jeudi 6 mars 2008

Posted by Marie Posted on 13:03:00 | 1 comment

à "cordes" perdues

Depuis un an que je m'y consacre deux ou trois heures par jour, ma passion soudaine pour le violoncelle n'est pas sans surprendre certains, surtout ceux qui m'ont toujours connue sous mon identité de pianiste.
L'un de mes amis me demandait encore cette semaine : « Pourquoi le violoncelle ? ». Pour faire une histoire courte, j'aurais pu répondre : « Parce que ». Mais bon, je doute que cette réponse l'eût satisfait. Il doit bien y avoir une raison, après tout. Même s'il est difficile de justifier une passion, j'ai tout de même tenté de trouver une réponse à sa question sans savoir réellement dans quoi je m'embarquais. Je vous livre ici la réponse du moment.

Pourquoi le violoncelle… Il s’agit sans doute de l'expression d'une certaine frustration de pianiste. Il y a dans le violoncelle une dimension que je ne trouve pas dans le piano et que j’ai tenté autrefois de trouver dans le chant (sans grand succès, je dois l'avouer) et qui quelque part devait me manquer. Je veux parler de la durée, la possibilité de faire vibrer le son, de l’amplifier ou de le diminuer, en un mot : de le faire vivre. Alors qu’au piano il meurt irrémédiablement après chaque attaque, même si, avec l’expérience et le savoir-faire, un peu d'artifice et d'habileté, on parvient à faire croire le contraire.

Il y a aussi pour moi le défi que représente la quête de... la justesse. Les pianistes ont la fâcheuse réputation (surtout auprès des cordes) d’avoir une oreille TRÈS paresseuse. J’avais sans doute envie de prouver le contraire et de me confronter à ces soi-disant limites de pianiste. Force est de constater que mon oreille - déjà pas si pire auparavant - s’affine avec le temps, sensiblement.
J'ai bien conscience que la quête de la sacro-sainte justesse est l'affaire de toute une vie. Quand bien même on croit la posséder, on s'aperçoit que le voisin n'a pas la même... Cela dit, c'est comme la vérité : ce n'est pas parce que la majorité dit la vérité qu'elle a forcément raison... Il n'y a pas UNE justesse, mais DES justesses... suivant la tension expressive de la phrase, suivant l'harmonie qui la sous-tend, suivant que l'on joue seul, avec d'autres cordes ou avec un piano... Bref, la justesse est le Saint-Graal des instrumentistes à cordes. Une leçon d'humilité pour qui l'approche et espère un jour la posséder.

Et puis, j’avais envie de pénétrer le microcosme de l’orchestre, de m’immiscer dans les rangs des basses et de connaître la vie de la gang d’instrumentistes potaches qui s’affairent sous la direction d’un chef tentant vaillamment de rassembler toutes ces énergies.

Depuis toujours, chaque fois que je rencontrais et accompagnais des violoncellistes, je me disais secrètement que « si je n’avais pas fait du piano, j’aurais fait du violoncelle ». Combien de fois me suis-je entendu dire à mes élèves pianistes adultes et débutants qu’ "il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves", et non seulement il n’est jamais trop tard mais IL FAUT les réaliser, pour ne pas avoir à les regretter lorsqu'il sera vraiment trop tard...

À l’aube de la quarantaine, j’avais besoin d’un projet de taille, un projet à long terme... pour les quarante prochaines années ! Un projet qui vaille la peine. Un projet de vie. De vie... musicale ! La petite voix a parlé un peu plus fort. Elle m'a soufflé à l'oreille qu’il fallait cesser de faire la morale aux autres et peut-être commencer par appliquer à soi-même les conseils que l'on prodigue à autrui. Alors, j’ai décidé de m'y mettre. Pour cela il fallait commencer par le début. Profitant d’une période un peu tranquille côté piano, je me suis plongée dedans à « cordes » perdues. Et voilà !

Mes débuts sont encore récents (un an et deux mois, c'est tout jeune !) mais je les trouve très encourageants. Comme les vrais violoncellistes, la corne me pousse au bout des doigts, je me promène avec mon instrument sur le dos et me soucie régulièrement de sa bonne santé en me rendant deux fois par an chez le médecin des violoncelles pour une petite révision et quelques petits ajustements.

