Il y a vingt ans de cela, lorsque j'entrais tout juste dans la vie active, que je logeais dans un tout petit studio du Marais, à deux pas de la Place des Vosges, je recevais un soir un coup de fil qui ne me laissa pas de glace : "Bonjour. Êtes-vous Marie Muller du Nouvel Observateur ?"
J'ignorais tout de cette Marie Muller-là.
Suite à ce coup de fil, j'ai fait ma petite enquête et ai retracé en pointillés le parcours de cette femme avec qui j'avais désormais un lien puisque nous avions le même nom et que je savais dorénavant qu'elle existait. Puis, j'ai perdu sa trace; son nom avait disparu des pages du Nouvel Obs...
Vingt ans après, à l'instant même, en remontant par un lien Internet de mon site vers un moteur de recherche, j'aperçois un titre de Libération qui annonce en gras : "Les disparitions de Marie Muller". Intriguée par le titre, j'apprends dans les lignes de l'article qui suit que Marie Muller, cette Marie Muller-là, celle dont je savais l'existence, celle dont j'avais suivi le parcours mais perdu la trace et qui sans aucun doute ignorait tout de moi, c
ette Marie Muller-là n'est plus.
La nouvelle me touche.
L'article m'attriste.
Un jour vivant, l'autre absent.
On est si peu de chose.
L'article de Libération du 6 janvier 2010
L'annonce du Nouvel Observateur
Ne manquez pas de lire les "réactions", en lien sur la page du Nouvel Obs : un vibrant hommage que lui rendent ce qui la connaissaient.
Deux ans plus tôt, une autre Marie Muller disparaissait, dans le village de mon père :
Dernières Nouvelles d'Alsace, article du 16 mars 2008
Mais il reste sur cette terre une infinité de Marie Muller bien vivantes, dont une judoka... et moi !
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