire personnelle, lui-même fils d'immigrés, fier de son pays et de son rayonnement positif à travers le monde : "Le plus beau pays du monde !". "Désormais, VOUS ÊTES DES CANADIENS ! BIENVENUE DANS LA GRANDE FAMILLE DU CANADA !!!".
Échanges de poignées de main, embrassades, étreintes chaleureuses en signe de fraternité...
Clic-clac, merci Kodak. Le moment est immortalisé dans la bonne humeur générale et sous les applaudissements de mes fidèles supporters : Éric, Lucie, Florence, Claudette, Louise et Normand. "Ah ! Il y a de la parenté ici !?" avance le juge. Oui, c'est ma petite famille du Canada.

J'ai reçu ces jours-ci plein de petits signes d'encouragement, de soutien, d'affection de la part de mes amis québécois qui n'ont pas attendu le gouvernement pour m'adopter et de mes amis français qui ont jadis accepté de me laisser partir sous d'autres cieux. Merci à tous pour leur présence, leur ouverture, leur compréhension et leur fidélité !

Mes parents, mes vrais parents, eux-aussi étaient présents, à leur manière, malgré la distance... Ce beau bouquet ensoleillé reçu hier était un tendre signe de leur présence discrète, accompagnant l'ouverture de leur famille vers un nouveau monde...


Nous nous sommes retrouvés ensuite tous les sept pour marquer l'évènement au Commensal de la rue Sainte-Catherine, puis nous sommes dispersés pour reprendre le cours de nos vies respectives, avec un supplément de citoyenneté...

vendredi 16 mai 2008

Posted by Marie Posted on 23:02:00 | No comments

Portrait de famille


Ma tribu en habits de lumière


de gauche à droite

(debout) Jean, Pierre, Vincent, François

(sur les accoudoirs du trône) Le Père et sa fille

(assise) la môman de tous ces grands gaillards (mais surtout la mienne !)


Les rassemblements de la famille au grand complet sont assez rares
pour mériter d'être immortalisés.

Voilà qui est fait.

Photos réalisées lors du mariage de Vincent et Pauline
à l'Abbaye de Royaumont, le 19 avril 2008

Posted by Marie Posted on 20:13:00 | 3 comments

Citoyenneté et appartenance


Je l'ai reçue ! Je l'ai reçue ma convocation du gouvernement Canadien à l'examen de citoyenneté ! Le 23 mai prochain, je serai sur les bancs du bureau de citoyenneté pour répondre à une série de questions à choix multiples sur l'histoire, la géographie, le système politique et judiciaire et le fonctionnement des élections du Canada. Si je coche les bonnes cases (faut pas que je me trompe !), je serai admise comme citoyenne du Canada. Une cérémonie aura lieu le jour-même pour officialiser mon nouveau statut.

Toute émue d'une telle annonce, je suis moi-même étonnée de l'émotion que cet évènement suscite en moi subitement à l'approche du jour "J" alors que je ne considérais cela au départ que comme une formalité administrative. Je prends soudain conscience de l'impact de cette intronisation comme signe officiel de la reconnaissance d'un pays pour ses immigrants, reconnaissance de leur choix, reconnaissance du long parcours qui les a menés jusque là et leur a donné envie d'y rester. C'est une célébration hautement symbolique qui marque l'aboutissement de la longue aventure qu'est l'immigration. Sa consécration.
Cependant, mes amis québécois me font bien comprendre qu'il n'était pas nécessaire de me livrer à ce folklore canadien pour qu'ils me reconnaissent et m'admettent parmi eux comme faisant partie des leurs. Leurs petits témoignages d'adoption me touchent beaucoup et participent, depuis le début, largement et heureusement à la réussite de mon intégration.

Le Québec reconnaît ses immigrants comme Québécois à part entière dès lors qu'ils ont choisi de vivre sur son territoire. Mais cette reconnaissance, si elle donne presque tous les droits (assurance maladie, assurance chômage, assurance de payer des impôts…) ne donne pas le droit de vote. Pour voter au Québec, il faut obtenir le statut de citoyen CANADIEN. L'examen de citoyenneté est donc un passage obligé pour obtenir le droit de faire entendre sa voix, aussi petite soit-elle.

Si ce point de vue est assez acceptable du point de vue de l’immigrant (choisi par le Québec, accepté par le Canada), il l’est beaucoup moins du point de vue du Québécois indépendantiste (on dit : "souverainiste") qui conteste à la base le principe-même que le Canada décide du sort des Québécois.


Le Canada est un énorme pays qui réunit des provinces aux intérêts très disparates, parfois si divergents qu’il semble parfois bien difficile de satisfaire des préoccupations respectives aussi diverses. Le Québec, îlot francophone au milieu d’un océan anglophone, se sent à part. Il réclame depuis des décennies son indépendance pour avoir enfin le droit de décider pour lui-même, par lui-même. Le sujet est assez sensible… Lancez le débat de l'indépendance dans un party entre amis, la chicane va pogner. Demandez à un souverainiste ce qu'il pense du Canada, il se mettra à sacrer aussitôt comme un charretier...