Un instrument ne lui suffisait pas. Non ! Il lui en faut deux !!!

Si j’ai osé, c’est que j’ai senti qu’il y avait, ici, au Québec, de la place pour l'expérimentation, une certaine tolérance pour la polyvalence voire une incitation à l'éclectisme qu’il n’y a pas forcément en Europe... D’ailleurs, depuis que j’ai commencé le "bi-instrumentisme", je me rends compte qu’il y a autour de moi beaucoup de multi-instrumentistes. Ils ont en commun la gourmandise de la connaissance, la curiosité de l'inconnu, le désir du cheminement et l'humilité du recommencement...

Quoi qu'il en soit, le piano reste et restera mon premier instrument, celui que j’ai choisi avant tout, avant tous, que je maîtrise le mieux, avec lequel je m’exprime le mieux et qui me convient par-dessus tout parce qu'il est polyvalent, tantôt soliste, tantôt accompagnateur. En espérant qu'il me pardonne ces petites infidélités…

Ainsi, toute jeune avec mon nouvel instrument, je redécouvre le vrai plaisir d'apprendre avec le même émerveillement et la même impatience que lorsque j'avais six ans devant mon premier clavier.
C'est me redonner le goût pour le restant de ma vie du vrai et noble sens oublié du mot "amateur".

lundi 3 mars 2008

Posted by Marie Posted on 20:10:00 | No comments

vacance

Premier jour de vacances.
Que fait-on un premier jour de vacances ?
Rien !... ou presque.
Juste laisser passer le temps.
Paresser.
Faire les choses au ralenti, mais les faire tout de même (je n'ai jamais su rester vraiment inactive, il faut croire...).
Dormir... des heures supplémentaires.
Prendre le temps.
Je mets de l'ordre dans mes affaires. Je revisite des dossiers de classement oubliés qui recèlent parfois des papiers que je cherche depuis des mois. Il m'arrive de faire des découvertes...

Laisser faire le ménage... il peut bien attendre.
Je m'émerveille de la belle lumière qui rougit et pénètre la maison à l'heure où le soleil décline et me rappelle avec un plaisir délectable que d'habitude, à cette heure-là, je me mets au travail.
Profiter de ce sursis de "vacance" avant les folles semaines à venir... en attendant que revienne le printemps.


Devant la maison, à l'heure où, les autres jours,
commence ma journée de travail.

jeudi 21 février 2008

Posted by Marie Posted on 09:30:00 | No comments

du sport pour les neurones (suite et fin)

Dans la série "Du sport pour les neurones", hier soir, ultime défi. Après une première partie de Mastermind "régulière" (comprenez : ordinaire) en guise d'échauffement, Éric a décidé soudain de monter la barre haut : "Fini de niaiser, on met toutes les couleurs !". Traduction : fini de plaisanter, on multiplie les possibilités de combinaisons.
Donc, le défi du soir était de trouver en moins de 12 essais une combinaison de 5 pions choisis parmi 14 couleurs (537 824 combinaisons possibles).

Défi relevé ! Voici le résultat (et la preuve) de mes efforts du soir. En 9 coups.

Au fond, la combinaison à découvrir.
Au premier plan, mes déductions successives.


Bon, voilà. J'ai fini d'péter d'la broue (traduc. : de me vanter).
Je retourne à la couture.

mardi 19 février 2008

Posted by Marie Posted on 06:00:00 | 1 comment

Hommage à Ti-Jean

Depuis que je suis tombée dans la musique traditionnelle québécoise, je redécouvre avec bonheur l'aspect ludique et rassembleur de la musique à danser pratiquée avec simplicité, spontanéité et passion.


Depuis plus d'un an, réitérant nos folles veillées avec un enthousiasme grandissant, nous continuons de faire de belles rencontres. Parmi celles-là, il y en a une particulière, unique, avec un être particulier, hors norme, qui, quoi qu'absent, hante nos jams avec insistance, pour avoir marqué au fer rouge le souvenir de ceux qui l'ont connu. Je veux parler de Jean Carignan, surnommé "Ti-Jean". Certainement un des plus grands violoneux que le Québec a connu, surdoué, acharné, adulé pour sa virtuosité, sa passion obsessive, son exigence intransigeante, son caractère bien tranché, son excellence débrouillarde. Au fond, il semble avoir réussi en autodidacte ce que personne en musique traditionnelle n'a tenté ni avant ni après lui avec autant de fougue, d'énergie, de virtuosité, maîtrisant son violon dans les pires acrobaties comme un dieu - ou comme un démon - sans avoir jamais su lire une note de musique !


Nous n'aurons pas eu la chance de le connaître, et pourtant, c'est comme s'il était là. Quelque part. Les témoignages recueillis et la présence toute proche de sa soeur, Hélène, et de sa nièce, Claudette, qui restent imprégnées du souvenir indélébile de leur frère, de leur oncle, nous rendent sa présence quasi palpable.


Il a disparu il y a aujourd'hui tout juste vingt ans : le 19 février 1988.

Pour lui rendre hommage et le remercier d'en bas de planer de façon aussi stimulante au-dessus de nous, voici un vieux document de l'année 1975, Petit concerto pour Carignan et orchestre d'André Gagnon (autre personnalité du petit monde musical québécois que vous verrez ici gesticuler et sautiller sur place avec allégresse).


samedi 16 février 2008

Posted by Marie Posted on 13:33:00 | 3 comments

du sport pour les neurones

Les longues soirées d'hiver, lorsque le feu crépite et que nous décidons de cocooner en duo, il nous arrive de céder au plaisir des jeux "de société", souvenirs de temps de vacances lorsque nous étions enfants.

Le Scrabble dépoussiéré nous a occupés durant de longues soirées. Puis, Éric, lassé de perdre - à son grand désespoir, on n'a pas encore inventé le Scrabble fonétic - a souhaité tester d'autres jeux. J'ai fouillé dans les boîtes des jeux emportés lors de mon immigration et, parmi le maigre équipement dont je dispose en la matière, j'ai redécouvert une Bataille navale incomplète et deux petites boîtes de Mini-Mastermind.

Connaissez-vous le Mastermind ?

Le Mastermind était très en vogue dans les années 70 et 80. Il ravissait les parents qui avaient l'impression que leurs enfants travaillaient ainsi leurs mathématiques. Il reste aujourd'hui un excellent et simple jeu de déduction.


Consacré "jeu de l'année" 1975, c'est à peu près à cette époque que j'en ai découvert l'existence.


Les règles du Mastermind sont assez simples : un joueur (le codificateur) choisit une combinaison de pions d'un certain nombre de couleurs (4 pions et 6 couleurs pour le Mini-Mastermind). L'autre joueur (le déchiffreur) tente par des essais consécutifs d'en trouver le "code secret" avec un maximum d'essais à ne pas dépasser (6 pour le Mini M.). Sachant qu'il y a 2401 combinaisons possibles (Mini M.), le défi est intéressant.

Dans mon souvenir, j'étais assez bonne à ce jeu, enfant. Vraisemblablement, je le suis encore : après quelques essais, Éric a jugé que le Mini Mastermind était bien trop facile pour moi. Lui-même découragé par la difficulté de l'exercice, il a rapidement renoncé à se prêter lui-même au jeu du "décodage". Par contre, fasciné par mon apparente désinvolture à découvrir son code secret en quatre coups, il m'a convaincue de me procurer par l'intermédiaire d'eBay le modèle au-dessus : le SUPER (vintage) Mastermind avec combinaison de 5 pions et 9 couleurs !

Persuadé d'avoir en face de lui un "esprit supérieur", il s'est donné pour mission de l'entraîner à fond pour tester ses limites.
Depuis une semaine donc, chaque soir, au moment du dessert, il me lance un nouveau défi. Testant mon esprit logique, il me donne de nouvelles combinaisons à deviner. Lorsqu'il juge le défi trop facile pour moi, il accroît la difficulté par l'ajout de pions supplémentaires. Pour cela, il est allé acheter spécialement quelques poignées de pointes à babillard de couleurs diverses et chaque jour en ajoute une nouvelle sorte au lot des couleurs déjà présentes dans le jeu. Cela multiplie le nombre de combinaisons possibles :
9 couleurs = 59 049 combinaisons possibles,
10 couleurs (ou sortes de pions différents) = 100 000 possibilités de combinaisons !