En ce qui concerne les procédures-mêmes de l’obtention de la citoyenneté, elles sont à la fois tout à fait louables sous certains aspects et assez contestables sous d’autres.
L’examen en lui-même est un concept intéressant. Il oblige les candidats à posséder un minimum de connaissances sur le pays d’accueil : son histoire, sa géographie, son économie, ses valeurs, son système politique, le fonctionnement électoral… C’est une culture générale que chaque citoyen devrait posséder, quelque soit le pays. La chose serait applicable pour n'importe quel pays civilisé quoi que tout de même plus ardue au niveau historique pour un vieux pays comme la France dont l'histoire remplit des dizaines de pages (des centaines...) dans les manuels scolaires. L’histoire du Canada, elle, se résume pour les grandes lignes en deux pages dans le manuel du gouvernement.
Après l'examen, la cérémonie officielle rend le moment très solennel et, je le crois, très émouvant, en particulier pour les immigrés provenant de pays en crise, sous régime autoritaire voire dictatorial, qui trouvent dans le Canada leur refuge et leur salut. Je trouve formidable qu’un pays permette ainsi à ses immigrants d’adopter une nouvelle nationalité, de la choisir sans avoir de surcroît à renoncer à leur nationalité d’origine (sauf exception pour la Belgique ou la Suisse qui obligent à faire un choix). En devenant Canadienne, je resterai donc Française. Française ET Canadienne. N’est-ce pas merveilleux ?

Mais toute belle médaille a son revers. Le Canada est un pays démocratique… dirigé par une Reine ! Qui plus est, la Reine D’ANGLETERRE !!! Pour officialiser son nouveau statut, le nouveau citoyen doit prononcer lors de la cérémonie le « serment d’allégeance à la Reine » qui fait hurler les Québécois. C’est un des nombreux paradoxes du Canada. Pour avoir le droit de voter, je vais donc devoir prononcer ces mots, comme une athée que l’on obligerait à dire le Notre-Père, en me pinçant le nez et en attendant que ça passe...
« Je jure fidélité et sincère allégeance à Sa Majesté la Reine Élizabeth Deux, Reine du Canada, à ses héritiers et successeurs et je jure d’observer fidèlement les lois du Canada et de remplir loyalement mes obligations de citoyen canadien. »
Voilà les mots en question. Je vous vois sourire... De plaisir ou de compassion ? Tout le monde s’accorde à dire que c’est tout de même aberrant de demander aux immigrants de prononcer ce serment qu’aucun Québécois de souche n’a jamais prononcé ni eu à prononcer de sa vie. C’est obliger les immigrants à être plus royalistes que le roi ! Parmi les députés québécois récemment élus au Canada, qui ont eu à prononcer publiquement un discours similaire, certains en ont bafouillé gravement...
Et pour finir, nous entamerons en chœur et avec ferveur le célèbre hymne national : Ô Canada. Quel sens donner à un hymne sinon celui de l'évènement qui l'accompagne ? Je n'ai jamais vraiment vibré en entendant La Marseillaise, encore moins en la chantant, pour le peu que j'ai eu à le faire... Tout au plus m'a-t-elle aidée au cours de ma vie de musicienne à reconnaître l'intervalle de quarte ascendante (tiens, je pourrais me servir de Ô Canada pour la tierce mineure...). Définitivement, on ne fera pas de moi une patriote.
Cependant, j'avoue que si l'on m'avait donné le choix entre l'hymne québécois et l'hymne canadien, j'aurais choisi celui du Québec, province que j'ai choisie. Mais seulement voilà, cet hymne n'existe pas. Pas encore. Parce que le Québec "ce n'est pas un pays, c'est l'hiver !"... Alors, définitivement, Ô Canada, parce qu'il accompagnera le couronnement de mon immigration, aura pour moi ce jour-là la charge émotionnelle du long processus qui m'a menée jusque là.

En attendant le jour "J", je révise mes leçons. Éric m'interroge le soir, sur l'oreiller, en s'étonnant parfois des réponses dictées par le manuel fourni par le gouvernement... Et je frétille d'impatience en entonnant "Ôôôôô Caaaanadaaaa, Terrreuuuu de mes aïeuuuuux" sous la douche pour en assimiler les paroles. En français, pas en anglais ! Parce que je reste profondément francophone dans l'âme, malgré tout.

Pour vous mettre dans l'ambiance, voici un petit film qui fera vibrer plus d'un néo-Canadien, diffusé chaque matin à l'ouverture de la chaîne télévisée nationale de Radio-Canada. On y survole à grands traits le Canada d'Ouest en Est, d'un océan à l'autre. En fin de parcours, on y reconnaît le Québec dont on aperçoit furtivement successivement le Saint-Laurent, le Mont-Royal, la biosphère et le vieux port de Montréal, les cabanes à sucre, le Château Frontenac, le rocher percé, les Îles de la Madeleine et le ciel bleu de mes jours heureux... Si mon nouveau pays me reconnaît, moi aussi je le reconnais.


mercredi 14 mai 2008

Posted by Marie Posted on 07:30:00 | No comments

de ma vie comme de mes tulipes

Il y a quelques années, j'écrivais ceci :

Je trouvais dans le jardinage une métaphore à l’enracinement. J’avais la conviction intime que ce qui était semé à l’automne s’épanouirait au printemps. Chaque semence portait en elle la promesse d’un avenir qu’il restait à découvrir. Il en est de ma vie comme de mes tulipes.