Ainsi, chaque soir depuis une semaine, il scrute avec une certaine frénésie teintée d'un léger sadisme l'horizon de mes limites mentales, guettant impatiemment le moment où je calerai et, dépitée, lui déclarerai forfait pour ne pas avoir réussi à trouver la combinaison en moins de douze essais. L'intérêt n'est pas seulement de découvrir la combinaison cachée, mais de le faire en un minimum d'essais. Mon record, à ce jour, est de cinq; mon maximum, de sept. "Pfff... Encore trop facile.", soupçonne-t-il.

Dans la règle du jeu, on peut lire :

"ATTENTION : à moins que vous ne soyez un génie, il peut être psychologiquement dangereux de jouer au Super Master Mind avant d'avoir joué aux versions plus simples."

Jusque là, tout va bien. Nulle trace de folie perceptible. Si vous déceliez néanmoins chez moi quelque trace de dérèglement psychologique, faites-le moi savoir... au plus vite !


Voilà les délicats sévices auxquels je suis soumise quotidiennement depuis une semaine par mon cher et tendre. Heureusement, le week-end, il travaille ! Ouf ! Repos pour les neurones.

N.B. : À ceux qui pensent que " (c'est agaçant) elle est trop forte, elle réussit tout..." (sous-entendu les gâteaux, la déco, le violoncelle, la couture, la natation, le Mastermind...), je réponds : "Non ! Nuance : je ne fais jamais que ce que je suis sûre de réussir !". Trouver une combinaison au Mastermind n'a rien de mystérieux, même si parfois on peut donner l'impression d'utiliser son sixième sens. Ce n'est que déductions. De la logique, c'est tout.

En signe de solidarité, vous aussi, testez vos neurones avec le Mastermind !



jeu en ligne

jeu à télécharger












N.D.L.R. : la rédactrice ne perçoit aucuns royalties sur la vente de cet objet.


dimanche 10 février 2008

Posted by Marie Posted on 13:00:00 | 4 comments

ma signature musicale

Mon amie Lucie lance une invitation à tous ses amis : elle leur a demandé de lui faire part de la musique qui les représente le mieux afin de réaliser sur son blog une exposition virtuelle de ces auto-portraits musicaux (en ligne à partir du 14 février).

Diable ! quelle tâche difficile que d'essayer de se décrire en musique. Quelle difficulté redoutable que de choisir LA musique qui nous représente le mieux.
Mais voilà un bien bel exercice de synthèse introspective auquel je ne saurais me dérober, amie de Lucie et musicienne.
Je me suis donc prêtée au jeu.

Devant l'immensité des choix possibles, j'essaye de remonter à l'essentiel. Ne réussissant pas à trancher, à défaut de choisir UNE musique, j'en choisirai QUATRE.

Mon portrait musical en trois dimensions

Le choix du titre
Je commencerai par celle qui me touche le plus "en surface", celle qui pourrait faire office malgré cela de chanson emblématique, douce et tendre, parce qu'elle porte le même nom que moi et que ce sont souvent les premiers mots qui viennent à la bouche de ceux qui m'accueillent.
Francis Cabrel - Petite Marie (lien obsolète)

Ces passions qui me hantent
La seconde est la musique - je devrais dire "l'interprétation" - qui sans hésitation m'émeut le plus profondément, viscéralement, parce qu'elle réveille en moi le souvenir de la danseuse et le désir de la violoncelliste, réunissant les deux passions qui m'habitent, l'une en sommeil depuis le jour où j'ai quitté la France : le tango, l'autre en éveil, depuis le jour où j'ai commencé le violoncelle. Toute en intériorité, intensément passionnée, d'une passion contenue qui dévore de l'intérieur et fait oublier tout le reste.
Oblivion de Piazzolla, par le Rastrelli cello quartett

Mon "remonte-pente"
Mon troisième choix est celui d'une musique que je pourrais qualifier pour moi de fondatrice, parce qu'elle m'accompagne depuis presque toujours. Plus qu'une musique, c'est un album entier. J'avais 12 ans lorsque je l'ai découvert. Je l'écoutais sur une cassette que m'avait confiée une amie. Je ne connaissais rien de ce groupe. Je ne comprenais pas les paroles. Le langage y était parfois un peu obscur. Mais cela n'avait pas grande importance. Sa musique me touchait profondément. Je l'ai écoutée en boucle, des années durant. Plus tard, je me suis procuré le vinyle, puis le CD.

Le titre de l'album : Si on avait besoin d'une cinquième saison
Le groupe : Harmonium.
Extrait : Harmonium - Histoires sans paroles (lien obsolète)

Depuis, les jours de déprime (oui, oui, ça m'arrive de temps en temps...) je mets le CD dans le lecteur, branche la sono à fond, enfile mon tablier de cuisine et mets les main dans la farine. Progressivement, inscidieusement, en 45 minutes, pâtisserie et musique exercent sur moi un effet mystérieusement thérapeutique, un cocktail musico-créatif qui guérit mes bobos de l'âme avec une efficacité redoutable jamais égalée, me ramène à l'essentiel, appaise et stimule en même temps, rallume la lumière là où elle vascillait, me rend la vie plus légère et réveille ma gourmandise.
Totalement imprégnée de cet univers, j'ai découvert progressivement les autres albums du groupe qui ont exercé sur moi le même bouleversement.
Arrivée au Québec, j'ai découvert qu'il s'agissait du groupe emblématique - s'il en est - de toute une génération. Je ne peux m'empêcher de voir dans ma fascination lointaine pour un groupe dont j'ai longtemps ignoré qu'il était québécois un signe : il n'y a sans doute pas de hasard à ce que je me trouve aujourd'hui dans ce pays dont j'ignorais autrefois jusqu'à l'existence. De là à penser que j'ai trouvé en le Québec un antidote à la déprime, il n'y a qu'un pas. Vive le Québec !


Mon choix intime
Et puis, pour finir, en tant qu'interprète, comment ne pas évoquer ces musiques qui nous accompagnent toute la vie avec lesquelles nous entretenons un lien secret, leit-motivs rassurants qui viennent combler le vide menaçant lorsque les émotions à vivre sont trop fortes pour être tues, lorsque les mots ne suffisent plus à exprimer la douleur ressentie profondément, ces musiques qui continuent de vivre en nous, de mûrir en nous, même lorsqu'on ne les joue pas, parce qu'au fond elles font partie de nous et nous aimons nous retrouver seuls avec elles, secrètement, intimement. Assis devant le piano, posant les mains sur le clavier, la musique jaillit soudain comme une partie de nous-même qui émerge au grand jour du monde sonore.

Je n'avais pas d'enregistrement disponible. Je me suis donc prêtée ce matin au jeu de l'enregistrement avec la conscience que mon interprétation du moment, un dimanche matin, en pyjama, les mains toutes froides s'arrangeant des caprices d'un clavier numérique, la partie idéaliste de moi-même obéissant à la décision autoritaire de l'autre partie plus réaliste de ne pas céder à la tentation du montage et des reprisages sans fin pour atteindre la perfection rêvée... Je vous livre donc ici le fruit de ce moment d'intimité, là, tout simplement, brut, sincère et spontané, en espérant recueillir toute votre indulgence...
Brahms Intermezzo Op.118 N°2 - Marie, 11h36 un dimanche matin (lien obsolète)

Ces musiques ne sont sans doute pas celles que d'autres auraient choisies pour me décrire. D'ailleurs, celles que je choisis aujourd'hui ne sont peut-être pas non plus celles que je choisirais demain...
Et vous, comment vous décririez-vous ?

lundi 4 février 2008

Posted by Marie Posted on 13:39:00 | 2 comments

sur les pas de Madame T.

Lundi matin.

Pour bien commencer la semaine, je décide ce matin de profiter d'un soleil éclatant pour aller à pieds faire quelques courses au centre d'achat de la ville voisine. Aller à la banque encaisser les premiers versements de mes élèves en ce début de mois est une bonne motivation et le prétexte à une bonne heure de marche-santé au grand air vivifiant d'une belle journée d'hiver ensoleillée.