(Entre deux, 2004)


Après une période de dormance, tout autour de moi semble soudain se mettre en bransle et se réveiller d'un profond sommeil. Mon quotidien d'enseignante se laisse distraire par les sollicitations faites à l'accompagnatrice de plus en plus fréquentes. Les rencontres se multiplient. Au travers de ces rencontres réitérées, les affinités se dévoilent, révélées par petites déclarations successives qui laissent entrevoir de nouvelles ouvertures vers des horizons plus enthousiasmants.
Le mouvement entraîne le mouvement. L'élan semble donné. Ma présence pianistique suscite attention. Des liens se tissent. La toile se resserre. On me "spote" pour un projet éducatif ambitieux. Puis un deuxième... On m'associe spontanément à la réflexion initiale qui permettra à ces projets de voir le jour, projets embryonnaires déjà riches du potentiel que portent en eux leurs initiateurs.

Il en est de ma vie comme de mes tulipes.
Chaque matin, je fais le tour du jardin et j'observe ce que la nuit a produit. Petits miracles quotidiens qui font éclore chaque jour de nouvelles formes, de nouvelles couleurs. C'est formidable ce que le temps peut faire. Ayez la foi du jardinier : semez donc, et laissez faire le temps ! Il produira de beaux fruits.

dimanche 11 mai 2008

Posted by Marie Posted on 21:35:00 | No comments

point d'orgue et reprise


Interrompue dans mon élan par une période de travail trop intensive pour me laisser le loisir de surfer sur la toile, j'avais fini par délaisser ces pages. J'avais même lentement apprivoisé l'idée de ne plus rien y ajouter.

J'avais commencé ce blog en octobre 2007 en pensant très fort à mes parents et mes amis restés en France. C'était une manière pour moi de les familiariser avec le quotidien de mon univers tout québébois, une manière de réduire la distance, de maintenir le fil parfois si fragile qui les relient à moi...
À l'annonce de son ouverture, il y eut déferlement de lecteurs, tous plus curieux les uns que les autres sous l'attraction de la nouveauté, certains enthousiastes, d'autres très silencieux. Une fois les premières visites de courtoisie effectuées, très peu ont suivi...

J'en suis venue doucement à la conclusion que, sans doute, ce mode de correspondance n'est pas celui qui convient à ceux pour lesquels je l'ai choisi. Mes amis ont sans doute d'autres choses à faire que de visiter mon blog. Et quand bien même ils n'auraient rien d'autre à faire, ils n'y penseraient peut-être même pas... Il faut être déjà surfeur habitué pour avoir l'idée de ce qu'est "un blog". Tout le monde n'est pas adepte de l'écran et de la souris et l'univers virtuel donne parfois le vertige à ceux qui ne s'y aventurent que rarement. Et puis, mes amis lointains, habitués depuis toujours à nos rendez-vous-retrouvailles exclusifs en tête à tête sont sans doute davantage en attente d'une correspondance aussi exclusive, personnalisée, qui leur serait adressée individuellement et leur révellerait quelque émotion plus intime... Je peux bien les comprendre.

Comme tout blogueur, je me suis trouvée un moment confrontée à la question du "À quoi bon ?". Pourquoi écrire ? Pour qui écrire ? J'ai compris qu'à défaut de réussir à retenir l'attention de mes amis du vieux continent ces pages me permettraient au moins de me souvenir, en conservant la mémoire de ces tranches de vie, de ces réflexions, de ces questionnements, de mon évolution dans ce paysage toujours plus familier, pour avoir pris le temps de les mettre en mots, en images, de leur choisir un titre... J'avais commencé à écrire pour les miens, je continuerai de le faire pour moi-même.

Parmi les quelques lecteurs fidèles qui ont sillonné ces pages durant les derniers mois, à peu près deux et demi ont continué de le faire régulièrement pendant le long silence dans lequel je les ai abandonnés, attendant avec impatience la suite du programme. Ils m'auront donné, par leur délicate impatience, le goût de reprendre le fil là où je l'avais laissé. En noircissant les prochaines pages de mon cahier virtuel, c'est un peu pour eux que j'écrirai, et un peu pour moi.

  • RACCOURCIS

    Liens externes

  • NAVIGATION

    Pour lire la suite d'un article dont l'affichage est incomplet,
    cliquez sur son titre !
  • RECHERCHE

    Recherchez les articles qui vous intéressent en tapant un mot clé dans le champs correspondant en tête de page !
    Quelques suggestions de recherche :
    Lac Saint-Jean, Estrie, Vermont, Alsace, Gaspésie, Nouveau-Brunswick...