À quelques dizaines de mètres de la maison, marchant sur les pas de Madame T., je me trouve bientôt à son niveau. Madame T. me reconnaît. Madame T. est une voisine avec laquelle je n'ai eu que très peu de contacts depuis notre arrivée dans le quartier, il y a deux ans. À l'époque, elle avait profité d'un passage en voiture devant chez nous pour ralentir son char, baisser la vitre de son auto, se présenter et me souhaiter la bienvenue. Depuis, plus aucun échange. Il faut dire que les occasions de se parler entre voisins sont assez rares. Il n'y a guerre que lorsque nous passons la tondeuse sur le bord de la rue ou que nous pelletons la neige au bout de la cour que nous risquerions de croiser un voisin, si tant est qu'il eût la bonne idée de faire la même chose au même moment. Mais depuis que nous faisons appel à une entreprise de déneigement, ces occasions n'existent plus. Et Madame T. n'habite pas suffisamment en face de chez nous pour que la rencontre soit réellement spontanée.

Surprises de cette rencontre inattendue, nous avons entrepris de poursuivre guillerettes notre chemin ensemble jusqu'au centre d'achat. Et nous voilà parties dans de grandes discussions, nous racontant nos vies respectives dans une soudaine intimité qui a sans doute à voir avec la complicité évidente d'une expérience commune, celle de l'immigration : Madame T. vient de France. De Bordeaux, plus précisément. Immigrée il y a trente-cinq ans avec son mari et trois jeunes enfants. Ils avaient prévu de rester cinq ans au Québec. Ils y sont restés toute leur vie. Elle y a élevé ses trois enfants mais aussi une multitude d'animaux, chèvres, moutons, poules et lapins... jusqu'à ce qu'on lui vole ses animaux ou, pire, qu'on les tue et qu'on construise des condos sur le pré voisin...

Arrivées à destination, nous nous sommes séparées momentanément, le temps de faire nos petites emplettes chacune de notre côté. Rendez-vous était donné au "point-rencontre" pour continuer nos échanges sur le chemin du retour.

Aujourd'hui veuve, elle n'a plus ni mari ni animaux et semble s'accommoder de sa situation. Après 35 années de vie québécoise, elle dit avoir fait son ultime voyage en France l'an passé. Finis les grands voyages. Elle profite ici des hivers québécois, aime le froid et se tient en forme. Dynamique, pleine d'humour, sportive, positive, en forme, un brin fantaisiste, c'est une personne vraiment attachante.

Arrivées devant chez elle, nous nous sommes séparées comme deux vieilles amies, nous promettant de nous retrouver pour de prochaines marches, de prochaines courses. Il ne tient qu'à nous de provoquer les occasions... Madame T. a maintenant un prénom.

Ma rencontre avec Madame T. aura marqué ma journée d'une touche particulière, un rayon de soleil dans un ciel déjà éblouissant de clarté, une belle surprise de la vie à mettre dans la boîte à suprises.

Madame T. est l'une de nos bonnes voisines mais nous avons d'autres bons voisins. Stéphane avec sa compagne, et Merlin, son gros chien noir. Jean-Paul avec sa femme Johanne, Aznavour, leur bon gros Saint-Bernard et Napoléon, leur gros chat au long poil. Ces présences bienveillantes sont un peu de baume dans notre rue. Rassurantes, elles estompent un peu la tache d'un voisin moins désirable (cf. Normand, le raseur de haie).

Heureuse de ces surprises que nous réserve le voisinage, curieuse de recueillir le récit de ces vies particulières, il me prend subitement l'envie de mieux connaître ces voisins, d'en rencontrer d'autres, plus éloignés, d'organiser peut-être une "journée des voisins" dans notre rue pour provoquer la rencontre de ces inconnus si loin et si proches à la fois.
La prochaine "journée des voisins" officielle aura lieu au Québec le 7 juin 2008. Une idée, comme ça, à mûrir...


jeudi 31 janvier 2008

Posted by Marie Posted on 17:49:00 | No comments

sous la neige, 18 trous



Un océan de verdure abandonné à la rigueur de l'hiver, de grandes étendues délaissées au milieu des arbres endormis, MAIS À QUOI DONC PEUT BIEN SERVIR UN GOLF L'HIVER ?

Disparu sous quelques centimètres de neige transformée, le gazon anglais a cessé d'attirer les adeptes du club et de la petite balle. Le parcours camouflé, le terrain déserté, le champ est désormais libre pour qui veut s'introduire dans ce domaine réservé et profiter de la belle neige qui s'y est déposée. Le temps d'une saison.

Aujourd'hui, belle journée d'hiver. Profitant d'un regain d'énergie après la longue période de trève sportive que nous traversons depuis les fêtes, pleins de bonnes résolutions pour tenter de retrouver la forme que nous avons déjà eue, nous avons chaussé nos skis remisés depuis le déménagement (c'est dire que ça fait longtemps que nous ne sommes pas remontés sur les planches !) et sommes partis explorer les vastes prairies enneigées délaissées par les golfeurs.

Seuls au milieu de ce grand espace, nous nous sommes régalés à faire le tour du terrain, sur les traces de précédants skieurs ou faisant nous-mêmes nos propres traces, au gré de l'envie, alternant douces montées et courtes descentes.

La neige estampée d'une multitude de petites traces garde la mémoire du passage de petits êtres qui en ont fait leur terrain de jeu.





Elle gardera secrètement les marques de notre passage, jusqu'à la prochaine tempête.






Demain, tous ces souvenirs seront recouverts de vingt centimètres de neige toute fraîche... jusqu'à notre prochaine visite.

mardi 8 janvier 2008

Posted by Marie Posted on 11:00:00 | No comments

2008 : des rêves à l'infini !

Je me sens toujours embarassée lorsque vient le temps de formuler des voeux à ceux qui m'entourent. Que peut-on souhaiter de plus à chacun que ce que chacun souhaite pour lui-même ?

2007 aura été pour moi, pour nous, le temps de belles rencontres, de nouveaux échanges. Ce fut aussi l'année qui m'a révélé plus que jamais, au travers des épreuves de mes parents et amis, la fragilité de nos vies et la nécessité de considérer notre bonne santé comme une des richesses les plus précieuses pour jouir de ce temps que nous avons à passer ensemble, ici-bas.

Sans doute en réaction à cela, notre porte s'est grande ouverte et ma vie au Québec s'est soudainement considérablement enrichie de la présence de tous ces amis à nos côtés qui me soulage doucement de la douleur de l'éloignement sans qu'elle puisse toutefois m'en guérir totalement.
J'ai réalisé en 2007 une part de mon rêve : apprendre le violoncelle. Je poursuis ce rêve jour après jour et continue sur ce chemin avec le même enthousiasme et un peu plus d'assurance qu'il y a un an.


2008 : un nombre tout en rondeur, un nombre qui tend vers l'infini debout.

Alors, de réaliser vos rêves, oui, c'est ce que je vous souhaite le plus ardemment, à vous qui me lisez. Avoir la santé qui vous donnera l'énergie de les atteindre. Et de continuer à en avoir, des rêves, à l'infini...



À tous, à chacun,

belle et heureuse année 2008 !

dimanche 6 janvier 2008

Posted by Marie Posted on 09:47:00 | No comments

coup de raquettes

Fini le temps des fêtes...
Depuis le 2 janvier nous tentons de nous remettre de nos veilles successives et de nos petits excès répétés. Peut-être faut-il accepter que cette première semaine de l'année soit un temps de convalescence : un peu trop tôt pour faire les gros efforts que l'on avait prévu de faire (monter la montagne, skier, patiner...)
Déjà, le pelletage de neige qui nous a bien occupés ces derniers temps est à lui seul une activité physique de plein air exigeante.

Durant cette semaine, donc, nous nous sommes laissés envahir par la paresse.


Mercredi, comble de l'audace : par une merveilleuse journée d'hiver où le thermomètre frisait les -15°C, nous avons chaussé nos raquettes et avons fait... le tour du jardin !










Pourquoi faire des kilomètres pour jouer dans la neige puisqu'elle est à notre porte ?

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